Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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patella alta l.f.

patella alta
Position haute de la patella.
Elle est évaluée sur une radiographie de profil par la mesure de l'index patellaire (ou rotulien). Elle est due à une distension du ligament patellaire souvent par hypertonie ou rétraction du muscle quadriceps.

Étym. lat. patella : patelle ; alta : haute

Ant. patella infera ou baja

patella (luxation récidivante de la) l.f.

recurrent dislocation of the patella

Succession d’épisodes de luxation de la patella.
Elle peut survenir soit après un nouveau traumatisme, soit à l'occasion d'un effort minime.
L'étiologie est variable et peuvent être en cause :
1° après un traumatisme : la rétraction capsulaire externe avec distension interne, la faiblesse ou la rétraction du muscle quadriceps fémoral,
2° sans traumatisme apparent : la laxité articulaire, la désaxation fémorotibiale, des anomalies musculaires ou encore les affections générales du tissu conjonctif : maladie de Marfan, d'Ehler-Danlos, de Larsen, de Turner, la trisomie 21, etc.

Syn. luxation récidivante de la rotule (obs.)

[I1,I2]

Édit. 2017

patella (luxation traumatique de la) l.f.

traumatic dislocation of the patella

Luxation de la patella après un traumatisme plus ou moins violent entraînant une déchirure des éléments de fixation sur le fémur ; le déplacement de la patella est habituellement en dehors et les ruptures ligamentaires internes.
Il s'agit souvent d'un accident de sport, survenant en demiflexion du genou avec contraction brutale du muscle quadriceps fémoral. La réduction spontanée est fréquente lors d'un mouvement secondaire d'extension du genou. La luxation interne est rare. L'absence de réparation des lésions capsuloligamentaires favorise les récidives.

Syn. luxation traumatique de la rotule (obs.)

[I1,I2]

Édit. 2017

perfusion myocardique l.f.

myocardial perfusion

Circulation sanguine intra-myocardique dans les petites artères coronaires, les artérioles et les capillaires régulée par la pression sanguine, les forces de compression extravasculaires, le métabolisme cardiaque et le contrôle nerveux.
Tout accroissement du métabolisme et de la consommation en oxygène du muscle cardiaque implique une augmentation de la perfusion myocardique. L’adéquation des besoins aux apports en oxygène est assurée par les  variations de la perfusion myocardique.

→ coronaires (artères), débit coronaire, régulation de la circulation coronaire

péricystite n.f.

pericystitis

Inflammation du tissu cellulo-adipeux pelvien périvésical.
Complication des infections endovésicales (sur tumeurs, diverticules, lithiase). Elle peut être aigüe et suppurative, circonscrite ou diffuse (tel le phlegmon de l'espace de Retzius), ou chronique scléro-inflammatoire, englobant le muscle vésical dans une gangue rigide, facteur de perte de capacité fonctionnelle.

périmysium n.m.

perimysium (TA)

perimysium

Nappe de tissu conjonctif s’étalant à la surface d’un muscle et de laquelle partent les cloisons conjonctives de l’endomysium.

périnée postérieur l.m.

posterior perineum

Partie postérieure du périnée féminin, séparée du périnée antérieur par un plan musculofibreux bi-ischiatique.
Elle est recouverte par une peau épaisse, près des régions fessières, plus fine et plus mobile près de l'anus sous laquelle se trouve un tissu cellulo-adipeux se continuant avec celui des fosses ischiorectales et dans lequel cheminent l'artère et la veine périnéales, des lymphatiques, des rameaux nerveux superficiels venant du nerf périnéal. Elle comprend le canal anal avec le muscle sphincter externe de l’anus.
Le périnée peut être déchiré lors de l'accouchement (déchirure simple, complète lorsqu'elle touche le sphincter, complète et compliquée quand le sphincter et le canal anal sont intéressés).

Syn. périnée anal

→ périnée antérieur

phosphocréatine n.f.

phosphocreatine

Amide phosphorique de la créatine, jouant le rôle de phosphagène, c'est-à-dire de réserve d'acide phosphorique riche en énergie dans le muscle et les autres cellules des vertébrés.

