Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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phorbol (ester de) l.m.

phorbol ester

Substance végétale constituée d'un noyau tricyclique portant 4 radicaux méthyle et 5 fonctions alcool dont deux se trouvent estérifiées ; l'ester le plus important est le 12-myristate-13-acétate de phorbol.
Il possède une affinité pour les membranes phospholipidiques et pour la protéine-kinase C qu'il active spécifiquement par sa structure analogue à celle du diacylglycérol.
Il exerce un effet cancérigène sur la peau ; cet effet peut être dû à l'action de la kinase sur l'EGF, qu'elle phosphoryle sur un résidu de thréonine 654.

Étym. euphorbe (qui contient des esters de cet alcool)

phorie n.f.

phoria

Tendance à la déviation des axes visuels, bien compensée par la fusion.
La fusion est l’aptitude pour le cerveau à aboutir, à partir de deux sensations différentes, à une perception finale unique. La tendance à la déviation peut se faire en dehors, en dedans, en haut, dans le sens de torsion.

Syn. hétérophorie

phorie mono-fixationnelle l.f.

monofixational phoria

Déviation tenue partiellement latente par la fusion périphérique, mais où existe une petite déviation tropique résiduelle.
Il s'agit le plus souvent d'une ésophorie mono-fixationnelle. La part phorique se mesure au moyen du cover test alterné, la part tropique au moyen du cover-uncover test.

phorie-tropie n.f.

phoria-tropia

Strabisme associant une composante phorique et une composante tropique.
Il s'agit le plus souvent d'un strabisme intermittent. Mais l'association phorie-tropie peut aussi se rencontrer dans les éléments alphabétiques dans une position du regard, dans les strabismes cycliques, dans les phories mono-fixationnelles.

phosducine n.f.

phosducin

Protéine rétinienne liée à la transducine pour la régulation négative de la phototransduction.
Gène candidat à la rétinite pigmentaire et au syndrome de Usher type II, locus en 1q31.1 (MIM 171490).

Syn. PDC

PDC gene

phosphagène n.m.

phosphagen

Dérivé guanidylé possédant une liaison amide phosphorique riche en énergie.
Les phosphagènes comprennent la phospho-arginine, isolée des muscles d'invertébrés ; le taurocyamine-phosphate des arénicoles, le lombricine-phosphate du Lombric, le glycocyamine-phosphate isolé des muscles de certains vers annélides ; et la phosphocréatine (ou acide créatine-phosphorique) des muscles de vertébrés. Le terme de phosphagène est souvent utilisé pour désigner plus particulièrement ce dernier dérivé, dont l'énergie libre, correspondant à la liaison phospho-amide (8 à 16 kcal/mol), lui permet de céder son reste phosphorique à l'ADP. C'est un réservoir d'énergie utilisable au cours de la contraction musculaire.

phosphocréatine

phosphamidase n.f.

phosphoamidase

Enzyme catalysant l'hydrolyse d'une liaison amide phosphorique, de substances telles que la phospho-arginine, la phospho-créatine, etc.
On a mis en évidence des phosphamidases dans le rein des animaux, dans les levures et chez les végétaux. La chymosine (rennine) est un de ces enzymes.

phosphatase n.f.

phosphatase

Enzyme catalysant l'hydrolyse d'une liaison phosphorique.
On range parmi les phosphatases les phosphomonoestérases, les phosphodiestérases, les osylphosphatases, les acylphosphatases et les pyrophosphatases. Il existe de très nombreuses phosphomonoestérases isodynames. Certaines ont un pH optimal alcalin (phosphatases alcalines du foie, de l'intestin, de l'os), d'autres acides (phosphatase prostatique).
Les phosphatases du sérum sanguin ont une origine multiple ; ce sont des isoenzymes ou des enzymes isodynames. Leur activité nécessite généralement la présence de l'ion Mg2+ ; elle est mesurée par l'hydrolyse du bêta-glycérophosphate ou du naphtylphosphate. Elle augmente dans de nombreuses circonstances pathologiques.

Syn. phospho-estérase

phosphatasémie, phosphomonoestérase

phosphatase acide prostatique (PAP) l.f.

prostatic acid phosphatase

Enzyme qui catalyse l'hydrolyse d'esters phosphoriques à pH acide, qu'on trouve sécrété par la prostate lors d'un processus néoplasique.
La fraction tartrate-labile des phosphatases acides a été longtemps le seul marqueur sérique disponible de l'adénocarcinome prostatique.
Il manquait néanmoins de sensibilité, le taux ne s'élevant que dans les cancers évolués. Il a depuis été remplacé par le dosage du taux de PSA, beaucoup plus sensible.

