Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

40 résultats 

prolapsus valvulaire mitral (PVM) l.m.

mitral valve prolapse

Anomalie fréquente, définie par la protrusion d'une ou des deux valves mitrales dans l'oreillette gauche au cours de la systole.
Le PVM est classiquement associé à la survenue d'accidents emboliques artériels périphériques et cérébraux ; toutefois, isolé, sans modification myxoïde des valves, il ne comporte qu'un risque extrêmement faible d'embolies. Des feuillets valvulaires épaissis, une régurgitation mitrale, un prolapsus tricuspidien ou aortique associé et, bien entendu, la survenue de complications telles qu'une arythmie auriculaire ou une endocardite infectieuse, augmentent le risque d'embolies systémiques.

prolapsus mitral l.m.

mitral valve prolapse

Protrusion systolique d'un ou des deux feuillets de la valve mitrale vers la cavité de l’oreillette gauche.
Congénital ou acquis, le prolapsus mitral est provoqué par un excès d’étoffe valvulaire et/ou un allongement pathologique des cordages. Il est responsable d’un certain nombre d’insuffisances mitrales graves. Traité naguère par remplacement de la valve mitrale, il est aujourd’hui accessible à des techniques de chirurgie conservatrice.

prolapsus n.m.

prolapse

Glissement anormal plus ou moins marqué d'un organe, d'une partie d'organe ou d'un revêtement muqueux en dehors de son site normal, du fait d'un relâchement ou d'une disparition de ses moyens de fixation.

Étym. lat. pro : en avant ; labor : tomber, glisser

prolapsus anal l.m.

anal prolapse

Prolapsus rectal incomplet, seule la muqueuse sortant par l'anus.

prolapsus colique l.m.

colonic prolapse

Issue à travers l'anus d'une invagination côlocolique.

prolapsus de l'utérus gravide l.m.

prolapse of the pregnant uterus

Chute ou abaissement de l’utérus gravide, dont le col atteint ou franchit l’orifice vulvaire.
Rare, aggravant ou révélant chez la multipare en début de grossesse un prolapsus méconnu, il est surtout constitué par un allongement hypertrophique du col, accentué par l’imbibition gravidique des tissus. Sa seule gravité est la gêne fonctionnelle qu’il procure. Il se traite classiquement par des bains de siège au sérum salé et régresse après l’accouchement.

prolapsus du rectum l.m.

rectal prolapse

Évagination à travers l'anus de la portion inférieure du rectum avec ses trois tuniques.

prolapsus génital l.m.

genital prolapse

Descente ou abaissement des organes génitaux, l’utérus (hystérocèle), les parois du vagin (colpocèle antérieure ou postérieure), éventuellement la vessie (cystocèle), et le rectum (rectocèle).
On le classe en stade 1, 2 ou 3 selon que la descente des organes pelviens s’arrête au-dessus, à hauteur ou en dessous de l’orifice vulvaire. Il est favorisé par le relâchement des ligaments et tissus de fixation des viscères pelviens après la ménopause, surtout en cas d’antécédent d’accouchement traumatique d’enfant de gros poids. Il s’accompagne souvent d’une incontinence urinaire à l’effort. Son traitement est chirurgical, par voie naturelle après la ménopause, par voie abdominale chez la femme jeune avec fixation au promontoire des viscères pelviens par des bandelettes de matériau synthétique.

J. von Halban, gynécologue et anatomiste autrichien (1870-1937)

Halban (fascia de)

prolapsus hémorroïdaire l.f.

Prolapsus anal des paquets hémorroïdaires.
Procidence hémorroïdaire non réductible par le malade.

Étym. lat.pro : en avant, labi : tomber ; gr. haïma : sang ; rhéô : je coule

hémorroïdes, procidence hémorroïdaire

[L1]

prolapsus uréthral l.m.

ectropion urethral

prolapsus utérin l.m.

uterine prolapse

Chute ou abaissement de l’utérus dans la filière génitale.
Provoqué par le relâchement des tissus de soutien de l’utérus après la ménopause, favorisé par l’accouchement traumatique d’enfant de gros poids dans les antécédents, il est souvent associé à un allongement hypertrophique du col. Il est classé en stade 1, 2 ou 3 selon qu’il s’arrête au-dessus de la vulve, à son niveau ou qu’il s’extériorise. Il s’accompagne à des degrés divers d’un prolapsus du vagin (la colpocèle), de la vessie (la cystocèle), avec souvent une incontinence urinaire à l’effort. Son traitement est chirurgical. Chez la femme jeune, l’utérus est fixé au promontoire par voie abdominale grâce à des bandelettes en matériau synthétique disposées en hamac. Après la ménopause, il s’opère par voie vaginale avec ou sans hystérectomie.

