Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

730 résultats 

Beth Vincent (épreuve de) l.f.

ABO blood group typing

Méthode de détermination du groupe sanguin ABO consistant à rechercher l'agglutination des hématies par un sérum de groupe connu (anti-A ou anti-B).
Cette détermination doit toujours être associée à une épreuve de Simonin.
Avant toute transfusion de globules rouges, un contrôle ultime prétransfusionnel est obligatoire.

B. Vincent, médecin américain (1918) ; C. Simonin, médecin français (1929)

Simonin (épreuve de)

Édit. 2017

bilirubinamnie n.f.

amniotic bilirubin

Présence de bilirubine fœtale dans le liquide amniotique prélevé par amniocentèse.
Son étude nécessite des précautions de transport, le liquide amniotique devant être placé à l'abri de la lumière. Son dosage est réalisé par la méthode d’absorption de la lumière ultraviolette : le taux est lié à l'intensité de l'hémolyse fœtale, et moins à l'anémie proprement dite. La principale indication de son dosage est l'appréciation de la gravité de l'atteinte fœtale dans les iso-immunisations fœtomaternelles. Cet examen peut être réalisé à partir de 22 semaines d’aménorrhée si nécessaire ; il est surtout fiable entre 28 et 36 semaines d'aménorrhée et permet de déterminer trois zones correspondant à des degrés d'atteinte variable : nulle ou légère, intermédiaire, ou grave. Ce dosage a également été proposé pour le diagnostic échographique d'obstruction duodénale. Par ailleurs, la bilirubinamnie permet d'apprécier la maturité hépatique du fœtus : sa concentration diminue régulièrement avec la maturation fœtale.

Édit. 2017

binéphrectomie n.f.

binephrectomy

Ablation simultanée des deux reins.
La binéphrectomie est pratiquée dans l'insuffisance rénale chronique terminale, en cas de nocivité des reins propres (infection, hypertension mal contrôlée, polykystose p. ex.). Elle suppose la mise en œuvre d'une méthode d'épuration extrarénale. Elle est souvent effectuée dans le cadre de la préparation à une transplantation rénale. Elle peut être parfois réalisée après la transplantation, en raison de complications liées aux reins propres du malade.

Édit. 2017

Bishop et Corson (formule de) l.f.

Bishop-Corson’s formula

Méthode d'appréciation du poids et de l'âge du fœtus après la 36ème semaine de grossesse.
Elle est fondée sur le nombre N de cellules orangées comptées sur 500 cellules retrouvées dans un prélèvement de liquide amniotique.

E. H. Bishop et S. Corson, gynécologues américains (1968)

cellule orangée

Édit. 2017

Blaton (méthode de) l.f.

Blaton's method

Méthode dérivée de la réaction de Galli-Mainini, qui utilisait le crapaud Bufo vulgaris pour le diagnostic biologique de grossesse.

A. Blaton, gynécologue belge (1954) ; C. Galli-Mainini, médecin endocrinologue argentin (1948)

Édit. 2017

blocage androgénique l.m.

androgenic blockade, androgenic deprivation

Méthode thérapeutique visant à annuler chez l'homme l'ensemble de la sécrétion androgénique : celle du testicule par un analogue de la LH-RH ou la pulpectomie testiculaire, celle de la surrénale par le complément d'un anti-androgène.
Il est utilisé essentiellement pour le traitement du cancer de prostate avec métastases.

œstrogénothérapie

Édit. 2017

Boero (méthode de) l.f.

Boero's method

Méthode anciennement utilisée pour évacuer l'utérus gravide par injection d'une solution de formol dans la cavité amniotique.

E. A. Boero, gynécologue argentin (1935)

Édit. 2017

Brouha-Hinglais-Simonnet (réaction de) l.f.

Brouha-Hinglais-Simonnet test

Méthode autrefois utilisée pour le diagnostic biologique de la grossesse : onze jours après l'injection d'urines de femme enceinte au souriceau mâle, apparaît chez lui une hypertrophie des vésicules séminales et de la prostate.
Le diagnostic biologique de la grossesse est maintenant effectué par le dosage de l'hormone chorionique gonadotrophique (HCG) par des techniques immunologiques.

L. Brouha, physiologiste endocrinologue belge, H. Hinglais, physiologiste français, H. Simonnet, biologiste français, membre de l'Académie de médecine (1930)

diagnostic biologique de la grossesse, HCG

[O3, O4]

Édit. 2020

brouillage n.m.

partial occlusion, calibrated occlusion

Méthode de traitement de l'amblyopie consistant à réduire l'acuité visuelle de l'œil dominant au moyen d'un filtre placé sur le verre de lunettes dans le but d'altérer les contours et la forme des objets visibles sans les cacher complètement.
Le but est de favoriser la fixation de l'autre œil sans rompre la binocularité. Ce brouillage est réalisé soit par divers papiers adhésifs, soit d'une façon plus précise avec des filtres adhésifs calibrés (filtres Ryser). Une variante du brouillage est constituée par la pénalisation optique.

amblyopie

Édit. 2017

Brumpt (méthode de) l.f.