Syn. créatine-phosphate

phosphoglycéraldéhyde-déshydrogénase n.f.

phosphoglyceraldehyde-dehydrogenase

Enzyme catalysant la déshydrogénation du phosphoglycéraldéhyde en diphospho-1,3-glycérate, en présence d'acide phosphorique et de NAD+ qui se trouve réduit en NADH,H+.
Cette réaction est la plus importante de la glycolyse puisque c'est elle qui transforme l'énergie d'oxydation en une énergie de liaison anhydride phosphorique (oxydoréduction phosphorylante).
La phosphoglycéraldéhyde-déshydrogénase est présente dans toutes les cellules vivantes, et représente 10 % des protéines de la levure. Elle contient du zinc et a dans son site actif une fonction thiol, qui intervient dans la réaction en se liant à la fonction aldéhyde, liaison que le transfert d'hydrogène transforme en liaison anhydride acyl-thiol. Elle est inhibée par les réactifs des fonctions thiol (p-chloromercuribenzoate, iodacétate, etc.). Le transfert d'hydrogène intéresse la position B du NADH. L'enzyme isolé du muscle a une masse moléculaire de 138 kDa et cristallise avec 2 molécules de NAD.

Syn. glycéraldéhyde-3-phosphate-déshydrogénase

phosphoglycérate-kinase (déficit en) l.m.

phosphoglycerate-kinase deficiency (PGK)

Déficit génétique récessif d'un enzyme catalysant le tranfert réversible du radical phosphoryle de l'ATP sur la fonction carboxylique de l'acide phosphoglycérique, jouant un rôle dans la glycolyse.
Liée à l'X (Xq13), survenant chez l'enfant et l'adolescent, cette affection classée parmi les glycogénoses rares associe habituellement une anémie hémolytique à un retard mental, à des convulsions et à des troubles musculaires, les uns et les autres souvent sévères. Des douleurs et une faiblesse des membres inférieurs à l'exercice, avec myoglobinurie et insuffisance rénale, sont relevées. Le taux de créatine-kinase est considérablement augmenté. La lactacidémie ne s'accroît pas à l'effort. La surcharge en glycogène, évaluée dans le muscle, reste très modérée, ainsi qu'un déficit en phosphoglycérate-kinase.

phosphorylase n.f.

phosphorylase

1) Enzyme qui catalyse la phosphorolyse d'un composé par l'acide orthophosphorique.2) Plus spécifiquement, enzyme catalysant la phosphorolyse des liaisons glucosidiques 1→4 des chaînes d'amylose (amylose-phosphorylase). Les phosphorylases existent dans la plupart des tissus animaux et végétaux. Elles catalysent le transfert du radical glucosyle sur l'acide orthophosphorique, formant un glucose-1-phosphate et laissant un polyglucoside amputé d'un glucose. L'action de l'enzyme se poursuit tant que la chaîne polyglucosidique 1→ 4 ne comporte pas de ramification (liaison 1→ 6).L'amidon et le glycogène ne sont donc pas complètement attaqués et il reste une dextrine-P à la fin de la réaction : la proximité d'un groupe glucose uni par une liaison 1→ 6 inhibe l'action de la phosphorylase, qui laisse une petite chaîne de 4 groupes glucose unis en 1→ 4 sur chaque point de ramification. Les phosphorylases catalysent aussi la réaction inverse, permettant d'attacher des glucoses en 1→ 4 sur un polyglucoside à partir de glucose-1-phosphate. Selon les tissus, les phosphorylases ont des structures un peu différentes : l'enzyme du muscle existe sous deux formes : phosphorylase a et b. La phosphorylase b n'est pas directement active, mais elle est activée par l'acide adénylique (qui est produit dans la rupture de l'ATP au cours de la contraction musculaire). Elle peut être trans­formée en phosphorylase a directement active, sous l'influence d'une phosphorylase-kinase et d'ATP, qui fixe 4 radicaux acide phosphorique, permettant la dimérisation de la phosphorylase phosphorylée : 2 phosphorylases b + 4 ATP→ 4 ADP + 1 phosphorylase a. La phosphorylase a est transformable en phosphorylase b par une phosphorylase-phosphatase qui hydrolyse les liaisons ester phosphorique de l'enzyme. Dans le foie, la phosphorylase existe aussi sous deux formes : phosphorylée, directement active, et non phosphorylée, inactive (déphospho-phosphorylase) ; celle-ci est phosphorylée par une déphosphophosphorylase-kinase dont l'action est déclenchée par l'adrénaline ou le glucagon (ou plutôt par l'acide adénylique cyclique qui se forme sous son influence). La phosphorylase est l'enzyme qui permet aux cellules animales d'utiliser les réserves de glycogène en les transformant en glucose-phosphate métabolisable.

