Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

1829 résultats 

thalassosthérapie n.f.

Mode de traitement utilisant la balnéothérapie par l’eau de mer, les boues et algues marines et mettant à profit les vertus attribuées au climat marin.
Dans l’état actuel de la réglementation sanitaire, ce mode de traitement ne fait l’objet d’aucune règle administrative ou technique, mais seulement de recommandations.

Étym. gr. thalassa : mer (Méditerranée)

thérapie de remplacement mitochondrial l.f

mitochondrial replacement therapy

Transfert de l’ADN nucléaire de l’ovocyte d’une femme porteuse d’anomalies génétiques mitochondriales, capables de transmettre des maladies graves à sa descendance, dans l’ovocyte d’une autre femme indemne, préalablement énucléé, lequel est ensuite fertilisé par les spermatozoïdes du père.
Les mitochondries possèdent leur propre ADN codant pour des protéines impliquées dans la production d’énergie dans les cellules. Les mutations de cet ADN sont responsables de maladies sévères transmises par la mère (les mitochondries des spermatozoïdes sont éliminées au cours de la fertilisation). La sévérité de la maladie dépend en partie de la proportion de mitochondries affectées dans l’ovocyte. Le principal danger de la méthode est que l’ADN nucléaire lors de son transfert puisse être accompagné par des mitochondries résiduelles entraînant l’échec de la substitution, ce qui est appelé « réversion mitochondriale » (« mitochondrial reversion »). La technique est autorisée au Royaume-Uni. Elle soulève cependant à côté de ces problèmes scientifiques des questions éthiques, entre autres la triple filiation (bébé à 3 ADN).

→ mitochondrie, ADN mitochondrial

thérapie familiale l.f.

family therapy

Technique psychothérapique, qui s'adresse à tout le groupe familial auquel, selon des modalités diverses, en fonction des courants de pensée, le patient et sa pathologie sont considérés comme liés.
Ces techniques sont hétérogènes et font appel :
- à la psychanalyse, sur la base du sujet porteur de symptômes qui est l'expression de conflits intrafamiliaux ;
- à différents courants de type surtout écosystémique : la famille considérée comme un système autorégulé, constitué d'éléments interactifs en transactions (1) ; la cybernétique (2) ; le rôle tenu par le patient dans l'homéostasie familiale (3).

1Maria Selvini-Palazzoli, psychiatre italienne (1916-1999); 2G. Bateson, anthropologiste, linguiste, cybernéticien britannique (1904-1980); 3D.D. Jakson, psychiatre américain (1920-1968)

→ connotation positive, cybernétique et psychiatrie, familiale (homéostasie), systémique (thérapie)

thérapie génique l.f.

gene therapy

Utilisation thérapeutique de l'ADN qui consiste à introduire du matériel génétique dans les cellules somatiques de l'organisme afin de lui apporter un nouveau gène pour remédier à l'insuffisance qualitative ou quantitative d'un gène altéré, pour moduler l'expression génétique endogène ou corriger l'anomalie structurale d'un gène muté.
Dans la prévention de la resténose coronaire, technique de transfert de matériel ADN dans l'épaisseur de la paroi vasculaire, dans le but de contrôler le processus moléculaire de la resténose. Cette thérapeutique est en cours d'évaluation pour le traitement de certaines tumeurs malignes, des infections et des déficits congénitaux ou acquis.

→ transformation

thermocoagulation n.f.

Procédé visant à induire une sclérose rétractile d’une muqueuse hypertrophiée à l’aide soit d’une électrode bipolaire soit, aujourd’hui, d’une sonde laser diode.
Cette technique est utilisée dans l’obstruction nasale et réalise une véritable turbinoplastie.

thermographie n.f.

