Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

10 résultats 

bassin limite l.m.

borderline pelvis

Bassin présentant un rétrécissement modéré justifiant la réalisation d'une épreuve du travail.

Édit. 2017

borderline adj. angl.

Terme désignant un état ou une situation intermédiaire entre deux états bien caractérisés.
Ainsi, en infectiologie : la lèpre borderline est une forme clinique se situant entre la lèpre tuberculoïde et la lèpre lépromateuse.
En psychiatrie : ce terme désigne un trouble de la personnalité ("personnalité limite"), généralement considéré comme intermédiaire entre état névrotique et état psychotique, caractérisé par une dérégulation émotionnelle : hyperémotivité, impulsivité, sautes d'humeur soudaines.
En cancérologie : dans beaucoup de localisations on retrouve des lésions dites  "frontières"  en particulier pour certaines tumeurs ovariennes à la limité de la malignité qui  représentent 10 à 20 % des tumeurs épithéliales malignes de l’ovaire et surviennent en général plus précocement de 10 ans par rapport aux cancers.

Étym. angl. borderline : frontière

Syn. lésions frontières

état limite, état limite de l'enfant et de l'adolescent

[D1, F3, H3, O3]

Édit. 2020

lèpre borderline l.f.

borderline leprosy

Forme de lèpre se situant, selon la classification établie à Madrid en 1953, avec la lèpre indéterminée, entre la lèpre tuberculoïde et la lèpre lépromateuse.
Depuis l'adoption de la classification de Ridley et Jopling en 1966, elle est décomposée en trois formes : borderline tuberculoïde, borderline borderline et borderline lépromateuse, auxquelles s'est ajoutée plus tard la forme indéterminée.

Étym. gr. lepra, lepis : angl. borderline : frontière

borderline

l lèpre borderline borderline l.f.

borderline borderline leprosy

Une des cinq formes de lèpre individualisée, dans la classification de Ridley et Jopling, caractérisée par l'existence de seules lésions annulaires de taille variable, de un à plus de 20 cm, à bordure infiltrée large, normo- ou très discrètement hypo-esthésiques, en nombre variable, généralement supérieur à 10, et disposées de façon bilatérale et symétrique; l'atteinte neurologique est constante, bilatérale et symétrique.
L'examen histologique montre un infiltrat de type lépromateux fait de cellules de Virchow contenant de nombreux bacilles et un nombre variable de lymphocytes. La recherche de bacilles de Hansen est toujours positive dans les lésions, mais inconstamment dans le mucus nasal et le suc dermique du lobule de l'oreille. La réaction de Mitsuda est soit négative, soit très faiblement positive. Cette forme, rarement observée en pratique en raison de son caractère transitoire, est caractérisée par une instabilité extrême de la réponse immunitaire du patient vis-à-vis du bacille de Hansen, qui est responsable du passage à une forme borderline lépromateuse en cas d'absence de traitement (réaction de dégradation) ou, à l'inverse, du passage à une forme borderline tuberculoïde (réaction de réversion) sous l'effet du traitement antibacillaire.

Étym. angl. borderline : frontière

Mycobacterium leprae, Virchow (cellule de), Mitsuda (réaction de), borderline

lèpre borderline lépromateuse l.f.

borderline lepromatous leprosy

Une des cinq formes de lèpre individualisées dans la classification de Ridley et Jopling, caractérisée par l'association de multiples lésions bilatérales et symétriques à type de lépromes et d'éléments annulaires à bordure infiltrée de taille variable avec souvent une discrète hypoesthésie; l'atteinte neurologique est générale et symétrique.
L'examen histologique montre un infiltrat dermique lépromateux séparé de l'épiderme par une bande claire dite bande de Unna, à nette prédominance périnerveuse, constitué de cellules de Virchow et d'un nombre variable de lymphocytes. La recherche de bacilles est toujours positive, non seulement dans les lésions mais également dans le mucus nasal et le suc dermique du lobule de l'oreille. La réaction de Mitsuda est négative. Son évolution globale est lente mais peut être émaillée, en dehors des réactions de réversion, d'un autre type de complication aigüe qui est l'érythème noueux lépreux.

lèpre borderline tuberculoïde l.f.