Syn. glycogène-phosphorylase

phosphorylase-kinase n.f.

phosphorylase kinase

Enzyme catalysant le transfert d'un radical phosphoryle de l'ATP sur une phosphorylase b ou sur une déphospho-phosphorylase pour la transformer en phosphorylase a active.
La phosphorylase-kinase du muscle est normalement inactive. Son activité est déclenchée par l'influx nerveux ou par les ions Ca2+ et une protéine activatrice. La phosphorylase-kinase du foie (ou déphosphophosphorylase-kinase) n'est également activée que par un facteur déclenchant, l'AMP cyclique, dont la formation à partir d'ATP est le résultat de l'action d'une adénylate-cyclase activée par l'adrénaline ou le glucagon.

phrénotomie n.f.

phrenotomy

Ouverture du diaphragme par incision chirurgicale, habituellement à partir de la cavité thoracique.
Cette incision peut être radiée ou circulaire périphérique, dans ce cas elle ménage mieux l'innervation du muscle.

pied talus l.m.

pes talus, talipes calcaneus
Déformation du pied où l'arrière-pied se verticalise par abaissement de la tubérosité postérieure du calcanéum.
D'après l'étiologie on distingue:
le pied talus ou talus valgus congénital : chez le nourrisson, le dos du pied peut être porté contre la face antérieure de la jambe, en talus direct ou en talus valgus. Cette déformation est réversible. Le pied talus paralytique est lié à une paralysie du muscle triceps sural. Le pied talus traumatique succède à une lésion du tendon d'Achille.

Étym. lat. pes : pied ; talus : talon

pilocarpine n.f.

pilocarpine

Alcaloïde parasympathomimétique, agoniste des récepteurs cholinergiques muscariniques.
On l'extrait des feuilles de Pilocarpus (arbustes d'Amérique du Sud à partir duquel les indiens préparaient le jaborandi). Par voie générale, la pilocarpine augmente la sudation et la sécrétion salivaire. Elle produit un myosis par action sur le muscle constricteur de la pupille. Actuellement elle n'est plus utilisée qu'en ophtalmologie sous forme de collyre pour traiter le glaucome à angle ouvert (elle réduit la pression intraoculaire).
Les alcaloïdes cholinomimétiques naturels (pilocarpine, muscarine et arécoline) et quelques analogues synthétiques se fixent sur le même site que les esters de la choline. La muscarine se fixe presqu'exclusivement sur les récepteurs muscariniques, l'arécoline agit aussi sur les récepteurs nicotiniques et la pilocarpine a surtout une action muscarinique mais elle produit des effets cardiovasculaires irréguliers qui en ont restreint l'emploi.

Étym. lat. pilocarpus, pileo : laine, feutre ; gr. karpos : fruit (fruit laineux)

→ agents muscariniques

[G5,P2]

Édit. 2017

Pinotti et Keppke (technique de) l.f.

Pinotti-Keppke’s technique

Reconstruction mammaire, par transposition d'un lambeau musculocutané transversal pédiculisé sur le muscle grand droit, dans le même temps opératoire que la mastectomie.

R. Baroudi, chirurgien plasticien, J. A. Pinotti, gynécologue E. M. Keppke, chirurgien plasticien brésiliens (1978)

pirbutérol n.m.

Le pirbutérol est un bronchodilatateur agoniste des récepteurs bêta-adrénergiques possédant une action plus sélective sur les récepteurs bêta2.
Il stimule les récepteurs bêta2 adrénergiques du muscle lisse bronchique et assure ainsi une bronchodilatation rapide, significative en quelques minutes et de courte durée (4 à 6 heures). Le pirbutérol est utilisé sous forme d’aérosol, seul ou en association, à partir de l’âge de 12 ans dans la prise en charge de l’asthme comme traitement préventif et de fond, et des bronchopneumopathies chroniques obstructives.

placenta accreta l.m.

placenta accreta
Placenta incrusté dans le muscle utérin par suite d'une anomalie d'implantation due à une infection ou à une cicatrice.
La contracture utérine physiologique qui suit la délivrance et qui normalement, en « étranglant » les artères utérines, suffit à assurer l'hémostase, devient inopérante, incapable d'éviter une hémorragie brutale et massive de la délivrance. Une hystérectomie d'hémostase est alors souvent nécessaire. Elle peut maintenant être remplacée par une cathétérisation des artères utérines sous contrôle radiologique et une embolisation du lit placentaire.

