Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Coagulopathie intravasculaire disséminée (CIVD) l.f.

disseminated intravascular coagulation syndrome

Activation inappropriée de la coagulation et de la fibrinolyse, aboutissant à la formation de multiples thrombus fibrineux intravasculaires et/ou à un syndrome hémorragique.
Syndrome caractérisé par un déficit des principaux facteurs de coagulation ainsi que des plaquettes qui ont été utilisées lors de la formation rapide et massive de thrombine puis de fibrine dans la microcirculation.
Le syndrome se traduit cliniquement par l'association «paradoxale» d'hémorragies, locales ou disséminées, de sang incoagulable (hémorragies n'ayant aucune tendance à s'arrêter spontanément) et de signes de thromboses disséminées (il y a souvent une ischémie des extrémités, parfois des gangrènes multiples, un purpura extensif nécrotique, un nez noir ou des bulles cutanées hémorragiques). Les thrombus, surtout fibrinoplaquettaires, peuvent causer une coagulation intravasculaire dans différents viscères. Il peut s'y associer un état de choc, en général hypovolémique, et une hémolyse aigüe avec présence de schizocytes. Les circonstances d'apparition des CIVD sont très diverses, obstétricales, chirurgicales et médicales (infections, hémolyses aigües, transfusions massives, intoxications, coup de chaleur, hypothermie, gelures, etc.).
Les CIVD aiguës, induites par les infections sévères ou par certaines hémopathies malignes (leucémies aiguës promyélocytaires), se compliquent d'hémorragies intracrâniennes graves.
Les CIVD subaiguës, secondaires à différentes néoplasies (adénocarcinomes, tumeurs papillaires de l'ovaire, lymphomes malins), se compliquent d'accidents ischémiques cérébraux multifocaux et récidivants, réalisant parfois un tableau d'encéphalopathie fluctuante ; une endocardite thrombotique non bactérienne est fréquemment associée, mais non constante. Le diagnostic biologique des CIVD subaiguës n'est pas toujours aisé, reposant sur le dosage des produits de dégradation de la fibrine, les valeurs du nombre des plaquettes, la concentration du fibrinogène, le taux de prothrombine pouvant rester dans les limites de la normale. Le traitement par héparine permet la correction des anomalies biologiques sans prévenir efficacement les récidives ischémiques ; le seul traitement actif est celui de la cause.

Syn. coagulopathie de consommation

coagulopathie de consommation, syndrome de coagulation intravasculaire disséminée

[F4]

cobblestone n.angl. (obsolète)

lissencéphalie pavimenteuse

lissencéphalie

coefficient de solubilité l.m.

Le coefficient de solubilité d’un gaz est une valeur définissant le nombre de litres de celui-ci qui, à température donnée, peut se dissoudre dans un litre d’eau

Chaque gaz possède son propre coefficient de solubilité. Par exemple, à 25°C, le coefficient de solubilité de l’oxygène est de 0,0328, soit 32,8mL par litre d’eau. Celui du gaz carbonique est de 0,812, soit 812 mL par litre d’eau.

coefficient de transmission uréthrale l.m.

Rapport de l'amplitude des pics de pression engendrés par des efforts de toux répétés sur les enregistrements du profil de pression uréthrale d'une part, et sur la courbe de pression vésicale d'autre part.
Un coefficient normal varie de 90 à 100%, ce qui signifie que les pics de pression uréthrale et vésicale à la toux doivent être presque identiques pour préserver la continence.

profilométrie

[M3]

cœur croisé l.m.

criss-cross heart

Variété exceptionnelle de malformation congénitale du cœur caractérisée par la communication de l’oreillette droite avec le ventricule situé à gauche, et de l’oreillette gauche avec le ventricule situé à droite.
Les deux ventricules sont le plus souvent superposés, le droit hypoplasique, étant situé au-dessus du gauche.
La variabilité des connexions ventriculo-artérielles et des malformations artérielles surajoutées explique la diversité des situations hémodynamiques et de leurs manifestations cliniques.

