Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

96 résultats 

accidentalité n.f.

accidentality

 Ensemble des accidents auxquels a été exposée une population dans des circonstances et une durée de temps données.
L’intérêt des relevés et statistiques d’accidentalité réside dans la comparaison des données pour différentes causes, populations ou périodes, toutes choses égales par ailleurs, l’objectif étant de prévenir les accidents. On peut ainsi s’intéresser à l’évolution des accidents de la route, des accidents domestiques, des accidents liés à l’alcool, selon les régions, les périodes, les classes d’âge, etc.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

[E1,G2]

Édit. 2016

cyclothymie n.f.

cyclothymia

Instabilité de l'humeur comprenant des périodes hypomaniaques et dépressives légères.
Dans la CIM 10 et le DSM IV, la cyclothymie est classée parmi les troubles bipolaires et caractérisée par des périodes récurrentes d'excitation de l'humeur et de dépression ou de perte d'intérêt et de plaisir. Les variations pathologiques de l'humeur doivent évoluer depuis au moins deux ans, sans avoir atteint la sévérité d'un épisode maniaque ni dépressif majeur.
Contrairement à sa définition par E. Kretschmer comme un tempérament cyclique normal dans la séquence cyclothyme (type pycnique) - cycloïde - cyclophrène, elle fut désignée comme la psychose maniaco-dépressive dans sa forme alternante pure (K. Kahlbaum), puis dans son ensemble (K. Schneider) ou dans ses formes mineures ou larvées (E. Kraepelin).
Répartie uniformément entre les sexes, avec une prévalence sur la vie entière de 0,4 à 1 p.100, elle débute le plus souvent à l'adolescence ou à l'âge adulte. Pour certains, elle est considérée comme prédisposant à d'autres troubles de l'humeur, plus particulièrement, dans 15 à 20 p.100 des cas, aux troubles bipolaires de type I ou II.

E. Hecker (1871), K. Kahlbaum (1889), E. Kraepelin (1915), E. Kretschmer (1940), K. Schneider (1958), psychiatres allemands

Étym. gr. kuklos : cercle, et thumos : état d'esprit, humeur

[H3]

horizons de Streeter l.m.p.

Streeter’s stages

Séquences normales du développement des caractères externes et internes de l’embryon et du fœtus.
Le développement de l’embryon et du fœtus in utero, de la fécondation à la naissance, s’effectue sur trois périodes :
- la période pré-embryonnaire s’étend de la fécondation au 27ème jour ; elle est divisée en 12 « horizons » (ou stades) – I à XII - regroupés en 7 séquences ;
- la période embryonnaire s’étend du 27ème au 48ème jour ; elle correspond aux horizons XIII à XXIII ;
- la période fœtale, étudiée de la 8ème à la 38ème semaine, est regroupée en 8 séquences dites de gestation. C’est la fœtogénèse ou organogénèse (au sens restreint du terme).
A chacune des subdivisions des périodes correspondent des modifications du développement des caractères externes et internes de l’embryon et du fœtus. A partir du moment où elle devient mesurable (20ème au 23ème jour) la taille est rapportée à la distance vertex-coccyx (VC), du sommet du crâne au siège de l’embryon ou du fœtus, distance dite encore longueur crânio-caudale (LCC).
La classification des horizons de Streeter peut être comparée avec les stades embryonnaires décrits par R. O’Rahilly à la Carnegie Institution of Washington et connus sous le terme de « stades carnegie ». Ils sont au nombre de 23 et couvrent la période qui s’étend de la fécondation au 60ème jour.

