Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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réaction de dégradation l.f.

downgrading reaction

Complication d'origine immunologique, faisant partie des réactions lépreuses de type 1, survenant exclusivement dans les formes borderline tuberculoïde, borderline borderline et borderline lépromateuse qui sont des formes à réponse immunitaire instable vis-à-vis du bacille de Hansen.
Elle correspond à une diminution de cette réponse avec déplacement vers le pôle lépromateux de la maladie et est observée en l'absence de traitement antibacillaire. Elle se traduit par une extension des lésions cutanées et une aggravation de l'atteinte neurologique.

réaction du greffon contre l'hôte l.f.

graft versus host disease GVHD

La réaction du greffon contre l'hôte (GVH), survenant après une greffe de cellules souches hématopoïétiques allogéniques, est une réaction des cellules immunocompétentes du donneur contre les tissus de l'hôte.
Les lymphocytes T activés du donneur attaquent les cellules épithéliales de l'hôte suite à des réactions inflammatoires en cascade débutant lors du conditionnement. Environ 35 à 50% des patients recevant une greffe de cellules souches hématopoïétiques (SCH) développent une GVH aigüe.
Cette réaction peut être aigüe (dans les trois premiers mois de la greffe) et se manifeste par de la fièvre, des éruptions cutanées, des troubles digestifs, faits de douleurs abdominales de diarrhées, et de troubles hépatiques (ictère, hépatomégalie, augmentation de la bilirubine).Elle peut être chronique si elle se manifeste après le troisième mois. Il s'agira alors d'un syndrome de malabsorption, de manifestations cutanées de type lichénoïde, d'une hépatite chronique.
Syn. maladie du greffon contre l’hôte

→ greffe (rejet de)

[F1, G5]

Édit. 2020

réactivation n.f.

reactivation

Réapparition des manifestations d’une maladie qui semblait guérie (la tuberculose en est un exemple) ou réactivation de la virulence d’un microorganisme.

réadaptation n.f

rehabilitation

Réinsertion socioprofessionnelle d’un ancien malade ou d’un handicapé physique ou psychique ou d'un mental après la mise en œuvre des actions thérapeutiques et rééducatives fonctionnelles et professionnelles.
Ensemble des actions médicales, sociales et éducatives visant à favoriser le retour des malades améliorés, voire guéris, dans leur milieu habituel. Le niveau d'adaptation ainsi reconstruit est généralement différent de celui qui avait précédé la maladie.
Ces soins de réadaptation s’effectuent dans des établissements sanitaires ( hopital y compris hôpitaux de jour,unités ou
établissements de soins de suite et de réadaptation, accueils thérapeutiques à temps partiel…) ou médico-sociaux (atelier de réadaptation, centre d'aide par le travail) voire en milieu ordinaire par un emploi protégé ( emploi réservé à un travailleur handicapé tel que toute entreprise doit en proposer ).
En ce qui concerne les maladies mentales, la réadaptation  peut faire appel à  des structures d’hébergement (appartements dits thérapeutiques, placements familiaux)et des lieux facilitateurs de socialisation (groupes d’entraide mutuelle ).
 .

Syn. réinsertion, réhabilitation (à ne pas utiliser, franglais)

→ loi du 30 juin 1975, centre de réadaptation , réadaptation psychique des blessés, soins de suite et de réadaptation

[H3]

Édit. 2019

réanimation néonatale et relation avec les parents l.f.