[Q2,K2]

colobome oculaire l.m.

Malformation oculaire dans laquelle s'observe une perte de substance par défaut de fermeture de la fissure fœtale, pouvant toucher différentes couches tissulaires de l'œil ou de ses annexes

paupières, cristallin, uvée

[Q2,P2]

coloration de Harris-Shorr l.f.

Harris-Shorr’s staining

Coloration utilisée en colpocytologie associant la triple coloration nucléocytoplasmique de Shorr (écarlate, orangé, vert solide) à la coloration nucléaire par l'hématoxyline de Harris.

H. F. Harris, (1900) et E. Shorr, médecins américains (1941)

colpocytologie

[03]

Édit. 2015

coloration de Shorr l.f.

Shorr’s staining

E. Shorr, anatomopathologiste américain (1941)

Syn. coloration de Harris-Shorr

Shorr (coloration de)

commission départementale de l'éducation spéciale l.f.

departemental board of special education

Commission dont la compétence s'exerce sur l'orientation des enfants et des adolescents handicapés et sur l'attribution d'aides financières aux familles, notamment de l'allocation d'éducation spéciale.
Cet organisme départemental a été institué dans les dispositions de la loi du 30 juin 1975 en faveur des personnes handicapées.
Composé de douze membres nommés par le préfet sur proposition des administrations et organismes intéressés, ses décisions s'imposent aux organismes de prise en charge et aux établissements de divers types chargés de recevoir ces mineurs ; mais elles ne s'imposent pas aux familles. La commission permet à celles-ci d'exercer leur préférence parmi les établissements.

Sigle CDES

[E]

commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapée s l.f.

Commission siégeant au sein des maisons départementales des personnes handicapées chargée de prendre les décisions concernant l’application des droits des personnes handicapées (allocations, prestations de compensation, orientations scolaire et professionnelle, accueil en établissements spécialisés).
Elle a été instaurée par le chapitre IV du titre V de la Loi n° 2005-102 du 11 février 2005.

Sigle CDAPH ou CDA

maisons départementales des personnes handicapées

[E]

commission départementale des hospitalisations psychiatriques l.f.

departmental committee for the psychiatric hospitalizations

Organisme chargé, en France, dans chacun des départements, du contrôle de l’hospitalisation psychiatrique.
Il a été institué par la loi du 27 juin 1990 et un décret du 25 septembre 1991. La loi du 4 mars 2002 a renforcé sa composition, sa compétence et ses moyens d’action. Son organisation a été précisée par les circulaires du 14 février et 1er août 2006.
Cette commission doit :
- être informée de toute hospitalisation sans le consentement du malade, de tout renouvellement et de toute levée d’hospitalisation,
- établir chaque année un bilan de l’utilisation des procédures d’urgence,
- examiner, en tant que de besoin, la situation des personnes hospitalisées et, obligatoirement, celle de toutes les personnes dont l’hospitalisation sur demande d’un tiers se prolonge au-delà de trois mois,
- saisir, en tant que de besoin, le préfet ou le procureur de la République de la situation des personnes hospitalisées,
- visiter les établissements publics ou privés assurant le service hospitalier, recevoir les réclamations des personnes hospitalisées ou de leur conseil,
- adresser, chaque année, le rapport de son activité au préfet dans le département et au procureur de la République.
Elle peut proposer au président du tribunal de grande instance du lieu de la situation de l’établissement d’ordonner la sortie immédiate de toute personne hospitalisée sans son consentement.
La commission comprend :
- deux psychiatres, l’un désigné par le procureur général près la cour d’appel, l’autre par le préfet,
- un magistrat désigné par le premier président de la cour d’appel,
- deux représentants d’associations agréées, désignés par le préfet,
- un médecin généraliste désigné par le préfet.

[E]

commission médicale départementale des permis de conduire l.f.