G. L. Streeter, embryologiste américain (1942-1948), R. O’Rahilly, embryologiste américain (1973)

Étym. gr. horizein borner

Syn. stades de Streeter

stades carnegie, développement de l’embryon et du fœtus humain (par séquence de semaines), horizons I – III, horizon IV, horizon V, horizons VI – VIII, horizons IX et X, horizons XI et XII, horizon XIII, horizon XIV, horizon XV, horizon XVI, horizon XVII, horizon XVIII, horizon XIX, horizon XX, horizon XXI, horizon XXII, horizon XXIII, gestation, gestation (8ème semaine), gestation (9ème à 12ème semaine ), gestation (13ème à 16ème semaine ), gestation (17ème à 20ème semaine) , gestation (21ème à 25ème semaine ), gestation (26ème à 29ème semaine ), gestation (30ème à 34ème semaine ), gestation (35ème à 38ème semaine ), embryogénèse, gestation, organogénèse, fœtogénèse

[A4,O6]

imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) l.f.

cerebral functional magnetic resonance imaging, functional MRI (fMRI)

Application de l'IRM qui dresse, de façon non agressive, une cartographie fonctionnelle du cerveau. Son principe repose sur la localisation de modifications hémodynamiques liées à l'activité neuronale que provoque l'activation d'une région encéphalique. Il est basé sur la théorie de C.W. Roy et C.S. Sherrington selon laquelle l’activation d’une région du cerveau entraine une augmentation notable du débit sanguin local et une augmentation de la consommation d’oxygène (principe BOLD : Blood Oxygenation Level Dependent). Cette augmentation de la consommation d’oxygène fait que le sang veineux efférent est plus riche est désoxyhémoglobine, substance paramagnétique, à l’origine d’une faible augmentation du signal RM par effet de susceptibilité magnétique. La technique, qui fait appel à des séquences d’écho-planar EPI écho de gradient, nécessite un imageur d’au moins 1,5 T, On a recours à des paradigmes d'activation : périodes d'activation cérébrale imaginées en fonction de la région du cerveau à explorer, qui nécessitent parfois des équipements particuliers (vidéoprojecteurs, écouteurs, joystick relié à un ordinateur etc... et qui alternent avec des périodes de repos. Les images acquises à une cadence rapide, de façon à suivre en temps réel les variations du signal provoquées par l'activation, sont présentées sous forme de cartes d'activation, codées en couleur, superposées aux images anatomiques ou à un rendu 3D du cortex cérébral.
Les applications physiologiques sont nombreuses : étude des zones fonctionnelles cérébrales, de l'asymétrie hémisphérique… ainsi que les applications cliniques : localisation des zones du langage, chirurgie de l'épilepsie, chirurgie tumorale….

C. W. Roy, anatomopathologiste et C. S. Sherrington, physiologistes américains, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1932 (1890)

imagerie de diffusion (en IRM), imagerie de perfusion (en IRM), séquence écho-planar

[H1,H2,B2,B3]

Édit. 2018

rythme n.m.

rhythm

Caractère répétitif des modalités et des intervalles d'un phénomène.
C'est une notion qualitative différente de celle quantitative de fréquence : le rythme caractérise une suite d'évènements complexes mais distincts, il ne se mesure pas, par contre la fréquence, nombre de répétition de l'événement par unité de temps, s'exprime par une valeur moyenne.
Le comptage des pulsations cardiaques pendant une minute (ou 15 secondes si le cœur est régulier) donne la fréquence, f, du pouls et, de là, la période moyenne, p, de la révolution cardiaque (p = 1/f). Les modalités de répétition des battements définissent le rythme, qui peut être régulier ou irrégulier, les périodes successives ne sont alors pas égales. Si les périodes sont de durées trop irrégulières, on parle d'arythmie.

Étym. gr. rhuthmos : mouvement réglé, cadence, style

bloc de branche, fréquence, pouls (fréquence du), période

syndrome de surdité neurosensorielle-paralysie ponto-bulbaire l.m.

