Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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glaucome traumatique l.m.

traumatic glaucoma

Glaucome chronique, secondaire à une contusion oculaire.
Les glaucomes postcontusifs peuvent relever de plusieurs mécanismes pathogéniques : remaniements traumatiques de l'angle iridocornéen, luxation du cristallin, hyphémas récidivants, désinsertion de l'iris.

glaucome tumoral l.m.

tumoral glaucoma

Glaucome unilatéral secondaire au développement d'une tumeur intraoculaire.
La survenue d'une hypertonie oculaire au cours de la croissance d'une tumeur (mélanome ou rétinoblastome) peut être la conséquence de mécanismes multiples : bascule antérieure de l'iris entraînant la fermeture de l'angle iridocornéen, envahissement tumoral de l'angle, glaucome néovasculaire.

glaucome-ectopie lenticulaire-microsphérophakie-raideur-petite taille l.m.

glaucoma-lens ectopia-microspherophakia-stiffness syndrome

Syndrome ressemblant au syndrome de Weill-Marchesani avec ectopie cristallinienne, glaucome et raideur articulaire progressive.
Petite taille, induration caractéristique de la peau. L’affection est autosomique dominante (MIM 137765).

A. Verloes, généticien belge (1992) ; G. Weill ophtalmologiste français (1932), O. Marchesani, ophtalmologiste allemand (1939)

→ Weill-Marchesani (syndrome de)

glaucopsie n.f.

glaucopsia

Chromatopsie en bleu-vert.

Glaukomflecken n.m.p .(all.)

Opacité sous-capsulaire du cristallin faisant suite à une hypertonie majeure et correspondant à des foyers de nécrose avec perte cellulaire.

Étym. allemand  Flecken : taches

GLD sigle angl.  pour Globoid cell LeucoDystrophy

K. Krabbe, neurologue danois (1916)

→ Krabbe (maladie de)

Gleason (classification de) l.f.

Gleason's classification

Classification histopronostique des adénocarcinomes prostatiques universellement adoptée, établie sur des critères architecturaux de la tumeur et donc sur son grade histologique.
Elle aboutit à un résultat additionnant les deux types histologiques prédominants développés au niveau d’une tumeur souvent hétérogène, et proposant une corrélation avec l’extension locorégionale.
Neuf types sont définis et regroupés en cinq grades de malignité. Un score global regroupe les deux structures les mieux représentées.

D. F. Gleason, chirurgien urologue et anatomopathologiste américain (1966)

→ Gleason (grade de), Gleason (score de)

Gleason (grade de) l.f.

Gleason's grading

Résultat de la classification des adénocarcinomes prostatiques en cinq grades de malignité destinée à établir un histopronostic.
Cette appréciation est faite uniquement sur des critères architecturaux. Cinq grades sont définis, allant des cancers bien différenciés aux tumeurs anaplasiques, et dotés d'un chiffre permettant le calcul du score global.

D. F. Gleason, chirurgien urologue et anatomopathologiste américain (1974)

→ Gleason (score de)

Gleason (score de) l.f.

Gleason's pattern score

Expression globale du résultat de l'étude histopronostique d'un adénocarcinome prostatique selon la classification de Gleason.
En raison de l'hétérogénéité de la tumeur, les deux plages de structure les mieux représentées, de grade coté de 1 à 5, sont additionnées, obtenant un score global allant de 2 à 10, de gravité pronostique croissante.

D. F. Gleason, chirrugien urologue et anatomopathologiste américain (1974)

glène n.f.

cavitas glenoidalis (TA)

glenoïd cavity

Surface articulaire de la scapula (omoplate) avec la tête humérale.
Elle est supportée par le col de la scapula et agrandie par le bourrelet glénoïdien (labrum glenoidale). Elle est orientée en dehors et en avant.

Étym. gr. glênê : cavité

Syn. cavité glénoïde

glène de l'omoplate l.f.

→ cavité glénoïde de la scapula

Gley (glandes de) l.f.p. (anc.)

Gley’s glands

E. Gley, physiologiste français, membre de l’Académie de médecine (1857-1930)

→ glande parathyroïde supérieure, glande parathyroïde inférieure

gliadine n.f.

gliadin

Protéine de la classe des prolamines, présente dans le gluten des graines de plantes monocotylédones comme le blé, le seigle, le riz.
Les gliadines sont des holoprotéines hétérogènes de masse moléculaire voisine de 28 kDa, riches en proline et en acide glutamique, très pauvres en lysine et en tryptophane, solubles dans les alcalis et dans des mélanges d'eau et d'alcool. Certains des peptides formés par la digestion protéolytique des gliadines sont à l'origine de l'intolérance au gluten (maladie cœliaque).

