allergie à l'iode l.f.
iodine allergy
C'est un mauvais terme, car en tant que telle, l'allergie à l'iode n'existe pas.
Il y a souvent confusion entre l'allergie aux fruits de mer (à certaines protéines des crustacés), l'allergie aux antiseptiques cutanés (à la polyvidone de la bétadine) et l'allergie aux complexes moléculaires qui accompagnent les molécules iodées des produits de contraste radiologiques, donc qui dépendent du type de ceux-ci. Ces trois phénomènes ont des déterminismes différents et il n'y a pas d'allergie croisée entre eux.
S'il n'y a pas d'allergie à l'iode, il existe en revanche une allergie aux produits de contraste iodés qui peut survenir avec tous les produits de contraste, même après une prémédication, même en cas de première injection ou, inversement, même en cas de nième injection sans problème antérieur.
Ces réactions d'hypersensibilité peuvent être immédiates, soit de nature allergique (IgE dépendante, par le biais d'une libération d'histamine et de tryptase par les basophiles et les mastocytes), soit de nature non allergique (non IgE dépendante), ou être retardées (par un mécanisme cellulaire).
Les réactions immédiates surviennent dans la minute ou les minutes qui suivent une injection intravasculaire, beaucoup plus rarement une injection locale. Elles peuvent être :
- bénignes (5% des cas : nausée, vomissement, éternuement, toux, vertige, prurit, urticaire localisé, angoisse, céphalée...) ne nécessitant pas de traitement particulier.
- modérées (0,5% des cas : urticaire géant, vomissements répétés, palpitations, dyspnée, douleurs thoracique ou abdominale, céphalées sévères, oedème laryngé, crise d'asthme), nécessitant un traitement ambulatoire.
- graves (0,05% des cas : oedème laryngé obstructif, hypotension prolongée, infarctus, troubles du rythme, arrêt cardiaque, oedème pulmonaire aigü, convulsions...), nécessitant une prise en charge en réanimation.
- voire létales (0,0005% = 1/200.000 cas).
Après une réaction d'hypersensibilité à un produit de contraste iodé, des dosages répétés d'histamine et de tryptase doivent être réalisés, ainsi que des tests cutanés (après quelques semaines à mois) pour essayer de faire le diagnostic de la nature allergique on non de l'incident, dans un but pronostique au cas où une autre injection serait nécessaire.
- Si celui-ci est reconnu comme non allergique (les plus fréquents, en général moins graves, non spécifiques d'un produit de contraste iodé particulier, avec une tryptase non augmentée, une histamine subnormale), on pourra utiliser une prémédication anti-H1.
- S'il est reconnu comme de nature allergique (potentiellemnt plus sévère), il y a une très forte probabilité de récurrence, en plus sévère, si le même produit de contraste iodé est utilisé : il convient donc de le bannir définitivement. La prémédicatio est inutile, mais l'injection d'un produit de contraste iodé différent sera éventuellement possible.
[F3,G3, G4 ,B2 ]
Édit. 2020