anticorps anti-ADN l.m.p.
antibody anti-DNA
Auto-anticorps réagissant avec l’acide désoxyribonucléique (ADN) présents dans le sérum de la majorité des malades atteints de lupus érythémateux disséminé dont ils constituent un marqueur sérologique quasi-spécifique.
La plupart des techniques séro-immunologiques courantes permettent la détection dans le sérum des anti-ADN que ce soit l’immunofluorescence indirecte sur préparation contenant des noyaux entiers où les anti-ADN donnent une fluorescence périphérique des noyaux et surtout les techniques utilisant de l’ADN purifié : test radio-immunologique de Farr et immuno-essais en phase solide (RIA et ELISA). L’immunofluorescence sur préparation de Crithidia luciliae qui contient une mitochondrie géante riche en ADN natif permet la détection des seuls anti-ADN natifs. Les anti-ADN sont hétérogènes, réagissant les uns avec l’ADN natif bicaténaire, les autres avec l’ADN dénaturé monocaténaire et les derniers avec les deux types d’ADN. Seuls les sérums de lupus sont riches en anti-ADN natif, le taux de ces anticorps variant avec les poussées évolutives de la maladie. Les anti-ADN que l’on rencontre dans d’autres maladies (polyarthrite rhumatoïde, sclérodermie, syndrome de Gougerot-Sjögren, hépatite chronique active, lupus induits, etc.) sont essentiellement des anti-ADN dénaturés. Les complexes immuns ADN natif-anti-ADN jouent un rôle déterminant dans la pathogénie de certaines manifestations du lupus, en particulier les glomérulonéphrites lupiques.
anticorps hétérocytotrope l.m.
hetero-antibody
Anticorps pouvant se fixer sur des cellules hétérologues, souvent avec une affinité plus grande que sur les cellules de l'espèce d'origine.
Ainsi, les IgG humaines peuvent se fixer sur les cellules cutanées du cobaye et donner des réponses positives en test d'anaphylaxie cutanée passive, mais se fixent moins facilement sur les cellules humaines.
antistreptolysine n.f.
antistreptolysine
Anticorps produits par l’organisme au cours des infections par les streptocoques bêta-hémolytiques du groupe A.
La détection des antistreptolysines O (A.S.L.O.) peut se faire en mesurant la capacité du sérum à inhiber in vitro l’hémolyse des hématies par une solution standardisée d’hémolysine streptococcique ou, plus couramment maintenant, par une réaction mesurant par néphélémétrie l’agglutination par le sérum du malade de particules de polystyrène sensibilisées par de la streptolysine O. Dans le sérum humain normal le taux d’A.S.L.O. ne dépasse pas 200 unités internationales par mL. Dans les suites d’une infection à streptocoque bêta-hémolytique du groupe A, il y a une élévation progressive des A.S.L.O. qui atteignent leur maximum au bout de 2 à 4 semaines et peuvent rester élevées pour plusieurs mois. L’élévation des A.S.L.O. s’accompagne généralement de la présence d’anticorps spécifiques d’autres antigènes streptococciques (antistreptohyaluronidases, anti-streptokinases, antistreptodornases et antistrepto-désoxyribonucléase-B). Le streptozyme test permet la mesure simultanée des ces différents anticorps.
antitrypsine (clairance) l.f.
antitrypsin clearance
Test mesurant la vitesse de disparition de l’antitrypsine plasmatique.
Comme l'alpha1-antitrypsine résiste bien à l'activité protéolytique des enzymes pancréatiques et bactériens, elle peut servir de marqueur endogène pour la mesure fécale des pertes protéiques d'origine plasmatique, et sa clairance peut être évaluée, car elle est un bon reflet de l’exsudation protéique dans le tube digestif.
Son dosage dans le sang et les selles est facile par immunodiffusion radiale. La clairance se calcule par le rapport entre le débit fécal de l’alpha1-antitrypsine et son taux sérique (elle est normalement inférieure à 12 mL/j).
Les selles sont recueillies en totalité pendant 3 jours et un échantillon sanguin est prélevé durant cette période.
Les limites de la méthode étant liées à la destruction de l'alpha1-antitrypsine au-dessous de pH 3, elle ne peut servir à mesurer les pertes protéiques plasmatiques intragastriques.