Sigle  : PAP

phosphatase alcaline l.f.

Monophosphoestérase active à pH alcalin et généralement fixée aux membranes cellulaires

Le terme phosphatase alcaline englobe de nombreuses espèces moléculaires correspondant aux produits d'au moins trois gènes différents et ayant subi diverses modifications post traductionnelles. En biologie médicale, des techniques électrophorétiques peuvent permettre de séparer les isoenzymes du sérum en trois fractions : hépatique, osseuse et intestinale.
L’activité phosphatase alcaline dans le sérum normal est de 40 à 120 UI/L. On observe une augmentation des activités sériques des phosphatases alcalines essentiellement en pathologie hépatique (cirrhose, cholestase, hépatocarcinome et métastases hépatiques) et en pathologie osseuse (ostéomalacie, maladie de Paget, hyperparathyroïdie, tumeurs primitives ou métastases). Pour les pathologies hépatiques, les concentrations sériques les plus élevées sont observées dans les cholestases extra-hépatiques.  Pour les pathologies osseuses, c’est la maladie de Paget qui donne les augmentations les plus importantes

phosphatasémie

phosphatase alcaline leucocytaire l.f.

leukocyte alkaline phosphatase

Enzyme présente dans les membranes des vésicules sécrétoires des leucocytes (particulièrement des polynucléaires neutrophiles), capables de se porter très rapidement sur les membranes cytoplasmiques.
L'élévation brutale de l'activité phosphatasique leucocytaire détectée par coloration cytochimique d'un frottis sanguin est en faveur d'une souffrance fœtale.

Sigle : PAL

phosphatase alcaline thermostable l.f.

thermostable alkaline phosphatase

Enzyme d'origine placentaire dont le dosage dans le sérum ou le liquide amniotique apprécie la fonction placentaire et dont le taux augmente normalement pendant la grossesse.

phosphatasémie n.f.

phosphatasemia

Activité enzymatique des phosphatases dans le sang.
Deux groupes de phosphatases peuvent être dosées facilement dans le sérum ; elles sont désignées par le pH auquel elles ont leur activité maximum.
1) Les phosphatases alcalines sont activées par le magnésium. Elles proviennent de l'intestin, des os, du foie, des reins. Elles diffusent dans le plasma mais ne franchissent pas la barrière rénale. Elles comprennent plusieurs isoenzymes d'origines tissulaires diverses : intestin, foie, os, rein, placenta.
2) Les phosphatases acides ne sont pas activées par le magnésium mais sont inhibées par les fluorures. La plus importante des phosphatases acides est inhibée par le tartrate. Sa concentration est très élevée dans la prostate ; elle existe également dans le sperme, le sérum sanguin et peut diffuser dans l'urine.

phosphatase alcaline,  phosphatase acide

phosphatases acides n.f.p

acid phosphatase

Groupe d'isoenzymes susceptibles d'hydrolyser à pH acide des esters phosphoriques.
L'isoenzyme 2, d'origine prostatique, est inhibée par le tartrate. Le dosage sérique des phosphatases acides était utilisé dans le suivi des cancers de la prostate (phosphatases acides tartrate-labiles) et dans l'évaluation de la résorption osseuse (phosphatases acides tartrate résistantes). Il n’est cependant plus utilisé actuellement en raison d’un manque de spécificité.

phosphatase acide prostatique

phosphate n.m.

phosphate

1) Sel ou ester de l'acide orthophosphorique (H3PO4).
2) Par extension, sel ou ester d'un autre acide phosphorique.

Syn. orthophosphate

phosphatémie n.f.

phosphatemia

Concentration de phosphate dans le plasma.
Le phosphore inorganique plasmatique existe sous trois formes : phosphates libres, phosphates complexés et phosphates liés aux protéines. Dans le plasma des sujets adultes normaux, la concentration de phosphore total est de 1,0 à 1,4 mmol/L. Elle est plus élevée chez l’enfant.
Le dosage de la phosphatémie et de la phosphaturie, couplé  à celui de la calcémie, de la parathormonémie et de la 25-hydroxy-vitamine D, fait partie de l'exploration du métabolisme phosphocalcique.

Syn. phosphorémie

phosphates, pyrophosphates et thiophosphates en médecine du travail l.m.p.

