Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Bureau-Barrière (acropathie ulcéromutilante de) l.f.

sporadic ulceromutilating acropathy

Forme sporadique de l'acropathie ulcéromutilante apparaissant plus tardivement que la forme familiale, survenant chez les éthyliques chroniques, les dénutris d'une autre origine ou les diabétiques.

Y. Bureau et H. Barrière, dermatologues français (1953)

acropathie ulcéromutilante familiale de Thévenard

[H1,N1 ]

Édit. 2018

barrière antireflux digestif l.f.

antireflux barrier

Ensemble des mécanismes physiologiques qui concourent à éviter ou à réduire le contact du suc gastrique acidopeptique ou biliaire avec l’épithélium œsophagien.
La défaillance de cette barrière entraîne les symptômes de reflux gastro-œsophagien et les lésions d’œsophagite érosive ou ulcéreuse pouvant se compliquer d’une sténose peptique.
Elle est constituée par le sphincter inférieur de l’œsophage (élément primordial) mais dont la réalité est plus fonctionnelle qu’anatomique, les piliers du diaphragme, la valvule de Gubaroff (rôle incertain), le péristaltisme œsophagien (rôle important), le flux salivaire, les sécrétions de mucus et de bicarbonates par les glandes œsophagiennes, les capacités de défense, l’épithélium œsophagien.

barrière muqueuse, reflux gastro-œsophagien, œsophagite

[L1]

Édit. 2017

barrière d'espèce l.f.

species barrier

Phénomène essentiel en biologie et en épidémiologie, lié à la spécificité de beaucoup d'agents infectieux pour un type donné d’hôte, définitif ou intermédiaire.
Selon les micro-organismes considérés, cette barrière peut être plus ou moins efficace. Elle est à la base de la spécificité d'hôte et se trouve aisément franchie par les agents de zoonoses. La barrière d'espèce fait appel à différents mécanismes impliquant généralement des récepteurs particuliers.

Étym. lat. barra : barre

spectre d'hôtes, spécificité d'hôte

Édit. 2017

barrière hématocamérulaire l.f.

blod aqueous barrier

Structure virtuelle contrôlant les différents mécanismes physiologiques qui règlent la différence de composition du plasma sanguin et de l'humeur aqueuse de l'œil.
Cette structure ne correspond pas à une entité unique, puisqu'interviennent notamment les procès ciliaires et l'iris.

Édit. 2017

barrière hémato-encéphalique (BHE) l.f.

blood-brain barrier

Ensemble des mécanismes régissant le passage des substances entre le sang, le liquide cérébro-spinal et le système nerveux central.
Il existe trois barrières ou zones d’échanges.
1) La BHE proprement dite régit le passage des substances du sang vers les cellules du système nerveux central. Histologiquement, elle est constituée par l'endothélium continu des capillaires sanguins et les prolongements astrocytaires jointifs autour de la membrane du capillaire. La perméabilité est facilitée par la liposolubilité et la petite taille des substances, à laquelle s'ajoutent des transports actifs.
2) La barrière hématoméningée régit le passage:
- des substances du sang vers le liquide cérébro-spinal. Histologiquement, elle est constituée par l'endothélium capillaire largement fenêtré, la membrane basale et les cellules épithéliales avec des vésicules de pinocytose. La perméabilité des substances se fait par les pores de l'endothélium, puis par voie intracellulaire. De nombreux facteurs favorisent ce passage (liposolubilité) ;
- du LCR vers le sang. Cette barrière siège dans les granulations de Pacchioni, les hernies arachnoïdiennes et les sinus veineux dure-mériens. Elle est constituée par les cellules leptoméningées, la membrane basale, l'endothélium vasculaire continu. Le passage des substances se fait par filtration-résorption (phénomène actif).
3) la barrière méningoencéphalique ou liquidotissulaire assure le passage des substances du liquide cérébro-spinal vers le système nerveux central. Histologiquement, elle est faite de deux barrières :
- la barrière épendymaire, située entre les ventricules et le système nerveux central, constituée par l'épithélium épendymaire (jonctions cellulaires très perméables, dont le passage est passif par diffusion simple dans les deux sens) ;
- la barrière piogliale, qui siège entre les espaces sous-arachnoïdiens et les cellules du système nerveux central, constituée par la pie-mère discontinue et les prolongements astrocytaires jointifs, et au niveau de laquelle le passage des substances se fait par diffusion simple.
En imagerie médicale, certains tissus pathologiques (tumeurs, abcès, infarctus cérébraux) peuvent altérer cette barrière, qui va alors laisser passer, au cours d'un examen angiographique ou scanographique, le produit de contraste au sein de la région lésée. Cette extravasation explique en grande partie, sinon en totalité, le mécanisme de la fixation de contraste dans ces processus pathologiques et les aggravations qui peuvent être observées après certaines artériographies, en particulier dans les infarctus cérébraux. Le produit de contraste lui-même peut, dans certaines conditions, altérer la BHE (Broman et Olsson). Le mécanisme de cette toxicité, mal connu, paraît lié à la concentration en iode de la solution et à son hypertonicité (Gonsette) ; d'où l'intérêt des produits de contraste triiodés non ioniques de basse osmolarité : leur osmolarité, dans leurs concentrations les plus faibles, est en effet proche de celle du plasma (300 mosm/kg H2O). De plus, pour un radical donné, la toxicité serait plus importante pour les sels de sodium que pour les sels de méthylglucamine.