neonatal intensive care and relations with the parents

Ensemble de soins dispensés à un nouveau-né en détresse, compte tenu des relations avec les parents.
Le passage d'un nouveau-né en détresse dans une unité de réanimation constitue une rupture importante du lien avec les parents, la mère en particulier.
Konrad Lorentz a montré toute l'importance de ce lien dans les premières heures de la vie. L'unité de soins intensifs et le lieu où se tient la mère doivent être fonctionnellement proches l'un de l'autre : elle doit pouvoir parler à son enfant, le toucher, voire participer aux soins. L'allaitement au sein est hautement souhaitable, à défaut le biberon au lait maternel doit être donné, non seulement pour des raisons psychologiques mais aussi nutritionnelles et pour mieux lutter contre le risque infectieux.
Même s'il est malformé, il importe que la mère puisse voir son enfant à la naissance avant qu'il n'entre en soins intensifs, cela afin qu'elle en ait une image réelle et non fantasmatique en cas de décès. Il faut lui en donner une photographie, si elle n'a pu le voir.
Quand un enfant, né prématuré ou malade, est resté longtemps hospitalisé en réanimation coupé de ses parents, cette rupture du lien parental favorise les mauvais traitements : tout se passe comme s'il n'avait pas été investi ou adopté par la famille. Si ces visites sont rares, il faut tout faire pour encourager, faciliter et stimuler les visites des parents dans un but prophylactique.
 L'annonce d'une aberration chromosomique ou d'une maladie de mauvais pronostic ne doit être faite que si l'on est sûr de ce qu'on avance : une erreur peut être désastreuse car elle induit un deuil parental difficilement réversible. L'information donnée doit être adaptée à la psychologie de chacun des parents. Elle doit être loyale, éviter les détails techniques et leur épargner les angoisses quotidiennes des soignants. Il faut employer le langage qu'ils comprennent et, s'il y a lieu, leur donner les mauvaises nouvelles de façon progressive, afin d'éviter le plus possible de les troubler avec des informations divergentes. Il importe que la même personne ait une relation privilégiée avec les parents et il faut que tous les membres de l'équipe soignante connaissent l'information transmise afin qu'ils parlent tous d'une même voix s'ils sont sollicités.
En cas de décès de l'enfant, il importe de revoir les parents; il est préférable d'attendre un mois. Cet entretien doit leur permettre de poser toutes les questions qui les tourmentent. On doit essayer de lever ou d'atténuer la culpabilité qu'ils ressentent et il faut leur donner des informations utiles pour l'avenir.
Un poste de psychologue dans l'équipe de réanimation est très utile : son action auprès des familles, du personnel soignant et aussi, indirectement, des enfants, est très précieuse.

K. Lorenz, biologiste et éthologue autrichien, prix Nobel de médecine en 1973

→ secret médical

[E3, G1, H4, O1, O6]

Édit. 2019

rechute n.f.

relapse

Réapparition des signes cliniques d’une maladie avant la guérison, pendant la phase de convalescence.

→ récidive, régression

récidivant adj.

recurrent

Qui concerne la récidive d’une maladie : angine récidivante.

récidive n.f.

recurrence

Réapparition des signes cliniques d’une maladie, après une période plus ou moins longue de guérison apparente.

Étym. lat. recidiva : récidive

→ régression, rechute, récurrence

rectite n.f.

Expression fonctionnelle de lésions du rectum sous forme de troubles de l’évacuation intestinale (tension douloureuse rectale ou ténesme, fausses envies répétées ou épreintes, émission de glaires ou de pus, voire sanglantes)

Ce symptôme peut être d’origine infectieuse (parasites, bactéries, virus) ou idiopathique (rectocolite ulcérohémorragique, maladie de Crohn).

→ proctite

récupération n.f.

restoration

Condition de santé dans laquelle un sujet recouvre les forces qu'une maladie lui avait fait perdre, ou retrouve une fonction.
Ex. : récupération articulaire ou musculaire diminuée après un accident ou une immobilisation.

récurrence n.f.

recurrence

Reprise évolutive d’une maladie infectieuse après guérison apparente de celle-ci, en l’absence de toute réinfection.

Étym. lat. recurrens : qui revient en arrière

Reduviidae

Reduviidae

Famille d’insectes hémiptères comprenant notamment la sousfamille des Triatominés (triatomes), regroupant des espèces vectrices de l’agent de la maladie de Chagas, Trypanosoma cruzi.
Chez les triatomes, les adultes mâles et femelles et les nymphes sont hématophages. La transmission s’effectue non  par piqûre mais à partir des déjections de l’insecte qui dépose ainsi sur la peau les formes infestantes du parasite (formes épimastigotes). Celles-ci pénètrent par l’orifice de piqûre, une lésion de grattage ou au niveau d’une muqueuse (conjonctive oculaire). Les triatomes piquent aussi bien l’homme que les nombreux animaux constituant le réservoir de Trypanosoma cruzi. Il existe  quelque 120  espèces de triatomes dont les plus importantes sont Rhodnius prolixus, Triatoma dimidiata, T. megista, T. infestans, T. sordida, et Panstrongylus lignarius, P. megistus.

