Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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poumon (fonctions métaboliques du) l.f.

metabolic functions of the lung

Fonctions métaboliques importantes du poumon en dehors de celle d'assurer les échanges gazeux.
La biosynthèse des phospholipides tels que la dipalmitoyl-glycérophosphoryl-choline, composant du surfactant, se fait dans les poumons. De même le métabolisme des glucides intervient pour constituer les mucopolysaccharides du mucus bronchique.
Le poumon est le lieu d'élaboration normale du collagène et de l'élastine de son parenchyme, mais dans des conditions anormales les leucocytes ou les macrophages libèrent des protéases qui dégradent ces protéines, il en résulte un emphysème périlobulaire.
Une part importante des cellules de l'endothélium vasculaire est située dans les poumons, aussi le passage du sang à travers le poumon joue un rôle important dans le métabolisme des substances vaso-actives : grâce à l'enzyme convertisseur de l'angiotensine situé dans de petites cavités des parois capillaires (caveolæ intracellulares), l'angiotensine I est transformée en angiotensine II, cinquante fois plus active que son précurseur.
De nombreuses substances sont inactivées par les enzymes pulmonaires, telles la bradykinine (inactivée à 80%) la sérotonine, les prostaglandines E1, E2 et F2alpha la noradrénaline (inactivée à un peu plus de 30%), par contre l'histamine est peu affectée. Le poumon peut vraisemblablement capter et jouer un rôle dans le métabolisme de certains médicaments.

→ emphysème, lobe pulmonaire, œdème pulmonaire, rénine-angiotensine (système), surfactant

pourpre rétinien l.m.

visual purple

Coloration de la membrane rétinienne due à la teinte rosée de la rhodopsine des cellules en bâtonnets.
Elle se produit dans l’obscurité quand le 11-cis rétinal est uni à l’opsine pour former la rhodopsine. A la lumière il se produit une décoloration par dissociation de la rhodopsine en opsine et tout-trans-rétinal ; cette réaction est réversible avec reconstitution de la rhodopsine..

Syn. erythropsine

→ rhodopsine

praziquantel n.m.

praziquantel

Antihelminthique utilisé pour le traitement des téniasis humains, des diverses cestodoses et des trématodoses.
C’est le plus actif et le plus polyvalent des antibilharziens, même si des résistances ont été observées. Sa tolérance est excellente. Sur les schistosomes, il provoque une tétanisation musculaire quasi instantanée puis une déstructuration rapide du syncytium tégumentaire, par afflux massif d’ion calcium dans les cellules.

préathérome n.m.

preatheroma

Lésion d'athérosclérose intermédiaire, de type III, caractérisée par la présence de lipides extracellulaires en plus des lipides intracellulaires des cellules spumeuses dans l'intima épaissie.
Le préathérome peut s'observer dans les artères coronaires à partir de l'adolescence.

→ lésions d'athérosclérose (classification des)

pré-bêta-lipoprotéine n.f.

prebetalipoprotein

Lipoprotéine plasmatique caractérisée par sa mobilité électrophorétique intermédiaire entre celle des alpha- et des bêta-lipoprotéines.
Les pré-bêta-lipoprotéines ne constituent pas une famille homogène. Certaines sont apparentées aux LDL, comme la lipoprotéine Lp(alpha), d'autres aux HDL, comme les pré-bêta1, pré-bêta2, pré-bêta3-lipoprotéines. Les pré-bêta1-lipoprotéines, qui contiennent de l'Apo A-I, de la LCAT, de l'Apo D (entre autres) joue un rôle métabolique dans l'efflux du cholestérol à partir des cellules.

prékératine n.f.

prekeratin

Protéine précurseur de la kératine dans les cellules.

prépro-albumine n.f.

preproalbumin

Protéine précurseur de la sérumalbumine telle qu'elle est synthétisée à partir de l'ARN messager par les cellules hépatiques, et contenant une séquence-signal qui est destinée à être clivée après le passage de la protéine du réticulum endoplasmique dans la citerne, où une protéinase spécifique catalyse cette protéolyse qui libère la pro-albumine.

préprocollagène n.m.

preprocollagen

Protéine précurseur du procollagène telle qu'elle est synthétisée dans les fibroblastes, les ostéoblastes et d'autres cellules du mésenchyme au niveau des ribosomes à partir d'un ARN messager comportant plus de 4500 bases.
Cette protéine subit un clivage protéolytique qui détache le peptide signal, puis les effets de plusieurs enzymes avant de pouvoir être sécrétée sous forme de procollagène : détachement de la séquence signal, hydroxylations par des prolyl-4- et 3-hydroxylases, par une lysyl-hydroxylase, fixation d'unités glucidiques sur des hydroxylysines.