Les protéines plasmatiques peuvent traverser en excès la muqueuse intestinale (élévation de la clairance de l’alpha1-antitrypsine) lorsque celle-ci est enflammée ou ulcérée (par ex. maladie de Crohn, lymphome malin), lorsqu’il existe un renouvellement trop rapide des cellules de la muqueuse (par ex. dans la maladie cœliaque), lorsque la pression lymphatique est trop élevée (par ex. envahissement des structures lymphatiques par une affection néoplasique, insuffisance cardiaque droite), ou lorsque les canaux lymphatiques de la paroi digestive sont dilatés et se rompent dans la lumière digestive (par ex. lymphangiectasie digestive). La mesure de la clairance de l’alpha1-antitrypsine est aussi utile pour la surveillance de l’efficacité du traitement de la maladie causale.
antivitamines K (AVK) l.f.p.
oral anticoagulant
Substances de Synthèse, de structure chimique voisine de la vitamine K, qui ont pour propriété commune la dépression du complexe prothrombinique (facteurs II, VII, IX et X).
Les AVK existent sous deux formes : les dérivés de la coumarine (acénocoumarol et warfarine) dont le noyau de base est la 4-hydroxycoumarine, et ceux de l’indane-1-3-dione. Ils sont indiqués dans la prévention des complications thromboemboliques des cardiopathies emboligènes, le traitement des thromboses veineuses profondes et des embolies pulmonaires ainsi que la prévention de leurs récidives.
Les AVK exercent leur effet anticoagulant en interférant avec le cycle de régénération de la vitamine K entraînant une diminution de la production hépatique sous forme fonctionnelle (gamma-carboxylée) de quatre facteurs de la coagulation (II, VII, IX et X). Les conséquences de ce mode d’action complexe et indirect des AVK sont : un index thérapeutique étroit, une grande variabilité de l’effet d’un individu à l’autre, et, pour le même individu, au cours du temps, de multiples interférences médicamenteuses et alimentaires, une latence de l’effet anticoagulant lors de l’instauration, unet lente réversibilité en cas d’arrêt (absence d’effet on-off) et l’impossibilité d’obtenir une anticoagulation dite préventive ou prophylactique.
Les AVK sont des molécules liposolubles de faible masse moléculaire qui traversent aisément les barrières cellulaires (notamment digestives et placentaires). De ce fait l’absorption digestive est rapide et l’administration per os est possible. L’activité des AVK est contrariée par un régime riche en vitamine K.
La mesure INR (International Normalized Ratio) est utilisée pour évaluer l’efficacité des AVK. Tout autre test (Quick, temps de prothrombine) est obsolète (bien qu’encore disponible dans certains laboratoires d’analyses médicales).
Outre le risque hémorragique encas de surdosage, les accidents liés aux AVK sont des lésions cutanées érythémato-vésiculeuses évoluant vers la nécrose. Les dérivés de l’indane-dione peuvent en outre provoquer de la fièvre, ainsi que des troubles digestifs (diarrhée) et rénaux (néphropathie interstitielle anurique).
→ INR
Ashtest® n.m.
Test d’appréciation de la sévérité de la stéatose inflammatoire alcoolique dans l’hépatite alcoolique aigüe.
La sévérité de la stéatose inflammatoire est exprimée en trois classes :H1 : stéatose minime, H2 : stéatose modérée, H3 : stéatose sévère.
L’Ashtest® nécessite le dosage de l'alpha2-macroglobuline, de l’haptoglobine, de l’apolipoprotéine A1, de la bilirubine totale, de la γ-glutamyl-transpeptidase, de l’ALAT et l’ASAT. Les paramètres sont ajustés sur l’âge et le sexe du patient.
Étym. ASH : alcoolic steatosis hepatitis
asthme n. m.
asthma
Syndrome caractérisé par des crises de dyspnée, survenant sur un terrain atopique, caractérisé par des accès de bradypnée expiratoire, liés à l'obstruction des petites voies aériennes par spasme, hypersécrétion et œdème des bronches.