Maladie neurologique rare caractérisée par une paralysie pontobulbaire progressive associée à une surdité neurosensorielle.
Sa prévalence est inférieure à1 / 1 000 000.Cinquante-huit cas ont été rapportés en un peu plus de 100 ans. Le sex ratio femmes/hommes est d'environ 3/1.
 L'âge d'apparition des premiers symptômes varie de la petite enfance à la troisième décennie de la vie. Le syndrome est associé le plus fréquemment à une surdité neurosensorielle généralement progressive et sévère. Une atteinte des nerfs crâniens inférieurs et des troubles neuromoteurs des membres inférieurs et supérieurs sont fréquents. Les autres signes incluent des troubles respiratoires (signe non-neurologique le plus fréquemment rapporté), une faiblesse des membres, une difficulté de prononciation, une faiblesse musculaire faciale, du cou et des épaules. Une atrophie optique, une rétinite pigmentaire, une hyperpigmentation maculaire, une dysautonomie et une épilepsie peuvent survenir.
L'étiopathogenèse reste inconnue. Environ 50 % des cas sont familiaux et pour ces cas, la transmission serait autosomique récessive. Les autres cas sont sporadiques. Des examens neurophysiologiques, une IRM du cerveau, des biopsies musculaires et des examens du liquide cérébrospinal sont effectués pour exclure d'autres pathologies ou pour confirmer le diagnostic clinique.
Le diagnostic différentiel inclut le syndrome de Fazio-Londe, la sclérose latérale amyotrophique, le syndrome de Nathalie, le syndrome de Boltshauser et la maladie du motoneurone type Madras.
Le traitement par stéroïdes et immunoglobuline intraveineuse peut temporairement stabiliser le syndrome. Cependant, la prise en charge de la maladie est symptomatique et peut nécessiter la ventilation et la nutrition entérale par gastrotomie. L'évolution est variable et inclut une détérioration progressive (presque la moitié des cas), une détérioration progressive avec des périodes stables (un tiers des cas) et une détérioration avec des périodes abruptes d'aggravation (un peu moins d'un cinquième des cas). Après le début des symptômes, un tiers des patients vivent pendant dix ans ou plus.

Syn. syndrome de Brown-Vialetto-van Laere, syndrome de déficit en transporteur de riboflavine, maladie de Fazio-Londe, syndrome de surdité neurosensorielle-paralysie ponto-bulbaire

Réf. Orphanet, S. Sathasivam (2008)

syndrome de surdité neurosensorielle-paralysie ponto-bulbaire, sclérose latérale amyotrophique, syndrome de Nathalie, syndrome de Boltshauser, Madras (syndrome de)

[H1, K1, O1, P1, P2]

Édit. 2019

abstinence périodique l.f.

periodic abstinence

Contraception proche de la méthode d'Ogino-Knaus, consistant à éviter les rapports sexuels pendant les périodes dites fécondes.
Celles-ci s'étendent plus ou moins loin avant et après l'ovulation repérée par courbe ménothermique, ne laissant pour les rapports que quelques jours seulement avant les règles, même pour les méthodes les plus strictes.

méthode d'Ogino-Knaus, courbe ménothermique

[O3]

Édit. 2017

adaptabilité n.f.

adaptibility

Ensemble des dispositions naturelles et/ou acquises qui permettent à un organisme d'établir, à différentes périodes de son existence, des relations d'équilibre en présence de nouvelles conditions de vie.

[C2]

Édit. 2017

adénosine n.f.

adenosine

Nucléoside constitué de l'adénine, base purique, liée par une liaison N-osidique au bêta-D-ribose.
L'adénosine est un neuromédiateur et une substance physiologiquement active sur certaines cellules comme les plaquettes, elle intervient dans la douleur. Couplée à des protéines G, elle agit sur des récepteurs spécifiques A1 et A2. L'adénosine joue un rôle protecteur contre les périodes brèves d'ischémie myocardique et permet de réduire nettement l'importance d'un infarctus : le blocage des récepteurs A1 supprime l'effet protecteur et, au contraire, une injection intra-coronaire d'adénosine induit le mécanisme de protection. Le récepteur A1 ralentit le cœur et produit un effet vasoconstricteur, le récepteur A2 induit une vasodilatation coronaire et inhibe les neutrophiles.