Commission chargée d’apprécier les aptitudes physiques d’une personne à la conduite des véhicules automobiles.
Les personnes examinées sont soit des candidats au permis qui sont des porteurs d’un handicap, soit des titulaires qui ont été responsables d’accidents, des demandeurs de renouvellement de permis pour certains véhicules, etc.
Les avis de la commission composée de médecins désignés par le préfet peuvent être révisés par une commission d’appel, la décision finale revenant au préfet.

permis de conduire

[E]

commission médicale d'établissement l.f.

Organisme consultatif obligatoirement constitué dans chaque établissement hospitalier public.
Elle vise à associer le corps médical hospitalier aux décisions les plus importantes de l’administration hospitalière.


  1. La CME est consultée sur le programme, le plan directeur, le budget, les comptes de l’établissement, l’exécution du budget en cours d’exercice dans le cadre de la dotation globale. Elle est tenue informée de l’organisation et du fonctionnement des services médicaux, pharmaceutiques ou autres, des pôles d’activité et des départements, elle suit les aspects techniques des activités médicales et la qualité des soins donnés aux malades.

  2. Les membres de la CME sont élus par leurs pairs et élisent leur président.

Sigle CME

[E]

commission nationale d'homologation l.f.

Commission chargée d’émettre un avis sur les demandes de mise sur le marché des matériels à usage préventif, diagnostique ou thérapeutique figurant sur une liste arrêtée par le ministre chargé de la Santé après avis de ladite commission, l’avis portant sur l’efficacité des matériels et la sécurité des personnes le manipulant.


  1. Commission nationale composée de représentants des ministres intéressés et de personnalités désignées en raison de leur compétence.

  2. Elle définit les modalités de la procédure d’homologation qui est accordée pour une durée déterminée, renouvelable, après contrôle par des essais techniques par des laboratoires spécialisés et des essais cliniques dans des services hospitaliers agréés.

[E]

commission nationale de l'informatique et des libertés l.f.

Commission chargée par la loi relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, d’examiner tous les projets de fichiers qui contiennent des données nominatives et des renseignements concernant la vie privée des personnes et qui utilisent l’informatique ; elle les autorise ou les refuse, leur impose des modifications, et contrôle leur gestion.
Sa mission est donc de surveiller la conservation du caractère confidentiel des données, le moment au-delà duquel l’exploitation du dossier ne nécessite plus sa personnalisation, la qualification des personnes ayant accès au dossier, etc.

Sigle CNIL

archives médicales, registre

[E]

commission nationale des accidents médicaux l.f.

national committee of the medical accidents Commission instituée en France par l’article 98 du Titre IV de la loi du 4 mars 2002 et son décret d’application du 29 avril 2002 dans le cadre de la réparation des conséquences des risques sanitaires et placée auprès des ministères de la Justice et de la Santé.
Aux termes des textes, elle :
- prononce l’inscription des experts sur une liste nationale des experts en accidents médicaux,
- assure la formation de ces experts en matière de responsabilité médicale,
- établit des recommandations sur la conduite des expertises,
- veille à une application homogène des procédures d’expertise et peut radier un expert de la liste,
- établit un rapport annuel.
Elle est présidée par un magistrat de l’ordre judiciaire ou administratif et comprend 26 membres nommés pour cinq ans :
- cinq experts professionnels dont trois médecins exerçant à titre libéral et deux dans des établissements publics,
- quatre représentants des usagers proposés par des associations agréées,
- seize personnalités qualifiées pour leurs compétences dans le domaine scientifique ou dans celui de la responsabilité médicale,
- un commissaire du gouvernement.
L’institution de cette commission nationale témoigne, conjointement avec la création des Commissions régionales de conciliation et d’indemnisation (CRCI) et de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux(ONIAM), de la volonté du législateur d’entrer dans une démarche de qualité et d’efficacité en matière de réparation des préjudices liés aux soins.

Commissions régionales de conciliation et d'indemnisation (CRCI), Office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM)

[E]

commission pédagogique nationale des études de santé l.f.

national educational board of the health studies

Commission charge de formuler des avis et de faire des propositions sur les orientations et le déroulement des études de santé.
Placée auprès du ministre de l’Enseignement supérieur, elle regroupe quatre sous-commissions spécifiques aux études médicales, pharmaceutiques, odontologiques et maïeutique.

