phrynodermie n.f.
phrynoderma
Maladie cutanée touchant plus volontiers l'enfant malnutri, caractérisée par une hyperkératose folliculaire des coudes, des hanches, des fesses, probablement multifactorielle avec notamment des carences en vitamines A ou du groupe B.
Étym. gr. phrunos : crapaud ; derma : peau
pian n.m.
yaws, framboesia, Breda’s disease, Charlouis’s disease
Maladie infectieuse due à Treponema pertenue, endémique en zone tropicale, contagieuse à transmission non vénérienne, touchant surtout les enfants, chronique, évoluant comme la syphilis en trois phases.
Après la phase primaire marquée par le chancre, qui siège sur les membres inférieurs, de couleur framboisée, parfois furonculoïde ou végétante, correspondant alors à l'appellation maman-pian, survient une phase secondaire qui comporte une éruption papuleuse sèche, faite de pianides, ou végétante, pianomes, avec kératodermie palmoplantaire réalisant le pian crabe et une atteinte osseuse à type de périostite hypertrophiante des os longs, des doigts et du nez ou goundou. La phase tertiaire, ou pian tardif, se manifeste plusieurs années après la guérison spontanée des phases précédentes par des gommes, un délabrement centrofacial ou gangosa et des déformations osseuses. Le pian ne provoque ni atteinte cardiaque, ni atteinte neurologique et comporte les mêmes anomalies sérologiques que la syphilis. La guérison est obtenue facilement en phase primaire et secondaire par une seule injection de pénicilline retard du type benzathine pénicilline.
A. Breda, dermatologiste italien (1850-1933) ; M. Charlouis, chirurgien néerlandais à Java au XIXe siècle
Étym. mot de la langue galibi
Syn. bouba(s), yaws, parangi, bouba brasiliana, buba brasiliensis, Ki-mo, bouton d'Amboine et des Moluques, tonga.
→ pianide, pianome, tréponématose
Pick-Herxheimer (maladie de) l.f.
Pick-Herxheimer disease
acrodermatite chronique atrophiante, Lyme (maladie de)
P. J. Pick, dermatologue tchèque, membre de l'Académie de médecine (1894) et K. Herxheimer, dermatologue allemand (1902)
Syn. acrodermatite chronique atrophiante
→ acrodermatite chronique atrophiante, Lyme (maladie de)
[D1, J1]
Édit. 2019
piedra n.f.
piedra, tinea nodosa (inusité)
Maladie infectieuse des poils de barbe et des cheveux caractérisée par la présence de petites nodosités fermes, irrégulièrement échelonnées sur les tiges pilaires.
Dans la piedra blanche, rare mais cosmopolite, ces nodosités blanchâtres peuvent rester individualisées ou former des gaines coalescentes difficiles à différencier de celles des trichomycoses axillaires et pubiennes : elles sont constituées par le développement d'une levure du genre Trichophyton (Trichosporum cutaneum antérieurement connu sous le nom de T. beigelii) qui s'infiltre entre les cellules cuticulaires; en culture, des colonies blanchâtres poussent en 2 à 3 jours. Dans la piedra noire, endémique en zones tropicales, ces nodosités très dures sont constituées par le développement d'un ascomycète, Piedraia hortai, qui pénètre la cuticule et se développe à l'intérieur même de la tige pilaire; en culture, des colonies brunâtres poussent, difficilement, en 2 à 3 semaines.
Étym. esp. piedra : pierre
Syn. trichomycose noueuse (obsolète), trichosporie noueuse (obsolète)
pingranliquose n.f.
Maladie du tissu adipeux formant des nodosités de deux à six cm de diamètre, bien délimitées, mobiles sous la peau, indolores, localisées au siège et au bas-ventre et contenant de la graisse liquéfiée.
Elle est expliquée par une nécrose aseptique du tissu adipeux sous l'influence d'une endartérite.
Étym. lat. pinguis : gras ; granum : grain ; liquescere : devenir liquide
pipobroman n.m.
Agent alkylant, dérivé de l'acide méthane sulfonique qui agit en altérant la granulocytopoïèse de la lignée myéloïde.
