cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE) l.f.
endoscopic retrograde cholangiopancreatography
Opacification des voies biliaires et du canal de Wirsung grâce à un cathéter mis en place dans l’ampoule de Vater, par un fibroscope à vision latérale introduit par voie orale et poussé jusqu’au duodénum, permettant de réaliser des radiographies puis une thérapeutique.
La CPRE n’est plus utilisée à visée diagnostique mais uniquement thérapeutique.
Ses principales indications concernent l’extraction de calculs de la voie biliaire principale après sphinctérotomie endoscopique. Les sténoses de la voie biliaire principale peuvent, après avoir été dilatées, être traitées par la pose de prothèses temporaires ou définitives, pour drainer les voies biliaires des patients atteints d’un cancer de la tête du pancréas avec ictère. Les indications à opacifier puis drainer le canal de Wirsung sont plus rares (extraction de calculs pancréatiques obstructifs en cas de pancréatite chronique calcifiante, obstruction ou sténose du canal de Wirsung).
La CPRE peut être suivie de complications : poussée de pancréatite aiguë (la plus fréquente), angiocholite aigüe (surtout en cas de voie biliaire mal drainée), cholécystite aigüe (en l’absence de prévention par une antibiothérapie chez les malades ayant une vésicule en place), perforation duodénale, hémorragie papillaire (secondaire à la sphinctérotomie).
→ fibrowirsungographie, cholangographie rétrograde endoscopique
[B2,L1, L2, B3]
Édit. 2020
cholangite sclérosante l.f.
sclerosing cholangitis
Affection rare, d’étiologie inconnue, caractérisée par un épaississement de la voie biliaire principale, de la paroi de la vésicule biliaire et de canaux biliaires intrahépatiques.
Elle peut conduire à l’obstruction de la voie, entraînant une cholestase.
L’examen histologique montre un épaississement fibreux parsemé de nombreux éléments inflammatoires de la paroi de ces structures biliaires, mais l’atteinte initiale surviendrait au niveau des canaux biliaires intrahépatiques. L’évolution de la maladie se fait vers la constitution d’une cirrhose biliaire secondaire, rarement d’un cancer. On a rapporté l’association de la cholangite sclérosante avec une thyroïdite de Riedel, une fibrose rétropéritonéale, une colite ulcéreuse.
B. Riedel, chirurgien allemand (1896)
[L1]
classification T.N.M. l.f. sigle angl. pour Tumeur Node Métastase.
T. N. M. classification
Classification proposée par l’Union internationale contre le cancer depuis 1954 qui permet de classer les tumeurs malignes suivant leur extension locale, régionale et générale, afin de comparer les différentes modalités de traitement en fonction de la diffusion de la tumeur.
Chaque organe constitue une région qui est divisée en sièges anatomiques. Le volume tumoral est défini par le T (tumeur). L’atteinte régionale correspond à la lettre N (node = ganglion). L’atteinte générale correspond à la lettre M (métastase).
[F2]
c-Myc gene sigle.angl.
Phosphoprotéine nucléaire, gène régulateur, proto-oncogène, situé sur le chromosome 8q24, qui code pour un facteur de transcription et qui joue un rôle dans la progression du cycle cellulaire, l’apoptose et le métabolisme cellulaire
Une forme mutée de Myc est découverte dans de nombreux cancers et conduit dans l’expression non régulée de nombreux gènes tels que ceux impliqués dans la prolifération cellulaire dont en résulte le développement d’un cancer. Quand il est soumis à des mutations ou à une sur-expression, il stimule la prolifération des cellules et se conduit comme un oncogène. Le gène MYC produit un facteur de transcription qui régule l'expression de 15 % de tous les gènes. Le gène Myc fut découvert pour la première fois chez des patients atteints du lymphome de Burkitt. Dans cette maladie, des cellules cancéreuses sont sujettes à des translocations de chromosomes, en particulier sur le chromosome 8 humain. En clonant les points de cassure des chromosomes fusionnés, il a été mis en évidence un gène qui était similaire à l'oncogène viral myelocytose (v-myc)
cobaltothérapie n.f.
cobaltotherapy
Traitement du cancer qui utilise les rayonnements β émis par le cobalt 60.
Elle est indiquée dans le traitement des cancers du sein, et des cancers de l’utérus en cas d’envahissement des ganglions iliaques externes.