[C1,C3]

Édit. 2017

algie vasculaire de la face l.f.

cluster headache

Affection caractérisée par des crises douloureuses, intenses, pulsatiles, répétées, généralement unilatérales, intéressant l’œil (souvent rétro-orbitaires), le maxillaire et la partie latérale du nez accompagnées de signes vasomoteurs et sécrétoires homolatéraux.
S’y associent fréquemment un larmoiement, une rhinorrhée, une rougeur cutanée homolatérale et une injection conjonctivale. Touchant trois fois plus l’homme que la femme, autour de 30 ans, les douleurs en salves, d’une durée de quelques minutes à plusieurs heures, surviennent chaque jour parfois plusieurs fois par jour, souvent à heure fixe et la nuit pendant des périodes de plusieurs semaines, séparées d’intervalles libres durant des mois ou même des années. Une forme chronique d'emblée ou secondairement, avec répétition quotidienne des accès pendant des années, est plus rarement observée.

Selon le siège de la douleur et les signes associés, il a été décrit les syndromes de Charlin, de Sluder ou du ganglion sphénopalatin, l’érythromélalgie de la face, la névralgie du nerf du canal ptérygoïdien ou des nerfs grand pétreux ou pétreux profond.
Les traitements les plus efficaces sont l'oxygénothérapie lors des crises et le sumatriptan injectable.

Étym. gr. algos : douleur

Syn. érythroprosopalgie, névralgie migraineuse, syndrome de Charlin, syndrome de Sluder

sympathalgie,  syndrome du ganglion sphénopalatin, érythromélalgie de la face, névralgie du nerf vidien,Vail (syndrome de), sumatriptan

[H1, K4, P1, P2]

Édit. 2020

amiodarone n.f.

amiodarone

Antiarythmique de la classe III de Vaughan-Williams utilisé dans le traitement des tachycardies ventriculaire et supraventriculaire, dans la fibrillation ventriculaire et dans le traitement de fond de l’insuffisance coronaire.
Il allonge la phase 3 du potentiel d’action de la fibre cardiaque ; il a un effet bradycardisant par diminution de l’automatisme sinusal ; il ralentit les conductions sino-atriale, atriale et nodales ; il augmente les périodes réfractaires et diminue l’excitabilité myocardique aux étages atrial, nodal et ventriculaire ; il augmente le débit coronaire.
C’est un médicament iodé donc susceptible d'entraîner des dysthyroïdies. Outre les dépôts cornéens, sans conséquence fonctionnelle, il peut aussi être à l'origine d'atteinte pulmonaire.

[G3, G5, K1, K2, O4, P2]

Édit. 2020

amphétaminomanie n.f.

amphetamine addiction

Toxicomanie aux amphétamines.
Elle s'est répandue rapidement, de façon quasi épidémique, dans le Japon d'après-guerre. Il n'y a pas de dépendance physique mais psychique. Les toxicomanes utilisent des anorexigènes commercialisés mais ils recourent aussi aux amphétaminiques de fabrication clandestine. La voie orale est plus fréquente que la voie intraveineuse. Le tableau clinique de l'amphétaminomanie est proche de celui de la cocaïnomanie.
De nombreux toxicomanes aux stimulants alternent les périodes d'amphétaminomanie et de barbituromanie (ou de toxicomanie aux benzodiazépines). Elles finissent par s'intriquer pour créer une toxicomanie mixte, comportant une consommation d'amphétamines qui prédomine le jour et une consommation de tranquillisants et de barbituriques à prédominance nocturne. Cette action est liée à l'augmentation de la neurotransmission dopaminergique qu'elles suscitent : elles bloquent la recapture de la dopamine et favorisent sa libération.
Les amphétamines provoquent des effets sympathomimétiques : vasoconstriction, hypertension artérielle, mydriase, tachycardie. Elles exaltent la vigilance et la mémoire, redonnent confiance en soi, mais aussi entraînent angoisses, insomnie, anorexie voire hallucinations et vécu persécutif dit "effet parano"

amphétamine

[G3,G4,H1,H4]

Édit. 2017

angoisse (névrose d') l.f.

anxiety neurosis

Selon S. Freud (1893-5), état d'anxiété flottante isolée, qui associe sur le plan sémiologique des accès d'angoisse, un fond anxieux chronique et une anxiété anticipatoire permanente, le sujet vivant dans la peur de la répétition des accès.
Les conséquences sociales peuvent être importantes, avec vie socioprofessionnelle réduite et conduites d'évitement des situations anxiogènes. Elle est souvent associée à des attaques de panique, à une agoraphobie, un état dépressif, voire un alcoolisme.
Les traitements sont d'ordre psychothérapique, directifs ou non, et anxiolytiques pendant de courtes périodes en raison du risque de dépendance.