prépro-EGF n.m.

prepro-EGF

Protéine précurseur du pro-EGF, comportant 1217 acides aminés, telle qu'elle est synthétisée sur les ribosomes des cellules de plusieurs tissus, tels que glandes sousmandibulaires, duodénum, pancréas, thyroïde, rein.
La maturation de l'EGF (epidermal growth factor ou facteur de croissance épidermique) se fait en deux étapes : transformation en pro-EGF stocké dans la glande, puis libération du peptide EGF proprement dit, de 53 acides aminés.

préprogastrine n.f.

preprogastrin

Protéine précurseur de la progastrine, telle qu'elle est biosynthétisée sur les ribosomes des cellules G de la muqueuse gastrique de l'antre pylorique.
Elle comporte une chaîne de 104 aminoacides qui, par protéolyses successives, donne naissance à une progastrine (85 aminoacides), puis à une grosse gastrine (47 aminoacides), puis à la petite gastrine ou gastrine I (17 aminoacides : Pyroglu-Gly-Pro-Trp-Met-Glu-Glu-Glu-Glu-Glu-Ala-Tyr-Gly-Trp-Met-Asp-Phe-NH2) et enfin à une minigastrine (14 aminoacides).

préproglucagon n.m.

preproglucagon

Protéine précurseur du proglucagon, telle qu'elle est synthétisée sur les ribosomes des cellules α ou A des îlots de Langerhans du pancréas, ainsi que dans les muqueuses gastriques et intestinales.
Sa protéolyse limitée qui élimine une séquence signal de 15 acides aminés, conduit à un proglucagon stocké dans des granulations intracellulaires, qui n'est clivé en glucagon qu'au moment de sa sécrétion.

prépro-insuline n.f.

preproinsulin

Protéine précurseur de la pro-insuline, telle qu'elle est synthétisée sur les ribosomes des cellules bêta ou B des îlots de Langerhans du pancréas.
Le peptide signal est détaché par protéolyse lors du transport de la protéine dans l'appareil de Golgi. La pro-insuline ainsi formée passe dans les granules de sécrétion où elle est stockée avant sa transformation en hormone.

prépro-bêta-NGF n.m.

prepro-bêta-NGF

Protéine précurseur du pro-bêta-NGF, telle qu'elle est synthétisée sur les ribosomes des cellules productrices du facteur de croissance des neurones (NGF).
Cette protéine comporte 307 acides aminés, dont les 25 premiers constituent la séquence signal, qui est destinée à être clivée pour la formation du pro-bêta-NGF.

→ facteur de croissance du nerf, pro-bêta-NGF

[C1, C3, H1]

Édit. 2019

préproparathormone n.f.

preproparathormone

Protéine précurseur de la proparathormone, telle qu'elle est synthétisée sur les ribosomes des cellules des glandes parathyroïdes.
Cette protéine comporte 115 acides aminés, dont les 25 premiers constituent la séquence signal, qui est destinée à être clivée pour la formation de la proparathormone.

préprosomatostatine n.f.

preprosomatostatin

Protéine précurseur de la prosomatostatine, telle qu'elle est synthétisée sur les ribosomes des cellules hypothalamiques, pancréatiques, neuronales ou intestinales.
Cette protéine comporte 116 acides aminés, dont les 24 premiers constituent la séquence signal, qui est destinée à être clivée pour la formation de la prosomatostatine.

pression intracrânienne l.f.

intracranial pressure

Pression régnant à l'intérieur de la boite crânienne, en moyenne 10 à 15 mm de Hg chez le sujet normal en décubitus.
A partir de 20 mm de Hg, on parle d'hypertension.
La boite crânienne comprend trois composants dont les proportions varient un peu selon la position du sujet : les cellules de l'encéphale (80 à 85% en volume), le sang (3 à 6%) et le liquide céphalorachidien (5 à 15%).
Ces composants, quasiment incompressibles, sont dans un espace presque clos dont les parois sont très peu élastiques, d'où l'hypothèse de Monro-Kellie : le volume intracrânien est sensiblement constant. Par conséquent toute variation de volume de l'un des secteurs doit s'accompagner d'une diminution complémentaire du volume des autres.
La courbe de compliance entre la pression et le volume intracrâniens comporte deux segments : celui où la compensation limite l'augmentation de pression, essentiellement par une sortie de liquide céphalorachidien vers les espaces périmédullaires, et celui, où la compensation ne jouant plus, une petite augmentation de volume entraîne une forte augmentation de pression.
La différence entre la pression artérielle moyenne et la pression intracrânienne détermine la pression de perfusion cérébrale, donc le débit du sang dans le cerveau.