Phosphates, pyrophosphates et thiophosphates d’alcoyle, d’aryle ou d’alcoaryle et autres organophosphorés anticholinestérasiques, mis au point pour la guerre chimique (Tabun, Sarin, Cyclosarin, Soman), sont à la base d’un certain nombre de pesticides, et sont responsables de cas de syndromes muscariniques avec céphalées, vertiges, confusion mentale accompagnée de myosis, d’amblyopie (diminution de l’acuité visuelle) en dehors des autres effets sur la peau , le système respiratoire et le tube digestif. Sans traitement rapide il y a risque de passage à la phase nicotinique beaucoup plus grave, avec paralysie des muscles respiratoires et polynévrite diffuse.
Cette intoxication est prise en charge comme maladie professionnelle (tableau 34 du RG tableau 11 du RA) avec un délai de  3 jours sous réserve de confirmation du diagnostic par un abaissement significatif du taux de la cholinestérase sérique et de l’acétylcholinestérase des hématies.

[E2]

Édit. 2018

phosphatidal-choline n.f.

phosphatidal-choline

Glycérophospholipide à choline possédant une chaine d'acide gras et une chaine d'aldéhyde gras (Δ 1-Alcénoxy-1-acyl-2-L-glycérol-3-phosphorylcholine).
.Comme les autres phospholipides contenant un aldéhyde gras (aldéhyde palmitique ou stéaraldéhyde), les phosphatidal-cholines sont dites « plasmalogènes » : par saponification ménagée, elles forment des acétals dits « plasmals ». L'hydrolyse acide ménagée détache au contraire l'aldéhyde. Les phosphatidal-cholines existent en faibles quantités dans les tissus, par ex. le cerveau. Elles sont incluses dans les lécithines.

phosphatidal-éthanolamine n.f.

phosphatidal-ethanolamine

Glycérophospholipide à éthanolamine possédant une chaine d'acide gras et une chaine d'aldéhyde gras (Δ 1-Alcénoxy-1-acyl-2-L-glycérol-3-phosphoryléthanolamine).
Comme les autres phospholipides contenant un aldéhyde gras, tel que l'aldéhyde palmitique ou le stéaraldéhyde, les phosphatidal-éthanolamines sont dites « plasmalogènes » :; par saponification ménagée, elles forment des acétals (plasmals). L'hydrolyse acide ménagée détache au contraire l'aldéhyde. Les phosphatidal-éthanolamines existent dans les tissus, et plus particulièrement dans le cerveau, où elles sont difficiles à séparer des autres céphalines.

phosphatidase n.f.

phosphatidase

phospholipase

phosphatide n.m.

phosphatide

Syn. glycérophospholipide, parfois utilisé à tort pour désigner tous les phospholipides

phosphatidyl-glycérol amniotique l.m.

amniotic phosphatidyl glycerol

Molécule sécrétée presque exclusivement par les alvéoles pulmonaires matures, et dont la présence, dans le liquide amniotique, est le témoin de la maturité pulmonaire fœtale.

phosphatidylcholine n.f.

phosphatidylcholine

Lipide cholinique faisant partie des glycérophospholipides, présent dans tous les tissus animaux et végétaux, et participant à la constitution des lipoprotéines plasmatiques, ce qui explique son rôle lipotropique, ainsi que celui de la choline et des substances génératrices de radicaux méthyle (diacyl-1,2-L-glycérol-3-phosphoryl-choline).
.Le plasma sanguin en contient environ 1,3 g/L (de 1 à 1,5 g/L). Pour un tissu donné, la teneur en phosphatidylcholine est très peu variable. La bile vésiculaire en contient 35 g/L. Le jaune d'œuf en est spécialement riche (10% du poids sec), d'où le nom de lécithine qui a été donné à ces phospholipides. Le plus souvent l'acide gras fixé sur le C1 du glycérol est saturé et celui fixé sur le C2 non saturé.

Syn. lécithine

phosphatidyléthanolamine n.f.

phosphatidylethanolamine

Glycérophospholipide de la membrane cellulaire.
Les phosphatidyléthanolamines sont présentes dans tous les tissus animaux et végétaux, ainsi que chez de très nombreuses espèces bactériennes. Elles participent à la constitution des membranes lipoprotéiniques. Leur hydrolyse partielle par des phospholipases A1 ou A2 conduit à des lyso-phosphatidyléthanolamines. Leur méthylation conduit aux lécithines.
La phosphatidyl éthanolamine est abondante dans la substance blanche du cerveau, ce qui justifie qu’elle ait été aussi appelée céphaline

Syn. céphaline

phospholipase

phosphatidyléthanolamine-méthyltransférase n.f.

phosphatidylethanolamine methyltransferase

Enzyme catalysant le transfert du radical méthyle de l'adénosylméthionine sur l'azote de la phosphatidyl-éthanolamine.
Il joue un rôle dans la biogénèse des phosphatidylcholines ou lécithines.

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