Gayet-Wernicke (encéphalopathie de) l.f.
Gayet-Wernicke's syndrome
Encéphalopathie résultant d'une carence et/ou d'un trouble du métabolisme de la vitamine B1 et/ou d'une perturbation de l'activité transcétolasique (enzyme à thiamine-pyrophosphate) dont l'alcoolisme est la cause principale mais non exclusive.
Après une phase prodromique marquée par une réduction de l'activité et une tendance à la somnolence, la décompensation survient de manière brutale, caractérisée par un syndrome confusionnel, un nystagmus et/ou une paralysie des mouvements oculaires latéraux et un syndrome extrapyramidal. La prévalence chez les alcooliques est d'environ 10% et la mortalité sans traitement est de 10 à 20% ; environ 50 et 25% des survivants garderont des séquelles modérées ou sévères à type essentiellement de démence et d'amnésie antérograde. Le traitement associe vitaminothérapie B1 à forte dose et arrêt complet de la consommation d'alcool.
A. Gayet, ophtalmologiste lyonnais (1875) ; C. Wernicke, médecin allemand (1881)
→ Korsakoff (syndrome de), encéphalopathie alcoolique
Gayet-Wernicke-Korsakoff (encéphalopathie de) l.f.
Gayet-Wernicke’s syndrome, encephalopathy
Complication de certains alcoolismes majeurs, rapportée surtout à une carence en vitamine B1, caractérisée par un syndrome aigu, le syndrome de Gayet-Wernicke, suivi d'un syndrome chronique, le syndrome de Korsakoff.
Le syndrome de Gayet-Wernicke débute par des troubles de la conscience. À la confusion mentale initiale s'ajoutent des troubles neurologiques : hypertonie oppositionnelle, signes cérébelleux et, dans un cas sur trois, de très évocatrices paralysies oculomotrices avec nystagmus. Un traitement précoce et intensif par la thiamine évite le passage à la chronicité.
Le syndrome de Korsakoff, caractérisé par une désorientation temporospatiale, une amnésie antérograde sévère avec oubli à mesure massif, des confabulations, une fréquente euphorie et des fausses reconnaissances, s'accompagne parfois de polynévrite des membres inférieurs et/ou d'autres troubles psychiques. À l'évolution démentielle progressive habituelle peuvent se substituer désormais, sous l'effet de la thérapeutique, des formes évolutives plus favorables.
Les lésions histologiques à type de raréfaction neuronale et de prolifération gliale sont communes aux deux syndromes, avec une prédominance, sur le circuit hippocampo-mamillothalamique de Papez, dans le syndrome de Korsakoff.
L'unicité de ces deux syndromes, historiquement et cliniquement distincts, est désormais communément admise.
C. Gayet, ophtalmologiste français, membre de l'Académie de médecine (1875) ; C. Wernicke, médecin allemand (1881) et S. Korsakoff, neuropsychiatre russe (1887)
→ korsakovien (syndrome), encéphalopathie alcoolique, thiamine
[H1,L1,R1]
Édit. 2018
aphasie de Wernicke l.f.
Wernicke's aphasia
Forme prototypique des aphasies fluentes, conséquence habituelle d'une lésion de la partie postérieure des deux premières circonvolutions temporales gauches et des fibres associatives qui leur sont connectées.
Il en résulte une altération sévère et diffuse de tous les secteurs du langage. L'expression orale est fluente, parfois de façon excessive (logorrhée), et se caractérise par de très nombreuses paraphasies de tous types (sauf phonétique). Le niveau de transformation est parfois si élevé que le discours est incompréhensible, réalisant un jargon qui pourra être qualifié, selon sa nature, de phonémique, sémantique ou mixte. Lorsque les paraphasies concernent les mots grammaticaux, il peut en résulter une dyssyntaxie ou une parasyntaxie. La compréhension orale est très perturbée, surtout en début d'évolution et si des éléments de surdité verbale sont présents. Les mécanismes de transposition orale (répétition, lecture) sont sévèrement altérés. Les perturbations observées au niveau de l'expression écrite sont le plus souvent similaires, voire supérieures, à celles de l'orale.
L'évolution peut se faire soit vers un tableau similaire de moindre intensité, soit vers une aphasie de conduction, une aphasie transcorticale sensorielle ou une alexie-agraphie.
K. Wernicke, neurologue et psychiatre allemand (1874)
Étym. gr. aphasia : impuissance à parler
artère principale de l'aphasie de Wernicke l.f.
C.Wernicke, neurologue et psychiatre allemand (1848-1905)
→ rameau temporal postérieur de l'artère cérébrale moyenne
faisceau de Wernicke l.m.
C. Wernicke, neurologue et psychiatre allemand (1848-1905)
→ faisceaux occipitaux verticaux
[A1,H1]
Édit. 2018
Posadas et Wernicke (maladie de) l.f.
A. Posadas, étudiant en médecine argentin (1892) et R. J. Wernicke, anatomopathologiste argentin (1892)
Wernicke (aire de) l.f.
Wernicke's area
Aire corticale associative spécifique, auditive, impliquée dans le langage.
Elle tient un rôle prépondérant dans le décodage des informations auditives, notamment de celles qui ont une valeur linguistique. Dans cette aire est inclus souvent le lobule pariétal inférieur, comportant la zone du gyrus supramarginalis et le gyrus angulaire. Ce lobule est une aire non spécifique située aux confins des zones associatives auditive, visuelle et somesthésique. Située généralement dans l'hémisphère gauche à de rares exceptions près chez les vrais gauchers, l'aire de Wernicke est constituée de la moitié postérieure de la première circonvolution temporale gauche, y compris le "planum temporale". Certains y adjoignent la partie adjacente de la deuxième temporale. Elle est située en bas et en arrière du cortex auditif primaire (zone de Heschl).
C. Wernicke, neurologue allemand (1848-1905) ; R.L. Heschl, anatomiste autrichien (1855)
→ gyri cerebri, Heschl (zone de), lobe temporal
Wernicke (aphasie de) l.f.
Wernicke's aphasia
C. Wernicke, neurologue allemand (1874)
Wernicke (encéphalopathie de) l.f.
Wernicke’s encephalopathy
Syndrome, associant troubles oculomoteurs (nystagmus, différentes paralysies du regard), ataxie cérébelleuse et confusion mentale (désorientation, inattention et mauvaise faculté de réponse) et déficit de la mémoire à court terme.
La cause est une carence en thiamine (vitamine B1) parfois décompensée par l’absorption de sucre. En cas de perfusion de glucose, il faut y ajouter de la thiamine. La principale cause de l’encéphalopathie de Wernicke est l’alcoolisme. Il importe d’évoquer le diagnostic en cas de vomissements répétés après chirurgie bariatrique.
Le traitement par thiamine parentérale doit conduire à la récupération en 48 à 72 heures, sinon l’évolution se fait vers le syndrome de Korsakoff.
C. Wernicke, neurologue allemand (1881) ; C. Gayet, ophtalmologiste français, membre de l’Académie de médecine (1875) : S. S. Korsakoff, neuropsychiatre russe (1887)
→ Gayet-Wernicke (encéphalopathie de)
Wernicke (syndrome de) l.m.
C. Wernicke, neurologue allemand (1881)