Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

44 résultats 

état septique non septicémique l.m.

sepsis without septicaemia

Syndrome de réponse inflammatoire généralisée causé par certaines toxines ou certains médicaments tels ceux utilisés en chimiothérapie.
Ce syndrome se voit surtout dans les services de réanimation chez les patients victimes d'une agression traumatique ou chirurgicale.
sepsis, syndrome de réponse inflammatoire généralisée.

[D1,N1]

Édit. 2018  

candidose septicémique l.f.

Candida septicemia

Septicémie à Candida qui a une origine soit endogène (à partir d’un foyer digestif), soit exogène (à partir d’un acte thérapeutique impliquant un traumatisme vasculaire comme une voie veineuse à demeure).
La symptomatologie n’est pas évocatrice d’une étiologie fongique et les disséminations (rénales, cardiaques, pulmonaires, oculaires ou neuro-méningées), surviennent à bas bruit. Elles apparaissent surtout sur un terrain fragilisé (agranulocytose, malades de réanimation).

Étym. lat. candica : blanc

[D2,D1]

candidose septicémique et disséminée l.f.

Candida septicemia

Étym. lat. candica : blanc

candidose septicémique

[D2,D1]

Klinefelter (état mental dans le syndrome de) l.m.

Klinefelter's syndrome (mental state)

Aberration chromosomique avec caryotype à formule XXY, relativement fréquente chez le garçon, caractérisée par une croissance staturale fréquemment élevée mais un aspect en général un peu féminin, un hypogonadisme (hypotrophie testiculaire avec stérilité) et habituellement une arriération mentale légère.
Sur le plan psychique, on observe diverses manifestations : troubles de la personnalité, parfois nettement psychopathiques, avec comportements agressifs et tendance à la délinquance ; anomalies variées de la vie sexuelle ; états névrotiques et/ou dépressifs surtout liés au psychosyndrome endocrinien ; manifestations psychotiques souvent de type schizophréniques, qui ne sont pas forcément dans le prolongement direct de la dysgonosomie.
Certains klinefeltériens ne présentent pas de troubles mentaux.

H. Klinefelter Jr, médecin endocrinologue américain (1942)

mal épileptique (état de) (EDM) l.m.

status epilepticus

Forme d'épilepsie caractérisée par la survenance d'une nouvelle crise avant que ne soit réalisée la récupération fonctionelle d'un épisode précédent (coma avec crise généralisée ou bien déficit moteur sensitif, sensoriel après crise partielle, suivis de retour à un fonctionnement encéphalique normal).
La répétition des crises à des intervalles brefs peut provoquer une condition épileptique fixe et durable.
Sont distingués les états de mal généralisés, partiels et unilatéraux (ces derniers relevés uniquement chez les nouveaux-nés et les jeunes enfants).
Ils sont observés une fois sur deux dans l'évolution d'une épilepsie le plus souvent symptomatique : épilepsie généralisée avec encéphalopathie épileptogène, épilepsie partielle, surtout du lobe frontal, d'origine tumorale ou traumatique mais aussi cryptogénétique. Chez un patient non épileptique, ils peuvent être dus à une agression cérébrale aigüe : traumatique, infectieuse, circulatoire, métabolique, toxique, etc.
Benzodiazépines, phénytoïne, barbituriques, chlormétiazole sont utilisés dans un premier temps isolés ou le plus souvent en association. En cas d'échec, on recourra à l'anesthésie générale, à la réanimation et à la lutte contre l'œdème cérébral.
Les conséquences d'un état de mal sont toujours sévères, dépendant notamment de son étiologie et de sa durée. La mortalité est de 6 à 8% chez l'enfant et de 10 à 15% chez l'adulte.

