Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2022

63 résultats 

transduction mécano-électrique vestibulaire l.f.

vestibular mecano electric transduction

Transformation de l’énergie mécanique liquidienne de l’endolymphe en énergie bioélectrique au niveau des cellules vestibulaires ciliées, internes et sensorielles.

transformateur (électrique) n.m.

transformer

Appareil destiné à modifier une tension électrique alternative.
Basé sur l'induction électromagnétique il comporte 2 enroulements autour d'un même noyau de fer feuilleté. L'enroulement primaire, comportant n1 spires est alimenté par la tension U1 à modifier et crée un champ magnétique alternatif. Celui-ci induit dans l'enroulement secondaire comportant n2 spires une tension U2.
En première approximation :  U2=U1
Le transformateur élève ou abaisse la tension selon que n2/n1 est supérieur ou inférieur à 1.
Les hautes tensions appliquées au tube à rayons X sont produites par un transformateur à partir de la tension du secteur.

trou électrique l.m.

electrically silent area

En électrocardiographie, zone myocardique détruite par un infarctus et ne donnant ni naissance ni passage à une onde à stimulation électrique.
Ce trou s’inscrit sur l’électrocardiogramme comme une grande onde QS, qui permet d’affirmer et de localiser un infarctus transpariétal.

accident n.m.

accident, injury

1) En général, évènement inopiné cause de dommages matériels ou corporels d'une certaine gravité et qui fait peur.
On distingue trois phases dans la survenue d'un accident :
I - avant l'accident : accumulation des risques (probabilité des causes), dont le dernier est dit «déclenchant», sans correspondre à une cause unique ;
II - pendant l'accident : action nocive pouvant provoquer des dommages corporels ;
III - après l'accident : phase de secours et de soins des dommages corporels.
À ces trois phases correspondent trois préventions :
- primaire, pour éviter l’accident en supprimant un ou des facteurs de risque, ce qui réduit l’accumulation des risques et retarde ou évite l’accident ;
- secondaire, pour éviter les dommages lorsque l'accident se produit ;
- tertiaire, destinée à éviter les complications, avant et pendant les soins (s'il n'y a pas eu de dommages corporels cela se résume aux précautions pour éviter le sur-accident).
Les accidents peuvent être prévisibles ou imprévisibles, évitables (par la prévention primaire) ou inévitables (acceptation d'un risque normal).
 
Schéma montrant l'accumulation des facteurs de risque au cours de la première phase d'un accident, la constitution des dommages au cours de la deuxième phase et l'évolution ensuite.
Ce schéma, qui concerne un accident de la route, reste valable pour les accidents de toute nature (accident thérapeutique ou infectieux, notamment).
Si l'on connaît la probabilité des risques avant l'accident, par une démarche bayésienne on peut estimer la probabilité des causes qui y ont concouru, notamment celles de nature humaine (perte de vigilance due à une incapacité subite ou subtile, etc.).
Quand les dommages sont minimes ou inexistants, l'évènement n'est pas un accident, mais un incident. Si l'on a frôlé de près l'accident, c'est un incident critique.
2) En médecine, épisode morbide inattendu, survenant ou non au cours d'une maladie.
Ex. accident vasculaire cérébral.
L'évolution se fait toujours selon les 3 phases décrites, appelées classiquement incubation, crise et résolution (par convalescence ou par décès). S'il reste des dommages permanents on parle de séquelles qui peuvent entraîner une incapacité physique et un handicap social.
3) En génétique, aberration chromosomique due à une anomalie méiotique ou mitotique.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

accident corporel, crise, démarche bayésienne, risque (facteur de), gravité, incapacité subtile, incident, incident critique, peur, prévention, risque

[E1,G2,N1,Q1]

Édit. 2016

accident catastrophique à effets limités l.m.

disaster accident with limited effects

Accident de cause naturelle, technique ou humaine, dont les effets matériels et corporels sont limités dans le temps comme dans l'espace.
Ils nécessitent l'intervention de moyens de secours professionnels dans le cadre d'un plan d'intervention particulier, appelé « plan rouge », en France.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

plan rouge

Édit. 2016

accident chez l'enfant l.m.

children's accident

Cause la plus fréquente de morbidité et de mortalité chez l'enfant à partir de l'âge d'un an, avec un maximum à l'adolescence : en France le quart des accidents concerne des mineurs.
Les principales causes d'accident chez l'enfant sont les intoxications, les traumatismes (défenestrations, accident du trafic, brulures) et les noyades. De nombreux facteurs favorisent l'accident : l'enfant n'a pas terminé la maturation de ses fonctions sensorielles, il n'a pas conscience du danger.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

