May-Hegglin (syndrome de) l.m.
May Hegglin anomaly, MHA
Affection comportant une thrombopénie avec défaut de maturation des plaquettes qui sont volumineuses et la présence d'inclusions basophiles dans les granulocytes neutrophiles et éosinophiles appelées corps de Döhle.
Elle se traduit par une tendance hémorragique : épistaxis, ecchymoses, métrorragies et plus rarement par une atteinte cochléaire ou rénale
La transmission est autosomique dominante ; la mutation, souvent de novo, porte sur le gène MYH9, locus en 22q12-13 codant pour une chaîne lourde de la myosine non musculaire exprimée dans les polynucléaires et les monocytes ; la protéine anormale précipite pour former de grosses inclusions ovalaires intracytoplasmiques, les corps de Döhle.
L’affection entre dans le cadre des macrothrombocytopénies avec les syndromes de Sebastian, d’Epstein, de Fechtner (et Alport-like) liées également à des mutation du gène MYH9.
R. May, médecin allemand (1909), R. M. Hegglin, médecin interniste suisse (1945) ; K. G. P. Döhle, anatomopathologiste allemand (1892)
Syn. anomalie de May-Hegglin
→ macrothrombocytopénie, MYH9 (maladies liées à)
May-Thurner (syndrome de) l.m.
May-Thurner’s syndrome
Compression de la veine iliaque gauche par l’artère iliaque droite contre la 5ème vertèbre lombaire pouvant entraîner une thrombose veineuse profonde avec le risque d’embolies pulmonaires et de complications locales (œdème, ulcère) en rapport avec la gêne au retour veineux.
Le diagnostic repose sur l’échographie et l’imagerie par résonance magnétique. Le traitement médical utilise les anticoagulants et les thrombolytiques. En cas d’échec, une angioplastie avec mise en place d’un stent constitue une alternative. Le syndrome de Cockett est parfois employé comme synonyme du syndrome de May-Thurner, mais certains s'y réfèrent comme étant l'insuffisance veineuse chronique résultant de la même lésion anatomique, mais en l'absence de thrombose.
Cockett (syndrome de), angioplastie
R. May et J. Turner, anatomopathologistes autrichiens (1956)
[K4]
Édit. 2017
coloration n.f.
staining
Application de colorants pour l'histologie et pour l'anatomopathologie.
L'hématoxyline-éosine-safran est très utilisée dans l'usage courant. De très nombreuses colorations sont appliquées pour l'observation de certaines structures comme : coloration de Perls pour les dépôts ferriques, PAS pour les mucines, Ziehl-Nielsen pour le bacille de Koch, etc.
[A2,A3]
coloration de Gömöri-Grocott l.f.
Gomori-Grocott coloration
Coloration par imprégnation argentique utilisée pour le diagnostic de la pneumocystose.
G. Gömöri, histologiste américain d'origine hongroise (1950); R. G. Grocott, histologiste américain (1955)
[A2]
coloration de Gram l.f.
Gram's stain
Technique de coloration différentielle des bactéries et premier stade de leur identification.
Le frottis est coloré par un colorant d'aniline mordancé par l'iode puis décoloré par l'alcool éthylique ou l'acétone. Certaines bactéries restent colorées (bactéries à Gram positif), d'autres sont décolorées puis mises en évidence par un colorant de contraste (bactéries à Gram négatif).
H. C. Gram, bactériologue danois (1884)
Abrév. Gram
[D1]
coloration de Harris-Shorr l.f.
Harris-Shorr’s staining
Coloration utilisée en colpocytologie associant la triple coloration nucléocytoplasmique de Shorr (écarlate, orangé, vert solide) à la coloration nucléaire par l'hématoxyline de Harris.
H. F. Harris, (1900) et E. Shorr, médecins américains (1941)
[03]
Édit. 2015
coloration de Shorr l.f.
Shorr’s staining
E. Shorr, anatomopathologiste américain (1941)
Syn. coloration de Harris-Shorr
coloration de von Kóssa l.f.
von Kóssa’s stain
J. von Kóssa, anatomopathologiste austro-hongrois (1901)
[A2,A3]
coloration de Ziehl-Neelsen l.f.
