Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

26 résultats 

anophtalmie n.f.

anophthalmos

Absence congénitale de globe oculaire avec le plus souvent à l’état d’ébauche paupières, sac conjonctival et muscles extrinsèques de l’œil.
L’affection est rare et le plus souvent non héréditaire. Elle est bilatérale, ou quand elle est unilatérale, elle est associée à des malformations de l’autre œil : microphtalmie, cataracte, anomalies de l’iris ou de la choroïde. Lorsqu’elle est associée à un retard mental, il faut penser à un syndrome chromosomique ou à un syndrome associatif héréditaire. Elle trouve son origine dans une mutation du gène SO2.

Conrad Lycosthenes, humaniste alsacien, vulgarisateur des sciences (1557)

Étym. gr. an: privatif; ophtalmos : œil

SO2 gene

[P2,Q2]

Édit. 2017

anophtalmie avec anomalies associées l.f.

anophthalmos, with associated anomalie

W. Lenz, pédiatre et généticien allemand (1955)

microphtalmie avec anomalies associées

[P2,Q2]

Édit. 2017

anophtalmie avec anomalie des membres l.f.

anophthalmos with limb anomalies

Association d'une anophtalmie uni ou bilatérale avec de multiples anomalies des extrémités des membres.
Syndactylie bilatérale des quatrièmes et cinquièmes métatarsiens, absence de cinquième métatarsien, hypoplasie du péroné et fémur trop court, blépharophimosis, bec de lièvre, orteils fusionnés. L’affection est autosomique récessive (MIM 206920).

P.J. Waardenburg, ophtalmologiste et généticien néerlandais (1961)

Étym. gr. an : privatif ; ophtalmos : œil

Syn. anophtalmie de Waardenburg, anophtalmie-syndactylie, ophtalmoacromélique (syndrome), Richieri-Costa-Gollop-Otto (syndrome de)

[P2,Q2]

Édit. 2017

anophtalmie bilatérale complète (vraie ou primitive) l.f.

anophthalmos, true or primary

Génopathie malformante avec absence congénitale et bilatérale des globes oculaires.
L’affection est classiquement liée à l'absence d'invagination de la fossette optique lors de l'embryogénèse au stade de 2 mm vers la troisième semaine, il ne doit donc y avoir ni nerf optique, ni chiasma, mais il semble, depuis que les examens IRM sont pratiqués, qu'il existe fréquemment de "petits" nerfs optiques. La cause initialement proposée (absence d'invagination de la fossette optique lors de l'embryogénèse au stade de 2 mm vers la troisième semaine) doit être revue et il faut admettre qu'il y a non développement ou régression de cette fossette et non pas absence. La maladie est héréditaire en l'absence de causes externes connues (cytogénétiques ou autres). L’affection est autosomique récessive (MIM 206900).

E. Cecchetto, ophtalmologue italien (1920)

Étym. gr. an : privatif ; ophtalmos : œil

[P2,Q2]

Édit. 2017

anophtalmie liée au sexe l.f.

anophthalmos clinical

Microcéphalie, globes oculaires absents, orbites petites, fentes palpébrales petites ou fusionnées.
On trouve également un retard mental et une cyphoscoliose. Le locus du gène est en Xq27-28. L’affection est récessive, liée au sexe (MIM 301590).

D. Hoefnagel, pédiatre américain (1963)

Étym. gr. an : privatif ; ophtalmos : œil

Sigle ANOP1

[P2,Q2]

Édit. 2017

anophtalmie secondaire l.f.

anophthalmos secondary

Anophtalmie due à l'absence ou à un grave défaut de la formation du cerveau antérieur et en général sur un fœtus monstrueux non viable.
Il s'agit d'une anomalie de l'organogénèse correspondant à un dérèglement de l'un des premiers stades de la vie embryonnaire.

Étym. gr. an : privatif ; ophtalmos : œil

[P2,Q2]

Édit. 2017

anophtalmie tertiaire l.f.

anophthalmos tertiary

Anophtalmie après involution de la vésicule optique.
La vésicule optique a bien existé mais elle a dégénéré. Il existe un nerf optique et du tissu méso-ectodermique dans la cavité orbitaire qui est diminuée de volume. Le reste des annexes orbitaires est présent, mais avec une glande lacrymale qui paraît relativement hypertrophiée.