[G2,O1,O2]

Édit. 2016

accident chromosomique l.m.

chromosome damage, chromosome aberration

Evénement modifiant la structure d'un ou plusieurs chromosomes d'une garniture chromosomique, ou leur nombre.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

anomalie chromosomique

[Q1]

Édit. 2016

accident corporel l.m.

corporeal accident, corporal accident

Accident causant des dommages au corps humain.
Causé en général par un traumatisme entrainant des atteintes anatomiques ou fonctionnelles, il peut laisser des séquelles, notamment des troubles psychiques retardés. En milieu civil, on décrit des accidents de la circulation, du travail, du sport, de l'école, de la maison, etc. Dans le domaine militaire, on rencontre surtout des blessures par engins de guerre ou par accidents de la circulation.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

accident, risque, risque (facteur de), risque «zéro», traumatisme psychique

[E1,E2,E3,G2,H3,H4,I2]

Édit. 2016

accident d'anesthésie l.m.

anaesthetic accident

Accident péri-anesthésique se produisant au cours de l’anesthésie (générale, locorégionale ou locale), de sa mise en train et de ses suites immédiates.
Il peut être imputable à l’anesthésie proprement dite, aux conditions opératoires (notamment aux pertes de sang), à l’état antérieur du patient (qui a dû être évalué lors de la consultation préopératoire) ou à une combinaison de ces trois causes donnant des risques souvent intriqués.
Si l'accident est entièrement lié à l'anesthésie il peut s'agir soit d'une défaillance humaine ou matérielle (notamment par non-respect des normes), soit d'une réaction anormale lors de l'administration d'un produit anesthésique (choc anaphylactique ou anaphylactoïde, hyperthermie maligne). La consultation anesthésique préopératoire, la normalisation de l'appareillage, le contrôle des distributions de gaz avant la mise en service et les vérifications qui doivent être faites avant toute anesthésie ont considérablement réduit le nombre des accidents.

Étym. lat. accidens : ce qui survient ; gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

accident, ASA (classification), certification d'un dispositif médical, contrôle de qualité des dispositifs médicaux, contrôle de qualité des soins, risque

[E3,G1]

Édit. 2017

accident d'exposition au sang l.m.

accidental blood exposure 

Contact avec du sang ou un liquide biologique contaminé, lors d'une piqûre avec une aiguille, d'une coupure avec un objet tranchant ou provenant d'une plaie ou d’une muqueuse.
Il expose au risque de transmission des virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et des virus responsables des hépatites B et C (VHB, VHC). Les soignants sont particulièrement exposés. Ceux-ci peuvent aussi être contaminés par divers agents pathogènes, à l'occasion de blessures accidentelles, lors de soins prodigués à des patients présentant une infection transmissible par contact direct. Les principales mesures à respecter pour éviter de tels accidents ont fait l'objet de plusieurs circulaires de la Direction générale de la santé et de la Direction des hôpitaux.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

[E2]

Édit. 2016

accident de la circulation l.m.

traffic accident

route (accident de la)

[G2]

Édit. 2016

accident de la route l.m.

traffic accident

Traumatismes liés à la circulation routière.
Ils entraînent surtout des blessures, des tachytraumatismes, des écrasements et, moins fréquemment, des brûlures. Ils sont en général dus aux effets de décélération lors du choc, les dommages sont d'autant plus grands que la vitesse du véhicule était plus grande avant l'accident.
La prévention primaire passe par la normalisation des véhicules, l'amélioration du réseau routier, la réglementation de la circulation, le contrôle policier (vitesse, etc.), la formation des conducteurs et la surveillance de leur hygiène (contrôle de l'alcoolémie, etc.). Le «facteur humain» est très important : les erreurs de conduite ont une grande part dans la survenue des accidents, c'est pourquoi la prévention passe par une bonne formation des conducteurs, leur surveillance et une stricte observance de l'hygiène (consommation alimentaire, boisson, respect d'un repos nécessaire, etc). Notamment les substances psychotropes (alcool, drogues, médicaments tels les benzodiazépines, etc.) sont souvent impliqués, aussi leur détection est faite par la police lors de contrôles pour excès de vitesse (éthylotest) ou par la justice (recherche des toxiques lors des autopsies). Les recherches de substances psychotropes devraient être systématiques à l'autopsie et surtout lors de l'admission des blessés à l'hôpital, malheureusement elles sont rarement effectuées.
Ces recherches devraient être systématiques à l'autopsie et surtout lors de l'admission des blessés à l'hôpital, malheureusement elles sont rarement effectuées. L’usage du téléphone au volant responsable d’un accident corporel sur 10 est interdit qu’il soit tenu à la main ou porté à l’oreille.
La prévention secondaire consiste en l'aménagement du véhicule, l'usage de la ceinture de sécurité et l'air-bag.
La prévention tertiaire passe par l'organisation des secours avec une médicalisation précoce et une meilleure organisation des services d'accueil hospitaliers.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

accélération, accident, éthylotest, syndrome d'écrasement, blessé, SAMU, tachytraumatisme, urgence