Ziehl- Neelsen's stain
Technique de coloration destinée à mettre en évidence les bactéries acido-alcoolo-résistantes, en particulier le bacille de Koch et les autres mycobactéries.
F. Ziehl, bactériologiste allemand (1882) ; F. Neelsen, anatomopathologiste allemand (1892)
→ Ziehl-Neelsen (coloration de)
[A2,A3]
coloration négative l.f.
negative staining
Technique microscopique dans laquelle le fond de la préparation est coloré ou rendu opaque pour mettre en évidence une structure (capsule) ou une particule (bactérie, virus).
[A2]
encre de Chine (coloration) l.f.
india ink (coloring)
Coloration effectuée entre lame et lamelle pour le diagnostic direct de cryptococcose.
Une goutte d’encre de Chine est déposée sur le culot de centrifugation du prélèvement (LCS le plus souvent). Sur le fond sombre de la préparation, l’épaisse capsule entourant les levures de l'espèce Cryptococcus neoformans est facilement mise en évidence, sous forme d’un halo incolore entourant la levure.
[D1, B3]
Édit. 2019
Fontana-Tribondeau (coloration de) l.f.
Fontana-Tribondeau’s staining
Coloration au nitrate d’argent destinée à la mise en évidence du tréponème de la syphilis.
A. Fontana, bactériologiste italien (1912) ; L. Tribondeau, bactériologiste français (1912)
→ syphilis, Treponema pallidum
[D1]
Édit. 2018
Gömöri-Grocott (coloration de) l.f.
Gömöri’s methenamine silver stain
Coloration par imprégnation argentique utilisée pour le diagnostic de la pneumocystose.
G. Gömöri, histochimiste américain (1950); R.G. Grocott, histologiste américain (1955)
Harris-Shorr (coloration de) l.f.
Harris-Shorr’s staining
Coloration utilisée en colpocytologie associant la triple coloration nucléocytoplasmique de Shorr (écarlate, orangé, vert solide) à la coloration nucléaire par l'hématoxyline de Harris.
H. F. Harris (1900) et E. Shorr, médecins américains (1941)
[03]
Édit. 2015
Hotchkiss-McManus (coloration de) l.f.
Hotchkiss-McManus’ reaction, PAS stain
Coloration histochimique, encore appelée coloration par le PAS (Periodic Acid-Schiff), très utile en histologie, notamment dermatologique, mettant en évidence certains polysaccharides présents dans les tissus étudiés, dont le glycogène.
L'oxydation des groupes hydroxyle par l'acide periodique aboutit à la formation de radicaux aldéhyde libres qui se colorent en rouge magenta avec le réactif de Schiff.
R. D. Hotchkiss, microbiologiste américain (1948) ; J. F. A. McManus, anatomopathologiste canadien (1946) ; H. Schiff, chimiste italien (1834-1915)
Syn. coloration par le PAS
[A3]
Édit. 2015
Masson (coloration trichromique de) l.f.
Masson's trichrome
Technique histologique utilisant trois colorants dont l'un, soit bleu, soit vert lumière, soit jaune safran, se fixe sur le tissu conjonctif et le différencie du tissu musculaire.
P. Masson, anatomopathologiste franço-canadien, membre de l'Académie de médecine (1880-1950)
Syn. trichrome de Masson
mode avec coloration de flux l.m.
Musto (coloration de) l.f.
Musto coloration
Technique de coloration à imprégnation argentique, dérivée de la méthode de Gomori-Grocott et utilisée pour le diagnostic de la pneumocystose.
Linda Musto, anatomopathologiste américaine (1982)
Papanicolaou (coloration de) l.f.
Papanicolaou staining
Technique de coloration cellulaire par une préparation complexe à base d'hématoxyline de Harris et d'orange GG, surtout utilisée pour les frottis cervicovaginaux, en vue d'étudier la morphologie et l'affinité tinctoriale du cytoplasme des cellules prélevées.