Étym. gr. an : privatif ; ophtalmos : œil

[P2,Q2]

Édit. 2017

kyste orbitaire avec anophtalmie apparente l.m.

orbital coloboma cyst with anophthalmos

kyste colobomateux de l'orbite

Waardenburg (anophtalmie de) l.f

Waardenburg’s anophtalmia

P. J. Waardenburg, généticien et ophtalmologue néerlandais (1947, 1951)

anophtalmie avec anomalie des membres

Bailliart (test clinique de) l.m.

Bailliart’s clinical testing

Test de résistance à l’éblouissement.
On projette le faisceau d’un ophtalmoscope dont l’intensité est réglée au maximum sur la macula pendant 30 secondes. On mesure alors le temps nécessaire pour retrouver l’acuité visuelle de départ.

P. Bailliart, ophtalmologiste français (1939)

macula

Édit. 2017

clinique psychiatrique privée l.f

private psychiatric hospital

Unité de soins psychiatriques de statut libéral, antérieurement appelée maison de santé, comportant 60 à 80 lits en moyenne, en dehors du secteur psychiatrique.
Ces cliniques représentent entre 5 et 6% des lits d'hospitalisation en France, offrant une indispensable alternative libérale aux hospitalisations en secteur public. Leur recrutement de malades est limitatif, excluant le plus souvent les patients difficiles et les personnes âgées dépendantes. Rares sont celles dont le statut permet des placements administratifs. Leur clientèle naturelle est faite de malades relativement légers, dont les séjours sont courts : états dépressifs, psychoses aiguës ou subaiguës, névroses décompensées, etc. Elles sont indispensables aux patients non délirants qui refusent le voisinage de ces derniers, encore inévitable dans les hôpitaux publics.

[H3,E1]

clinique n.f.

Partie de la médecine qui se consacre à l’observation directe des malades, par opposition à leur étude par des investigations de laboratoire.


  • Désignation usuelle d’un établissement de soins privé comportant hébergement, par opposition aux établissements publics.

  • Jusqu’à une date récente, on appelait clinique, dans un établissement hospitalier public utilisé pour l’enseignement, un service consacré à une branche particulière de la médecine. On parlait ainsi de clinique cardiologique, de clinique de la tuberculose. Cette acception tend à disparaître du fait de la disparition dans les unités de formation et de recherche du titre de professeur de clinique.

    [N1,E]

    clinique privée l.f.

    Etablissement de soins privé, comportant hébergement.
    Certaines cliniques privées sont régies selon les règles de l’entreprise privée si elles sont à but lucratif, d’autres sont des organismes de caractère mutualiste, d’autres obéissent à la loi de 1901 sur les associations et n’ont donc pas de but lucratif. Quel que soit leur type de gestion, elles peuvent être associées au service public assuré par les hôpitaux selon la loi hospitalière de 1970.

    [E]

    couronne clinique de la dent l.f.

    corona clinica dentis (TA)

    clinical crown of tooth

    Portion visible de la couronne anatomique de la dent.

    [P3]

    dilatations des bronches (clinique et traitement des) l.f.p.

    bronchiectasis (diagnosis and therapy)

    Dans la forme diffuse, les symptômes sont ceux d'une suppuration bronchique chronique : expectoration purulente, abondante, facile, matutinale associée à des pics fébriles dès qu'elle n'est pas drainée, plus rarement hémoptoïque, simples crachats isolés ou associés au pus, parfois hémoptysie abondante.
    Certaines dilatations sont silencieuses (forme "sèche" sans expectoration).
    Soupçonné sur les symptômes cliniques, le diagnostic est confirmé par la tomodensitométrie, qui identifie désormais les lésions sans recourir à la bronchographie opaque. Ces lésions d'aspects variables (dilatations cylindriques ou kystiques) siègent sur les bronches terminales ou préterminales, avec des anomalies du parenchyme pulmonaire sous-jacent.
    Lorsque les bronchectasies sont constituées, le traitement est représenté par le drainage bronchique qui consiste à évacuer les sécrétions, associé lors des poussées de surinfection à une antibiothérapie reposant sur l'antibiogramme. Mais l'antibiothérapie ne saurait prétendre à une éradication définitive de l'infection.
    La chirurgie est contrindiquée dans les formes diffuses. Elle est indiquée dans les formes localisées, après vérification de son caractère limité. En cas d'hémoptysie grave, l'indication peut être urgente.
    L'artériographie bronchique est moins utilisée aujourd'hui par suite du risque d'obstruction de l'artère à destinée médullaire qui se complique de paraplégie. En cas d'hémoptysie massive, lorsque l'on hésite sur le territoire qui saigne, une artériographie bronchique est nécessaire complétée, si possible, par une embolisation de l'artère perfusant ce territoire.