[G2]

Édit. 2016

accident de mission l.m.

accident of mission

Accident survenant, au cours d’une mission professionnelle, sur le parcours aller-retour entre le domicile ou le lieu de travail et un lieu inhabituel d’activité.
Un tel accident est considéré par le règlement de la Sécurité sociale comme un accident de travail et non comme un accident de trajet.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

[E2]

Édit. 2016

accident de plongée l.m.

accident of dive

plongée (accident de)

[C2,G2]

Édit. 2016

accident de trajet l.m.

accident on the way to work

Accident survenant à un travailleur pendant le trajet aller- retour entre son domicile et son lieu de travail (CSS, art. L. 411-2).
Sont considérées comme domicile la résidence principale, une résidence secondaire stable ou tout autre lieu où la personne se rend de façon habituelle pour des motifs d’ordre familial. Le trajet doit être le plus direct sauf si le détour effectué est en rapport avec un covoiturage régulier.
Est également considéré comme le lieu de travail le lieu où sont habituellement pris les repas : cantine, restaurant, sous réserve que le trajet n’ait pas été modifié pour des raisons d’ordre personnel.
L’accident de trajet ouvre les mêmes droits qu’un accident du travail.
Un recours selon le droit commun est possible contre l’auteur de l’accident, fût-il l’employeur ou un de ses préposés.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

[E2]

Édit. 2016

accident domestique l.m.

accident in the home

Accident qui survient dans la maison, ses dépendances et ses abords immédiats.
Les accidents domestiques constituent la première cause de décès par accident : 5 000 000 d’accidents par an, entrainant une hospitalisation d’au moins un jour et occasionnant 22 000 décès ; ils provoquent deux fois et demi plus de morts et vingt fois plus de blessés que les accidents de la route. Les deux classes d’âge les plus touchées sont les jeunes de un à quatorze ans et les personnes âgées de plus de 65 ans.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

[G2]

Édit. 2016

accident dû à la chaleur l.m.

accident due to the heat

coup de chaleur

[C2,G2]

Édit. 2016

accident du trafic l.m.

traffic accident

route (accident de la), accident de trajet

[G2]

Édit. 2016

accident du travail l.m.

work injury

« Accident survenant par le fait ou à l’occasion du travail, sur les lieux du travail, et pendant les heures de travail  à une personne salariée ou à un autre titre pour un ou plusieurs employeurs » (CSS, art.L. 411-1 et L. 455-1-1).
Quel qu’en soit le lieu, l’accident du travail ouvre droit aux prestations en nature de l’assurance maladie, sans ticket modérateur et avec le bénéfice du système du tiers payant, ainsi qu’aux prestations en espèces : indemnités journalières, rente éventuelle ou capital si l’incapacité permanente qui peut en résulter est inférieure à 10%.
La victime dispose de voies de recours contre les décisions de l’assurance maladie : expertise médicale s’il y a divergence sur des données cliniques, tribunal du contentieux de l’incapacité s’il y a contestation sur un taux d’invalidité permanente, commission de recours amiable en cas de divergence administrative et tribunal des affaires sociales en cas de contestation sur la prise en charge ou non et sur la date de consolidation.  Il peut effectuer un  recours contre son employeur ou ses préposés, en cas de faute inexcusable et  selon le droit commun sur l’auteur des faits en cas de faute intentionnelle ou inexcusable, ou s’il s’agit d’un accident de trajet.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

[E2,E3]

Édit. 2016

accident du travail bénin l.m.

light injury

Accident n'entraînant ni arrêt de travail, ni soins médicaux donnant lieu à une prise en charge administrative par les organismes de Sécurité sociale. 
L'entreprise peut être autorisée à ne pas déclarer les accidents bénins sous réserve de tenir un registre ouvert à cet effet.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

[E2,E3]

Édit. 2016

accident gravidocardiaque l.m.