Sigle  : EDM  pour Etat De Mal

mal épileptique généralisé (état de) l.m.

generalized status epilepticus

Forme d'épilepsie généralisée, dont les états sont différenciés en EDM (Etats De Mal) généralisés convulsifs et non convulsifs (absences).
1) Les EDM généralisés convulsifs comprennent :
- les EDM tonicocloniques, soit avec crises généralisées d'emblée, observés dans les épilepsies généralisées idiopathiques et les agressions cérébrales aigües d'origine métabolique, toxique ou infectieuse ; soit avec crises partielles secondairement généralisées, constatés dans les épilepsies partielles symptomatiques ou lors d'une agression cérébrale récente, traumatique ou vasculaire ;
- les EDM toniques, rencontrés uniquement chez l'enfant dans le cadre d'une épilepsie généralisée symptomatique, plus rarement chez l'adolescent ou l'adulte ;
- les EDM cloniques, relevés chez les jeunes enfants, semblent le plus souvent l'expression d'une convulsion fébrile grave en l'absence de traitement rapide ou en rapport avec une lésion cérébrale aigüe ;
- les EDM myocloniques, soit sans troubles de conscience et de bon pronostic dans l'épilepsie myoclonique juvénile ; soit observés dans les épilepsies généralisées symptomatiques, dans les encéphalopathies aigües, anoxiques, toxiques, métaboliques ou infectieuses et à la phase terminale des épilepsies myocloniques progressives.
2) Les EDM généralisés non convulsifs (états d'absence) sont relevés dans le cadre d'une épilepsie généralisée idiopathique, au cours de l'enfance et de l'adolescence. Ils peuvent être la seule expression de cette épilepsie chez des sujets jeunes, mais surtout chez les personnes âgées au-delà de 60 ans. Leur traduction clinique est très variable. Dans le cadre d'une épilepsie généralisée symptomatique (syndrome de Lennox-Gastaut notamment), une obnubilation peut se prolonger pendant des heures et des jours. Elle est difficile à distinguer du déficit comportemental intercritique habituel. Exceptionnels, les états de mal atoniques sont particuliers aux jeunes enfants.

mal épileptique partiel (état de) l.m.

focal, localized status epilepticus

Forme d'épilepsie partielle conduisant à des états qui peuvent être simples ou complexes.
Les EDM (Etats De Mal) partiels simples, somatomoteurs, se manifestent par des crises partielles motrices répétées sur fond de déficit moteur permanent dans le contexte d'une épilepsie partielle lésionnelle ou d'une lésion aigüe du cortex moteur, sinon par des clonies limitées, mais avec ce déficit au premier plan. L'épilepsie partielle continue de Kojewnikoff en est un aspect particulier. Les EDM partiels complexes se présentent avec une expression de type confusionnel, psychotique, ou plus spécifique comme une aphasie. Ces formes d'origine surtout frontale ou temporale sont difficiles à distinguer d'un état d'absence.

A. Y. Kojewnikow, neurologue russe (1894)

manque (état de) l.m.

substance craving, deprivation state

sevrage (syndrome de)

mixte (état) l.m.

mixed manic-depressive syndrome

état mixte

mort apparente du nouveau-né (état de) l.m.

neonatal asphyxia, severe neonatal distress

État prélétal d'un nouveau-né ayant souffert dans les minutes précédant sa naissance d'une insuffisance d'oxygénation d'origine placentaire.
L’enfant naît inerte, mal coloré, la détresse néonatale sévère est caractérisée par l’absence de respiration spontanée, l’abolition des réflexes périphériques, l’assourdissement et le ralentissement extrême des battements cardiaques (moins de 100 par minute) préservant à peine l’irrigation cérébrale, une acidose majeure. Le pronostic vital est en jeu, l’évolution pouvant se faire vers la survie, mais avec parfois des séquelles neurologiques sévères, ou vers le décès du nouveau-né. L’urgence est extrême.
Il faut désobstruer le pharynx puis la trachée par aspiration, ensuite intuber, faire la ventilation mécanique (en oxygène pur si possible, à la fréquence de 40 /min environ) et un massage cardiaque externe à la fréquence de 120 /min. Si la situation ne s'améliore pas en 3 min, injecter dans une veine périphérique ou ombilicale 2 mmole/kg de solution tampon alcaline en une ou deux minutes. Si la fréquence du pouls reste inférieure à 100/min, instiller 30 µg/kg d'adrénaline par un cathéter fin, glissé dans la trachée jusqu'aux bronches distales. L'avenir neurologique est très compromis s'il n'y a pas de gasps dans les 15 min (en l'absence de médicaments dépressifs injectés à la mère). Une surveillance attentive doit ensuite être mise en œuvre ensuite dans une unité de réanimation.

gasp

oniroïde (état) l.m.

oniroid state

état oniroïde

Édit. 2017

période d'état l.f.