thermography

Technique d'imagerie qui révèle les différences de vascularisation des tissus sous-jacents, à partir des températures recueillies à la surface cutanée, et permet l’exploration d’un organe, la glande mammaire par exemple, dont l’émission de rayonnement infrarouge est différente selon que les tissus sont normaux ou ne sont pas.
Deux méthodes ont été employées :
- thermographie en plaque : des cristaux liquides, dérivés du cholestérol, répartis sur une bande ou sur une plaque mise au contact d'une région cutanée, changent de couleur (du bleu au rouge) en fonction de la chaleur dégagée aux différents points de la zone examinée (thermographie de contact).
- thermographie par caméra à infrarouge : la caméra spéciale fournit une image en plusieurs couleurs correspondant aux températures des diverses zones d'une région ou du corps entier (téléthermographie).
Certains cancers de la peau (mélanome), du sein, des muscles, des os s'accompagnent d'une vascularisation anormale; mais la détection de cette élévation de température localisée n'est pas spécifique d'une tumeur : diverses causes, comme compression, manipulation ou altération de la vascularisation locale peuvent donner des informations perturbant l'interprétation des images. La mesure de la température cutanée peut être utilisée dans le diagnostic des maladies vasculaires.
En pratique courante, la thermographie est actuellement pratiquement abandonnée du fait de sa faible spécificité.

thermothérapie prostatique l.f.

trans-urethral microwave thermotherapy of the prostate (TUMT)

Traitement par la chaleur de l'hypertrophie bénigne de la prostate visant à obtenir nécrose et rétraction du tissu prostatique, en vue de supprimer l'obstruction liée au tissu adénomateux.
Une élévation thermique supérieure à 45° (ce qui différencie cette méthode de l'hyperthermie prostatique) est obtenue par l'application trans-uréthrale dirigée de micro-ondes sur le tissu adénomateux, en vue d'obtenir la nécrose secondaire. Un refroidissement concomitant de la muqueuse uréthrale au contact de la sonde thermique est nécessaire. L'involution du tissu prostatique ainsi traité créera en quelques semaines une loge prostatique et lèvera l'obstruction. Le traitement se déroule en une seule séance sous anesthésie locale de l'urèthre. De nombreux types de machines, en évolution technique constante, sont disponibles. L'efficacité réelle de cette méthode est en cours d'évaluation.

Syn. thermothérapie transuréthrale par micro-ondes

Thoms (position de) l.f.

Thoms’ position

Lors de la radiopelvimétrie, position demi-assise de la patiente sur la plaque de radiographie permettant une orientation des rayons X perpendiculaire au détroit supérieur du bassin obstétrical.
Une seconde exposition à travers une grille métallique perforée (règle de Thoms) placée à la même hauteur que le détroit supérieur permettait des mesures directes sur le film avec correction du coefficient d'agrandissement.
Cette technique, très irradiante pour la mère et le foetus est actuellement pratiquement abandonnée au profit de techniques non ou très peu irradiantes : échographie, scanner très basse dose, voire IRM.

H. Thoms, gynécologue obstétricien américain (1935)

[B2, 03, B3]

Édit. 2020

Thoms (technique de) l.f.

Thoms’ technique

Technique, lors de la pratique d’une radiopelvimétrie, permettant l’analyse du détroit supérieur du bassin obstétrical, la patiente étant demi-assise sur la plaque et l’ampoule au-dessus de l’abdomen, perpendiculaire au bassin.

H. Thoms, gynécologue obstétricien américain (1935)

thoracoplastie ostéoplastique de Björk l.f.

Björk's thoracoplasty

Thoracoplastie de réduction de volume avec fixation des moignons costaux antérieurs sur la 5e côte pour ne pas laisser une portion de paroi désossée flottante.
Elle porte sur les 2e, 3e et 4e côtes et s'accompagne d'une libération des éléments fibreux fixant le fascia endothoracique de la coupole pleurale à la première côte laissée en place et au corps vertébral. La résection costale postérieure est d'autant plus étendue qu'il s'agit d'une côte plus bas située. La 2e, 3e et 4e côtes sont fixées à la 5e.
Par cette technique, on obtient un collapsus efficace du sommet et une stabilité pariétale.
Parfois la résection va jusqu'à la 5e côte, la fixation se faisant sur la 6e.

V. O. Björk, chirurgien suédois, membre de l’Académie de médecine (1954)

thorax fermé (chirurgie à) l.m.

closed-chest surgery

Chirurgie pratiquée sans ouverture de la cage thoracique.
La chirurgie cardiaque et notamment coronaire et la chirurgie pulmonaire à thorax fermé ont été rendues possibles par la mise au point de la vidéochirurgie à l’intérieur du thorax. Bien que faisable et réaliste, ses possibilités sont limitées par la complexité technique des gestes de revascularisation chez beaucoup de patients.