Brumpt’s technique

Méthode de numération des œufs d’ankylostomes dans un échantillon de selles.

É. Brumpt, parasitologue français, membre de l'Académie de médecine (1910 et 1936)

ankylostomose

Édit. 2017

Brumpt (xénodiagnostic de) l.m.

Brumpt's xenodiagnosis

Xénodiagnostic de la maladie de Chagas, réalisé, selon une méthode aujourd’hui abandonnée, en gorgeant des nymphes de triatomes sur le malade suspect de trypanosomose latino-américaine.

É. Brumpt, parasitologue français, membre de l'Académie de médecine (1914)

Chagas (maladie de)

Édit. 2017

Brunschwig (opération de) l.f.

Brunschwig’s operation

Méthode de cellulectomie pelvienne complétant une hystérectomie radicale dans le traitement des cancers étendus du col de l'utérus.

A. Brunschwig, gynécologue américain (1948)

Édit. 2017

Burns-Marshall (manœuvre de) l.f.

Burns-Marshall’s procedure

Méthode d'aide à l'accouchement de la tête dernière dans la présentation du siège.
La rotation et la descente spontanées de la tête sous l'effet du poids du fœtus amènent la nuque sous la symphyse pubienne. Le corps du fœtus est alors relevé en arc de cercle et la tête dégagée par flexion manuelle, expression abdominale ou application de forceps.
J. W. Burns et C. M. Marshall (1901-1954), gynécologues britannique et néozélandais

Édit. 2017

buvardage en taches l.m.

dot blot

Méthode de buvardage consistant à déposer en plusieurs dépôts sur une membrane les molécules d'acides nucléiques ou de protéines.

buvardage

Édit. 2017

calcinose cutanée l.f.

cutaneous calcinosis, calcium deposition, calcification, calcaneous impregnation
Etat résultant de la présence de dépôts calcaires dans la peau, généralement le derme, voire l'hypoderme, à la suite d'un processus pathologique, traumatique, inflammatoire, dégénératif ou néoplasique, qui est d'ailleurs souvent passé inaperçu, ce qui fait parler de calcinose idiopathique, au cours d'un trouble métabolique.
Les dépôts se présentent comme des masses violettes anhistes, électivement colorables par la méthode de von Kóssa. La calcinose peut être locale ou disséminée.

J. von Kóssa, pharmacologue hongrois (1901)

Étym. lat. calx : chaux, d’où calci-, calcium, gr. ôsis : action de pousser (suffixe utilisé pour les maladies chroniques)

calcinose, calcinose circonscrite, von Kössa (coloration de), calcinose cutanée universelle

[J1]

callotasis n.m.

callotasis

Méthode d’allongement d’un os consistant, après ostéotomie, à attendre 12 à 15 jours un début de formation du cal avant de commencer la distraction par le matériel d’allongement.
L’étirement lentement progressif du cal en voie de formation permet d’obtenir une bonne consolidation.

[I2]

cancer du rectum l.m.