Étym. gr. glia : glu, gluten

glicentine n.f.

glicentin

Polypeptide hormonal de 69 acides aminés, qui fait partie de la molécule de proglucagon, et susceptible d'être clivé en une molécule de GRPP (glicentin-related-pancreatic peptide) et une molécule d'oxyntomoduline, elle-même clivable en glucagon et un hexapeptide (+ 2 acides aminés basiques).
Synthétisée dans les muqueuses gastrique et intestinale, cette hormone peut exercer, comme l'oxyntomoduline, un contrôle négatif sur la sécrétion acide des glandes oxyntiques de l'estomac.

glie

Syn. névroglie, glie, glu nerveuse, anc. basilemme

→ névroglie

[A1, A2, H1]

Édit. 2018

glie n.f.

→ névroglie

gliflozine n.f.

gliflozin

Classe de médicaments inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose du tube proximal (SGLT 2) du rein utilisés dans le traitement du diabète de type 2, qui en plus de la diminution de la glycémie par fuite urinaire du glucose améliorent l’insuffisance cardiaque associée au diabète et réduisent la mortalité.

[ M1, R1]

Édit. 2019

glifozine n.f.

glifozin

Famille de médicaments inhibant l’isoforme 2 du cotransporteur du glucose et du sodium (SGLT-2 ; sodium-glucose cotransporter, isoform 2 ) utilisés dans  le traitement du diabète afin de diminuer la glycémie en inhibant la réabsorption du glucose dans le tube proximal.
Cette famille de médicaments inclut la dapaglifozine, la canaglifozine, l’empaglifozine et l’ertuglifozine. Ces inhibiteurs diminuent également la pression artérielle et l’uricémie.

→ cotransporteur sodium-glucose

[G5, K2, M1, RI]

Édit. 2019

glioblastome n.m.

glioblastoma

Tumeur gliale hautement maligne, dont la fréquence est de 15 à 20% de toutes les tumeurs intracrâniennes, avec un pic entre 45 et 55 ans.
Macroscopiquement, elle est volumineuse, hémorragique, nécrotique, souvent hémisphérique, frontale ou en aile de papillon dans le corps calleux.
Le terme de polymorphe pour caractériser le glioblastome témoigne de la diversité des éléments observés : cellules indifférenciées, astrocytaires et/ou oligodendrogliales. Sont caractéristiques les zones de nécrose tissulaire entourée de cellules indifférenciées disposées en pseudopalissades et les modifications des vaisseaux de type pseudoglomérulaire. Une grande richesse en cellules géantes multinucléées est possible.
Le mode de développement de ces tumeurs reste discuté : dégénérescence d'une tumeur gliale antérieurement présente ou prolifération maligne d'emblée.
Le glioblastome peut être dû à des contacts avec des agents mutagènes (p.ex. N-méthyl N’nitro N-nitrosoguanidine, N-éthyl N’nitro N-nitrosoguanidine, N-méthyl N-nitrosourée, N-éthyl N-nitrosourée), chez des employés de laboratoire de génie génétique, de biologie cellulaire, de recherche en mutagénèse ou cancérologie avec reconnaissance en maladie professionnelle selon le tableau 85 du régime général.
L'Organisation mondiale de la santé, en 1993, a classé le glioblastome comme le grade IV des astrocytomes.
Malgré des essais thérapeutiques nombreux, le pronostic du glioblastome polymorphe reste actuellement très mauvais.

J. Grill, oncologue français (2007)

Syn. gliome de haut grade

Réf. Orphanet, J. Grill (2007)

→ gliome (classifications de l'OMS)

[H1,H2]

glioblastomes (thérapie génique des) l.f.

gene therapy for glioblastomas

Perspective nouvelle de traitement pour une forme de tumeur qui reste jusqu'à présent incurable malgré l'exérèse chirurgicale, la radiothérapie, la chimiothérapie, et qui a représenté une pathologie pionnière pour ce type de thérapie.
Un telle utilisation des éléments moléculaires qui constituent le gène a pour but d'agir à ce niveau, afin de modifier les anomalies moléculaires et cellulaires intervenant dans l'oncogénèse gliale, aux différents stades précédant la traduction du matériel génétique en protéine.
Pour introduire un gène dans les cellules tumorales (transfection), plusieurs procédés sont possibles, notamment physiques, chimiques et viraux. L'abord moléculaire peut concerner des cellules prélevées chez le patient et réimplantées par la suite, ou s'effectuer directement au sein du tissu pathologique. Il s'agit par là-même de corriger l'excès de prolifération et de vascularisation tumorale et, au contraire, de neutraliser les mécanismes de mort cellulaire (dits aussi d'apoptose), de différenciation et d'immunogénicité tumorale.
Un des protocoles en cours comporte essentiellement la transfection intratumorale du gène suicide de la thymidine kinase herpétique. Un gène suicide provoque la destruction des cellules transfectées après administration d'une prodrogue inoffensive, celle-ci étant devenue hautement toxique sur ces cellules. La méthode apparaît sans risques, mais l'absence actuelle de résultats majeurs, qui contraste avec ceux, précliniques, obtenus chez l'animal, semble liée aux difficultés de délivrance thérapeutique. Le rôle des cliniciens est donc fondamental.
Les recherches doivent être poursuivies et approfondies, contrastant avec la publicité excessive donnée d'ores et déjà à ces traitements.