Thorek (opération de) l.f.

Thorek’s operation

Technique de chirurgie plastique du sein qui consiste à réduire le volume de la glande et à pratiquer une greffe libre de l’aréole et du mamelon.

M. Thorek, chirurgien américain (1942)

thromboélastogramme n.m.

Technique globale d'étude de la coagulation du sang (ou du plasma), de la cohésion et saturation du caillot constitué et de sa dégradabilité, qui consiste à enregistrer le mouvement transmis par le caillot à un capteur au centre d'une cuve où est placé le sang (ou le plasma) pendant la coagulation.
Comme tous les tests très globaux, il est à la fois sensible à des modifications ou des anomalies pour lesquelles il n'existe pas de test spécifique, mais à l'opposé il est influencé par de nombreux facteurs mal contrôlables. Il n'est en pratique utilisable que par les laboratoires qui ont une grande expérience et l'utilisent dans des indications très spécialisées.
Test désuet.

thyroglobuline n.f.

thyroglobulin

Protéine de masse moléculaire 650 kDa, localisée dans les vésicules colloïdes du corps thyroïde et élaborée dans les cellules épithéliales bordantes.
Elle contient 95 % de l'iode thyroïdien, sous forme d'iodotyrosine, d'iodothyronine et d'iodohistidine.
L'ioduration de ces acides aminés se fait au sein même de la thyroglobuline. C'est au cours de l'hydrolyse physiologique de la thyroglobuline que sont libérées les hormones thyroïdiennes afin que celles-ci puissent être sécrétées. La thyroglobuline est indiquée dans l'hypothyroïdie ; on l'administre par voie buccale. Ses contre-indications sont celles des extraits thyroïdiens : hypertension artérielle, maladie coronarienne, etc.
La thyroglobuline peut être dosée dans le plasma par technique radio-immunologique. Sa concentration augmente dans les hypertrophies thyroïdiennes et les thyroïdites

Syn. thyréoglobuline, iodothyréoglobuline

Sigle Tg

tomodensitométrie n.f.

axial computerized tomography , CT-scan

Technique de radiologie numérique en coupes axiales permettant également des reconstructions bi et tridimensionnelles.
Méthode d’exploration radiologique, fondée sur la rotation simultanée autour de l’organe cible de plusieurs caméras d’enregistrement.

Syn. scanographie, tomodensimétrie

tomodensitométrie avec opacification cisternale l.f.

computerized tomographic cisternography

Opacification des espaces sous-arachnoïdiens par injection intrathécale d'un produit de contraste iodé ou gazeux, avec acquisition des images en tomodensitométrie (scanner).
Cette technique est d'indication très limitée depuis l'IRM. Elle peut cependant être utile dans l'étude de la charnière crâniovertébrale ou des tumeurs de la fosse postérieure afin de différencier des processus intra- et extra-axiaux. Elle peut permettre d'apprécier la perméabilité d'un kyste et d'apporter des précisions sur une petite lésion de la base.

Syn. scanner avec opacification cisternale

→ scanner

tomodensitométrie cérébrale l.f.

cerebral computerized tomography

Technique d'imagerie permettant de façon atraumatique la visualisation du parenchyme cérébral et des cavités liquidiennes en fonction de leur densité et de leur capacité d'absorption des rayons X.
Les plans de coupe transverses axiaux permettent une étude anatomique encéphalique. D'une épaisseur habituelle de 10 mm, les coupes sont parallèles à la ligne orbitoméatale. Des coupes frontales (dites aussi coronales) peuvent être réalisées, de même que des reconstructions par programmes informatiques (coupes coronales et sagittales). L'injection d'un produit iodé par voie veineuse permet la visualisation des structures vasculaires ou vascularisées et des lésions pathologiques comportant une rupture de la barrière hémato-encéphalique. L'injection de métrizamide par voie lombaire est d'indication plus rare.
Particulièrement adapté à l'exploration des structures osseuses et des lésions traumatiques, le scanner est l'examen de l'urgence.