rectal cancer

Est considéré comme un cancer du rectum, toute lésion située à moins de 15 cm de la marge anale ou au-dessous du corps de la 3 ème vertèbre sacrée.
Les caractéristiques épidémiologiques du cancer du rectum sont identiques à celle du cancer du côlon. Les moyens de prévention sont les mêmes. Les différences dans la stratégie thérapeutique et l'exploration proviennent de la localisation anatomique.Il s’agit dans la majorité des cas d’un adénocarcinome. Les tumeurs endocrines et les lymphomes sont rares. L'incidence des cancers du rectum est voisine de 15 000 nouveaux cas par an en France, en incluant les cancers de la jonction recto-sigmoïdienne, enregistrés parfois comme des cancers du haut rectum. Tous stades confondus, la probabilité de survie à 5 ans est d’environ 55%. Il se révèle souvent par des rectorragies, épreintes, ténesme, troubles du transit. Le bilan est identique à celui du cancer du côlon, coloscopie totale en particulier pour rechercher d’autres lésions synchrones, avec plusieurs examens supplémentaires nécessaires. Le toucher rectal (TR) est le temps primordial de l’examen clinique, réalisé de préférence sur un rectum vide, en décubitus dorsal, cuisses fléchies ou en décubitus latéral gauche ou en position genu-pectorale. Il évalue la distance de la tumeur par rapport à la marge anale et à la sangle pubo-rectale (pôle supérieur du canal anal), la taille de la tumeur mesurée en cm ; on mesure les 2 plus grands diamètres, l’aspect macroscopique polypoïde sessile, pédiculé, ulcéré, ulcéro-bourgeonnant ou purement infiltrant. Le TR apprécie la mobilité de la tumeur par rapport aux plans pariétaux profonds, l’extension circonférentielle, la consistance de la tumeur. Il est aussi un examen clé pour apprécier la réponse au traitement néo-adjuvant.L’échoendoscopie rectale est performante pour les petites tumeurs afin d’ apprécier l’invasion dans la paroi rectale. L’IRM pelvienne est utile en cas de tumeur volumineuse ou circonférentielle pour apprécier l’extension de la tumeur dans le mésorectum et visualiser les ganglions de voisinage. La chromoendoscopie virtuelle ou classique, si virtuelle non disponible, est la méthode diagnostique la plus performante de prédiction histologique et de la profondeur d’invasion tumorale. Elle permet d’apprécier si un traitement non invasif est envisageable.  Le traitement standard des cancers du rectum invasif repose sur une radiothérapie et une chimiothérapie concomitante à base de 5-FU en néo-adjuvant suivis d’une résection rectale emportant la tumeur primitive et son territoire de drainage ganglionnaire. L’exérèse totale du mésorectum est capitale, réduisant les récidives loco-régionales, mais parfois la résection doit aussi être étendue aux organes de voisinage.Dans certains cas, lorsqu'il n'est pas possible de préserver le sphincter anal, le geste chirurgical est une amputation abdomino-périnéale et la pose d'une stomie définitive. La conservation du sphincter anal n’est problématique que pour les tumeurs du bas rectum.La chirurgie peut être d’emblée impossible, en raison de l’extension locorégionale de la tumeur, ou jugée inutile, en raison d’une extension métastatique importante.A l’inverse, lorsque la caractérisation endoscopique prédit un risque d’adénocarcinome superficiel, une exérèse locale peut être réalisée, soit par endoscopie, soit par exérèse chirurgicale trans-anale. La dimension de la tumeur intervient. En effet, en cas de petite tumeur l’exérèse endoscopique est réalisée par mucosectomie et si la tumeur mesure plus de 20 mm, la dissection sous muqueuse est nécessaire. Les deux impératifs sont d’une part d’obtenir une résection R0 et d’autre part  d’éviter toute fragmentation de la tumeur afin que l’examen histologique de la pièce permette de s’assurer du caractère adapté du traitement. Contrairement au cancer du côlon les anticorps anti-EGFr (Cetuximab) et les anti-angiogéniques (bevacizumab) ne sont pas utilisés dans le cancer du rectum.    

Syn. carcinome du rectum

cancer colo-rectal, cancer du colon

[F2, L1]

Édit. 2020

capillaroscopie n.f.

capillaroscopy

Méthode d'exploration non traumatisante de la microcirculation cutanée permettant de visualiser directement les capillaires du lit unguéal où ils sont parallèles à la surface cutanée, de les compter et d'analyser leur morphologie.
Après dépôt d'une goutte d'huile à immersion sur le rebord unguéal, les capillaires sont observés à l'aide d'un microscope optique à lumière froide. Les indications de la capillaroscopie sont les troubles vasomoteurs des extrémités, et notamment les syndromes de Raynaud, à la recherche de signes de sclérodermie ou de syndrome de Sharp.

[K4,B3]

carboxyangiographie élargie l.f.

carboxyangiography

Méthode d'exploration des veines thoraciques et abdominales, utilisant comme contraste le gaz carbonique.
Présentée en 1968 par l'Ecole d'Alger, elle reposait sur le fait que le CO2 à l'état pur est très soluble dans le sang et demeure dans les vaisseaux juste le temps nécessaire pour en permettre une visualisation correcte, ceci sans conséquence fâcheuse.
Cette technique n'a jamais connu une grande diffusion.

[B2]

cardiazol n.m.

cardiazol

Dérivé du camphre utilisé à doses convulsivantes dans les schizophrénies sur la base erronée de leur antagonisme biologique avec les épilepsies (L.J. Meduna, à partir de 1932).
À cette méthode d'un maniement délicat et dont l'effet anxiogène est durable en cas de crise manquée, sera préféré l'électrochoc (U. Cerletti et L. Bini). Avec la cure par comas hypoglycémiques insuliniques (M. Sakel) ces thérapeutiques "physiodynamiques" auront contribué à faire avancer le mouvement de désaliénation et indirectement facilité la réflexion psychopathologique et psychothérapique.