cardiac complications of pregnancy

Complication des cardiopathies observées pendant la grossesse, déclenchée par l’aggravation progressive ou paroxystique d’une cardiopathie préexistante, congénitale ou acquise au cours ou au décours d’une grossesse.
Les accidents gravidocardiaques les plus fréquents sont une défaillance cardiaque aigüe ou paroxystique, une embolie pulmonaire, un trouble du rythme, parfois dès le début du 2ème trimestre, une endocardite bactérienne... En France, ces accidents sont devenus beaucoup plus rares depuis que sont plus précocement décelées et traitées les cardiopathies congénitales et traitées les cardiopathies rhumatismales.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

[K2,O3]

Édit. 2016

accident ischémique cérébral l.m.

ischemic stroke

Souffrance ou nécrose cérébrale dans un territoire artériel défini, secondaire à l’arrêt de la circulation sanguine ou à une baisse importante du débit sanguin cérébral.
Représentant 80% des accidents vasculaires cérébraux artériels, l'ischémie ou infarctus peut occuper tout ou partie du territoire irrigué par une artère (infarctus territorial) ou siéger à la limite des territoires de deux artères voisines (infarctus de jonction).
L'accident ischémique se traduit par des symptômes focaux correspondant au territoire artériel. Il peut être transitoire, comportant une symptomatologie entièrement régressive en moins de 24 heures, ou constitué, avec des signes neurologiques qui peuvent être permanents.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

ramollissement cérébral, infarctus cérébral

[H1,K4]

Édit. 2016

accident ischémique cérébral transitoire l.m.

transit cerebral ischemic attack 

Signes neurologiques focaux de début brutal, entièrement régressifs en moins de 24 heures, secondaires à un défaut de perfusion sanguine dans un territoire vasculaire défini.
La durée de cet accident est habituellement de quelques minutes, jamais plus de quelques heures. La cause est une embolie cérébrale provenant généralement de plaques athéromateuses, parfois ulcérées, issues des carotides ou des artères vertébrales, moins souvent de thrombi muraux d’origine cardiaque.
Les accidents d’origine carotidienne peuvent se traduire par une amaurose transitoire, une hémiparésie, une hémiparesthésie, une dysarthrie, une aphasie. Ceux en rapport avec le système vertébro-basilaire se caractérisent par des vertiges, une diplopie, voire une chute (« drop attack »). Les signes régressent sans séquelle.
L’hypertension, l’athérome, les cardiopathies, le diabète et la polyglobulie sont des facteurs prédisposants.
La survenue d’un tel accident exige une hospitalisation d’urgence pour rechercher la cause et y pallier car les épisodes sont souvent récidivants et annonciateurs de la survenue à échéance variable, parfois précoce, d’un infarctus cérébral.

Étym. lat. accidens : ce qui survient ; gr. iskhein : arrêter ; haïma : sans

Sigle AIT

infarctus cérébral

[H1,K4]

Édit. 2016

accident vasculaire cérébral l.m.

stroke

Manifestation neurologique aigüe en rapport avec un processus ischémique ou hémorragique dans le territoire d’une artère à destinée cérébrale.
Les causes habituelles sont une thrombose, une embolie ou un hématome intra-parenchymateux.
Bien qu’il puisse être régressif (accident ischémique transitoire) sa gravité habituelle et son caractère le plus souvent irréversible conduisent à insister sur l’importance de sa prévention. La prise en charge très précoce de l’accident vasculaire ischémique, avec la possibilité de fibrinolyse en urgence, en améliore le pronostic de façon significative.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

Sigle AVC

hémorragie cérébrale, infarctus cérébral, accident ischémique cérébral, accident ischémique (cérébral) transitoire, accident vasculaire cérébral hémorragique

[H1,K4]

Édit. 2016

accident vasculaire cérébral et cancer l.m.

malignancy and stroke

Accidents ischémiques et hémorragiques qui compliquent 15% des cancers dans les séries autopsiques et qui peuvent concerner toutes les néoplasies.
Cinq mécanismes sont individualisés : les troubles de la coagulation induits par la néoplasie (coagulopathie intravasculaire disséminée) ; l'endocardite thrombotique non bactérienne ; les lésions induites directement par la néoplasie (embolies tumorales, anévrismes oncotiques, compression ou envahissement des vaisseaux cérébraux par les tumeurs cérébrales primitives ou secondaires, lymphome angiotrope) ; les lésions secondaires à des complications infectieuses (aspergillose, candidose, muco-mycose) ; les lésions iatrogènes (artériopathie radique, ischémies artérielles ou veineuses des chimiothérapies, hémorragies secondaires à des coagulopathies).

Étym. lat. accidens : ce qui survient

accident vasculaire cérébral

[F2,H1]

Édit. 2016

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