Syn. réduves

→ trypanosomose humaine américaine,

rééducation fonctionnelle l.f.

1) Ensemble des techniques manuelles (massages, mobilisation, etc.) ou physiothérapiques, visant à faire recouvrer partiellement ou totalement des déficits fonctionnels à des personnes souffrant d’une affection musculaire, articulaire ou neurologique à la suite d’une maladie ou d’un accident.
2) Spécialité médicale exercée par des médecins titulaires d’un diplôme de rééducation fonctionnelle ou par des kinésithérapeutes.

rééducation professionnelle l.f.

Ensemble des mesures ayant pour but de permettre à une personne, après maladie ou accident, de reprendre son activité professionnelle d’origine ou d’acquérir une nouvelle profession.

Reese (dysplasie rétinienne de) l.f.

Reese’s retinal dysplasia

Malformation rétinienne bilatérale avec persistance du vitré primitif et pseudo-gliome, associée à d'autres anomalies oculaires et somatiques.
La rétine, siège de nombreux plissements, est collée sur un vitré primitif persistant en arrière du cristallin. Le cristallin est normal ou subluxé. L'œil est fréquemment microphtalme. On trouve souvent associées des malformations de la chambre antérieure telles qu'un colobome irien, une anomalie de clivage de l'angle ou un syndrome de Peters. Histologiquement la rétine est séparée de l'épithélium pigmentaire et les replis rétiniens ont un aspect en pseudo-rosettes. On peut également trouver d'autres malformations embryonnaires, des lésions du système nerveux, une cryptorchidie. Il s'agit souvent d'une trisomie 13 (Bartholin-Patau syndrome), mais d'autres syndromes présentent cette dysplasie comme la maladie de Norrie, le syndrome de Meckel, la cyclopie. Les cas unilatéraux peuvent exister. Affection sporadique avec possibilité de cas familiaux (MIM 266400).

A. B. Reese et F. C. Blodi, ophtalmologistes américains (1950)

Syn. Reese-Blodi (dysplasie de)

→ Krause-Reese-Blodi (syndrome de)

référentiel n.m.

frame of reference

Critère externe de jugement de la présence ou non d’un signe ou d’une maladie.
P. ex. dans une étude sur la valeur de la scanographie dans le diagnostic de métastases hépatiques, critère de jugement sur lequel on a fait le diagnostic de métastase et d’absence de métastases hors scanographie.

Syn. standard de référence externe

[E1]

Édit. 2020

réflexe de clignement l.m.

blink reflex

Réponses réflexes du muscle orbiculaire de l’œil (voie efférente faciale) à un choc électrique sur le nerf supra-orbitaire (voie afférente trigéminale).
Elles sont au nombre de deux :
- R1, homolatérale, plus stable, avec une latence d'environ 10,45 ms, suggérant une voie réflexe oligosynaptique ;
- R2, bilatérale, avec une latence d'environ 30,5 ms. suggérant une voie polysynaptique.
L'une et l'autre explorent les voies réflexes trigéminofaciales constituées par les arcs afférents et efférents, le pont et le bulbe, connexions centrales de ces deux réponses.
R1 est altérée lors d'atteintes du trijumeau, du facial et du pont, R2 dans les troubles de la conscience, les lésions bulbaires latérales ou hémisphériques controlatérales, la maladie de Parkinson et certaines prises médicamenteuses (diazépam). Ces investigations intéressent p. ex. le syndrome de Guillain-Barré.

reflux vésico-urétéral congénital l.m.

congenital vesico-ureteral reflux

Reflux de l'urine vésicale vers l'uretère et le rein en rapport avec une malformation congénitale de la jonction urétérovésicale ou du bas appareil.
Celle-ci aboutit à l'absence ou l'insuffisance des éléments du dispositif anatomique antireflux normal. La conséquence en est la formation d'un méga-uretère refluant et de lésions variables du rein sus-jacent ajoutant à la néphropathie interstitielle des zones de dysplasie, l'ensemble pouvant aller jusqu'à la destruction fonctionnelle du rein dès la naissance. La malformation peut être uni ou bilatérale.
Le reflux et le méga-uretère qui en résultent sont dits "primaires" ou "primitifs" s'ils sont liés uniquement à l'anomalie de la jonction urétérovésicale ; ils sont dits "secondaires" s'ils sont en rapport avec un obstacle congénital du bas appareil tels que maladie du col, valvules de l'urèthre postérieur, etc.