bronchopneumopathie du rétrécissement mitral l.f.

bronchopulmonary effect secondary mitral stenosis

Affection bronchopulmonaire chronique survenant chez des patients atteints de rétrécissement mitral habituellement sévère.
Une sténose mitrale assez serrée entraîne une stase pulmonaire, une élévation des pressions de la petite circulation et ces modifications hémodynamiques sont responsables d'altérations anatomiques des poumons, favorisant ainsi les bronchites à répétition. À la longue, s'installe une insuffisance respiratoire et parfois un emphysème pulmonaire. Ces bronchopneumopathies ne contrindiquent pas une chirurgie de la valve mitrale mais elles en augmentent le risque et en compromettent le résultat.

rétrécissement mitral

Édit. 2017

calcification de l'anneau mitral l.f.

mitral annulus calcifications

Calcifications observées essentiellement chez les sujets âgés de plus de 60 ans, et qui peuvent être massives.
Elles sont associées à un risque accru d’infarctus cérébral, leur présence étant corrélée avec l’âge, l’hypertension artérielle, l’athérosclérose, l’insuffisance cardiaque congestive et la fibrillation auriculaire.
Elles sont, en fait, davantage un marqueur d’une autre cardiopathie ou d’une arthériopathie cérébrale qu’une source directe d’embolies. En effet, elles se compliquent rarement d’embolies cérébrales ou rétiniennes calcaires, d’un dysfonctionnement de valves, d’une ulcération avec formation d’un thrombus, ou d’une endocardite.

[K2]

faciès mitral l.m.

mitral facies

Il s’exprime sous forme d’un érythème cyanique des pommettes et une cyanose des lèvres.
Il est en liaison avec un rétrécissement mitral, presque toujours secondaire à un rhumatisme articulaire aigu poststreptococcique.

rétrécissement mitral, rhumatisme articulaire aigu

[K2]

Édit. 2017

nanisme mitral l.m.

mitral dwarfism

Défaut de développement général observé chez des sujets atteints d’un rétrécissement mitral rhumatismal sévère apparu dans la petite enfance et évoluant au long cours sans traitement.
Il est devenu exceptionnel avec le dépistage et le traitement du rhumatisme articulaire aigu.

orifice mitral l.m.

orifice atrio-ventriculaire gauche

Édit. 2017

rétrécissement mitral (RM) l.m.

mitral stenosis

Valvulopathie définie par la diminution de la surface mitrale, aboutissement d'un processus scléro-inflammatoire d'origine rhumatismale : le rhumatisme articulaire aigu.
Le RM frappe électivement le sexe féminin : 75% des cas. On distingue les sténoses sévères et modérées selon que la surface mitrale est inférieure ou supérieure à 1,5 cm2 chez l'adulte (surface normale = de 4 à 6 cm2). Le diagnostic repose sur des signes :
- auscultatoires : éclat de premier bruit, claquement d'ouverture, roulement diastolique ; radiologiques (grosse oreillette gauche, dilatation des artères pulmonaires, hypertrophie du ventricule droit),
- électrocardiographiques : hypertrophie de l'oreillette gauche et parfois du ventricule droit,
- et surtout ultrasoniques à l'examen Doppler .
Les aspects enregistrés en échographie et à l'examen Doppler sont très caractéristiques de cette valvulopathie. Les ultrasons permettent non seulement de confirmer le diagnostic mais aussi d'évaluer le degré de la sténose, la sévérité  des lésions des valves et de l'appareil sous-valvulaire, parfois de découvrir des lésions associées telles que l'atteinte d'autres valves, des thromboses intra-auriculaires gauches.
Selon l'état de l'appareil mitral, le rétrécissement mitral symptomatique relève d'un traitement conservateur ou du remplacement valvulaire par une prothèse: commissurotomie percutanée, rarement chirurgicale, ou remplacement valvulaire par une prothèse si les lésions valvulaires et sous-valvulaires sont majeures.

