Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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arthroscintigraphie n.f.

arthroscintigraphy

Image scintigraphique d'une articulation obtenue après injection intra-cavitaire d'un radio-isotope. Technique obsolète.

Étym. gr. arthron : articulation

scintigraphie

aspect de crâne cotonneux l.m.

cotton wool appearance skull

Sur une radiographie du crâne, taches multiples, denses, de forme irrégulière, de tailles variées, visibles sur la calvaria (voûte) dans le diploë en règle très épaissi.
Image caractéristique d'une maladie de Paget.

J. Paget, Sir, chirurgien et physiologiste britannique (1814-1899)

Syn. crâne ouaté

maladie de Paget

[B2,I1]

aspect en verre dépoli l.m.

ground glass appearance

En radiographie osseuse, plage de clarté opalescente visible dans la cavité médullaire, bien limitée par une bande d'ostéosclérose, répondant à un foyer de dysplasie fibreuse.
Cette image résulte de la présence d'un tissu fibreux, dont la matrice est faiblement minéralisée.

aspect "poivre et sel" du crâne l.m.

"salt and pepper" appearance

Sur une radiographie du crâne de profil, aspect créé par la juxtaposition de très petites zones de clartés et d'opacités.
Cette image est caractéristique d'une hyperparathyroïdie.

astigmatisme cornéen l.m.

corneal astigmatism

Vice de réfraction dans lequel l'œil donne d'un objet fixé une image différente selon ses différents méridiens : des rayons parallèles ne sont pas focalisés au même point, la réfraction n'étant pas identique dans les différents méridiens en raison de la variation des rayons de courbure de la face antérieure de la cornée.
L'astigmatisme est en règle d'origine cornéenne ; mais il peut aussi être extra-cornéen ; il peut être régulier ou irrégulier, primitif ou secondaire. Il est traité par des verres correcteurs et par la chirurgie (kératomie réfractive).

Étym. gr. : privatif ; stigma : marque

asymbolie tactile l.f.

tactile asymbolia

Incapacité de reconnaître par le tact un objet, malgré une identification correcte de sa forme et de ses autres caractéristiques physiques (poids, matière, consistance, etc.).
Terme souvent tenu pour désuet.
Il n'existe aucun trouble des sensibilités élémentaires. L'atteinte unilatérale est la plus habituelle, l'atteinte bilatérale exceptionnelle.
Actuellement, ce trouble est plutôt considéré comme une agnosie tactile associative, par incapacité d'accéder aux connaissances sémantiques à partir de l'image mentale.
En tout cas, cette symptomatologie pariétale demeure très rare.

Syn. astéréognosie pure

agnosie tactile, anomie tactile de la main gauche

atélectasie ronde l.f.

round atelectasy

En radiologie pulmonaire, opacité périphérique, reliée au hile par son pédicule bronchovasculaire (aspect en queue de comète) et qui siège en regard d'un épaississement pleural dans un lobe aéré, de taille réduite (déplacement des scissures).
Ces éléments sont mieux visibles en scanographie que sur un cliché standard.
Cette image répond à une atélectasie localisée, habituellement dans un lobe inférieur. Elle s'explique par une adhérence à la plèvre au décours d'une pleurésie, plus rarement d'un pneumothorax. La languette pulmonaire, initialement libre dans l'épanchement, se fixe, puis s'enroule autour de son axe bronchovasculaire lors de la résorption du liquide ou de l'air.

Étym. gr. atêles : incomplet ; ektasis : extension

atrésie bronchique l.f.

bronchial atresia

Malformation bronchique caractérisée par une interruption de la lumière d'une bronche segmentaire, le plus souvent apicopostérieure gauche, exceptionnellement lobaire.
Il existe une mucocèle en aval de l'obstruction par accumulation de mucus. L'atrésie bronchique expose à des infections bronchiques récidivantes. Elle est souvent asymptomatique et découverte lors d'un cliché de thorax qui montre l'image d'une bronchocèle en amont d'une distension pulmonaire localisée. La TDM identifie la mucocèle. L'exérèse chirurgicale du segment ou du lobe malformé est nécessaire en cas d'infection bronchique, discutée dans les formes asymptomatiques.