[H3,H4]

Édit. 2017

anovulation n.f.

anovulation

Absence d'ovulation, c'est-à-dire de libération du gamète femelle.
Elle est physiologique en périodes post-pubertaire et préménopausique. Les cycles sont alors exclusivement œstrogéniques. Sa prolongation expose donc au risque de cancer hormonodépendant, en particulier de l'endomètre et du sein. Elle est mise en évidence par une courbe ménothermique sans décalage. La cause peut être ovarienne, des ovaires polykystiques notamment, hypophysaire en cas d’hyperprolactinémie, hypothalamique par altération de la sécrétion de la LH-RH ou par une sécrétion anormale d’endorphines comme chez les sportives de haut niveau, voire corticale après un choc affectif. Elle se traite par les inducteurs de l’ovulation.

[O3]

Édit. 2017

asthme n. m.

asthma

Syndrome caractérisé par des crises de dyspnée, survenant sur un terrain atopique, caractérisé par des accès de bradypnée expiratoire, liés à l'obstruction des petites voies aériennes par spasme, hypersécrétion et œdème des bronches.
Il évolue d'une phase sèche de toux quinteuse à une phase humide catarrhale, attestée par les sifflements perçus à l'auscultation ainsi que par le malade ou son entourage. Les crises, peuvent se succéder durant plusieurs jours si on ne les traite pas. Elles sont espacées de périodes de rémission pendant lesquelles la fonction respiratoire peut être normale, mais les crises graves peuvent être mortelles
L’obstruction bronchique réversible après inhalation de bêta2-mimétiques, tend à évoluer, à défaut de traitement anti-inflammatoire, vers une obstruction permanente et irréversible. Le spasme de la musculature lisse bronchique est dû au moins en partie, à une inflammation muqueuse, facteur étiologique essentiel à traiter. L'allergie joue le rôle principal par hypersensibilisation immédiate, semi-tardive ou retardée. Des causes très diverses peuvent déclencher la crise : infection bronchique, inhalation de substance irritante, émotion violente. L'évolution capricieuse de l'asthme doit être surveillée tous les jours par le débit de pointe que le patient peut mesurer lui-même. Toute suspicion d'asthme impose une spirographie à la recherche d'une altération des débits bronchiques.
Chez l'enfant, la toux quinteuse durable est une manifestation fréquente de l'asthme débutant. L'asthme de l'enfant peut disparaître à la puberté mais, avec l'âge, les symptômes peuvent se modifier, l'asthme devient humide et évolue vers l'insuffisance respiratoire chronique.
Toute suspicion d'asthme impose une spirographie à la recherche d'une altération des débits bronchiques. L'hyperréactivité bronchique, décelable par un test de provocation aux dérivés de l'acétylcholine ou plus rarement aux allergènes, constitue le stigmate permanent du terrain asthmatique en partie héréditaire.
Dans tous les pays industriels l'incidence de l'asthme augmente régulièrement depuis une quarantaine d'années, plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer cet accroissement, aucune n'est encore validée

Étym. gr. asthma : respiration pénible, asthme

débit de pointe

ataxie paroxystique familiale sensible à l'acétazolamide l.f.

acetazolamide dependent familial paroxysmal ataxia

Épisodes d'ataxie cérébelleuse survenant dès l'enfance et par crises, modifiés favorablement par l'acétazolamide, laissant des périodes asymptomatiques entre les crises, d'évolution bénigne avec présence d'une atrophie du vermis cérébelleux à l'IRM.
L'affection peut cependant faire place secondairement à un syndrome cérébelleux. Les crises se manifestent par un déséquilibre, une incoordination motrice, une dysarthrie, des vertiges et parfois une paralysie du IV dont la durée peut aller de quelques minutes à quelques heures. Elle serait liée à une altération du métabolisme du pyruvate, gène probablement sur le chromosome 19 près du locus du syndrome de Cadasil. L’affection est autosomique dominante.

