électrorétinographie de fluorescence l.f.
fluorescent electroretinography
Électrorétinographie (ERG) qui tire son originalité de deux caractéristiques essentielles : le photostimulus est monochromatique et de très courte longueur d'onde : 364 nm (filtre interférentiel ayant une bande passante de 9 nm) ; la réponse (onde bêta 2 scotopique) n'apparaît que s'il y a imprégnation des tissus rétiniens par un produit fluorescent.
Sous photostimulation ultraviolette, l'ERG demeure muet chez un sujet "normal" ; par contre, une réponse apparaîtra chez un sujet dont les tissus rétiniens ont été imprégnés par une substance fluorescente : les photons ultraviolets normalement inefficaces (car d'efficacité lumineuse relative spectrale quasi nulle) sont en effet alors convertis en photons bleu-vert induisant un ERG scotopique (onde bêta 2 augmentant d'amplitude au cours d'une adaptation à l'obscurité suivant un éblouissement préalable). Le processus se déroule en deux phases. Phase d'excitation : la substance fluorescente absorbe le photon ultraviolet qui excite un atome dont un électron passe d'un niveau énergétique donné à un niveau supérieur. Phase d'émission : l'atome excité se désexcite par un retour de l'électron à un niveau énergétique intermédiaire, d'où l'émission d'un photon d'énergie plus faible qui correspond à une longueur d'onde plus grande, c'est-à-dire bleu-vert efficace sur le plan sensoriel.
L'application médicale la plus intéressante est de permettre précocement un diagnostic d'imprégnation des tissus rétiniens par les antipaludiques de synthèse utilisés dans le traitement des collagénoses (polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux, etc.) : la thésaurismose est ainsi découverte avant l'apparition d'une rétinopathie iatrogène, ce qui permet de discuter l'éventuel arrêt de la thérapeutique.
→ électrorétinographie, électrorétinographie (technique d'enregistrement)
[B3, P2]
Édit. 2019