Phase d’une maladie infectieuse au cours de laquelle les signes et les symptômes sont à leur intensité maximale.

poïkilodermique (état) l.m.

poikiloderma

État cutané associant une atrophie cutanée, une dyschromie, achromie ou pigmentation, et des télangiectasies, l'ensemble prenant un aspect réticulé.
On distingue habituellement les états poïkilodermiques congénitaux et les poïkilodermies acquises. Le fait que plusieurs étiologies puissent être impliquées rend l'appellation état poïkilodermique préférable à celle de poïkilodermie.

pseudopeladique (état) l.m.

pseudopelade

Syndrome caractérisé par le développement progressif d'une alopécie cicatricielle, donc définitive, en petites plaques habituellement multiples et lentement confluantes.
Les états pseudopeladiques évoluent sans folliculite inflammatoire cliniquement décelable. Le cuir chevelu est lisse, rosé, discrètement atrophique avec disparition totale des orifices des follicules pileux. Les étiologies sont multiples : lupus érythémateux chronique, lichen plan, sclérodermie, sarcoïdose, etc. La pseudopelade idiopathique, ou pseudopelade de Brocq, peut, pour certains, se rapprocher du lichen plan à un stade tardif de son évolution.

rêve (état de) l.m.

dreamy state

État particulier à certaines crises temporales, qui se situe parmi les crises épileptiques partielles simples sans altérations de la conscience, avec troubles psychiques, et dans le cadre de leurs formes de type cognitif et idéatoire.
"Le sujet a l'impression de vivre un rêve, soit qu'il s'agisse simplement d'une mauvaise appréhension du monde environnant, donnant lieu à des illusions épileptiques d'incohérence et d'irréalité, soit qu'il s'agisse d'hallucinations épileptiques véritables, visuelles le plus souvent." (H. Gastaut).
Caractérisant les épilepsies par atteinte des régions temporales mésiales et latérales, ces états de rêve comportent des sensations d'étrangeté, d'irréalité, de familiarité, de fréquente reviviscence du passé avec ecmnésies à type de sentiments de "déjà vu - déjà vécu".
Envahissant le patient, intensément éprouvés, ils peuvent s'accompagner de troubles émotionnels intenses avec anxiété paroxystique, état de panique et/ou crises agressives, plus rarement de sensations de bien-être, voire d'euphorie. Les phénomènes de pensée forcée sont rapportés plutôt à des décharges frontales. Les crises de rire (crises épileptiques gélastiques) ou de pleurs (crises dacrystiques) sont d'origine hypothalamique.
En fait, dans leur ensemble, les crises partielles simples avec symptômes psychiques sont très proches de crises partielles complexes.

J. H. Jackson, neurologue britannique (1880)

dacrystique (crise), épilepsie, ecmnésie, crise épileptique gélastique

sexe d'état civil l.m.

legal sex

Sexe officiel sous lequel l'enfant a été déclaré lors de sa naissance au service chargé des actes de l'état civil dans une commune.
Cette déclaration définit l'ensemble des qualités et des droits civils d'une personne. Le sexe de la personne peut être modifié par décision de justice si l'évolution de l'enfant prouve qu'une erreur a été commise lors de la déclaration de naissance.