Il évolue d'une phase sèche de toux quinteuse à une phase humide catarrhale, attestée par les sifflements perçus à l'auscultation ainsi que par le malade ou son entourage. Les crises, peuvent se succéder durant plusieurs jours si on ne les traite pas. Elles sont espacées de périodes de rémission pendant lesquelles la fonction respiratoire peut être normale, mais les crises graves peuvent être mortelles
L’obstruction bronchique réversible après inhalation de bêta2-mimétiques, tend à évoluer, à défaut de traitement anti-inflammatoire, vers une obstruction permanente et irréversible. Le spasme de la musculature lisse bronchique est dû au moins en partie, à une inflammation muqueuse, facteur étiologique essentiel à traiter. L'allergie joue le rôle principal par hypersensibilisation immédiate, semi-tardive ou retardée. Des causes très diverses peuvent déclencher la crise : infection bronchique, inhalation de substance irritante, émotion violente. L'évolution capricieuse de l'asthme doit être surveillée tous les jours par le débit de pointe que le patient peut mesurer lui-même. Toute suspicion d'asthme impose une spirographie à la recherche d'une altération des débits bronchiques.
Chez l'enfant, la toux quinteuse durable est une manifestation fréquente de l'asthme débutant. L'asthme de l'enfant peut disparaître à la puberté mais, avec l'âge, les symptômes peuvent se modifier, l'asthme devient humide et évolue vers l'insuffisance respiratoire chronique.
Toute suspicion d'asthme impose une spirographie à la recherche d'une altération des débits bronchiques. L'hyperréactivité bronchique, décelable par un test de provocation aux dérivés de l'acétylcholine ou plus rarement aux allergènes, constitue le stigmate permanent du terrain asthmatique en partie héréditaire.
Dans tous les pays industriels l'incidence de l'asthme augmente régulièrement depuis une quarantaine d'années, plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer cet accroissement, aucune n'est encore validée
Étym. gr. asthma : respiration pénible, asthme
asthme d'effort l.m.
exercise induced asthma
Variété d'asthme survenant quelques minutes après le début d'efforts brutaux et violents telle une course, maximale entre la 5ème et 10ème minute et cédant souvent spontanément en 20 à 30 minutes.
C'est une éventualité fréquente, particulièrement chez l'enfant (60 à 75% des cas), et les porteurs de rhinites allergiques (35 à 40% des cas). On peut en rapprocher l'asthme déclenché par le fourire, la danse, les odeurs inhalées, etc. Il convient de distinguer cet asthme d'effort vrai (ne survenant qu'à l'effort chez un individu aux valeurs spirographiques de base normales), de la dyspnée à l'effort chez un individu obstructif au repos.
Le diagnostic est confirmé par un test à l'effort.
Le traitement est celui de tout asthme, associé à la prévention médicamenteuse (cromones ou bêta2-mimétiques), à l'éducation (entrée progressive dans l'effort par l'échauffement), au réentrainement à l'effort.
Cet asthme d'effort constitue souvent une entrave à la pratique du sport chez l'asthmatique.
Étym. gr. asthma : respiration pénible, asthme
Syn. asthme après exercice
atlas de Boström et Boström-Kugelberg l.m.
Boström and Boström-Kugelberg’s atlas
Test de vision des couleurs composé de planches pseudo-isochromatiques de réalisation difficile.
Sa normalité élimine toute anomalie de la vision des couleurs mais les erreurs sont fréquentes même chez le sujet sain.
A. Boström, neurologue allemand (1886-1944) ; E. Kugelberg, neurologue suédois (1913-1983) Boström-Kugelberg atlas (1972)
atlas de Hardy-Rand-Rittler l.m.
Hardy-Rand-Rittler’s plates
Test de vision des couleurs composé de plusieurs planches pseudo-isochromatiques permettant la détection des trois variétés de dyschromatopsies.
L. H. Hardy, ophtalmologiste, Gertrude Rand, psychologue, M. Catherine Rittler, technicienne américains (1954)
→ dyschromatopsie, dyschromatopsies deutan, protan et tritan
[P2]
audiométrie n.f.
audiometry
Mesure de l'acuité auditive par audition de sons purs de différentes intensités et fréquences. Investigation réalisée dans une pièce isolée de tout bruit.
Normalement, des fréquences de 32 c/s à 20 000 c/s sont perçues.
L’audiométrie liminaire mesure les seuils auditifs en réponse à une stimulation acoustique tonale (sons purs de différentes fréquences) ou vocale (mots phonétiquement équilibrés). L’audiométrie supraliminaire mesure des paramètres traduisant le fonctionnement du système auditif lorsque celui-ci est stimulé par des sons dont l’intensité est supérieure à son seuil. L’audiométrie effectuée par des examens paracliniques se différencie de l’acoumétrie, partie intégrante de l’examen clinique.