G. Aimard, neurologue français (1983)

Étym. gr. a : priv. ; taxis : ordre 

autisme (modèles physiopathologiques) l.m.p.

Les examens neuro-fonctionnels spécialisés, psychologiques et cérébraux, mettent en évidence des altérations du décodage de l'information sensorielle, motrice et émotionnelle.
Certains résultats des études sur les fonctions neurophysiologiques à la base des interactions sociales confirment les liens entre :
- défaut de réciprocité sociale et activation atypique des «systèmes miroirs» ;
- trouble de la communication et anomalie du traitement cortical de l'information sensori-motrice ;
- intolérance au changement et réactivité anormale du cortex cérébral aux événements inhabituels.
Ces anomalies du fonctionnement des réseaux neuronaux ont un impact majeur sur la perception d’autrui, de leurs intentions, de leurs émotions et de leurs réactions. Ces hypothèses «neuronales» rejoignent les modèles proposés par les psychologues décrivant les particularités du fonctionnement intellectuel et relationnel dans ce syndrome. Des travaux concernent actuellement la mise en évidence de corrélats cérébraux des déficits de l'empathie, de la théorie de l'esprit (« theory of mind »), de la fonction exécutive, de la cohérence centrale. Cette double approche réunit les cliniciens non seulement sur les modèles neuro-psycho-physiologiques mais aussi sur des propositions éducatives et thérapeutiques.
Il ne fait plus de doute que les facteurs génétiques contribuent fortement à la survenue de l'autisme. Du fait de la forte hétérogénéité clinique du syndrome autistique, il  est nécessaire de constituer des sous-groupes homogènes à partir de variables phénotypiques cliniques et biologiques comme la taille du crâne, l'existence d'une régression du développement, l'épilepsie, les troubles du sommeil... Certaines caractéristiques électro-physiologiques (EEG, potentiels évoqués corticaux) s'intégreront certainement dans cette série de marqueurs.
La combinaison des approches cliniques, de neuro-imagerie et de génétique moléculaire vont permettre d'identifier des périodes critiques du développement cérébral et des fonctionnements neuronaux cibles. L'hypothèse de perturbations de la connectivité avec anomalie des structures et fonctions syn.aptiques est actuellement avancée.

autisme

bilan de santé l.m.

check up, check in

Examen de santé gratuit dont, en France, un assuré social et les membres de sa famille peuvent bénéficier à certaines périodes de leur vie.

Édit. 2017

bruxisme n.m.

teeth grinding

Mouvements rythmiques des mâchoires étroitement serrées l'une contre l'autre, avec serrement intempestif des dents, observé en dehors des périodes de mastication, qui peut s'observer au cours du sommeil.
Ces épisodes surviennent en majorité aux stades 1 et 2 du sommeil lent, mais sans limitation à ceux-ci; ils peuvent être suivis d'une réaction d'éveil. Dans ses formes chroniques, le bruxisme du sommeil abîme les dents, entraîne une usure de l’émail, une usure de la dentine (couche d’ivoire sous- jacente), une sensibilisation de la dent aux changements de température et aux aliments acides, une atteinte du nerf et une fracture de la dent. Le bruxisme peut aussi retentir sur l’articulation temporo-maxillaire et provoquer des douleurs faciales et des céphalées.
Son étiologie est très mal connue, encore qu'une pathologie dentaire, des troubles de l'occlusion dentaire ou des facteurs émotionnels puissent tenir un rôle, bien que nombreux soient les sujets sans problèmes psychologiques apparents. Les traitements stomatologiques sont complexes et longs. Les traitements réversibles, tels les gouttières, qui ont un rôle protecteur doivent être privilégiés. La toxine botulinique est un traitement des formes majeures. L'intérêt de placebos a été retenu.

Édit. 2017

Ca Symb. du calcium.

Le calcium contient 6 isotopes naturels, dont le principal, 40Ca, constitue 97%, les autres, 42Ca, 43Ca, 44Ca, 46Ca, 48Ca, n'étant présents qu'en très faible proportion.
Les isotopes 45Ca et 47Ca sont artificiels et radioactifs, de périodes respectives de 159 jours et 4,5 jours.