Elle permet d'apprécier l'état d’imprégnation hormonale et de déceler d'éventuelles cellules cancéreuses.
G. N. Papanicolaou, anatomopathologiste américain (1883-1962)
→ hématoxyline, frottis cervicovaginal de dépistage
[F2, O3]
Édit. 2018
PAS (coloration par le) l.f. sigle angl. pour Periodic Acid Shiff
PAS stain
R. D. Hotchkiss, microbiologiste américain (1948); J. F. A. McManus, anatomopathologiste canadien (1946)
Syn. coloration de Hotchkiss-McManus
→ Hotchkiss-McManus (coloration de), acide périodique
periodique-Schiff (coloration) l.f.
H. Schiff, biochimiste allemand (1834-1915)
Perls (coloration de ) l.f.
Perls’ staining
Réaction histochimique de coloration dans laquelle le fer ferrique (non héminique), en présence de ferrocyanure de potassium, précipite en milieu acide sous forme de ferrocyanure ferrique ou bleu de Prusse, rendant alors les granules de fer visibles au microscope optique.
La présence de fer ferrique peut être ainsi aisément décelée dans les tissus dans des conditions d’hémolyse, de troubles métaboliques du fer et de maladie de surcharge. Qu’il s’agisse d’un excès local ou systémique de fer, la ferritine entre dans la constitution des granules d’hémosidérine décelables en microscopie photonique par la coloration de Perls.
Les excès locaux de fer et d’hémosidérine proviennent d’hémorragies ; l’exemple le plus simple est l’hématome. L’hémoglobine provenant de la lyse des hématies subit une transformation en hémosidérine. Les macrophages prennent alors part au processus de phagocytose des débris cellulaires et contribuent à transformer dans leurs lysosomes l’hémoglobine en hémosidérine sous forme de granules colorables par le Perls.
Dans la surcharge systémique en fer, l’hémosidérine se dépose dans de nombreux organes et tissus : hémosidérose observée en cas d’absorption exagérée de fer dans l’alimentation, en cas de mauvaise utilisation du fer, en cas d’anémie hémolytique et de transfusions répétées. Dans la plupart de ces cas de surcharge systémique en fer, l’accumulation intracellulaire ne provoque pas de lésion parenchymateuse ni d’altération fonctionnelle des organes. Par contre, dans l’hémochromatose idiopathique, où l’accumulation de fer est la plus importante, il existe des lésions du foie et du pancréas principalement, aboutissant à une fibrose hépatique d’évolution cirrhotique et à un diabète sucré. La coloration de Perls souligne l’importance de la surcharge ferrique dans les cellules hépatiques et dans les cellules de Kupffer.
Lors de l’analyse de frottis de sang et de moelle osseuse, la coloration de Perls permet d’identifier les sidéroblastes : érythroblastes médullaires contenant des granules de fer ; et les sidérocytes : hématies contenant des granules de fer ; elle permet aussi de localiser les granules de fer dans d’autres cellules de la moelle hématopoïétique ou les macrophages, ou en dehors de toute cellule (fer extracellulaire).
M. Perls, anatomopathologiste allemand (1867)
Shorr (coloration de) l.f.
Shorr’s staining
Triple coloration par l’orangé G, le vert solide et le Biebrich écarlate qui colore les prélèvements cellulaires ou tissulaires divers, notamment des frottis vaginaux.
E. Shorr, anatomopathologiste américain (1941)
Syn. coloration de Harris-Shorr
→ Harris-Shorr (coloration de)
von Kóssa (coloration de) l.f.
von Kóssa’s stain
Technique histologique colorant en noir les dépôts calciques intratissulaires, notamment dans le derme.
J. von Kóssa, anatomopathologiste austro-hongrois (1901)
Warthin-Starry (coloration de) l.f.
Coloration à base de sels d’argent, destinée à mettre en évidence, sur une coupe histologique ou un frottis, la présence de bactéries telles que les spirochètes ou les Bartonella.
A.S. Warthin et A.C. Starry, anatomopathologistes américains (1920)