L’audiométrie comportementale ou conditionnée est très utilisée chez l’enfant (test du Peep Show Box, réflexe d’orientation conditionnée de Susiki-ROC).
Étym. lat. audire : entendre
baby dalton l. angl.
Album pseudo-isochromatique, utilisé chez l’enfant pour le dépistage précoce des troubles de la vision des couleurs.
Le test est formé de 4 planches :
- 1 formée de deux chiffres, le sujet normal voit le 5, le sujet dyschromate, le 2 ;
- 2, le sujet normal voit un canard, le dyschromate ne le voit pas ;
- 3, le sujet normal et le deutan voient un lapin, le protan ne le voit pas ou mal ;
- 4, le sujet normal et le protan voient un lapin, le deutan ne le voit pas.
→ dyschromatopsies, protan et deutan
[P2]
Édit. 2018
Bagolini (verres de) l.m.p.
striated Bagolini’s glasses
Verres permettant d’étudier les relations sensorielles qui existent entre les deux yeux, procédé peu dissociant qui doit toujours être réalisé au début de l’examen orthoptique.
Chaque verre est constitué de deux verres accolés, maintenus par un cercle de métal, l’un d’eux comporte des stries microscopiques parallèles qui transforment l’image ponctiforme de la lumière fixée en un trait lumineux perpendiculaire à la direction des stries. Les verres sont placés dans une monture d’essai, l’un verticalement, l’autre horizontalement. Plusieurs réponses sont possibles : les deux rayons se croisent (fusion ou union), ou la lumière apparaît traversée par un seul rayon (neutralisation), ou une partie de rayon est absente (scotome), ou deux lumières sont vues (diplopie).
La principale limite du test est le jeune âge du patient.
B. Bagolini, ophtalmologiste italien (1965)
Édit. 2017
Bailliart (test clinique de) l.m.
Bailliart’s clinical testing
Test de résistance à l’éblouissement.
On projette le faisceau d’un ophtalmoscope dont l’intensité est réglée au maximum sur la macula pendant 30 secondes. On mesure alors le temps nécessaire pour retrouver l’acuité visuelle de départ.
P. Bailliart, ophtalmologiste français (1939)
→ macula
Édit. 2017
Barlow (manœuvre de) l.f.
Barlow’s maneuver, Barlow’s test
Procédé d’examen des hanches du nouveau-né pour dépister une luxation, une subluxation de la hanche ou une simple instabilité.
L’enfant est placé sur le dos sur un plan dur. Les deux hanches sont examinées séparément ; une main immobilise le bassin d’un côté, l’autre main pousse le fémur en arrière et vers le haut en y associant des mouvements d’adduction et de légère rotation, Un ressaut est perçu en cas d’instabilité ou de malformation luxante de la hanche par déplacement de la tête fémorale en dehors de l’acétabulum (cotyle) ; c’est un ressaut de sortie. Un mouvement d’arrière en avant en légère abduction permet de percevoir sa réintégration dans l’acétabulum. Une sensation de piston laisse supposer une luxation permanente.
Cet examen est ordinairement couplé avec la recherche du signe d’Ortolani. En cas de test positif, une étude des hanches par échographie est nécessaire.
T. G. Barlow, chirurgien orthopédiste britannique (1962); M. Ortolani, pédiatre italien (1937)
[O1,I2]
Édit. 2017
basidiobolomycose n.f.
basidiobolomycosis, phycomycosis
Mycose rare, sous-cutanée, due à Basidiobolus ranarum, micromycète saprophyte du sol et des débris végétaux.
Cette mycose des pays tropicaux et subtropicaux atteint surtout les enfants dans les zones rurales. La contamination peut être digestive ou respiratoire ou bien secondaire à un traumatisme. Cliniquement, on distingue trois formes : dermo-épidermiques (cellulite inflammatoire, panniculite), profondes ou viscérales (poumon, médiastin, péritoine) et atypiques (localisées notamment au niveau de la face). A l'examen anatomopathologique, on observe de courts filaments non ou peu septés, larges, entourés d'un manchon éosinophile au sein d'un granulome. Il n'existe pas de test sérologique.
Syn. phycomycose sous-cutanée, entomophtorose, phycomycosis
Édit. 2017
Bender (test de) l.m.
Bender’s test
Evaluation de la maturité visuo-motrice des enfants de 4 à 11 ans, présentant des problèmes développementaux ou des troubles neurologiques.