Étym. lat. placenta : petit gâteau plat, galette (du gr. plakous : plat, en forme de plateau)

plan lombo-iliaque (théorie du) l.f.

ilio-lumbar plane theory

Théorie expliquant la rotation du sommet fœtal, engagé initialement en variété postérieure, en occipito-pubienne à la partie haute de l'excavation.
Le plan lombo-iliaque est formé de l'union de la colonne lombaire et de la fosse iliaque interne doublée du muscle psoas iliaque. Ce plan est incliné en bas, en avant et en dedans.
Lorsque le sommet du fœtus est engagé en occipito-postérieur, l'épaule postérieure du fœtus glisse sur le plan incliné lombo-iliaque qui lui sert de rail et le ramène en dedans, en avant et en bas. Le dos tourne donc vers l'avant et la tête, qui est solidaire, suit.

plaque motrice l.m.

motor end plate, myoneural junction, neuromuscular junction

Jonction neuromusculaire, région du sarcolemme où se situe la synapse, qui permet la transmission de l'influx nerveux à la cellule striée du muscle squelettique.
Elle est constituée de trois parties : la terminaison axonale (ensemble des ramifications de l'axone, entourées par l'axolemme qui, au contact de la fente synaptique, prend le nom de membrane présynaptique, et dont chaque élément contiendrait de l'acétylcholine) ; les gouttières synaptiques (replis de la membrane sarcolemmique formant des fentes synaptiques secondaires) ; entre les deux, la fente synaptique primaire.
Située à égale distance des extrémités de la fibre musculaire, la plaque motrice est entourée par la jonction de l'endomysium (formation conjonctive qui engaine chaque fibre musculaire striée et assure notamment la transmission de ses contractions au périmysium et à l'épimysium) avec l'endonèvre (fin réseau de collagène et de rares fibroblastes, qui entoure les fibres nerveuses à l'intérieur d'un fascicule et les unit au périnèvre).
La transmission intervenant au niveau de cette région suscite une éjection d'acétylcholine par la terminaison nerveuse, avec modifications de la perméabilité de la plaque motrice aux ions et dépolarisation (potentiel de plaque). La cholinestérase en excès, inactivatrice de l'acétycholine par hydrolyse, permet la réversibilité du phénomène. Quand le potentiel de plaque rejoint une amplitude suffisante, un potentiel propagé à l'ensemble de la fibre provoque la contraction.

→ synapse, curarisation

plexus coccygien l.m.

plexus coccygeus (TA)

coccygeal plexus

Plexus nerveux constitué par des fibres issues des quatrième et cinquième nerfs sacrés qui s’unissent au nerf coccygien.
Il donne des filets viscéraux pour le plexus hypogastrique inférieur, sensitifs pour les téguments de la région coccygienne et le nerf anococcygien pour le muscle coccygien et les téguments de région anococcygienne.

Syn. plexus sacrococcygien

plexus nerveux et miction l.

nervous plexus and micturition

Entrelacement de filets nerveux intervenant dans la miction et formant un réseau qui permet le regroupement puis la redistribution des neurones dans d'autres troncs nerveux.
Dans le mécanisme de la miction interviennent des fibres nerveuses issues de plusieurs plexus :
- plexus honteux (pudendal plexus) : formé par la réunion des 2e, 3e et 4e racines sacrées, il donne naissance au nerf pudendal, aux nerfs érecteurs, au nerf de l'élévateur de l'anus et du muscle sacro-coccygien.
- plexus hypogastrique supérieur (upper hypogastric plexus) (ou nerf présacré) constitué de filets nerveux végétatifs, essentiellement sympathiques, issus du tractus intermédiolatéralis de D10 et L2. Il est situé à l'entrée du pelvis devant le promontoire et est relié au plexus hypogastrique inférieur par les nerfs hypogastriques.
- plexus hypogastrique inférieur (lower hypogastric plexus), situé dans la partie postérieure des lames sacrorecto-génitopubiennes. Il reçoit des filets nerveux sympathiques du plexus hypogastrique supérieur (nerfs hypogastriques) et des filets nerveux parasympathiques du plexus honteux (nerfs érecteurs).

plexus veineux ptérygoïdien l.m.

plexus venosus pterygoideus (TA)

ptérygoid plexus

Plexus veineux développé sur les deux faces du muscle  ptérygoïdien latéral.
Il est formé par les anastomoses qui unissent entre elles les veines satellites des branches voisines de l’artère maxillaire. Il représente le courant veineux maxillaire lorsque le tronc veineux maxillaire a perdu son individualité.

pli du muscle élévateur du voile du palais l.m.

torus levatorius (TA)

torus levatorius

Saillie de la muqueuse pharyngée soulevée par le muscle élévateur du voile du palais au-dessous de la base de l’orifice pharyngien du tube auditif.

Syn. torus de l’élévateur

plissement musculaire l.m.

muscle tucking

Plissement de la portion terminale du muscle oculomoteur avec fixation du pli à la base de l'insertion primitive.

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