Le terme s’applique généralement à la télécobaltthérapie
→ téléradiothérapie, télécobalt
[F2,G5]
cœlioscopie de contrôle l.f.
second-look coelioscopy
Examen destiné à vérifier l'état des organes après une opération pour évaluer les récidives éventuelles, d’une endométriose pelvienne ou d'un cancer p. ex.
[L2,O3]
coiffe apicale l.f.
apical cap
En radiologie pulmonaire, opacité uni ou bilatérale qui "coiffe" l'apex pulmonaire.
Elle correspond à un épaississement localisé de la plèvre auquel s'associe souvent une cicatrice fibreuse du poumon sous-jacent. Si son épaisseur est supérieure à 5 mm et s'il existe des douleurs thoraciques, on doit soupçonner un cancer pulmonaire périphérique envahissant plèvre et paroi (syndrome de Pancoast Tobías).
H. K. Pancoast, radiologiste américain (1924) ; J. W. Tobías, médecin interniste argentin (1932)
[B2,K1]
colpectomie n.f.
colpectomy
Ablation chirurgicale du vagin.
Elle est pratiquée pour traiter un cancer du vagin, du col de l’utérus ou de la vulve, ou pour remédier au prolapsus utérin, et consiste alors dans la suture entre elles des parois vaginales après ablation préalable de leur muqueuse, l’opération de Le Fort.
L. Le Fort, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1829-1893)
[O3]
colposcopie n.f.
colposcopy
Inspection visuelle du vagin et du col de l'utérus au moyen du colposcope.
Elle permet de dépister des lésions minimes comme le début d'un cancer. Elle est indiquée quand le frottis cervicovaginal indique une dysplasie ou une inflammation confirmée. Elle oriente la biopsie après que le col a été coloré par l’acide acétique à 3% ou une solution de lugol. Elle n’a de valeur que si la jonction pavimento-cylindrique du col est visible. Sa sensibilité est de 94% mais sa spécificité n’est que de 51%.
[O3,B3]
colpostat n.m.
colpostat
Appareil conçu et articulé de manière à pouvoir garder dans le vagin, où il est appliqué, des rapports anatomiques constants avec le col utérin cancéreux et les viscères, parce qu'il s'appuie sur les culs-de-sac vaginaux et les muscles releveurs.
Des bouchons de liège évidés permettent de charger le colpostat d'aiguilles radifères glissées préalablement dans des capsules métalliques. Cette disposition des aiguilles radioactives permet une irradiation maximale du volume tumoral, cancer, contrastant avec une irradiation minimale des viscères voisins, vessie et rectum. Le colpostat radifère de Claude Reynaud a été perfectionné. Actuellement, sans manœuvre directe, la mise en place et le retrait des aiguilles sont faits par un système extracorporel qui permet par ailleurs le stockage dans une enceinte protectrice du rayonnement γ.
[F2,B3,O3]
corona radiata l.f.
corona radiata
1) En gynécologie, partie du cumulus proliger qui accompagne l'ovocyte lorsque celui-ci est expulsé du follicule.
Une couche de cellules allongées, à grand axe radiaire, recouvre complètement l'ovocyte, donnant à la coupe un aspect en couronne caractéristique. Les cellules en couronne disparaissent rapidement après la ponte de l'ovocyte mais sont nécessaires à la fécondation physiologique.
2) En radiographie pulmonaire, multiples prolongements "en rayons de soleil" visibles à la périphérie d'un nodule ou d'une masse parenchymateuse.
Longtemps considéré comme un élément en faveur d'un cancer primitif périphérique, on l'observe également dans d'autres conditions : granulomes, nodules pneumoconiotiques, paraffinomes, etc.
[O3,B2,K1]
court- circuit gastrique n.m
Roux-en-Y gastric bypass
Le court-circuit gastrique est une des techniques utilisées en chirurgie bariatrique, associant un procédé de restriction et de malbsorption.
Il consiste à réduire le volume de l’estomac et à modifier le circuit alimentaire. Une poche gastrique proximale de capacité restreinte est créé dans laquelle arrivent les aliments ; la continuité digestive est rétablie par une gastro-jéjunostomie. Il se pratique sous cœlioscopie.