L. J. Meduna, neuropsychiatre hongrois (1932) ; U. Cerletti et L. Bini, neuropsychiatres italiens (1938) ; M. Sakel, neurophysiologiste polonais (1938)

schizophrénie, épilepsie

[G3,G5,H3]

cardiologie interventionnelle l.f.

operative cardiology

Nouvelle branche de la cardiologie, à mi-chemin de la médecine et de la chirurgie, groupant toutes les techniques d’intervention mécanique transcutanée sur le cœur, sans ouverture chirurgicale du thorax.
C’est par ponction trans-cutanée des vaisseaux que sont introduits dans l’arbre circulatoire des instruments qui seront poussés sous contrôle radiologique jusqu’au siège de l’action prévue. Parmi les interventions rendues ainsi possibles on peut citer : l’ouverture d’une sténose, l’oblitération d’une fistule ou d’une communication anormale, le calibrage de certains vaisseaux rétrécis, la mise en place de prothèses vasculaires, la mise en place de moyens de stimulation cardiaque, la suppression de certains troubles du rythme par méthode ablative, etc.

ablation endocavitaire, méthode ablative en cardiologie, stimulateur cardiaque, prothèse valvulaire cardiaque

[K2,B4]

cardiopéricardiopexie n.f.

cardiopericardiopexy

Opération visant à créer des adhérences, entre les deux feuillets du péricarde à l’aide de moyens physiques ou chimiques irritants (abrasion, poudre de talc ou d’amiante).
Cette opération a été imaginée et proposée pour stimuler la formation d’une néo-vascularisation d’un myocarde ischémique (c’est une des opérations de Beck). Son intérêt s’est effacé avec l’apparition des techniques de revascularisation directe du myocarde, mais elle peut retrouver un intérêt de méthode de dernier recours lorsque la chirurgie coronaire s’avère impossible.

C. S. Beck, chirurgien cardiaque américain (1894-1971)

[K2,K3]

cartographie par hétéroduplex l.f.

heteroduplex mapping

Méthode permettant de construire la carte des deux molécules d'ADN d'un hétéroduplex par la mesure de la longueur de leurs séquences homologues et non homologues.

[B1]

centrifugation n.f.

Procédé de séparation mécanique des composés d'un mélange en fonction de leur différence de densité en les soumettant à une force centrifuge.
L'appareil utilisé est une centrifugeuse, machine tournante à grande vitesse. Le mélange peut être constitué soit de deux phases liquides, soit de particules solides en suspension dans un fluide. Ce procédé est utilisé pour récupérer un précipité, pour séparer les éléments figurés du sang, pour séparer des composés cellulaires.
Certaines applications, comme la séparation des macromolécules biologiques, nécessite la méthode d'ultracentrifugation mise au point par Svedberg qui nécessite des vitesses de rotation de plusieurs dizaines de milliers de tours par minute.

T. Svedberg, chimiste suédois, prix Nobel de chimie en 1926 (1923)

Étym. lat. fugere : fuir

[B3]

chimère n.f.

chimera

1) Organisme constitué de deux ou, plus rarement, plusieurs variétés de cellules d’origine génétique différente.
Le chimérisme complet est exceptionnel dans l’espèce humaine. Il résulte de la fusion de 2 œufs au cours d’une grossesse gémellaire provenant d’une double fécondation qui aurait dû normalement aboutir à la naissance de 2 jumeaux dizygotes. Le fœtus possèdera ainsi des cellules avec des génomes différents.
Plus fréquent est le chimérisme hématopoïètique lorsqu’il y a connexion circulatoire entre les placentas de 2 jumeaux dizygotes. Cette anomalie est suivie de la greffe de cellules souches d’un jumeau dans la moelle osseuse de l’autre et, parfois, vice versa. L’étude des groupes sanguins constate la présence de 2 populations d’hématies de groupes différents. Dans ce cas, le génome déterminé sur les cellules du sang est différent de celui observé dans d’autres cellules de l’organisme, ce qui a conduit à des erreurs lorsque les recherches de paternité étaient effectuées à partir des groupes sanguins.
Enfin, il faut citer le microchimérisme qui est un phénomène physiologique constant qui consiste dans le transfert de cellules fœtales dans l’organisme maternel et vice versa. L’isolement et l’étude du caryotype de ces cellules chez la mère permet le diagnostic prénatal du sexe de l’enfant et de la trisomie 21 par une méthode non invasive.
2) Chez les végétaux, une chimère de greffe possède à la fois des caractères du porte-greffe et certains caractères issus du greffon.
Des chimères naturelles peuvent résulter de mutations somatiques et des chimères polyploïdes peuvent être créées par la colchicine.
3) Poisson venimeux.

Étym. gr. chimaera : jeune chèvre, la Chimère : monstre mythologique soufflant du feu, à tête de lion, corps de chèvre et queue de serpent.

sélacien venimeux

[D2,Q1 ]

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