borderline tuberculoid leprosy

Une des cinq formes de lèpre individualisées dans la classification de Ridley et Jopling, caractérisée par l'existence de lésions cutanées peu nombreuses à type de macules ou de placards infiltrés de grande taille, hypo- ou anesthésiques, bien délimités, répartis de façon asymétrique. Il s'y associe généralement une atteinte d'un ou plusieurs nerfs périphériques de façon également asymétrique.
L'examen histologique des lésions montre un infiltrat dermique tuberculoïde à disposition périnerveuse séparé de l'épiderme par une bande claire dite bande de Unna. La recherche de bacilles dans la lésion est soit négative, soit faiblement positive. Elle est négative dans le mucus nasal et le suc dermique du lobule de l'oreille. La réaction de Mitsuda est positive, ce qui traduit une bonne immunité cellulaire vis-à-vis du bacille de Hansen. Cette forme se distingue de la forme tuberculoïde polaire par son plus grand nombre de lésions cutanées et par l'existence d'une atteinte neurologique.

tumeur frontière de l'ovaire l.f.

borderline tumor of the ovary

Tumeur à malignité enclose de l'ovaire, souvent kystique, caractérisée par des anomalies cytonucléaires qui ne dépassent pas les limites du revêtement épithélial.
Chez la femme jeune, elle conduit à pratiquer une annexectomie unilatérale, chez la femme plus âgée une hystérectomie avec annexectomie bilatérale.

Étym. lat. tumor : gonflement

Syn. tumeur border-line de l'ovaire

état limite l.m.

borderline personality disorder

Concept toujours discuté, depuis A. Stern surtout (1938), selon que ces états se trouvent situés au carrefour des névroses et des psychoses, dans l'un des deux groupes ou indépendamment d'eux.
Troubles d'abord considérés comme des formes larvées de schizophrénie : latente (E. Bleuler), pseudonévrotique (P. Höch et P. Polatin, 1949), etc. Il est de fait que l'apparition, en cours de cure psychanalytique, de signes et de défenses psychotiques (clivage, déni, notamment) après une présentation névrotique initiale, a beaucoup contribué à leur reconnaissance.
Par contre, O.F. Kernberg les place plutôt parmi les personnalités névrotiques, selon un continuum avec les hypomaniaques, puis les cyclothymiques. S'il admet la possibilité d'épisodes psychotiques transitoires, c'est sur un fond de personnalité constant.
À côté du "type impulsif", la CIM 10 fait du "type borderline" un sous-groupe de la "personnalité émotionnellement labile", comportant : perturbations de l'image de soi, des objectifs et des préférences personnelles ; sentiments de vide ; intensité et instabilité des relations, source de crises émotionnelles, avec efforts démesurés pour éviter les abandons, voire menaces répétées ou gestes auto-agressifs (possibles également sans facteurs déclenchants manifestes). Il est de fait que les effondrements dépressifs sont fréquents. L'état limite représente la personnalité de base d'une partie des alcooliques et des toxicomanes
Les critères de cette entité, présentée comme autonome par le DSM IV, rejoignent assez bien ceux de la CIM.
La prise en soins est difficile et aléatoire.
personnalité "as if", personnalité émotionnellement labile

A. Stern, psychiatre et psychanalyste américain (1938) ; E. Bleuler, psychiatre suisse (1911) O. F. Kernberg, psychiatre américain (1979)

[H3]

Édit. 2018  

tumeur de malignité frontière l.f.

tumor of borderline malignancy, tumor of low malignant potential

Tumeur épithéliale intermédiaire, dans ses aspects morphologiques et dans son comportement biologique, entre tumeur bénigne et tumeur maligne.

Étym. lat. tumor : gonflement

état limite de l'enfant et de l'adolescent l.m.

child and adolescent borderline personality disorder

Cadre hétérogène de troubles se démarquant de la névrose autant que de la psychose, volontiers retenu dans ces tranches d'âge pour souligner les potentialités évolutives plus diversifiées des troubles de l'enfance et de la crise maturative de l'adolescence, ainsi que leur pronostic moins défavorable si l'on intervient en temps opportun et avec des moyens adaptés.
Cet arrêt du développement comporte notamment l'impossibilité d'assumer le second processus de séparation-individuation(1). Une telle incapacité est liée surtout au refus maternel de participer à la première phase de ce processus. Des facteurs précipitants éventuels l'accentuent (séparation objective, perte, etc.). En résulteraient une angoisse et une réaction dépressive, elles-mêmes à la base de mécanismes de défense primitifs (clivage, déni, en particulier).

J. F. Masterson (1), psychiatre américain (1971)

[H3,O1]

Édit. 2018