R. E. Gonsette, neurochirurgien belge (1968 et 1972) ; T. Broman et O. Olsson, neurologues suédois (1948)

Édit. 2017

barrière hématomédullaire l.f.

blood–spinal cord barrier

Les structures sont les mêmes qu’au niveau de la barrière hématoencéphalique.
Leurs modalités de fonctionnement sont identiques.

barrière hématoencéphalique

Édit. 2017

barrière hématorétinienne l.f.

blood-retinal barrier

Structure virtuelle contrôlant les différents mécanismes physiologiques qui règlent la différence de composition du plasma sanguin et du fluide atteignant les cellules visuelles.
Les différentes substances concernées proviennent des vaisseaux rétiniens, de la choriocapillaire et des procès ciliaires.

Édit. 2017

barrière hématotesticulaire l.f.

blood-testicular barrier  

Système formé par l'union de cellules somatiques, les cellules de Sertoli, entravant le transport intracellulaire des substances plasmatiques vers la lumière des tubes séminifères et les cellules germinales.
Cette barrière s'établit à la puberté, en même temps que les premières cellules germinales subissent la méiose, qui est ainsi protégée.

Syn. barrière hémotesticulaire

Édit. 2017

barrière muqueuse l.f.

mucous barrier

Notion d'abord appliquée à la muqueuse gastrique et à sa capacité de résister à la digestion acidopeptique, par la suite étendue à la résistance à des agents toxiques pour la muqueuse.

cytoprotection

Édit. 2017

barrière muqueuse gastrique l.f.

Couche protectrice de l'estomac composée par le mucus de surface adhérant aux cellules de l'épithélium superficiel, les cellules de l'épithélium superficiel capables de sécréter du mucus et des bicarbonates

Le mucus adhérant à la surface et les bicarbonates qui y diffusent sont parfois dénommés couche (ou barrière mucus-bicarbonates) ; la circulation capillaire sous-épithéliale à partir desquels des ions CO3H- diffusent dans le chorion, est à l'origine de la protection aux agents nécrosants agissant indépendamment de l'acide et de la pepsine.

cytoprotection

Édit. 2017

barrière muqueuse œsophagienne l.f.

esophageal mucous barrier

Couche d'épithélium, composée d'une superposition d'une trentaine de couches de cellules malpighiennes non ou peu kératinisées reliées entre elles par des jonctions membranaires serrées.
Ces cellules sont aptes à excréter des ions Na+ dans les espaces intercellulaires pour neutraliser les ions H+ qui y pénètrent. Les ions CO3H-qui diffusent depuis le chorion participent également à la neutralisation des ions H+ dans les espaces intercellulaires.

Édit. 2017

barrière placentaire l.f.

placental barrier

Disposition du placenta des primates où les villosités du chorion fœtal sont immergées dans le sang maternel de la chambre intervilleuse, interposant plusieurs couches cellulaires fœtales à fonction de filtre sélectif entre les circulations maternelle et fœtale.
P. ex. la digitaline franchit, l'insuline ne franchit pas la barrière placentaire.

Édit. 2017

barrière reproductive l.f.

reproductive isolation

Ensemble des processus biologiques, éthologiques, écologiques, physiologiques, morphologiques, etc., qui font obstacle à la réalisation d'un croisement entre individus d'une même espèce ou d'espèces différentes.
Cette barrière peut s'exprimer au niveau de parents potentiels, au niveau d'hybrides entre ces parents, ou bien encore au niveau des descendants de ces hybrides.

Syn. barrière à l'échange de gènes, barrière d'espèce

barrière génétique, spéciation

Édit. 2017

Bureau et Barrière (maladie de) l.f.

keratodermia palmo-plantaris diffusa Bureau-Barrière-Thomas

Entité non réellement individualisée dans la littérature anglosaxonne.
  

Y. Bureau et H.Barrière , dermatologues français (1953)

acropathie ulcéromutilante

Édit. 2017

effet de barrière l.m.

barrier effect

Résistance, exercée par la flore autochtone du tube digestif, qu'un animal holoxénique oppose à la colonisation par les bactéries exogènes quotidiennement ingérées.

holoxénique

[D1, D2, L1]

Édit. 2019

fonction barrière de l'épiderme l.f.

epidermal barrier function

Rôle joué par l'épiderme, qui, situé entre l'organisme et le milieu extérieur, d'une part s'oppose à la perte d'eau, d'électrolytes et d'autres constituants et, d'autre part, empêche la pénétration de substances nocives diverses, microbiennes, chimiques, etc.
Cette barrière est formée par l'association du film lipidique et du stratum corneum sous-jacent.

absorption percutanée, pénétration transcutanée, protection cutanée, stratum corneum

[J1]

Édit. 2018