syndrome de Rett l.m.
Encéphalopathie progressive grave, souvent confondue avec l'autisme infantile, observée presque exclusivement chez la petite fille après un développement en général normal et qui se manifeste habituellement entre 6 et 18 mois.
Ce syndrome comporte : une stagnation puis une régression du développement psychomoteur ; des symptômes d'allure autistique, mais avec une recherche du contact par un regard d'une qualité particulière ; d'importants signes neurologiques (stéréotypies manuelles, ataxie du tronc et des membres, altérations du langage, comitialité, etc.) ; un fréquent dysfonctionnement respiratoire. Des formes atypiques sont possibles.
L'évolution, très variable, se fait le plus souvent vers une stabilisation apparente autour de l'âge de trois ans, sous forme d'un état démentiel avec incoordination motrice, absence de langage, manque total d'autonomie. Le décès survient dans un contexte grabataire, généralement entre 10 et 20 ans, dans un tableau de polyhandicap souvent compliqué d'épilepsie puis de l'apparition d'une scoliose.
La tomodensitométrie est normale ou met en évidence une atrophie cérébrale modérée et diffuse qui affecte surtout la substance grise.
L'évolution peut laisser une survie d'une quarantaine d'années avec dépendance complète. Aucune lésion ophtalmologique spécifique n’a été décrite. Seules les filles sont atteintes par la maladie qui doit être létale pour les garçons. Le risque de récurrence familiale est faible d'environ 0,3%.
Ce syndrome héréditaire dominant lié à l'X (MIM 312750) est en rapport avec une mutation du gène MeCP2 (methyl-CpG-binding protein 2) situé sur le bras long du chromosome X, dans la région Xq28. Les mutations du gène MeCP2 se produisant généralement de novo, le risque de récurrence empirique est estimé à moins de 1/300, bien que la possibilité de mosaïcisme germinal ne puisse pas être exclue.
Des mutations du gène MeCP2 ont été rapportées dans le cadre d'encéphalopathies du garçon mais ne correspondent pas au même tableau. Des mutations du gène CDKL5 et une interruption du gène Nétrine G1 ont récemment été identifiées chez des patients présentant un phénotype similaire à celui du syndrome de Rett.
Le syndrome de Rett existe dans les différentes parties du monde. La prévalence en Europe serait d'environ 1/15 000 filles.
A. Rett, neuropédiatre autrichien (1966)
Réf. Orphanet, J. Christodoulou, S. Williamson (2007)
→ Encéphalopathie, autisme, ataxie, comitialité, stéréotypie en psychiatrie, MeCP2 gene, CDKL5 gene
[H1, H3, K1, O1, Q2]
Édit. 2019