Le test original se compose de neuf figures
Lauretta Bender, neuropsychiatre infantile américaine (1938)
Édit. 2017
bêta 1-glycoprotéine n.f.
β-1-glycoprotein, pregnancy-specific-glycoprotein
Protéine spécifique de la grossesse, de poids moléculaire de 90 000 comportant 29,3% d'hydrates de carbone, produite essentiellement dans le syncytiotrophoblaste.
Elle est sécrétée précocement dès le 7ème jour après la conception et son dosage serait pour certains auteurs le test de grossesse le plus précoce. Elle augmente ensuite rapidement tout au long de la grossesse jusqu'à des valeurs moyennes à terme de 200 mg/L. Cette glycoprotéine pourrait jouer un rôle immunosuppresseur, interviendrait comme protéine de transport des stéroïdes et aurait un rôle métabolique. En début de grossesse, le taux de β-1-glycoprotéine s'abaisse en cas de menace d'avortement ou de grossesse extra-utérine. En cours de grossesse, sa diminution peut s'observer en cas de retard de croissance intra-utérin.
Édit. 2017
Beyne (lanterne de) l.f.
Beyne’s test
Test de capacité chromatique professionnelle.
La lanterne permet de présenter des feux de couleurs convenablement choisis dont la tonalité correspond à celles observées réellement dans la signalisation colorée des métiers de la circulation.
J. Beyne, médecin militaire français (1921)
Syn. lanterne chromoptométrique de Beyne
Édit. 2017
biopsie liquide l.f.
liquid biopsy
Prélèvement et analyse d’un échantillon de plasma portant sur l’ADN circulant sans cellule, appelé cell-free DNA (cf DNA) afin de détecter des mutations somatiques traduisant la présence d’un cancer ou chez la femme enceinte l’existence de mutations dans l’ADN fœtal.
Chez les personnes saines, le cf DNA non tumoral est trouvé dans le plasma à taux faible (10 à 15 ng/ml).
Chez les patients atteints d’un cancer, le cf DNA est libéré des cellules tumorales est appelé ct DNA pour DNA circulant tumoral ; il constitue seulement une partie du cf DNA. La fraction du ct DNA parmi le cf DNA chez les patients ayant un cancer varie beaucoup, de 0,1 à plus de 90 %. L’analyse d’autres fluides biologiques que le sang est également possible (liquide cérébrospinal, salive, fluide pleural, péritonéal, selles et urines). Les applications en cancérologie sont prometteuses. L’analyse du cf DNA du plasma, pratique mini invasive, évite les risques et complications potentielles des biopsies tumorales. La présence de mutations somatiques dans l’ADN circulant est un test hautement spécifique de la présence d’un cancer. Déterminer le profil moléculaire pour la sélection du traitement est devenu essentiel. La concordance entre les résultats des biopsies standard et des biopsies liquides doit être bonne. Les biopsies liquides ont l’avantage de pouvoir être répétées, soit lorsque le matériel obtenu par les biopsies standard n’est pas suffisant, soit pour adapter le traitement lorsqu’après une ou plusieurs lignes de chimiothérapie, une résistance acquise survient. Le plus souvent, les résistances acquises proviennent de clones, qui préexistaient et qui émergent du fait de la pression de sélection du traitement. Ces clones résistants peuvent coexister dans la même lésion ou dans des sites métastatiques distincts. La biopsie standard, contrairement à la biopsie liquide, sous-estime de façon majeure cette hétérogénéité. La recherche de ct DNA est utile pour évaluer la réponse thérapeutique au traitement. En effet, la demi-vie du cf DNA est très courte, approximativement une heure ; la persistance de mutations tumorales dans le cf DNA en post opératoire doit faire craindre une maladie résiduelle, qui peut ultérieurement conduire à une rechute tumorale. Une augmentation des taux de ct DNA peut précéder la progression de l’imagerie de plusieurs semaines ou mois. Par rapport aux marqueurs tumoraux antigène carcinoembryonnaire, antigène CA 125, par exemple, dont la demi-vie est longue et la spécificité et la sensibilité médiocres, le suivi des altérations des clones tumoraux est supérieur. La rareté des cellules portant un ADN muté dans des cancers débutants rend cette recherche peu utilisable dans le dépistage. En outre, elle ne permet pas l’identification de l’organe atteint.