Syn. scanner cérébral

tomodensitométrie vertébrale l.f.

spinal computerized tomography

Technique d'imagerie atraumatique de la colonne vertébrale, des disques intervertébraux et des racines nerveuses par absorption de rayons X.
L'étude des structures vertébrales est faite par coupes axiales complétées éventuellement par une reconstruction frontale ou sagittale, voire une injection de produits de contraste iodés par voie veineuse ou intrathécale. C’est l’exploration en urgence de l’axe vertébral.
En dehors des indications traumatiques, discovertébrales et osseuses, ce procédé est complèté par l'IRM intramédullaire.

Syn. scanner rachidien, scanner vertébral

→ scanner

tomographie n.f.

tomography

Procédé permettant d'obtenir des images en coupes de la structure à étudier.
Ce terme désigne également le cliché radiographique obtenu de cette façon (tomogramme).
En radiographie conventionnelle, la tomographie obtenait des images en coupes d'une région déterminée par déplacement homothétique du tube et du film (balayage) autour d'un axe passant par le plan recherché (plan de coupe) ; sur le film obtenu, seule la projection de ce plan restait nette, alors que les régions sus et sous-jacentes apparaissaient sous forme de trainées floues. Du procédé inventé par le Dr. A. Bocage en 1921, naquirent de nombreuses variantes : planigraphie, stratigraphie ou tomographie axiale transverse, ainsi que des appareils de grande précision (tomographes à balayage complexe). Cette technique, irradiante, a été détrônée par la scanographie, et est devenue obsolète.
Actuellement, l'imagerie en coupes d'un organe est obtenue par reconstructions à partir des données numériques recueillies par balayage d'une région déterminée, à l’aide de diverses techniques :
- En mammographie, c’est la tomosynthèse.
- En scanographie, ces données représentent l'absorption locale des rayons X par les tissus (tomodensitométrie).
- En tomoscintigraphie, elles reflètent la concentration radioactive locale.
- En IRM, qui enregistre les réactions des protons dans un champ magnétique, elles s'effectuent par codage (en phase et en fréquence) lors de l'enregistrement, puis décodage par transformations de Fourier.
- En échotomographie, la coupe représente le plan balayé par le faisceau ultrasonore.

A. Bocage, dermato-vénérologue français (1921)

Étym. gr. tomê : section; graphein : écrire

→ zonographie, tomosynthèse

[B2,B3]

Édit. 2018

tomographie d'émission monophotonique du myocarde synchronisée l.f.

gated spect

Technique permettant l’étude conjointe de la perfusion myocardique et des cinétiques globales et segmentaires du ventricule gauche.
C’est un examen sensible pour détecter du tissu myocardique viable lors de l’injection de traceurs après administration de dérivés nitrés.

Sigle TEMPS

tomographie en cohérence optique l.f.

optical coherent tomography (OCT)

Technique permettant, grâce à l'interférométrie laser, d'obtenir des coupes in vivo de la rétine et de mesurer l'épaisseur du tissu rétinien avec ses différentes couches.
L'OCT représente une méthode non agressive et de haute résolution pouvant fournir p. ex. une vue bidimensionnelle en coupe des structures rétiniennes. Son fonctionnement actuel est basé sur l'émission d'un faisceau laser infra-rouge dit de "basse cohérence" combiné à un interféromètre dans lequel une lame séparatrice permet d'obtenir deux faisceaux, l'un dirigé vers un miroir de référence, l'autre vers les structures oculaires à examiner. La réflexion du second faisceau par les éléments rétiniens est combinée au retour du faisceau de référence pour créer des interférences. Le décodage de ces interférences permet de déterminer la nature des obstacles rencontrés. En déplaçant le faisceau selon une ligne droite, on procède à une reconstruction point par point le long de la ligne explorée. L'image finale correspond à la juxtaposition de toutes les mesures ponctuelles effectuées et fournit sur écran l'équivalent d'une coupe histologique de la rétine, à la définition près qui est pour l'instant de l'ordre de 15 mm. Cependant, des améliorations sont encore théoriquement possibles et peuvent amener à des performances supérieures dans l'avenir, permettant d'envisager la possibilité de visualiser individuellement les composantes de certaines couches cellulaires.