→ hypertension intracrânienne, mannitol, œdème cérébral

prion n.m.

prion

Particule de nature protéinique responsable d’encéphalopathies subaigües spongiformes transmissibles (ESST) chez l’Homme (kuru, maladie de Creutzfeldt-Jakob, insomnie fatale familiale) ou chez d'autres espèces animales (tremblante du Mouton, encéphalite bovine dite de « la vache folle »).C’est un agent transmissible non conventionnel (ATNC), dont les propriétés physicochimiques et biologiques sont très particulières. Ni bactérie, ni virus, il est étroitement associé à une sialoglycoprotéine, PrP, normalement biosynthétisée par les cellules saines, plus particulièrement par les neurones du système nerveux central.La protéine PrP (masse moléculaire 35 kDa) est constituée de 230 acides aminés, groupés en 4 hélices α. Elle est fixée sur la membrane plasmique par une ancre glycosylée dont le gène est localisé sur le bras court du chromosome 20. Elle interviendrait dans le fonctionnement des synapses inhibitrices, surtout GABA-ergiques, surtout. Elle jouerait un rôle dans le maintien du rythme circadien.Une modification de sa forme, transformant les hélices α en feuillets bêta, lui conférerait le caractère infectant. On estime que, dans le déclenchement pathologique, intervient un jeu complexe entre la transmission infectieuse et le matériel génétique de l'hôte. La protéine «scrapie» (tremblante du Mouton), PrPsc, favoriserait la modification de la PrP cellulaire en prions infectants, modification d'autant moins rapide que la contamination a été plus faible, ce qui explique les longs délais d'incubation (parfois plusieurs décennies).Les prions sont particulièrement résistants aux agents physiques (chaleur jusqu'à 130°C en milieu humide et au-delà en chaleur sèche, rayons ultraviolets et radiations ionisantes) et aux antiseptiques tels que éthanol, formol, acide paracétique, peroxyde d'hydrogène, permanganate de K. La stérilisation des dispositifs souillés par des prions pose un réel problème, mal résolu, pour la réutilisation de dispositifs onéreux en chirurgie, en anesthésiologie et pour tous les endoscopes. L'emploi exclusif d'instruments jetables est difficile à envisager pour ces appareils. Pour la stérilisation, l'OMS a proposé  des techniques d'inactivation des agents infectieux en plusieurs temps (Circulaire DGS/DH N° 100 du 11-12-1995) :- décontamination conventionnelle (nettoyage), qui devrait être faite par du personnel formé et protégé ;- suivie d'une inactivation chimique à 20°C pendant 1 h (soude molaire ou hypochlorite de Na - eau de Javel concentrée - à au moins 2% de Cl libre) ;- puis stérilisation à l'autoclave (134°C pendant 18 min ou 125°C pendant 20 min) ou à l'oxyde d'éthylène.Malheureusement ces traitements sont souvent corrosifs pour les métaux et mal supportés par les matériaux thermosensibles. Sauf l'incinération à 1400°C, préconisée pour les déchets, et l'utilisation de matériel jetable, on ne connait pas de "prionicides" efficaces.La circulaire DGS/DH n°100 du 11 décembre 1985, complétée par la circulaire DGS/DH du 14 mars 2001, a classé les tissus en quatre catégories selon leur infectiosité aux prions (maximale pour le système nerveux central, l'hypophyse et l'œil) et également en quatre autres catégories les sujets considérés comme particulièrement à risque de transmission (en premier lieu, ceux ayant des signes évocateurs après élimination des autres causes). Ces circulaires ont également énoncé les précautions destinées à éviter la transmission des encéphalopathies subaigües spongiformes transmissibles, dont la maladie de Creutzfeldt-Jakob.La protection du personnel contre une contamination est difficile. La recherche d’une présomption d’infection à prions doit être soigneuse lors de toute consultation préanesthésique.

S. B. Prusiner, neurologue et biologiste américain, prix Nobel de médecine en 1997 (1981)

Étym. Acr. pour PROtéine Infectieuse (1982)

Syn. agent transmissible non conventionnel (ATNC), virus lents non conventionnels, virinos

→ antiseptiques, Creutzfeldt-Jakob (maladie de), encéphalopathie spongiforme, encéphalopathie spongiforme subaigüe transmissible, kuru, scrapie, tremblante du mouton, vache folle (maladie de), infectiosité des tissus aux prions, insomnie fatale familiale, sialoglycoprotéine, PrNP gene 

[C1,H1]

Édit. 2017

privation n.f.

