Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

19 résultats 

couche des cônes et bâtonnets l.f.

couche des segments externe et interne de la rétine, rétine

[A1,P2]

dégénérescence progressive des cônes associée à celle des bâtonnets l.f.

cone-rod dystrophy

cone-rod dystrophie

dystrophie des cônes et des bâtonnets l.f.

cones and rod dystrophy

Groupe de maladies héréditaires de la rétine qui appartiennent au groupe des rétinites pigmentaires et qui causent, dès leur apparition, une perte sévère de l'acuité visuelle.
Elles sont caractérisées par des dépôts pigmentaires rétiniens visibles au fond d'œil, localisés de manière prédominante dans la région maculaire.
La prévalence est estimée à 1 sur 40 000 naissances.
Les symptômes se manifestent avant l’âge adulte mais il arrive que la maladie se déclare plus tard voire au-delà de la cinquantaine. La rapidité d'évolution est variable, même au sein d'une même famille. Les cônes viennent en premier dans le nom de la maladie car ils sont les plus affectés par les symptômes. Dès le début de la maladie, l'acuité visuelle et l'aptitude à lire diminuent fortement. Les trois types de cônes (rouges, verts, bleus) de la rétine sont responsables de la perception des couleurs; partant, les patients sont très tôt dans l'impossibilité de distinguer les couleurs. Etant donné qu’au début de la maladie les bâtonnets sont à peine touchés, la vision au crépuscule est encore bonne. Ce n'est qu'au fur et à mesure de l'évolution que les zones extérieures de la rétine seront affectées et que les bâtonnets seront dégradés à leur tour.
Le terme de dystrophie signifie que cette maladie est une affection congénitale lentement évolutive causant la dégradation d'un tissu. Elle est causée par la mutation de divers gènes : les quatre gènes majeurs parmi ceux connus actuellement sont ABCA4 qui est responsable de la maladie de Stargardt mais aussi de 30 à 60% des dystrophies des cônes et des bâtonnets récessives autosomiques, CRX et GUCY2D qui sont responsables d'un nombre assez important de dystrophies des cônes et des bâtonnets autosomiques dominantes, et RPGR qui est responsable d'environ 2/3 des rétinites pigmentaires liées à l'X et d'un nombre indéterminé de dystrophie des cônes et des bâtonnets liées à l'X. Dans la plupart des cas, l'hérédité est de forme autosomique récessive. Elle peut toutefois aussi se transmettre, mais beaucoup plus rarement, selon la forme d'hérédité autosomique dominante ou X-chromosomique. Le diagnostic de la maladie repose sur l'anamnèse, le fond d'œil, l'électrorétinogramme et les recherches génétiques.

Syn. dystrophies à cônes prédominants, dystrophies dites mixtes

rétinite pigmentaire, Bardet-Biedel (syndrome de), dégénérescence maculaire juvénile dominante, Stargardt (maladie de), Leber (, dyskinésie ciliaire primitive

monochromatisme à bâtonnets l.m.

rod monochromatism

Syn. achromatopsie congénitale incomplète avec amblyopie

achromatopsie congénitale complète avec amblyopie

myopathie à bâtonnets l.f.

nemaline myopathy

Myopathie congénitale définie par la présence sur la biopsie musculaire de bâtonnets, formations allongées fuchsinophiles de 1 à 8 microns après coloration au trichrome de Gomori, matériel identique à celui des stries Z en microscopie électronique et due une protéïne anormale, la némaline.
Elle se traduit par une hypotonie infantile avec dysmorphies (faciès allongé avec palais ogival, pieds creux ou en varus équin, cyphoscoliose). On observe parfois des formes précoces fatales ou bien des formes à révélation tardive de topographie souvent scapulofibulaire. Son hérédité est autosomique le plus souvent dominante. Dans la forme némaline le gène en cause, ACTA 1 codant pour l’alpha-actine, principal composant de la fibre Z, est localisé sur le chromosome 1 (en 1q42.1). Une autre forme autosomique dominante a pour locus 1q21-q23 (gène TMP3 de l’α-tropomyosine 3) ; d’autres formes sont  autosomiques récessives : mutation du gène NEB (locus 2q21-q23)  codant  pour la nébuline ou du gène CLF2 codant pour la cofiline 2.