Sigle RM

rétrécissement mitral (accidents évolutifs du) l.m.p.

accidental complications in mitral stenosis

Évènements pathologiques émaillant et compliquant l'évolution habituelle des rétrécissements mitraux.
Ils sont la conséquence des modifications hémodynamiques entraînées par la sténose mitrale : diminution du débit cardiaque, élévation des pressions et stase en amont de l'obstacle, dans l'oreillette gauche et la circulation pulmonaire.
Les plus habituels sont les manifestations pulmonaires (dyspnée d'effort, œdème pulmonaire, hémoptysie) et l'insuffisance cardiaque droite, avec turgescence jugulaire, gros foie et œdèmes, phlébothromboses ; l'arythmie complète par fibrillation auriculaire ou le flutter auriculaire sont quasi constants dans le RM évolué ; ils font le lit des thromboses auriculaires gauches responsables d'embolies très souvent cérébrales entraînant décès ou séquelles invalidantes dans 1/3 des cas. La survenue de l'une de ces complications doit faire envisager la cure du rétrécissement mitral (valvuloplastie percutanée ou chirurgie).

rétrécissement mitral (bronchopneumopathie du) l.f.

bronchopulmonary effect secondary mitral stenosis

Affections bronchopulmonaires chroniques survenant chez des patients atteints de rétrécissement mitral habituellement sévère.
Une sténose mitrale assez serrée entraîne une stase pulmonaire, une élévation des pressions de la petite circulation. Ces modifications hémodynamiques sont responsables d'altérations anatomiques des poumons, favorisant ainsi les bronchites à répétition. À la longue, s'installe une insuffisance respiratoire et parfois un emphysème pulmonaire. Ces bronchopneumopathies ne contrindiquent pas une chirurgie de la valve mitrale mais elles en augmentent le risque et en compromettent le résultat.

rupture de pilier mitral l.f.

insuffisance mitrale

anévrysme valvulaire l.m.

valvular aneurysm

Anévrysme d'une valve cardiaque consécutif à une endocardite infectieuse, essentiellement la valve mitrale.

Étym. gr. aneurusma, aneurysma (pour Littré)  : dilatation

[D1,K2,K3,K4]

Édit. 2017

autogreffe valvulaire l.f.

valvular autografting

Intervention chirurgicale de remplacement valvulaire par un substitut anatomique prélevé sur le patient lui-même.
L'opération consiste à prélever l'appareil valvulaire pulmonaire, à l'implanter en lieu et place de la valve aortique pathologique et à fixer à l'emplacement de la valve pulmonaire prélevée, un substitut biologique, plus rarement prothétique. Cette chirurgie est plus difficile, sa mortalité et sa morbidité sont plus lourdes que dans les autres techniques de remplacement valvulaire mais des survies de vingt ans ont pu être obtenues et on a toujours constaté l'absence de calcification de la valve pulmonaire implantée. Cette autogreffe paraît indiquée chez les patients jeunes.

bioprothèse valvulaire l.f.

valvular bioprosthesis

Valvule cardiaque prélevée sur un animal ou construite à partir de tissus biologiques animaux et destinée à remplacer chez l’homme, une valve cardiaque malformée ou détruite par un processus pathologique.
La prévention des réactions immunologiques de rejet exige que la bioprothèse ne soit pas gardée vivante mais qu’elle soit traitée par une substance chimique fixante dont la plus couramment utilisée est le glutaraldéhyde. La bioprothèse valvulaire peut être directement cousue sur l’hôte ou montée sur un cadre rigide qui facilite sa mise en place et garantit son étanchéité parfaite.

A.Carpentier, chirurgien cardiovasculaire français, membre de l’Académie de Médecine (1965-1970)

Syn. hétérogreffe, xénogreffe

Édit. 2017

endocardite infectieuse sur prothèse valvulaire l.f.

prosthetic valvular infective endocarditis

Endocardite survenant sur une prothèse valvulaire liée à un microorganisme le plus souvent bactérien ou fungique.
Le diagnostic peut être retenu devant un état septicémique avec hémocultures positives et un dysfonctionnement de la prothèse par thrombose ou surtout désinsertion. Le pronostic de ces endocardites, souvent dues aux staphylocoques, reste grave surtout après la pose récente de la prothèse. L'intervention chirurgicale s'impose rapidement devant la gravité des dysfonctions prothétiques, plus rarement devant un état infectieux non contrôlé, des embolies septiques ou l'apparition de troubles de conduction.

Étym. gr. endon : à l’intérieur ; kardia : cœur

[D1, K2]

Édit. 2019

fénestration valvulaire l.f.

valvular fenestration

Orifice anormal congénital, situé le long du bord libre d’une valve sigmoïde aortique.
Il a en général peu de conséquences sauf si la languette comprise entre la fenêtre et le bord libre se rompt, entrainant une insuffisance aortique.

[K2]

Édit. 2018 

| /2 | page suivante