privation, deprivation

1) En ophtalmologie, fait de supprimer tout ou une partie des signaux normalement disponibles à un système sensoriel.
La privation de vision des formes par tarsoraphie (suture des paupières) a été très utilisée chez le jeune animal pour mettre en évidence les conditions nécessaires à l'établissement des caractéristiques des champs récepteurs des cellules du système visuel.
2) En psychanalyse, syndrome qui dépendrait, pour la femme, du fait qu’elle n'a pas de pénis.
J. Lacan l'articule à la castration et à la frustration, dont elle doit être différenciée. Pour que le sujet se sente privé d'un objet, il est nécessaire que cet objet soit supposé pouvoir être présent, symboliquement. La privation est une opération réelle qui relève du père imaginaire et qui concerne un objet symbolique.

proatriopeptine n.f.

proatriopeptin

Protéine prohormonale sécrétée par les cellules de l'atrium auriculaire cardiaque sous l'effet d'une hypervolémie.
Cette protéine, qui comporte 126 acides aminés, est transformée secondairement en atriopeptine par un enzyme protéolytique qui détache cette hormone de 28 acides aminés du côté C-terminal de la proatriopeptine.

processus mastoïde l.m.

processus mastoideus (TA)

mastoid process

Volumineuse saillie conique à sommet inférieur, un peu aplatie transversalement, qui prolonge vers le bas la base exocrânienne de la partie pétreuse de l’os occipital située en arrière de la partie tympanique.
Elle est située en arrière et au-dessous du méat acoustique externe. Sa face latérale donne insertion aux muscles sterno-cléïdo-mastoïdien, splénius de la tête et longissimus de la tête. Sa face médiale donne insertion, dans l’incisure mastoïdienne, au muscle digastrique qui est séparé du sillon de l’artère occipitale située en dedans par l’éminence juxtamastoïdienne. Le processus mastoïde est creusé de cellules mastoïdiennes. Le degré de pneumatisation est variable : processus pneumatique (37%), processus pneumato-diploïque très spongieux (43%) ou processus scléreux  formé de tissu compact (20%).

Syn. anc. apophyse mastoïde

procollagène n.m.

procollagen

Protéine précurseur du tropocollagène, de masse moléculaire élevée (3 chaînes de 150 kDa), formée de 2 chaînes alpha 1 et d'une chaîne alpha 2, liées 2 à 2 par trois ponts disulfure, et enroulées par leur partie médiane en triple hélice.
Le procollagène est sécrété par les cellules (fibroblastes, ostéoblastes ou autres) après un cheminement dans l'appareil de Golgi, où sont ajoutés des unités glucidiques, et les microtubules. C'est après la sortie de la cellule que le procollagène subit les actions protéolytiques le transformant en tropocollagène, puis en fibres insolubles de collagène.

Étym. gr. pro : devant ; kolla : colle ; génês : qui produit

profiline n.f.

profilin

Protéine de masse moléculaire 12-15 kDa, capable de se lier à l'actine monomérique et intervenant dans la formation des filaments d'actine en catalysant l'échange ADP-ATP.
Elle se lie aussi à plusieurs molécules de phosphatidylinositol-bisphosphate, qui dissocient le complexe profiline-actine. Cette liaison explique la localisation membranaire de la profiline dans les cellules et les relations entre le cycle métabolique des inositolphosphatides et le système de l'actine.

progastrine n.f.

progastrin

Protéine précurseur des gastrines dans les cellules G de la muqueuse gastrique.
Elle comporte 85 acides aminés et provient de l'hydrolyse de la préprogastrine.

progéniteur n.m.

progenitor cell, colony forming unit cell

Stade ultime de différenciation des cellules-souches hématopoïétiques engagées de façon irréversible dans une lignée.
Les progéniteurs existent chez l'Homme dans la moelle et dans le sang. Leur prolifération et leur maturation sont régies par des interactions cellulaires et des facteurs de croissance.

→ CFU-C, cellules souches

[F1]

Édit. 2018

pro-insuline n.f.

proinsulin

Protéine précurseur de l'insuline qu'on trouve dans les cellules bêta ou B des îlots de Langerhans du pancréas et qui comporte 86 acides aminés.
La molécule enroulée en spirale permet la formation de ponts disulfure entre des cystéines de la région NH2-terminale (Cys 7 et 19) et des cystéines de la région C-terminale (Cys 72 et 85 respectivement). La transformation de la prohormone en hormone est due à un clivage protéolytique qui respecte ces ponts, mais qui détache une séquence peptidique d'une trentaine d'acides aminés du milieu de la pro-insuline, constituant le « peptide C » qui sera sécrété en même temps que l'insuline.

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