Étym. gr. mus : souris, muscle ;  pathos : maladie ; nêma : fil, bâtonnet

Syn. myopathie némaline

myopathies congénitales, némaline

sous-unité alpha de la phosphodiestérase du GMPc des photorécepteurs bâtonnets rétiniens l.f.

retinal rod photoreceptor cGMP phosphodiesterase, alpha subunit

Partie de la phosphodiestérase du GMP (guanosine-monophosphate) cyclique, qui est un enzyme clef de la phototransduction des bâtonnets rétiniens.
La phosphodiestérase du GMPc est une protéine hétérotétramérique avec une sous-unité α, une β et deux γ (MIM 180071). Le gène de la sous-unité α de la phosphodiestérase du GMPc est localisé en 5q31.2-34 : c'est un gène candidat à la rétinite pigmentaire (MIM 180071).

S. J. Pittler, biologiste américain (1990)

transduction visuelle, GMP, GMP cyclique

sous-unité bêta de la phosphodiestérase du GMPc des photorécepteurs bâtonnets rétiniens l.f.

retinal rod photoreceptor cGMP phosphodiesterase, β subunit

Partie de la phosphodiestérase du GMP (guanosine-monophosphate) cyclique qui est un enzyme clef de la phototransduction des bâtonnets rétiniens.
Les souris homozygotes pour la mutation rd (dégénérescence rétinienne héréditaire) sont considérées comme un modèle expérimental de rétinite pigmentaire humaine (MIM 180072). Cette dégénérescence est précédée par une accumulation dans la rétine de GMP cyclique en rapport avec un déficit de l'enzyme phosphodiestérase du GMPc. Il s'agit d'une protéine hétérotétramérique avec une sous-unité alpha, une bêta et deux gamma. Le gène de la sousunité bêta, PDEB, est localisé en 4p16.3 ; il est porteur de mutations dans au moins deux formes de rétinite pigmentaire humaine et dans la dystrophie rétinienne du chien setter irlandais.

S. J. Pittler, biologiste américain (1990)

transduction visuelle, GMP, GMP cyclique

sous-unité gamma de la phosphodiestérase du GMPc des photorécepteurs bâtonnets rétiniens l.f.

retinal rod photoreceptor cGMP phosphodiesterase γ subunit

Partie de la phosphodiestérase du GMP (guanosine-monophosphate) cyclique qui est un enzyme clef de la phototransduction des bâtonnets rétiniens.
La phosphodiestérase du GMPc est un enzyme essentiel au fonctionnement normal des bâtonnets (MIM 180073). Cette protéine hétérotétramérique a deux sous-unités catalytiques α et β et deux sous-unités γ identiques qui inhibent α et β. Le gène de la sous-unité γ, PDEB, est localisé en 17q25 : il a été trouvé modifié dans au moins trois formes de dystrophies rétiniennes périphériques humaines, une rétinite pigmentaire dominante et deux syndromes de Usher de type I.

N. Tuteja, biochimiste indien en activité de recherche aux États-Unis (1990) ; C.H. Usher, ophtalmologue britannique (1914)

Syn. PDEG

transduction visuelle, GMP cyclique

modèle moléculaire boules-bâtonnets l.m.

balls-sticks molecular model

Construction d’une molécule dans l’espace, les atomes étant représentés par des boules et les liaisons chimiques par des bâtonnets.

[C1]

Édit. 2019

corps de Langerhans l.m.

Langerhans’ granule

P. Langerhans, anatomopathologiste allemand (1873)

corps de Birbeck

[A2]

granulomatose pulmonaire à cellules de Langerhans l.f.