    douleur (évaluation clinique de la) l.f.

    pain (clinical evaluation), pain (assesment of), pain (assesment of a painful patient)

    Procédé permettant de mesurer l’intensité de la douleur d’un patient, première étape à la mise en œuvre d’une stratégie pluridisciplinaire, individualisée.
    La complexité des douleurs et la diversité de leurs formes faisant obstacle à l'emploi d'une méthode unique satisfaisante, obligent à tenir compte parallèlement aux investigations somatiques :
    - du phénomène perçu : types d’une grande diversité (brûlure, coup de poignard, étau, etc.), localisation, étendue, irradiations, intensité, rythme diurne ou nocturne, signes d’accompagnement, chronicité, évolution dans le temps, effet des traitements ;
    - du mécanisme générateur : par excès de nociception (origine rhumatismale, dégénérative, inflammatoire, cancéreuse) ; par désafférentation (zona, membre fantôme, etc., avec, en particulier, siège dans un territoire de déficit sensitif sur fond douloureux dysesthésique permanent, émaillé de paroxysmes) ; sympathalgique ; myalgique ; éventuellement psychogène ;
    - de composantes ou résultantes variables selon chacun, telles qu'anxiété, dépression, trouble de la personnalité, aspects psychosociaux et facteurs susceptibles d'exacerber ou de fixer la douleur (bénéfices secondaires, en particulier).
    Divers instruments sont utilisés, échelles "globales" : verbale simple, numérique, visuelle analogique (la plus sensible, souvent préférée, sous la forme d’une réglette) ; questionnaires de vocabulaire (McGill Pain Questionnaire), pour reconnaître une douleur neurogène et évaluer la tolérance affective de la douleur ; questionnaires de qualité de vie, qui apprécient le comportement du patient.
    Aux âges extrêmes de la vie, la douleur est encore plus délicate à évaluer :
    - chez la personne âgée, son expression est volontiers pauvre du fait de troubles du langage, d’handicaps sensoriels, de ralentissement intellectuel et/ou de régression affective. Une position antalgique, une protection spontanée des zones douloureuses, une réaction de retrait ou un rictus pendant l’examen, sont évocateurs ;
    -chez l’enfant, ses difficultés de reconnaissance peuvent être majeures en présence d’handicapés mentaux qui s’expriment essentiellement par des troubles du comportement. La grille de Gustave Roussy en particulier, regroupe trois parties : signes directs de la douleur, expression volontaire de celle-ci et atonie psychomotrice.
    Cette approche globale laisse toute sa place à la clinique et fait confiance à la description de la douleur par le malade, facilitant la relation et le programme thérapeutique plurimodal.
    À l'évidence, la notion de trouble psychique ne permet pas d'exclure a priori une étiologie somatique.
    La tendance à sous-évaluer la douleur de l'autre est générale.

    R. Melzack, psychologue canadien (1975) ; G. Roussy, anatomopathologiste français, membre de l'Académie de médecines (1874-1948)

    Étym. lat. dolor : douleur

    McGill Pain questionnary, douleur neuropathique (critères diagnostiques)

    [H1]

    Édit. 2018

    essai clinique l.m.

    clinical trial

    Essai méthodique d'un médicament mené chez des volontaires sains ou malades, visant à montrer les effets thérapeutiques et/ou à rechercher les effets indésirables.
    Ils permettent d'étudier la pharmacocinétique du médicament sous la forme galénique choisie.

