agraphie n.f.
agraphia
Trouble spécifique de l'expression écrite, secondaire à une affection cérébrale.
Lorsqu'elle est d'origine aphasique (agraphie aphasique), elle est rarement isolée (agraphie pure), parfois associée à un trouble de la lecture (alexie-agraphie), souvent intégrée à un Syndrome aphasique plus complexe. L'approche cognitiviste préfère l'emploi des termes de dysgraphie ou dysorthographie.
Elle distingue : les dysgraphies profondes, caractérisées par une incapacité d'écrire des pseudomots et par de grandes difficultés avec les mots abstraits ou grammaticaux ; les dysgraphies de surface, définies par le profil inverse, où les performances dépendent étroitement du degré de régularité du mot ; les dysgraphies phonologiques et leur incapacité totale de transcrire des pseudomots ou lettres, contrastant avec leurs performances excellentes dans la production de mots familiers, réguliers ou non. L'agraphie peut résulter d'un trouble praxique (agraphie apraxique), habituellement lié à des lésions de l'hémisphère gauche, pariétales ou frontales. Elle se manifeste alors par une altération du graphisme et s'associe habituellement à une apraxie des membres. Consécutives à des lésions hémisphériques droites, les agraphies spatiales se traduisent par des difficultés à organiser les aspects spatiaux de l'écriture, souvent associées à une héminégligence. Les agraphies numériques concernent spécifiquement l'écriture des chiffres. L'agraphie de la main gauche, observée lors des lésions calleuses, comporte une incapacité spécifique à écrire spontanément ou en dictée avec la main gauche. L'hémisphère gauche, seul capable de programmer le geste de l'écriture, ne peut transmettre à l'hémisphère droit l'information nécessaire. La copie servile avec la main gauche ne pose aucune difficulté, démontrant l'absence de réel trouble constructif.
Étym. gr. a : privatif ; graphein : écrire
→ dysgraphie, dysorthographie, alexie, calleux (syndrome), Gerstmann (syndrome de)
[H1]
Édit. 2017