[C1]

Édit. 2018

catatonie périodique l.f.

periodical catatonia

Accès catatoniques typiques de quelques jours à quelques semaines, séparés par des périodes de longue rémission.
Le statut de cette affection exceptionnelle, souvent accompagnée d'élévation thermique, reste mal précisé.
Elle est décrite :
- dans les évolutions schizophréniques périodiques, et représenteraient 2 à 3% de ces états avec une périodicité parfois surprenante, ainsi que
- dans les psychoses maniacodépressives (équivalents catatoniques possibles de la manie ou de la mélancolie selon H. Baruk).

E. Kraepelin, psychiatre allemand (1896) ; H. Baruk, psychiatre français, membre de l’Académie de médecine (1959)

[H3]

centre de post-cure l.m.

post-cure centre

Structure destinée à prendre en charge des malades sortis de l'hôpital et en voie de guérison, en vue de compléter leur traitement et de les réadapter à la vie sociale, voire professionnelle.
Ces centres n'existent que sous la forme de foyers de postcure tels qu'ils ont été définis par l'arrêté du 14 mars 1986 relatif aux équipements et services de lutte contre les maladies mentales comportant des possibilités d'hébergement, et qui sont encore peu nombreux en France.
Recevant des malades pour la soirée et la nuit, ils comportent une équipe médicale et paramédicale réduite. Mais l'expérience montre qu'ils ont tendance à se remplir de malades chroniques peu mobilisables et que, paradoxalement, ils doivent assurer des soins plus importants que prévus. Car les malades chroniques purement déficitaires sont rares et ils traversent des périodes aigües.
La post-cure des malades mentaux est également assurée dans toutes les structures intermédiaires : centres médicopsychologiques avant tout, appartements thérapeutiques, hôpitaux de jour, etc., mais aussi dans les cabinets des psychiatres privés ou les maisons de repos spécialisées.

[E]

colopathie fonctionnelle l.f.

irritable bowel syndrom

Atteinte colique non reliée à une pathologie organique, qui s’exprime par des phénomènes douloureux abdominaux, des troubles du transit variables (périodes de diarrhées ou de constipation), sensations de ballonnement, bruits hydro-aériques.
Cette maladie est très souvent d’ordre psychologique, qu’il s’agisse des conditions initiales de survenue ou des circonstances de déclenchement des poussées. La règle pour le praticien est de faire des explorations qui permettent d’éliminer une affection organique.

[L1]

contraception orale l.f.

oral contraception

Ensemble des méthodes contraceptives utilisant l'ingestion de substances à activité hormonale, dans la majorité des cas par la femme.
En langage courant on parle de « pilules »
L'effet le plus souvent demandé à un œstrogène, est d'inhiber, par rétroaction, l'activité ovarienne cyclique et d'empêcher ainsi l'ovulation. Le progestatif associé a pour but essentiel d'éviter les hémorragies incontrôlées. Cet œstrogène, le plus souvent l'éthinyl-œstradiol, peut être administré à doses variables, et on parle ainsi de pilule microdosée, minidosée ou normodosée ; le progestatif associé peut l'être à chaque prise, en association dite monophasique, ou réservé à certaines périodes, en association bi ou triphasiques qui se suivent au cours du cycle. L'effet peut être demandé au seul progestatif dont la prise entraîne l'obstruction cervicale par un bouchon muqueux coagulé et l'atrophie endométriale, en prise permanente commencée peu après le début des règles.

[O3,N1]

cystite hématurique l.f.

hemorrhagic cystitis

Cystite aiguë s'accompagnant d'hématurie.
L'hématurie est terminale et douloureuse. Toute cystite aigüe infectieuse peut être source de saignement, mais il peut s'agir également de cystite purement inflammatoire (cystite hématurique des périodes menstruelles p. ex.). En dehors de l'infection, la cystite hématurique peut s'inscrire dans le cadre d'une vessie radique ou postchimiothérapique.

cystite aigüe, hématurie terminale

[M3]

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