[E]

commission technique d'orientation et de reclassement professionnel (COTOREP) l.f.

guidance and professional re-classification technical commission

Maison départementale des personnes handicapées

[E]

commissure n.f.

commissura (TA)

commissure

Zone d’union de deux formations anatomiques (p. ex. commissure des lèvres, commissures des paupières), parfois sur la ligne médiane, entre deux éléments pairs et symétriques (p.ex. commissure de la vulve).
Plus spécifiquement c’est le point d’entrecroisement ou de passage, sur la ligne médiane, de faisceaux nerveux unissant des formations droites et gauches du système nerveux central (p.ex. : commissure inter-hémisphérique).

[A1]

Édit. 2015

commissure antérieure des grandes lèvres de la vulve l.f.

commissura labiorum majorum pudendi anterior (TA)

anterior commissure of labium majus

Zone d’union de l’extrémité antérieure des grandes lèvres qui s’unissent en se confondant avec le mont du pubis, en avant et au-dessus du capuchon du clitoris.

[A1]

Édit. 2015

commissure antérieure du cerveau l.f.

commissura anterior cerebri (TA)

anterior commissure of cerebrum

Petit faisceau blanchâtre tendu en arc entre les deux hémisphères cérébraux, au niveau de la paroi antérieure du troisième ventricule.
Sa partie médiane est en rapport en arrière avec les colonnes du fornix avec lesquelles elle délimite la fossette triangulaire (de Schwalbe), et en avant avec la partie supérieure de la lame terminale du cerveau au-dessous du rostrum du corps calleux. Ses deux prolongements latéraux traversent en diagonale les deux régions sous-lenticulaires. Les fibres antérieures, arciformes à concavité antérieure, réunissent les deux bulbes olfactifs. Les fibres postérieures, arciformes à concavité postérieure, solidarisent l’écorce des deux circonvolutions de l’hippocampe.

G. Schwalbe, anatomiste allemand (1844-1916)

Syn. anc. commissure blanche antérieure, commissure olfactive, commissure du rhinencéphale, commissure rostrale

[H5]

Édit. 2015

commissure auditive pontique l.f.

commissure cochléaire du pont

[H5]

Édit. 2015

commissure blanche antérieure l.f.

commissure antérieure du cerveau

[H5]

Édit. 2015

commissure blanche antérieure de la moelle spinale l.f.

commissura alba anterior medullae spinalis (TA)

anterior white commissure of spinal cord, ventral white commissure of spinal cord

Lame transversale de substance blanche qui unit l’un à l’autre, sur la ligne médiane, les deux cordons ventraux de la moelle spinale.
Elle est comprise entre le fond du sillon médian ventral et la commissure grise.

[H5]

Édit. 2015

commissure blanche postérieure l.f.

commissura posterior
posterior commissure, postcommissure
Structure télencéphalique, formée de substance blanche présente dans l'épaisseur du repli inférieur du récessus pinéal, qui va de l'épiphyse au toit de l'aqueduc de Sylvius.
Cette commissure contient un noyau qui appartient au groupe des noyaux oculomoteurs accessoires (avec le noyau interstitiel de Cajal et le noyau de Darkschewitsch), situés dans la portion rostroventrale du mésencéphale. Certaines fibres issues de ces trois noyaux constituent en partie la commissure blanche postérieure. Ces noyaux sont impliqués dans la motricité extrinsèque de l'œil et notamment ses mouvements de verticalité. Le plan passant par les deux commissures blanches antérieure et postérieure constitue le plan bicommissural utilisé en stéréotaxie (cf. atlas de Talairach)

S. Ramón y Cajal, anatomopathologiste espagnol, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1906 (1852-1934) ; L. O. Darkshewitsch, neurologiste russe (1858-1925)

[H5]

Édit. 2015

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