Le pipobroman est utilisé dans le traitement de la maladie de Vaquez.
piribédil n.m.
piribedil
Agoniste dopaminergique non dérivé de l'ergot de seigle, utilisé dans le traitement de la maladie de Parkinson où il aurait une certaine action sur le tremblement.
pityriasis rotunda l.m.
pityriasis rotunda
Maladie cutanée relativement fréquente en Extrême-Orient, caractérisée par des lésions ichtyosiformes, rondes, de quelques centimètres de diamètre et bien délimitées, apparaissant habituellement entre 25 et 45 ans puis persistant inchangées le reste de la vie.
Son étiologie et son traitement restent inconnus.
pityrosporose n.f.
Maladie cutanée provoquée par la prolifération sur la peau de Malassezia furfur (autrefois dénommé Pityrosporum ovale), se manifestant par des plaques rouges, mal délimitées, recouvertes de squames grasses et peu prurigineuses, touchant surtout le visage, le cuir chevelu et l'espace médiothoracique, sous forme d'une dermite séborrhéique, et parfois le dos, réalisant alors une folliculite pityrosporique, ou les zones pileuses génitales.
Syn. malasseziose, pityriasis versicolor, dermite séborrhéique, eczéma séborrhéique
plaque athéromateuse l.f.
atheromatous plaque
Lésion de la maladie athéroscléreuse où les dépôts lipidiques sont plus importants que les constructions scléreuses artérielles.
Étym. gr. athêrê : bouillie
Syn. plaque fibroathéromateuse
→ athérome, plaque athéromateuse (centre lipidique de la), plaque athéromateuse fibreuse, plaque athéromateuse fibrolipidique, plaque athéromateuse gélatineuse
plaque d'athérosclérose l.f.
atherosclerotic plaque
Lésion de la maladie athéroscléreuse comportant des lésions équivalentes de fibrose et de dépôts lipidiques.
Syn. plaque fibrolipidique, plaque de Peyer
plaque pleurale l.f.
pleural plaque
Fibrose collagène circonscrite du feuillet pariétal de la plèvre.
Les plaques pleurales sont des affections liées classiquement à l'inhalation de fibres d'amiante le plus souvent. Elles sont habituellement bilatérales et asymptomatiques, souvent calcifiées et découvertes lors d'examens radiologiques systématiques.
Leur retentissement fonctionnel est considéré comme faible ou nul. L'amiante est pratiquement la seule étiologie connue des plaques pleurales. Des expositions faibles, professionnelles ou environnementales sont suffisantes pour induire des plaques pleurales. Les plaques pleurales sont une maladie professionnelle indemnisablere reconnue selon le tableau 30 du régime général de sécurité sociale.
Cependant au cours des thoracotomies pour carcinomes bronchiques, il est fréquent d'observer une ou des plaques pleurales en dehors de tout contact avec l'amiante.
→ amiante
plaque sénile l.f.
senile plaque
Accumulation de substance amyloïde déposée dans le tronc cérébral des patients atteints de maladie d'Alzheimer et, à un moindre degré, dans les cerveaux séniles.
plaquettes grises (syndrome des) l.m.
grey platelet syndrome
Maladie hémorragique, congénitale, rare, associant macro-thrombo-cytopénie, myélofibrose, splénomégalie; les plaquettes ont un aspect gris caractéristique au frottis sanguin par coloration de May Grünwald Giemsa.
Les signes caractéristiques incluent une thrombopénie, une tendance aux ecchymoses (pétéchies), des saignements prolongés et des épistaxis.
Les granules alpha sont les vésicules les plus nombreuses des plaquettes et stockent les protéines qui contribuent à l'adhésion et à la cicatrisation de celles-ci quand elles sont sécrétées durant l'activation plaquettaire.
Le diagnostic repose sur la clinique et l'absence ou la réduction significative des granules alpha en microscopie électronique.
L’affection est due à des mutations sur le gène NBEAL2. La transmission est autosomique récessive. Le pronostic est généralement bon pour les jeunes patients avec une thrombopénie modérée. Les patients avec un nombre de plaquettes inférieur à 30 GIGA/L sont à risque de saignements mettant en jeu le pronostic vital.