Comme toutes les autres techniques chirurgicales de l’obésité, elle ne se discute que chez les patients ayant un indice de masse corporelle (IMC) ≥ 40 kg/m2 (appelé obésité morbide) ou un IMC ≥ 35 kg/m2 associé à au moins une comorbidité susceptible d’être améliorée après chirurgie (diabète de type 2, HTA, apnée du sommeil, maladies ostéo-articulaires invalidantes, stéatohépatite non alcoolique), en deuxième intention après échec d’un traitement bien conduit pendant 6 à 12 mois, en l’absence d’une perte de poids suffisante ou en l’absence de maintien de la perte de poids, patients bien informés et ayant bénéficié d’une prise en charge pré-opératoire pluridisciplinaire, patients ayant compris et accepté la nécessité d’un suivi à long terme, risque opératoire acceptable.
Le court-circuit gastrique et la gastrectomie longitudinale ou sleeve gastrectomy sont actuellement les deux interventions chirurgicales les plus pratiquées. En raison d’une perte de poids plus importante, La première plutôt réservée aux obésités extrêmes (IMC ≥ 50 kg/m2), est le procédé de choix en cas de reflux gastro-œsophagien préexistant.
Les complications chirurgicales surviennent surtout dans les 3 mois post-opératoires, mais peuvent se voir tout au long du suivi. Il s’agit de fistule digestive, d’obstruction du grêle par hernie interne, de dilatation aigue de l’estomac exclu, d’hémorragie digestive, de sténose gastro-jéjunale. Des complications médicales sont également possibles.
La chirurgie bariatrique apporte un bénéfice aux patients en termes de survie, de réduction du diabète, de complications cardio-vasculaires, d’apnée du sommeil, de cancer, d’amélioration de la qualité de vie, sans différence constatée entre les différentes techniques chirurgicales.
→ chirurgie bariatrique, gastrectomie longitudinale, sleeve gastrectomy, syndrome du court-circuit digestif
[L2,R1,R2]
Édit. 2017
Courvoisier (loi de) l.f.
Observation que l’augmentation de volume de la vésicule biliaire signifie, en cas d’ictère, que l’obstacle sur la voie biliaire est situé au-dessous de l’abouchement du canal cystique, soit un cancer du pancréas ou un ampullome vatérien.
En cas de pathologie lithiasique, la vésicule n’est pas augmentée de volume du fait de l’épaississement pariétal dû à la cholécystite chronique.
L. Courvoisier, chirurgien suisse (1890) ; L. F. Terrier, chirurgien français, membre de l’Académie nationale de médecine (1837-1908)
→ Courvoisier et Terrier (loi de)
[L1,N1]
culdocentèse n.f.
culdocentesis
Ponction transvaginale du cul-de-sac de Douglas, utilisée pour diagnostiquer un hémopéritoine, recueillir des cellules péritonéales ou de l'ascite afin d'identifier un cancer de l'ovaire.
J. Douglas, anatomiste britannique (1675-1742)
[O3,B4]
Cunéo (opérations de) l.f.p.
Cunéo procedures
1°Opération pratiquée dans l’exstrophie de la vessie. Elle consiste à fabriquer une vessie avec une anse d’intestin grêle exclue et à y implanter les uretères (iléocystoplastie).
Le nouveau réservoir est abouché au périnée entre le rectum et sa gaine.
2° Résection du rectum par voie combinée, abdominale et périnéale, avec conservation du sphincter.
Le temps périnéal, par une longue incision sur un des côtés de l’anus, permet l’ablation et l’anastomose colorectale. Opération pratiquée en cas de cancer du rectum.
B. Cunéo, chirurgien français, membre de l’Académie nationale de médecine (1873-1944)
[M2,L2]
curetage n.m.
curettage
1) En obstétrique, ablation du contenu utérin ovulaire ou endométrial à l'aide d'un instrument appelé curette.
2) D’une manière générale, utilisation d’une curette en orthopédie, dermatologie, etc.
Il peut être pratiqué dans un but diagnostic en prélevant suffisamment de tissus pour leur étude histologique en cas d'hyperplasie, de cancer endométrial ou de rétention ovulaire ancienne. Il peut être à visée thérapeutique, destiné alors à évacuer complètement le contenu utérin à l'occasion d'un avortement incomplet. Après un accouchement, il est dangereux en raison des risques de perforation et de synéchie.