    [G3,E1]

    Édit. 2018  

    lipasémie (dosage et intérêt clinique de la) l.m.

    seric lipase (dosage and clinical interest)

    Dosage de la lipase pancréatique dans le sérum particulièrement très utile dans le diagnostic de la pancréatite aigüe car il est aussi sensible et probablement plus spécifique que celui de l'amylasémie.
    En dehors de la pathologie pancréatique, la seule cause d'élévation modérée de la lipasémie est l'insuffisance rénale. Il n'est pas possible de doser la lipase urinaire du fait d'une réabsorption tubulaire importante et d'une dégradation urinaire : elle explique que le dosage de la lipasémie doit être couplé avec celui de l'amylasémie et de l'amylasurie pour le diagnostic de pancréatite aigüe.

    narcissisme en clinique l.

    narcissism in clinical practice

    Terme appliqué dans trois ordres de circonstances.
    Le type considéré comme la plus achevée des "névroses narcissiques"(S. Freud) se réalisait dans l'autisme schizophrénique, avec mise à distance du monde réel et prévalence de la vie intérieure. Cette appellation tend à disparaitre de l'usage.
    Une attitude de complaisance et d'autosatisfaction domine dans les personnalités narcissiques, avec en particulier un intérêt pour autrui lié avant tout à celui qu'il vous porte.
    En pathologie courante, cette blessure narcissique souvent majeure qu'est la maladie, portant atteinte à notre sentiment d'intangibilité et de pérennité, peut à son tour être la source d'un apport narcissique constituant un bénéfice secondaire volontiers vécu comme gratifiant par le patient (M. Balint).

    personnalité narcissique

    pertinence clinique l.f.

    clinical relevance

    Assurance que le résultat d’un essai randomisé a un effet suffisamment important pour permettre d’appliquer ses conclusions à la pratique médicale.
    Par ex. un essai randomisé a montré que, chez les malades qui avaient des métastases hépatiques de cancers colorectaux, la chimiothérapie intra-artérielle augmentait de façon statiquement significative leur survie. Mais cela au prix d’hépatites chimiques et seulement pour une durée moyenne de cinq semaines. La pertinence clinique de ce traitement a donc été jugée discutable.

    [E1]

    Édit. 2020

    pharmacologie clinique l.f.

    clinical pharmacology

    Etude des actions d’un médicament sur l’Homme, portant sur les variations d’une fonction normale ou pathologiquement modifiée, le métabolisme et la destinée d’un principe actif médicamenteux dans des conditions physiologiques particulières (enfance, grossesse, allaitement, grand âge...) ou pathologiques (ex. insuffisance rénale, hépatique...).

    psychologie clinique l.f.

    clinical psychology

    "Étude des conduites individuelles, envisagée dans une conjoncture socioaffective et culturelle déterminée" (D. Lagache, 1949).
    Elle emploie conjointement des techniques psychométriques, une compréhension phénoménologique et une interprétation psychanalytique. Pour D. Lagache une véritable psychologie ne peut être que clinique et doit utiliser ces diverses approches dans une démarche synthétique centrée sur la subjectivité et l'intersubjectivité de l'homme. Comme prévisible, les écoles qui se réclament de la psychologie clinique ont suivi notamment l'influence de la psychanalyse et de la phénoménologie (personnologie de H. Murray, théorie de l'individuel, G. Allport, etc.)

    D. Lagache, psychiatre et psychanalyste français (1949) ; H. A. Murray, psychologue américain (1893-1988) ; G. W. Allport, psychologue américain (1897-1967)

    racine clinique de la dent l.f.

    radix clinica dentis (TA)

    clinical root of tooth

    Portion non visible de la dent.

    essai clinique « panier » l.m.

    basket clinical trial

    Essai clinique  dans lequel les patients sélectionnés sont  porteurs d’une même mutation et  bénéficient du même traitement, quelle que soit leur maladie.
    Ce type d’essai permet d’accroître le nombre de patients. Il est effectué en présence de tumeurs malignes touchant des organes différents mais ayant en commun une mutation somatique définie.

    [E1]

    Édit. 2018

    essai clinique ouvert l.m.

    open-label clinical trial

    Essai clinique dans lequel les chercheurs et les participants connaissent le médicament  qui est administré.

    [E1]

    Édit. 2018

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