Étym. gr. : privatif ; trêsis : trou

auto-érotisme n.m.

auto-erotism

Mode d'obtention de la satisfaction sexuelle en ayant recours uniquement à un organe du corps propre.
S. Freud situe le fonctionnement auto-érotique au stade le plus archaïque du développement libidinal, en rapport avec le caractère partiel de la pulsion. L'excitation sexuelle peut se résoudre là où elle a sa source, sans faire le tour de l'objet, dans un plaisir d'organe. Plus tard, le plaisir d'organe ne sera plus qu'une composante de la satisfaction libidinale.
Le narcissisme constitue un moment de dépassement de l'auto-érotisme : la libido prend l'image unifiée du corps (moi idéal) pour objet.
Dans la démence précoce, Freud note qu'il y a un retour du sujet à l'auto-érotisme par retrait de la libido des objets de la réalité.

autohistoradiographie n.f.

autohistoradiography

Image de la distribution à l'échelle microscopique des atomes radioactifs introduits dans un tissu.
Elle est obtenue en recouvrant une coupe histologique d'une fine couche d'émulsion photographique qui est impressionnée par le rayonnement bêta des radioéléments contenus dans des zones tissulaires (par ex. 131I dans les vésicules thyroïdiennes) ou cellulaires (par ex. noyaux dont l'ADN a incorporé de la thymidine marquée au 3H ou 14C).

Syn. histo-autoradiographie

autotopo-agnosie n.f.

autotopoagnosia

Perte de la représentation, notamment de la localisation et des représentations spatiales relatives des divers éléments du corps, avec atteinte de leur nomination comme de leur image, donc de leur description.
Cette incapacité concerne les différentes parties corporelles du sujet, mais aussi de l'observateur, même si celui-ci peut être vu ou touché.
S'y ajoutent des négations, fréquemment associées à la conviction que les parties manquantes ont été soustraites par l'autre, ou qu'elles étaient à jeter parce que ne servant à rien, ou les deux ensemble. À l'extrême, elles sont vécues par le patient comme portées par ses semblables.
En revanche, les vêtements ou objets peuvent être correctement désignés. Dès lors, le lien avec telle ou telle partie du corps n'est que de simple contigüité.
De telles observations peuvent dépasser la notion d'une localisation pariétale stricte au niveau de l'hémisphère gauche. Elles évoquent souvent un état confusionnel ou d'affaiblissement intellectuel sur un versant lésionnel diffus, aigu ou au long cours, ou bien un vécu délirant présumé non organique, avec discussion d'un partage spéculaire.
Il reste que ce symptôme, rarement isolé, est en règle associé à une indistinction droite-gauche ou aux éléments d'un syndrome de Gerstmann.

Étym. gr. auto : soi ; topo : lieu ; a : privatif ; gnôsis : connaissance

bactérides pustuleuses d'Andrews l.f.p.

pustular bacterids

Lésions de pustulose palmoplantaire amicrobienne caractérisée par la survenue de poussées récurrentes de lésions pustuleuses sur la voûte plantaire et la paume des mains.
Cet ensemble lésionnel est considéré par certains comme une entité sur les deux arguments suivants : image histologique de pustule intra-épidermique uniloculaire et présence d'un foyer infectieux à distance, surtout amygdalien ou dentaire, dont la cure entraîne la disparition des
lésions cutanées. Son individualisation est niée par beaucoup. Les bactérides d’Andrews s’inscrivent dans les atteintes ostéo-articulaires de la pustulose palmo-plantaire souvent considérées comme faisant partie du syndrome synovite-acné- pustulose-hyperostose-ostéite (SAPHO).  

G. C. Andrews, dermatologiste américain (1934 et 1935)

pustulose palmo-plantaire, SAPHO (syndrome)

Édit. 2017

Bagolini (verres de) l.m.p.

striated Bagolini’s glasses

Verres permettant d’étudier les relations sensorielles qui existent entre les deux yeux, procédé peu dissociant qui doit toujours être réalisé au début de l’examen orthoptique.
Chaque verre est constitué de deux verres accolés, maintenus par un cercle de métal, l’un d’eux comporte des stries microscopiques parallèles qui transforment l’image ponctiforme de la lumière fixée en un trait lumineux perpendiculaire à la direction des stries. Les verres sont placés dans une monture d’essai, l’un verticalement, l’autre horizontalement. Plusieurs réponses sont possibles : les deux rayons se croisent (fusion ou union), ou la lumière apparaît traversée par un seul rayon (neutralisation), ou une partie de rayon est absente (scotome), ou deux lumières sont vues (diplopie).
La principale limite du test est le jeune âge du patient.

B. Bagolini, ophtalmologiste italien (1965)

  scotome, diplopie

Édit. 2017

barrette courbe l.f.

curved probe

Sonde d'échographie constituée par la juxtaposition de céramiques piézoélectriques sur une surface convexe, ce qui permet d'obtenir des lignes de balayage disposées suivant un secteur angulaire (image sectorielle).
Son avantage est d'offrir une bonne résolution spatiale et de permettre une exploration des zones d'accès difficile par exemple le foie par voie intercostale.

balayage (en échographie)

Édit. 2017

barrette linéaire l.f.

linear probe

Sonde d'échographie constituée par un alignement de céramiques piézoélectriques réalisant des lignes de balayage parallèles et donnant une image rectangulaire avec une bonne résolution spatiale.

balayage (en échographie)

Édit. 2017

Barrett (œsophage de) l.m.