[O3,I2,J1]
Cushing (syndrome de) l.m.
Cushing’s syndrome
Ensemble de manifestations provoquées par un excès d’hormones glucocorticostéroïdes.
Cet hypercorticisme peut être dû à une hyperplasie bilatérale des glandes surrénales ACTH-indépendante ou à des sécrétions de corticostimulines non hypophysaires, entrant dans le cadre d’une affection paranéoplasique au cours d’un cancer hormono-sécrétant bronchique, thyroïdien, pancréatique, thymique, etc. Il se voit aussi au cours d’un traitement prolongé par des corticostéroïdes. Le tableau clinique est comparable à celui de la maladie de Cushing par adénome hypophysaire ; il est souvent incomplet. Les examens biologiques montrent le caractère ACTH dépendant ou non du syndrome et l’IRM l’absence de tumeur hypophysaire.
H. W. Cushing, neurochirurgien américain, membre de l'Académie de médecine (1932)
→ Cushing (maladie de), hypercorticisme, paranéoplasiques (affections musculaires)
[O4]
cystadénocarcinome endométrioïde de l'ovaire l.m.
endometrioid cystadenocarcinoma of the ovary
Cancer de l'ovaire d'évolution rapidement mortelle, dont l'histologie est évocatrice d'une structure endométriale.
[F2,O3]
cystadénocarcinome mucineux de l'ovaire l.m.
mucinous cystadenocarcinoma of the ovary
Cancer de l'ovaire dont l'histologie est évocatrice de la structure sécrétoire mucoïde digestive.
[F2,O3]
cystadénocarcinome séreux de l'ovaire l.m.
serous cystadenocarcinoma of the ovary
Cancer de l'ovaire contenant des formations kystiques à contenu séreux au sein de végétations de structure épithélioïde.
[F2,O3]
cystectomie totale élargie l.f.
radical cystectomy
Ablation totale de la vessie à visée carcinologique, adaptée au cancer infiltrant de vessie : elle enlève également le tissu cellulaire périvésical et le péritoine sus-vésical, est associée à une lymphadénectomie pelvienne bilatérale et souvent une prostatectomie totale.
Chez la femme elle comporte une hystérectomie totale élargie avec colpectomie antérieure, réalisant une pelvectomie antérieure. Dans les deux sexes elle peut être associée à une uréthrectomie totale. Elle est suivie d'une entérocystoplastie de remplacement si la localisation et l'exérèse de la tumeur le permettent, et dans le cas contraire une dérivation urinaire définitive.
→ prostatocystectomie totale, pelvectomie antérieure, entérocystoplastie, uréthrectomie
[M2]
cytologie n.f.
cytology
1) Au sens large, étude des cellules.
2) Dans un sens plus restreint, mais d'usage courant, étude des cellules desquamées : cytologie exfoliatrice ; ou recueillies par ponction, essentiellement pour le diagnostic de cancer.
Étym. gr. kutos : cellule ; logos : discours
[A2]
cytologie abrasive l.f.
balloon cytology
Méthode de diagnostic du cancer et des lésions précancéreuses du tube digestif basée sur la recherche de cellules anormales recueillies par raclage d'une lésion.
Technique employée, principalement en Asie, pour des campagnes de dépistage de masse des cancers de l'œsophage et de l'estomac. L'abrasion est réalisée par un ballon entouré de mailles abrasives, ou plus récemment par une éponge auto-expansive.
[A2,F2]
cytostéatonécrose mammaire l.f.
mammary cytosteatonecrosis
Dégénérescence graisseuse bénigne du tissu mammaire profond qui peut cliniquement faire évoquer un cancer ou un abcès.
Une occlusion vasculaire traumatique en serait la cause.
→ lip
[J1,O5]
cytostéatonécrose pancréatique l.f.
panniculitis ou nodular fat necrosis due to pancreatic disease
Panniculite nodulaire douloureuse avec nécrose du tissu sous-cutané associée à une pancréatite ou à un cancer du pancréas et résultant de la libération dans la circulation générale d'enzymes lipolytiques pancréatiques.
Elle est souvent associée à une arthrite et parfois à un épanchement pleural ou à une ascite.
Syn. cytostéatonécrose disséminée, cytostéatonécrose métastatique
[L1]