Il n'existe pas de traitement spécifique, seulement des mesures de prévention du risque hémorragique (par ex. transfusion de plaquettes avant une intervention chirurgicale)
W. A. Gahl, généticien américain, Meral Gunay-Aygun, pédiatre américaine (2011)
Réf. Orphanet, W. A. Gahl, généticien américain, Meral Gunay-Aygun, pédiatre américaine (2011)
→ NBEAL2
plasmaphérèse n.f.
plasmapheresis
1) Production, à des fins thérapeutiques différées, à partir d’échantillons de sang appropriés, de fractions de plasma réinjectable, conservées sous forme congelée, et de plasma destiné à un fractionnement industriel pour la fourniture ultérieure d’immunoglobulines, d’albumine et de facteurs de coagulation.
Tous ces produits sont considérés comme des médicaments et donc soumis à des règles strictes d’identification, de pureté et d’activité biologique.
2) Selon un objectif thérapeutique immédiat, pour traiter certaines hémopathies, élimination sélective de protéines anormales du sang circulant (myélome multiple, maladie de Waldenström) ou d’autoanticorps circulants (purpura thrombocytopénique idiopathique, syndrome de Goodpasture, myasthénie, certaines neuropathies périphériques).
Le plasma prélevé est remplacé par du plasma sain. On parle d’échanges plasmatiques.
Étym. du grec phérein : transporter, déplacer
plasmocyte n.m.
plasma cell
Lymphocyte B activé par sa rencontre avec l’antigène et producteur d’anticorps.
Habituellement non présent dans le sang circulant, il agit au niveau des tissus de la zone paracorticale des nodes (ganglions) lymphatiques, de la pulpe blanche de la rate, du tissu conjonctif des muqueuses, principalement intestinales, de la moelle osseuse. Cette cellule possède un noyau excentré, à chromatine en motte, répartie en rayons de roue ; un cytoplasme basophile riche en ribosomes et renfermant un appareil de Golgi et un réticulum endoplasmique granuleux très développés. L’ensemble de ces constituants cytonucléaires permet une intense activité de synthèse protéique et la production d’immunoglo
Chaque plasmocyte est spécialisé dans la biosynthèse d'une variété de chaîne légère κ ou λ, et d'une variété de chaine lourde α, γ, δ,, exceptionnellement epsilon. Cette spécialisation est acquise à la suite de remaniements portant sur les gènes des immunoglobines des précurseurs lymphoïdes B. Les plasmocytes sont observés comme une population minoritaire des cellules des nodes (ganglions) et tissus lymphatiques. Ils sont rares dans la moelle osseuse, absents dans le sang normal. La prolifération d'une lignée de plasmocytes est à l'origine de la maladie de Kahler ou de plasmocytomes solitaires. Ils peuvent, dans certains états inflammatoires, revêtir des aspects morphologiques particuliers par la distension de l'ergatoplasme (cellules de Mott).
plastie d'élargissement du col vésical l.f.
suprapubic bladder neck revision
Intervention chirurgicale visant à agrandir le col vésical, dans la cure de la maladie du col congénitale ou de certaines sténoses acquises.
La plus utilisée, notamment chez l'enfant, repose sur le principe des plasties YV. Leur inconvénient majeur chez le garçon est de créer des éjaculations rétrogrades, ce qui tend à les faire abandonner, et chez la fille de menacer parfois la continence.
platybasie n.f.
platybasia
Déformation du crâne, dont la base est anormalement plate, quand la valeur de l'angle sphénoïdal de Virchow et Welcker, ou celle de l'angle foramen magnum-clivus (van Bogaert) est augmentée.
Quand la platybasie est importante, les angles deviennent presque plats.
La platybasie est liée à une orientation anormalement horizontale du clivus. Elle peut être le fait de certaines crâniosténoses (acrocéphalie, scaphocéphalie) ou en rapport avec certaines maladies entraînant des déformations osseuses (rachitisme, ostéose parathyroïdienne, osteogenesis imperfecta et surtout ostéomalacie et maladie de Paget). L'existence d'une platybasie entraîne celle d'une impression basilaire, mais la réciproque n'est pas toujours vraie.
L. van Bogaert, baron, neuropathologiste belge, membre de l'Académie de médecine (1933)
Étym. gr. platus : plat ; basis : base
platyspondylie n.f.
platyspondyly
Désordre de la croissance des corps vertébraux qui sont à la fois plats et larges.
Bien qu’une seule vertèbre puisse être atteinte, très souvent la platyspondylie est généralisée. Cette anomalie est en particulier observée dans certaines chondrodysplasies : maladie de Morquio, dysplasie spondylométaphysaire, dysplasie spondyloépiphysaire tardive, etc.