Barrett oesophagus, CELLO (Columnar Lined Lower Œsophagus)

Anomalie du revêtement muqueux du bas œsophage, dans laquelle l'épithélium malphigien est remplacé par un épithélium glandulaire de type gastrique ou intestinal.
C'est une anomalie acquise, une métaplasie constituant un mode de réparation d'une œsophagite ulcérée généralement secondaire à un reflux gastro-œsophagien prolongé. L’œsophage de Barrett ne donne pas de symptômes spécifiques. Le plus souvent asymptomatique, il doit être recherché au cours de toute endoscopie digestive haute prescrite pour un reflux gastro-œsophagien ou toute autre cause. L’aspect de la muqueuse oesophagienne est macroscopiquement blanchâtre, celle de l’estomac rose saumon. La ligne entre les épithéliums malpighien et glandulaire, appelée ligne Z, est déplacée vers le haut au- dessus du cardia anatomique. La distance entre le cardia anatomique et la ligne Z est appelée muqueuse de Barrett. Les pôles supérieur et inférieur par rapport aux arcades dentaires doivent être précisés. On distingue les endobrachyœsophages courts de 5 à 30 mm de hauteur et les longs de plus de 30 mm de hauteur.
L’évolution de l’endobrachyœsophage risque de se faire vers la dysplasie de bas grade, de haut grade, de cancer in situ puis de cancer invasif.
En cas d’œsophagite sévère, le diagnostic qui peut être méconnu, nécessite habituellement un contrôle endoscopique après traitement antisécrétoire. En cas de dysplasie de haut grade une deuxième endoscopie avec biopsies selon un schéma planimétrique est également réalisée après traitement antisécrétoire. En cas de dysplasie de bas grade, une deuxième endoscopie après traitement antisécrétoire permet un contrôle endoscopique avec biopsies ; une surveillance est faite ensuite tous les 6 à 12 mois. En l’absence de dysplasie, une surveillance est recommandée 3 à 5 ans plus tard.
Les biopsies étagées, en cadran obéissent à un protocole précis. L’histologie doit contenir un contingent de cellules caliciformes, caractéristique de la métaplasie intestinale qui affirme le diagnostic. En cas de dysplasie, une double lecture doit être faite selon les recommandations de l’Institut national du cancer. Un certain nombre de technologies diagnostiques, encore du domaine de la recherche et réservées aux centres experts, ont récemment émergé grâce aux progrès de l’optique, de la vidéo-endoscopie et du retraitement informatique de l’image.  

N. Barrett, chirurgien britannique (1950) ; M. Savary et G. Miller, médecins suisses (1977)

Étym. gr. oisophagos : œsophage, qui porte ce qu'on mange

Syn. endobrachyœsophage

Savary et Miller (classification), métaplasie, reflux gastro-œsophagien, cancer œsophagien, endobrachyœsophage

[L1]

Édit. 2019

basion n.m.

basion (TA)

basion

En crâniométrie, chacun des deux points de repaire différents qui correspondent l’un et l’autre à la région médiane du bord antérieur du foramen magnum.
Le point situé sur la limite même du foramen est l’endobasion. Le point situé en avant et au-dessous du précédent est l’hypobasion, point le plus bas du rebord antérieur du foramen.
Sur une radiographie de profil du crâne, ce point correspond à l'extrémité inférieure de l'image du clivus.

Édit. 2017

Bazin (érythème induré de ) l.m.

erythema induratum ou indurativum, tuberculosis cutis indurativa, Bazin's disease, nodular vasculitis

Hypodermite chronique bilatérale des membres inférieurs évoluant parfois vers l'ulcération, se manifestant par des lésions violacées, peu douloureuses, peu inflammatoires.
L'image histologique est celle d'une hypodermite septale avec un infiltrat tuberculoïde, mais sans bacilles acido-alcoolorésistants. La nature tuberculeuse de l'affection est discutée.

E. Bazin, dermatologue français, (1861)

Syn. scrofulides érythémateuses (obsolète)

Édit. 2017

Bergman (signe de) l.m.

Bergman’s sign

En urographie intraveineuse, dilatation cupuliforme de l'uretère sus- et sous-jacente à une lacune.
Cette image correspond à une tumeur endo-luminale. Elle se distingue donc de la lacune par calcul radiotransparent, sous laquelle l'uretère est en règle générale collabé.