→ glioblastome

gliomatose cérébrale l.f.

gliomatosis cerebri

Très rare tumeur gliale du sujet jeune qui infiltre et diffuse d'un hémisphère à l'autre, vers le tronc cérébral, voire la moelle épinière.
Une extension corticale (gliomatose méningo-encéphalique) ou sous-épendymaire en nappe a été aussi rapportée.
Microscopiquement, l'aspect est celui d'un astrocytome fibrillaire infiltrant, mais quelques rares cas comportent des zones d'anaplasie. Des cas exceptionnels sont de nature oligogliale.
L'imagerie a permis de mieux reconnaître cette tumeur, que seule l'étendue sépare, du moins morphologiquement, des astrocytomes diffus.

gliomatose leptoméningée l.f.

leptomeningeal gliomatosis

Maladie exceptionnelle, qui se traduit par une infiltration tumorale diffuse primitive de nature gliale au sein de l'espace sous-arachnoïdien.
En dehors de tout foyer intraparenchymateux sous-jacent, l'examen du LCR peut montrer des cellules tumorales de nature gliale. Visualisées par l'imagerie, les lésions sont confirmées par l'examen anatomopathologique, qui peut mettre en évidence de petits foyers tumoraux dans le cerveau sous-jacent. La survie est de quelques mois.

gliome n.m.

glioma, neuroglial tumor

Tumeur du cerveau ou de la moelle épinière dérivée des cellules gliales neuro-ectodermiques reproduisant la structure de la névroglie.
Cette dénomination, que certains tendent à restreindre aux tumeurs malignes, correspond notamment aux astrocytomes, glioblastomes polymorphes, oligodendrogliomes. Un gliome peut également se développer aux dépens du nerf optique.

Étym. lat. glia : glu

→ gliome périphérique

gliome (classifications de l'OMS) l.f.

Astrocytome pilocytique curable par chirurgie
- Grade II Tumeurs oligodendrogliales
Oligoastrocytomes deux types de cellules : astrocytes et oligodendrogiales
Oligodendrogliomes, infiltrante bien différentiée
Astrocytomes diffus, tumeur de l’adulte jeune, évolution lente vers Astrocytomes anaplasiques puis Glioblastome multiforme
- Grade III Gliomes malins
Oligodendrogliomes anaplasiques
Oligoastrocytomes anaplasiques
Astrocytomes anaplasiques, anaplasie focale ou diffuse
- Grade IV
Glioblastome multiforme (néo vascularisation, nécrose, évolution rapidement péjorative).
La classification 2016 de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) est une avancée conceptuelle et pratique sur la précédente de 2007.
Pour la première fois, la classification de l'OMS pour les tumeurs de cerveau intègre des paramètres moléculaires en plus des paramètres histologiques de la classification précédente pour définir de nombreuses entités tumorales. Ce nouveau concept pour le diagnostic des tumeurs cérébrales devrait permettre de mieux structurer les analyses à notre époque moléculaire. Il effectue une restructuration majeure des gliomes diffus, du médulloblastome et autres tumeurs embryonnaires, et incorpore de nouvelles entités qui seront définies par l’histologie et les caractéristiques moléculaires, y compris le glioblastome, le glioblastome avec IDH (isocitrate déshydrogénase, enzyme oxydo-réductase présente dans les cellules humaines) de type sauvage, le glioblastome avec IDH muté, les gliomes de la ligne médiane diffus, les gliomes pédiatriques avec mutation de l'histone H3 K27M (les mutations sur les histones H3F3A et HIST1H3B K27M définissent deux sous-groupes de gliome du tronc cérébral avec des pronostics différents ; les gliomes du tronc cérébral, DIPG, avec mutation K27M sur l’histone H3.3 (H3F3A) ne répondent pas aussi bien à la radiothérapie, récidivent ou métastasent que celles avec mutation sur H3.1) , les épendynomes avec fusion RELA, le médulloblastome avec WNT-Activé et le médulloblastome avec SHH-Activé, les tumeurs embryonnaire avec plusieurs facettes, arrangements C19MC.
Les mutations sur le gène IDH1 sur le bras long du chromosome 2, 2q32-qter en position 132 sont fréquentes dans les gliomes et ces mutations semblent être liées au grade de la tumeur; elles sont statistiquement un facteur de bon pronostic :
- oligodendrogliomes de bas grade avec délétion 1p et 19q : 90% de mutations ;
- gliomes de bas grade : 70% ;
- gliomes anaplasiques de grade III : 50% ;
- gliomes de grade IV (glioblastome) : 6% ;
- gliomes malins avec amplification du facteur de croissance épidermique EGF ; 1%.
La classification 2016 a ajouté des néoplasmes reconnus récemment, et a effacé quelques néoplasmes qui ne sont plus diagnostiqués et/ou pertinents biologiquement. Les autres changements notables incluent l'addition de l'invasion au cerveau en critère pour le méningiome atypique et l'introduction d'une analyse particulière de tissus combinée pour l'hémangiopéricytome.

[A2,A3,H1,H2]

gliome de haut grade n.m.

→ glioblastome

[H1,H2]

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