Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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arthrite à mycobactéries atypiques l.f.

atypical mycobacteria arthritis

Arthrite pouvant causer une suppuration chronique, le plus souvent mono-articulaire.
Les mycobactéries atypiques constituent un groupe particulier de mycobactéries qui sont occasionnellement pathogènes, parmi lesquelles on distingue des formes photochromogènes, des formes scotochromogènes et des formes à croissance rapide.

Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation

Syn. arthrite à bacilles paratuberculeux

mycobactéries atypiques l.f.p.

non tuberculous mycobacteria

Genre bactérien de la famille des Mycobacteriaceae, les mycobactéries atypiques sont différentes des mycobactéries tuberculeuses (Mycobacterium tuberculosis, Mycobacterium bovis et Mycobacterium africanum) et de Mycobacterium leprae.
Les mycobactéries atypiques, au contraire des mycobactéries du complexe tuberculosis (parasites stricts de l'homme et des animaux), sont saprophytes (eaux, terre) ou commensales de l'homme ou des animaux et peuvent occasionnellement  entraîner des infections chez des patients ayant une immunodépression locale ou générale.
Plus de 45 espèces ont été décrites. Ce sont des bactéries acidoalcoolo-résistantes, colorables par la méthode de Ziehl-Neelsen, mais il est impossible de les caractériser par le seul examen microscopique et leur identification précise ne peut être réalisée que par un laboratoire spécialisé. Les mycobactéries atypiques les plus fréquemment rencontrées en pathologie humaine sont Mycobacterium avium intracellulare (MAIC), Mycobacterium Kansasii et Mycobacterium xenopi.
Ces germes représentent aux USA 35% des mycobactéries isolées, potentiellement pathogènes. Elles doivent être traitées en fonction du type de bactéries et non en fonction d'une prétendue sensibilité de la souche isolée.
Le classement de Runyon (1959) distingue 4 classes de mycobactéries atypiques :
- groupe 1 : mycobactéries à croissance lente et photochromogènes (pigmentation après l'exposition à la lumière), tel Mycobacterium kansasii, M. marinum, M. simiae et M. asiaticum
- groupe 2 : mycobactéries à croissance lente et scotochromogènes (pigmentation des colonies poussant même dans l'obscurité), tels Mycobacterium xenopi, M. gordonae et M. scrofulaceum
- groupe 3 : mycobactéries à croissance lente et non pigmentées, tels Mycobacterium avium—intracellulare et M. ulcerans
- groupe 4 : mycobactéries à croissance rapide (moins de 7 jours), pigmentées ou non, tels Mycobacterium fortuitum et M. chenolae.
Les techniques d'amplification génique par PCR ne reconnaissent que le "complexe tuberculosis", si bien que chez un malade VIH+ ou immunodéprimé, si l'examen direct des crachats est positif, l'amplification génique permet de savoir rapidement si l'on est en présence d'un germe du "complexe tuberculosis" ou d'une mycobactérie atypique, ce qui est très important pour le choix du traitement antibiotique.

E. H. Runyon, bactériologiste américain (1959)

Étym. gr. mukês, mukêtos : champignon ; baktêria : bâton, canne

adénopathie à mycobactéries l.f.

mycobacterial adenopathy

État pathologique d'un nœud lymphatique (ganglion) ou d'un groupe de nœuds secondaire à une infection par une bactérie du genre Mycobacterium.
L'infection peut déterminer, selon sa virulence et les capacités de défense du sujet atteint, de nombreuses images histopathologiques : lésions inflammatoires non spécifiques, lésions folliculaires, lésions caséofolliculaires, lésions fibrocaséeuses lésions fibreuses séquellaires. La réaction se limite parfois à une accumulation d'histiocytes au cytoplasme bourré de corps bactériens. Le diagnostic de mycobactériose est fondé sur l'analyse de l'image histopathologique, aidée de colorations spéciales (Ziehl-Nielsen) et éventuellement de techniques complémentaires (immunocytochimie, hybridation in situ, amplification génique).

Étym. gr. adên : glande ; pathê : maladie

Mycobacterium, histiocyte

[D1]

Édit. 2020

adénopathie cervicale à mycobactéries l.f.

cervical mycobacterial lymphadenitis

Infection d’un nœud (ganglion) lymphatique cervical par une mycobactérie.
Selon le type de mycobactérie, on distingue :
1) Les adénites tuberculeuses cervicales. Leur siège est préférentiellement sous-mandibulaire. Leur consistance est élastique et indolore à la palpation, puis parfois dure avec des adhérences lors de l'évolution. Inhabituelle actuellement, la fistulisation chronique peut survenir. L’association à une autre localisation bacillaire est rare.
2) Les adénites à mycobactéries atypiques (M. scrofulaceum, M. kansasii). L’abcédation survient en 4 à 8 semaines, permettant un curetage par cette voie. L’évolution est spontanément favorable. L’intérêt des antibiotiques n’est pas établi.

Étym. gr. adên : glande ; pathê : maladie

Syn. scrofule, écrouelle, scrofulose

[D3,P1 ]

Édit. 2017

antipsychotiques atypiques l.m.p.

atypical antipsychotics

antipsychotiques, neuroleptiques

[H3,G5 ]

Édit. 2018

pneumonies atypiques primitives l.f.p.

Groupe hétérogène de pneumonies aigües de type interstitiel, touchant, par petites épidémies, les enfants et les adultes jeunes.
Leur début est progressif. Elles associent un état fébrile modéré, une toux sèche et parfois des myalgies, une conjonctivite bilatérale, des adénopathies cervicales, une éruption cutanée. La radiographie met en évidence des lésions pulmonaires interstitielles à prédominance basale. Les agents infectieux responsables sont nombreux :
- bactériens (Mycoplasma pneumoniae, Chlamydiae, Coxiella burnetii),
- viraux (virus grippaux, virus respiratoire syncytial, adénovirus, autres virus respiratoires),
- fongiques et parasitaires (Pneumocystis jiroveci, Toxoplasma gondii) chez les immunodéprimés.