H. Bergman, chirurgien urologue américain (1961)

Édit. 2017

bit n.m.

bit

Unité binaire qui permet de quantifier le contenu d'un message et la place qu'il tient dans la mémoire qui l'enregistre.
Tout message (oral, écrit ou image) peut être transcrit en une suite de bits ; aussi les calculateurs électroniques et les ordinateurs utilisent le principe binaire du tout ou rien (passage d'une impulsion ou pas d'impulsion, présence d'une tension électrique ou non, etc.), codés 1 ou 0 respectivement (on code aussi 0 = + et 1 = - ). En informatique, la capacité de mémoire se mesure en bits : ex. une disquette a une capacité de 2 millions de bits (2.106) et les mémoires des ordinateurs s'évaluent en milliards de bits ou gigabits (2 109) et plus.
Comme les neurones du cerveau répondent à la loi du tout ou rien, le fonctionnement cérébral est binaire, en principe : la capacité du cerveau humain est beaucoup plus grande que celle des ordinateurs (100 milliards de neurones établissant chacun 10 000 connexions en moyenne avec d'autres neurones = 1011 x 104 = 1015 bits # 4.1012 octets). Par contre le débit de délivrance d'un message est beaucoup plus rapide dans les machines que dans le système nerveux : pour transmettre une conversation téléphonique une ligne à 1 500 bauds suffit, mais pour les connexions entre ordinateurs on utilise des lignes d'environ 300 000 bauds et à l'intérieur des machines, la fréquence porteuse, de l'ordre de 500 MHz, permet un débit de message de l'ordre du mégabauds, soit un passage d'un point à l'autre en moins d'un millionième de seconde, alors que le passage des synapses entre neurones demande environ 1 ms.
Nota : la transmission d'un message ne doit pas être confondue avec la quantité d'information qu'il apporte car un long message peut n'apporter que très peu d'information.

Étym. angl. bit : contraction de binary digit : chiffre binaire.

baud, information, mémoire, octet, shanon

Édit. 2017

bite-wing (cliché) l.angl.

Petit film dentaire positionné en arrière des dents examinées par un aileron perpendiculaire au film.
Le sujet serre cet aileron entre les dents pour maintenir l'ensemble.
L'image obtenue permet de visualiser les couronnes et les collets des dents, en position d'occlusion, ainsi que les rebords alvéolaires correspondants ; ce film est fréquemment employé avec la technique long cône. Actuellement, le terme désigne la même incidence obtenue sur un film dentaire standard, mais maintenu en bouche par un support approprié.

Étym. angl. bite : mordre ;wing :

Syn. cliché rétrocoronaire, radiographie dentaire interproximale (peu usité)

Édit. 2017

blessés (réadaptation psychique des) l.f.

wounded persons (psychic rehabilitation among)

Ensemble des dispositifs thérapeutiques et d'assistance qui visent à la prise en charge de la dimension psychique des troubles liés aux suites de blessures physiques.
Indissociables des thérapeutiques réparatrices et de la rééducation fonctionnelle, ils ont pour objet de restaurer chez le patient une image de soi qui permette le rétablissement de sa capacité relationnelle à autrui, puis sa réinsertion sociale. Associant, suivant les cas, des techniques de rééducation des fonctions cognitives et psychothérapiques à des mesures de soutien social, la réadaptation psychique des blessés est particulièrement nécessaire lorsque subsistent des handicaps moteurs et cérébraux, ou chez les blessés de la face (« les gueules cassées ») et les grands brûlés.

Édit. 2017

Bolton (point de) l.m.

Bolton’s point

Sur une téléradiographie de profil du crâne, point le plus profond de l'image du bord postérieur du condyle de l'occipital.

J. S. Bolton, neurologue britannique (1867-1946)

Édit. 2017

bord (image de) l.f.

edge appearance

En sémiologie radiologique, limite nette entre deux structures de densités différentes abordées tangentiellement par le rayon directeur.
Certaines techniques radiologiques anciennes permettaient de renforcer l'image de bord pour améliorer le contraste entre deux plages de tonalités voisines, "effet de bord", comme le logétron et la xérographie. Actuellement, on obtient un résultat analogue par la numérisation des images.

tangence (loi de)

Édit. 2017

bosse de Hampton l.f. (désuet)

Hampton's hump

En radiologie pulmonaire, opacité triangulaire à base pleurale et à sommet arrondi dirigé vers le hile.
Parfois masquée par un épanchement pleural, cette image est suggestive d'un infarctus pulmonaire. Dans l'évolution favorable, elle disparaît progressivement "tel un glaçon" de la périphérie vers le centre.

A. O. Hampton, médecin radiologiste américain (1940)

Édit. 2017

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