→ dysplasie rénale, néphropathie ascendante, néphropathie interstitielle

Refsum (syndrome de) l.m.

Refsum’s syndrome, heredopathia atactica polyneuritiformis

Maladie rare, autosomique récessive, due à un déficit en acide phytanique-oxydase, et dont l’âge de début se situe généralement dans les deux premières décennies.
Elle comporte des signes neurologiques qui sont les premiers à apparaître, tels que ataxie cérébelleuse et polyneuropathie périphérique, une rétinite pigmentaire avec troubles de la vision la nuit, une surdité
neurosensorielle, une arythmie avec bloc de branche et une fonte musculaire. Les signes dermatologiques sont représentés par une ichtyose légère parfois généralisée. Les lésions sont dues à l’accumulation dans tous les tissus, dont l’épiderme, d’acide phytanique d’origine alimentaire.  Le traitement consiste en un régime associé à des plasmaphérèses. Un diagnostic prénatal est possible par amniocentèse et dosage de
l’acide phytanique-oxydase.

S. Refsum, neurologue norvégien (1949)

Syn. maladie de surcharge en acide phytanique, hérédopathie ataxique polynévritique

régime agricole l.m.

1) Ensemble de la réglementation constituant le système d’assurance sociale réservé aux exploitants et aux salariés des professions agricoles.
 Les risques couverts concernent : la maladie, l’invalidité, les accidents du travail, la vieillesse et aussi la maternité et les charges de famille.
2) Expression désignant l’ensemble des caisses administrant et gérant ces risques pour les professions agricoles.

→ mutualité sociale agricole

régime complémentaire l.m.

supplementary regime

Système de protection sociale servant à un assuré à compléter les avantages qui lui accorde un régime de base. L’adhésion à un régime complémentaire est volontaire, en ce qui concerne l’assurance maladie, elle est obligatoire en ce qui concerne l’assurance vieillesse.

→ assurance volontaire, régime de retraite complémentaire

régime d'assurance particulier l.m.

particular regime

Régime obligatoire d’assurance sociale propre à certains secteurs professionnels.
Il jouit de son autonomie pour certains risques, la vieillesse par exemple, mais il est rattaché au régime général pour les prestations de l’assurance maladie et maternité et les allocations familiales : par exemple les agents de l’Electricité de France, du Gaz de France, les fonctionnaires civils de l’Etat, les clercs de notaire, etc., appartiennent à des régimes particuliers.
Un régime particulier ne doit pas être confondu avec un régime spécial.

→ régime spécial

régime d'assurance spécial l.m.

special regime

Régime obligatoire d’assurance sociale propre à certains secteurs professionnels qui gère en toute autonomie vis-à-vis des autres grands régimes l’assurance maladie et la vieillesse de ses adhérents.
1) Sont par exemple couverts par un régime spécial les agents de la Société Nationale des Chemins de Fer français (SNCF), des mines nationales, de la Banque de France, de la Régie Autonome des Transports parisiens (RATP), etc.
2) Un régime spécial de doit être confondu avec un régime particulier.

→ régime particulie

régime particulier l.m.

Régime obligatoire d’assurance sociale propre à certains secteurs professionnels.
Il jouit de son autonomie pour certains risques, la vieillesse par exemple, mais il est rattaché au régime général pour les prestations de l’assurance maladie et maternité et les allocations familiales.
1) Par exemple les agents de l’Electricité de France, du Gaz de France, les fonctionnaires civils de l’Etat, les clercs de notaire, etc., appartiennent à des régimes particuliers.
2) Un régime particulier ne doit pas être confondu avec un régime spécial.

régime spécial l.m.

Régime obligatoire d’assurance sociale propre à certains secteurs professionnels qui gère en toute autonomie vis-à-vis des autres gr’ands régimes l’assurance maladie et la vieillesse de ses adhérents.
1) Sont par exemple couverts par un régime spécial les agents de la Société Nationale des Chemins de Fer français (SNCF), des mines nationales, de la Banque de France, de la Régie Autonome des Transports parisiens (RATP), etc.
2) Un régime spécial de doit être confondu avec un régime particulier.

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