Syn. sexe légal

stress post-traumatique (état de) l.m.

posttraumatic stress disorder

Dans les classifications actuelles (DSM-IV, CIM-10), séquelles d'un traumatisme psychique, dont la fréquence chez les vétérans du Viêtnam a suscité une réactualisation du syndrome de répétition de la névrose traumatique.
Cet état répond à un événement traumatique « hors du commun » (CIM-10), impliquant que le sujet « est ou a été menacé de mort ou de blessure grave, ou d'une atteinte à l'intégrité physique pour lui-même ou pour les autres »  (DSM-IV). L'événement est constamment revécu dans des souvenirs envahissants, des rêves répétitifs ou lors de « flashbacks », qui sont des retours brutaux avec intense charge émotionnelle. S'y ajoutent un évitement des stimulus associés au traumatisme, un émoussement de la réactivité générale et des symptômes de vigilance accrue.
Une telle description a eu le mérite de relancer l'intérêt sur ce type de manifestations. Toutefois, sa référence au concept de stress semble réductrice dans la mesure où traumatisme psychique et stress ne sont pas de même nature. Le terme de « troubles » ou « désordres psychotraumatiques » serait plus adéquat.

transe (état de) l.m.

trance state

Altération transitoire de la conscience de soi, avec baisse de la sensibilité aux stimulus, voire transport du sujet en dehors de lui-même et du monde réel, comportements automatiques et exaltation fréquente.
Il arrive que le sujet se comporte comme s'il était habité par une autre personnalité un esprit, une divinité, ou une "force".
Ces états se rencontrent surtout dans un contexte religieux ou culturel particulier, souvent collectif (vaudou, exorcisme, etc.), sous hypnose, après prise d'alcool ou de certaines substances et lors d'une pratique poussée du yoga et du zen.
En dehors de ces circonstances (ou dans leur cadre), l'état de transe est décrit parmi les troubles dissociatifs (de conversion) dans les classifications actuelles (CIM, DSM).

état crépusculaire, exaltation, extase

état anxieux aigu l.m.

acute anxious state

anxiété aigüe

[H3]

Édit. 2018  

état crépusculaire l.m.

twilight state

Altération transitoire de la vigilance, avec sentiment de déréalisation et irruption de l'imaginaire mais maintien relatif des repères temporospatiaux, voire d'une activité relativement coordonnée, bien que souvent automatique.
Des actes médicolégaux, en particulier hétéroagressifs, sont possibles. Une amnésie lacunaire est de règle.
Cet état a été considéré comme un des cinq "types de syndromes exogènes aigus", épiphénomènes non spécifiques d'entraves organiques du cerveau, que relie surtout l'obscurcissement de la conscience(1).
Ce terme recouvre en fait des aspects cliniques disparates : états crépusculaires critiques et postcritiques récidivants de l'épilepsie, mais aussi diverses formes, notamment subconfusionnelles, oniriques ou oniroïdes, d'autres origines (postémotionnelles, p. ex.), délires de rêve hystériques.
(1)

K. Bonhoeffer,  neuropsychiatre allemand (1910) (1)

[H1,H3]

Édit. 2018  

état d'agitation

agitation, agitation postopératoire

[H3]

Édit. 2018  

état dangereux l.m.

dangereux (état - en criminologie), dangerosité en psychiatrie

[H3]

Édit. 2018  

état de choc l.m.

state of shock

1) En médecine, syndrome consécutif à une désadaptation du contenant circulatoire et du contenu sanguin entraînant des troubles graves pouvant évoluer vers la mort.
2) En psychologie, on utilise abusivement la locution d'état de choc pour une personne ayant été témoin d'accident ou ayant eu une grande peur. Cette apathie ou stupeur n'a pas de commune mesure avec les chocs respiratoires.

choc, classification des états de choc

[G1,N1,H4]

Édit. 2018  

état de compétence l.m.

competence

État naturel ou obtenu artificiellement au laboratoire qui permet l’entrée d’ADN étranger dans une bactérie au cours de la transformation.

[Q1,C3]

Édit. 2018  

état de mal l.m.

state of the evil

Suite de paroxysmes pathologiques entre lesquels le malade ne revient pas à un état normal.
angine de poitrine, asthme aigu grave, épilepsie

[N1]

Édit. 2018  

| /2 | page suivante