Étym. gr. platus : large et plat ; spondulos : vertèbre
pleurésie sérofibrineuse l.f.
serofibrinous pleurisy
Épanchement sérofibrineux, d'origine tuberculeuse dans la terminologie française classique, réalisant la plus fréquente des localisations séreuses de la tuberculose.
Elle représente 10 à 15% des cas de la maladie tuberculeuse d'une part, mais aussi 10 à 15% des pleurésies.
Les symptômes pleuraux sont au premier plan, augmentés à l'inspiration profonde : point de côté, toux sèche. La dypsnée témoigne de l'abondance de l'épanchement. Une discrète atteinte de l'état général est fréquente. La radiographie confirme l'épanchement. La ponction de la cavité pleurale révèle un liquide sérofibrineux à prédominance lymphocytaire riche en protides, ayant tendance à coaguler. La culture n'est positive qu'une fois sur deux.
La biopsie pleurale permet d'affirmer le diagnostic en révélant un granulome épithélioïde avec ses formations folliculaires et parfois une ébauche de nécrose caséeuse centrale. Si elle est négative, les méthodes d'amplification génique sur le liquide pleural peuvent se révéler utiles.
Sigle : PSF
pleurésie virale l.f.
viral pleurisy
Pleurésie dont la cause est un virus.
Maladie très rare quoique souvent évoquée. Une réaction pleurale radiologique se voit parfois lors d'une atteinte pulmonaire virale associée à une infection pulmonaire. Chez l'enfant, elle peut s'observer après une infection par un adénovirus.
plexite radique l.f.
radioinduce plexitis
Séquelle tardive de l'irradiation d'une tumeur se manifestant par une paralysie définitive, partielle ou totale, des nerfs constituant le plexus (brachial, lombaire ou sacré), avec fibrose tissulaire et atteinte artériolaire.
La plexite brachiale est la plus connue. Elle constituait une séquelle grave irréversible du traitement des cancers du sein, de l'apex pulmonaire ou de la maladie de Hodgkin. Elle risquait de se produire dix à trente ans plus tard lorsque les doses dépassaient 45 grays.
plongée (accident de) l.m.
diving accident
Accident survenant au cours ou après une plongée subaquatique ou un séjour en caisson hyperbare.
Les causes sont multiples et peuvent se combiner entre elles, la noyade peut en être une conséquence. On distingue : les accidents non spécifiques, perte de connaissance et malaises chez un sportif ; les accidents spécifiques par toxicité du mélange gazeux (oxygène, azote, polluant, poussières), par barotraumatismes, par décompression ou désaturation.
Une maladie professionnelle devenue très rare chez les plongeurs est liée à la répétition d'incidents de désaturation après la plongée, souvent négligés, entraînant une ostéonécrose à peu près symétrique des os des parties mal vascularisées des membres (partie basse de la diaphyse fémorale, partie haute de la diaphyse tibiale, têtes et cols de l'humérus et du fémur).
→ décompression (accidents de), plongée profonde (troubles psychiques en)
pneumaturie l.f.
pneumaturia
Émission, lors de la miction, de gaz mélangé à l'urine.
Symptôme révélateur d'une fistule urodigestive, qui peut être d'origine tumorale ou inflammatoire (diverticulose sigmoïdienne, maladie de Crohn).
pneumonie n.f.
pneumonia
Inflammation aigüe du parenchyme pulmonaire d'origine infectieuse se manifestant sous la forme de foyers multiples ou d’un foyer unique.
Elle peut être définie par :
- la nature de l'agent causal (bactérien, viral, fongique, parasitaire) ; le pneumocoque est la bactérie la plus fréquemment en cause et la plus souvent responsable de décès précoces ;
- sa topographie dans le poumon : systématisée (lobaire ou segmentaire, multilobaire) ou non systématisée ;
- ses caractéristiques histologiques : alvéolaire, interstitielle ou alvéolo-interstitielle.
La pneumonie est la première cause de mortalité par maladie infectieuse dans le monde. Elle peut être communautaire ou nosocomiale.
Le terme "pneumopathie" est réservé aux inflammations non infectieuses du tissu pulmonaire. Il est parfois utilisé à tort pour celui de pneumonie, par transposition du terme "pneumopathy" des auteurs américains.