Dans le cas du diagnostic prénatal, la technique permet de détecter la présence chez le fœtus d’une mutation connue dans la famille et de posséder ainsi les éléments d’un conseil génétique aux parents.
→ ADN, diagnostic génétique, diagnostic génétique préconceptionnel, diagnostic génétique prénatal, CA 125
[A4, F2, Q1]
Édit. 2019
Bonney (manœuvre de) l.f.
Marshall’s test, Bonney’s test
Test utilisé dans l'examen clinique d'une incontinence urinaire féminine d’effort dans le but d'en préciser le mécanisme et d’apprécier le pronostic du traitement chirurgical.
Elle consiste à remonter et à maintenir de part et d'autre du col vésical la paroi antérieure du vagin à l'aide de deux doigts ou des deux mors d'une pince intravaginale, sans comprimer l'urèthre ni le col, de façon à remonter la vessie pleine dans l’enceinte des pressions manométriques abdominales mimant ainsi la restauration du hamac sous-vésical.
La manœuvre est dite positive si elle prévient la survenue de fuites à la toux ; elle est alors en faveur d'une déficience du soutien cervico-uréthral.
V. Bonney, gynécologue britannique (1923)
→ incontinence urinaire d'effort
Édit. 2017
brome-sulfone-phtaléine (épreuve à la) l.f.
bromsulfone-phtalein test
Test d’exploration fonctionnelle hépatique qui était destiné à évaluer la clairance de ce colorant et qui n’est plus utilisé.
Sigle BSP
Édit. 2017
bronchodilatation n.f.
bronchodilatation
Élargissement du calibre bronchique par relâchement des muscles lisses bronchiques.
On peut provoquer la dilatation bronchique par l'administration de produits à visée bronchodilatatrice comme les dérivés sympathicomimétiques ou les dérivés atropiniques. Ces épreuves sont réalisées lors de la constatation d'une obstruction au cours d'une exploration fonctionnelle ou après un test de bronchoconstriction.
Édit. 2017
Brown (syndrome de) l.m.
- en adduction par une très forte limitation de l'élévation simulant une parésie du petit oblique mais sans élévation en abduction de l'autre, donc sans hyperaction de son synergique opposé, le muscle droit supérieur,
- en adduction par un baissement normal dans le champ du grand oblique sans hypo-action de son synergique opposé, le droit inférieur.
Au test de duction passive, l'œil atteint ne peut pas être porté dans le champ d'action du petit oblique. Ce syndrome se traduit dans les mouvements par une limitation de l'élévation du globe en adduction (impossibilité même en duction). Peut être congénital ou acquis avec différentes étiologies dont tendon du muscle du grand oblique trop court, insertion anormale de ce tendon, glissement impossible ou limité au niveau de la trochlée du grand oblique (click syndrome ou petit bruit comparable à un déclic lors d'une élévation forcée en adduction), ténosynovite au niveau de cette trochlée, traumatisme. Plusieurs familles ont été décrites avec ce syndrome isolé, il existe également dans le syndrome de Noonan, mais la majorité des formes observées sont sporadiques ou plus rarement acquise.
H. W. Brown, ophtalmologiste américain (1950)
Syn. rétraction de la gaine du grand oblique (syndrome de), pseudo-paralysie du muscle petit oblique
→ orthophorie, ptosis, duction, Noonan (syndrome de)
Édit. 2017
Brunet-Lézine (échelle de) l.f.
Brunet-Lézine’s scale
Échelle d'évaluation de quatre secteurs de développement pour enfants de quatre mois à deux ans : développement postural, coordination oculomotrice, langage, socialisation avec, pour chaque secteur, un quotient de développement.
Cette modification du test de Gesell cherche à pallier ses inconvénients.
Plusieurs examens sont nécessaires avant de conclure à une avance ou à un retard.
On obtient des indications spécifiques liées au secteur. Le quotient global de développement est rapidement calculé en cas d'homogénéité. Les perturbations affectives éventuelles dues aux interactions enfant-environnement sont perceptibles dans les résultats des épreuves du langage et de la socialisation.
De même, une importante carence affective a des répercussions aux épreuves de coordination oculomotrice. On remarque un déficit du développement postural dans les cas de carence affective majeure ou de rupture de relations affectives.
Odette Brunet et Irène Lézine, psychologues françaises (1950)
Édit. 2017