→ ophtalmoscope laser à balayage

tomographie frontale oblique l.f.

transversal tomography

Technique obsolète réalisant, en tomographie grâce à une position adaptée du sujet, des coupes frontales obliques en vue d'une exploration trachéobronchique.
Abandonnée à l'apparition de la scanographie.

Syn. technique de Frain

tomographie par émission monophotonique (TEMP) l.f.

simple photon emission computerized tomography (SPECT)

Technique d'étude scintigraphique permettant l'évaluation du métabolisme cérébral régional.
Les traceurs utilisés sont le xénon 133 diffusant librement dans le cerveau, mais sans application pratique de routine et les traceurs piégés dans le cerveau (qui passent la barrière hémato-encéphalique mais sont transformés dans l'encéphale et ne peuvent donc pas retraverser la barrière) : iodo-amphétamines et surtout traceurs technétiés.
Les indications des TEMP sont : la pathologie vasculaire cérébrale ischémique, notamment pour l'étude de la réserve hémodynamique ; la pathologie extrapyramidale pour l'étude de la neurotransmission ; les démences ; les épilepsies pour les bilans préchirurgicaux.

→ scintigraphie cérébrale

Toupet (opération de) l.f.

Toupet’s operation

Technique de cure du reflux gastro-œsophagien.
Elle combine un repositionnement du cardia en intra-abdominal, une fermeture partielle rétro- œsophagienne du hiatus œsophagien et un hémi- manchonnage rétro- œsophagien (180°) de l’œsophage abdominal par la grosse tubérosité gastrique libérée de ses attaches épliploïques gastro-spléniques. La confection de cette hémi-valve postérieure évite le risque de sténose œsophagienne. Des variantes ont été proposées, en particulier avec la fixation du bord droit de l’hémi-valve aux piliers du diaphragme (Vayre). Cette intervention est réalisable par voie cœlioscopique.

A. Toupet, chirurgien français (1963), P. Vayre, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1970)

→ antireflux (opération)

toxine botulique l.f.

botulic toxin

Neurotoxine sécrétée par Clostridium botulinum, qui contamine certains aliments mal stérilisés, responsable de troubles digestifs et nerveux et de paralysies généralisées.
Son effet résulte du blocage de la libération d’acétylcholine contenue dans la terminaison présynaptique au niveau de la plaque motrice, ce qui entraîne une paralysie plus ou moins importante qui est transitoire du fait de la régénération de jonctions neuromusculaires fonctionnelles.
Son utilisation en thérapeutique puis en cosmétologie s’est considérablement amplifiée depuis que l’ophtalmologiste Alan Scott a montré que, par voie intramusculaire, elle permettait de paralyser le muscle hyperréactif responsable du strabisme de l’enfant, cette action résultant de l’abolition d’une contraction musculaire anormale par provocation d’une paralysie partielle sur un muscle cible. Produite à partir de souches de
C. botulinum incubées en stricte anaérobiose, elle est en effet indiquée par voie intramusculaire dans la correction des troubles de l’oculomotricité (blépharospasme, strabisme), du spasme hémifacial, du torticolis spasmodique, de la déformation dynamique du pied en équin chez l’enfant et de différents syndromes dystoniques focaux des membres ou ORL. 
La toxine botulique possède aussi d'autres indications neurologiques, en particulier dans le traitement de la migraine voire de l’incontinence urinaire. Plusieurs essais cliniques randomisés ont mis en évidence son efficacité  dans les douleurs neuropathiques périphériques. Elle a également prouvé son action sur l’hyperhidrose axillaire et palmaire.Par ailleurs, son utilisation dans le domaine esthétique s’est considérablement développée : correction temporaire  des rides du front, surtout verticales intersourcilières, de la patte d’oie, des sillons naso-géniens, du cou… 
Le traitement est ambulatoire, en tout cas réservé à des spécialistes formés à la technique. L'effet thérapeutique débute 48 heures après l'injection et dure trois à quatre mois, voire davantage.

A. B. Scott, ophtalmologiste américain (1973 et 1980)

Étym. lat. botulus : boudin

Syn. botuline

→ botulisme

[C1, J1, H1, P2, G4]

Édit. 2020

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