P. Langerhans, anatomopathologiste allemand (1847-1888)

histiocytose X pulmonaire

greffe d'îlots de Langerhans l.f.

pancreatic islet transplantation

Technique d'implantation des seules cellules de la partie endocrine du pancréas destinée à traiter le diabète grave insulinodépendant.
Son siège peut être hépatique, épiploïque ou péritonéal. Elle s'apparente plus à une greffe de tissu qu'à une transplantation d'organes. Elle pose néanmoins les mêmes problèmes d'histocompatibilité.

îlots de Langerhans l.m.p.

P. Langerhans, anatomiste et anatomo-pathologiste allemand (1847-1888)

îlots pancréatiques

Langerhans (bâtonnet de) l.m.

Langerhans’ stick

P. Langerhans, anatomopathologiste allemand (1873) ; M. S. Birbeck, anatomopathologiste britannique (1961)

Birbeck (corps de)

Langerhans (cellule de) l.f.

Langerhans cell

Cellule dendritique, très claire en microscopie optique (invisible avec les colorations habituelles et mise en évidence par imprégnation argentique), présentant, en microscopie électronique, des organites discoïdes (granules ou corps de Birbeck, ou encore bâtonnets de Langerhans) et qui exprime, à sa surface, des antigènes CD1a.
D'origine médullaire, siégeant dans le stratum spinosum de l'épiderme et dans l'ensemble des muqueuses, ces cellules, qui représentent de 2 à 4 % des cellules épidermiques, constituent un réseau de cellules présentatrices d'antigène intervenant dans les réactions d'allergie de contact. Cellules sentinelles, elles sont capables d’internaliser les exoantigènes et d’induire une réaction de défense immunitaire dans laquelle interviennent les lymphocytes T. Les granules de Birbeck qui se forment par invagination de la membrane cytoplasmique participent au processus d’internalisation et représentent probablement le mode d’adaptation réalisé par la cellule de Langerhans pour “traiter” dans un temps bref une quantité maximale d’exo-antigènes. La cellule de Langerhans quitte l’épiderme, devient dermique (cellule dendritique dermique) ; elle rejoint les ganglions proximaux par les voies lymphatiques (cellule voilée des lymphatiques), et y demeure dans les zones T ganglionnaires (cellule interdigitante). Son origine est discutée : la plus probable est le monocyte. Certaines histiocytoses, dont l'histiocytose X, sont des proliférations de cellules de Langerhans et sont appelées histiocytoses langerhansiennes.

P. Langerhans, anatomopathologiste allemand (1868)

cellule dendritique, cellule présentant l'antigène, Birbeck (corps de), bâtonnets de Langerhans,
CD 1
, monocyte, histiocytose X

[A2, F3]

Édit. 2019

Langerhans (corps de) l.m.

Langerhans’ granule

P. Langerhans, anatomopathologiste allemand (1873) ; M. S. Birbeck, anatomopathologiste britannique (1961)

Birbeck (corps de)

Langerhans (granule de) l.m.

Langerhans’ granule

P. Langerhans, anatomopathologiste allemand (1847-1888)

Birbeck (corps de)

Langerhans (ilôt de) l.m.

Langerhans’ islet

Amas de cellules, de 0,1 à 0,5 mm de diamètre, répondant au tissu endocrine dispersé au sein du pancréas exocrine ; ces amas sont plus abondants au niveau de la queue de cette glande.
Les cellules endocrines (α, β, γ, petites), à cytoplasme granuleux, sécrètent respectivement le glucagon, l’insuline et la somatostatine.

P. Langerhans, anatomopathologiste allemand (1869)

glucagon, insuline, somatostatine

Langerhans (tumeur maligne à cellules de) l.f.

malignant Langerhans cell tumor

Processus tumoral malin rare, fait de lésions cutanées papuleuses ou nodulaires se disséminant rapidement sur la peau et aux viscères, résultant de la prolifération de cellules de Langerhans souvent atypiques et en mitose qui contiennent des granules de Birbeck.

M. Tani, dermatopathologiste japonais (1992)

Syn. histiocytose langerhansienne maligne, lymphome à cellules de Langerhans

histiocytose langerhansienne