sympathectomie n.f.
sympathectomy
Exérèse plus ou moins étendue d’un nerf, d’un ganglion ou d’une partie de la chaîne neuroganglionnaire sympathique.
La plus courante est la sympathectomie lombaire, mais elle peut viser aussi la chaîne sympathique cervicale ou thoracique.
Elle est en principe une opération chirurgicale mais peut aujourd’hui être réalisée sous vidéoscopie. Destinée à obtenir une vasodilatation dans le territoire dépendant du segment nerveux supprimé, la sympathectomie a été très en faveur à la suite des travaux de Leriche et de son école. Elle est aujourd’hui beaucoup moins utilisée, en raison du développement des traitements médicaux et d’interventions artérielles directes. Elle ne représente plus qu’une technique de complément ou de repli en cas d’impossibilité de chirurgie directe.
On disait aussi sympathicectomie (obs).
symphyse pleurale l.f.
pleurodesis
Union entre les plèvres viscérale et pariétale entraînant l'effacement de la cavité pleurale.
Cette symphyse peut être partielle, plus ou moins étendue, laissant des zones libres de la cavité pleurale, ou totale. Sa cause est habituellement une infection de la cavité pleurale, spécifique ou non, entraînant une disparition du revêtement mésothélial et l’apparition de bourgeons charnus. La grande pourvoyeuse de symphyses est la tuberculose pleurale, suivie par les pleurésies purulentes, les pleurésies inflammatoires, moins souvent un hémothorax.
Cette symphyse peut être créée médicalement pour éviter la récidive d’un pneumothorax. Les colles biologiques, les talcages, les badigeonnages de la plèvre pariétale à l'iode donnent des résultats très inférieurs à ceux de l'abrasion pleurale ou mieux de la pleurectomie pariétale. On tente de créer, dans les pleurésies abondantes récidivantes tumorales, une telle symphyse par talcage ; mais là encore, si elle est possible et si l'on envisage une survie prolongée, la pleurectomie pariétale est la technique la plus sûre.
Syn. pleurodèse
synchronisation n.f.
gating
En imagerie numérique, technique utilisée fréquemment pour décomposer un enregistrement, long par rapport à la durée d'un mouvement physiologique périodique, en une série d'images repérées par rapport à la période de celui-ci, ce qui permet de s'affranchir des artéfacts qu'entraîne ce mouvement ou de pouvoir en effectuer l'étude fonctionnelle.
En IRM, les synchronisations pulmonaires et cardiaques améliorent la résolution. En scintigraphie et en IRM, les synchronisations cardiaques sont à l'origine d'études fonctionnelles.
→ gamma-angiographie, synchronisation cardiaque, synchronisation pulmonaire
synchronisation cardiaque en IRM l.f.
cardiac gating
En IRM, mise en coïncidence de séquences IRM avec l'électrocardiogramme (ECG).
Cette synchronisation est obtenue par concomitance du temps de répétition TR avec l'onde R de l'électrocardiogramme de sorte que l'ECG déclenche l'impulsion de radiofréquence et lance l'acquisition d'une ligne du plan de Fourier. Pour une matrice de 256 x 256, il faudrait en principe 256 battements pour remplir ce plan. Mais en réalité on utilise le temps entre deux ondes R (intervalle RR) pour acquérir plusieurs coupes.
Deux possibilités existent :
- ou l’on acquiert une pile de coupes adjacentes pendant un intervalle RR (imagerie multicoupe en écho de spin), chaque image correspondant à la fois à une coupe différente et à un instant différent du cycle cardiaque ;
- ou, en combinant écho de gradient ultrarapide et acquisition segmentée, on obtient une série d'images successives du même plan de coupe à des instants différents de la révolution cardiaque (ciné-IRM). Cette technique permet, grâce à une représentation dynamique des images, d'étudier le cœur en mouvement. Elle a l'avantage de remplir le plan de Fourier en une apnée (pour une matrice de 256 x 256 qu'on divise en 16 segments, le plan de Fourier sera rempli en 16 battements cardiaques, ce qui peut s'obtenir en une apnée).
J. B. Fourier, mathématicien et physicien français, membre de l’Académie de médecine (1768-1830)
Syn. gating cardiaque
→ synchronisation (en imagerie), artéfact de mouvement (en IRM)
[B2,B3]
Édit. 2018
Tailhefer (technique de) l.f.
Tailhefer’s technique
Technique utilisée au début des années 1950 pour traiter les cancers de la vulve, qui associait une destruction par cautérisation de la tumeur et un curage ganglionnaire inguinal et crural.
A. Tailhefer, chirurgien français (1896-1963)
Tait (technique de) l.f.
Tait’s technique
Technique chirurgicale de dissection de la cloison rectovaginale pour le traitement par voie périnéale des fistules rectovaginales.
L. Tait, gynécologue britannique (1845-1899)
tamponnement vagino-utérin l.m.
utero-vaginal packing
Technique d’hémostase temporaire en cas d’hémorragie utérine ou vaginale incontrôlable, qui consiste à tasser des compresses ou des champs chirurgicaux dans la cavité utérovaginale afin d’exercer une compression.
Elle précède habituellement une forme plus complète d’hémostase, par la ligature chirurgicale ou l’embolisation des vaisseaux utérovaginaux.
Tansini (opération de) l.f.
Tansini’s operation
Technique chirurgicale de reconstruction du sein par lambeau de rotation vascularisé du muscle grand dorsal.
I. Tansini, chirurgien italien (1906)
Taussig (opération de) l.f.
Taussig’s operation
Technique chirurgicale de lymphadénectomie ilio-pelvienne extrapéritonéale.
F.J. Taussig, gynécologue américain (1935)
technique A.O. l.f.
A.O. technique
Ensemble des principes du traitement des traumatismes ostéoarticulaires codifiés par l’Arbeitsgemeinschaft für Osteosynthesefragen (A.O.) et prônant le traitement par ostéosynthèse.
M. Müller (1918-2009) et M. Allgower (1917-2007), chirurgiens orthopédistes suisses
technique de Cohen l.f.
Cohen's procedure
Technique de réimplantation urétérovésicale antireflux ne modifiant pas le point d'entrée de l'uretère dans le trigone, mais reportant le méat au-delà d'un tunnel sous-muqueux transversal, très utilisée dans la cure du reflux vésico-urétéral de l'enfant.
S. J. Cohen, chirurgien urologue britannique (1975)
[M2]
technique de Cournand l.f.
Cournand’s technic
Technique de cathétérisme des cavités droites du cœur, appliquée à l’homme pour la première fois par André Cournand.
Elle permet de mesurer les pressions dans chaque cavité explorée et de faire des prélèvements sanguins à chaque étage. Elle a été étendue à toutes les cavités cardiaques.
A. F. Cournand, médecin cardiologue et physiologiste américain, membre de l’Académie nationale de Médecine, prix Nobel de Médecine en 1956 (1895-1988)
[C2,K1]
technique de Raynal l.f.
Raynal's technique
Technique d'endocuriethérapie, utilisant des aiguilles vectrices, adaptée au traitement des cancers cutanés de zones en relief ou recouvrant des cartilages comme ceux du nez et du pavillon de l'oreille.
M. Raynal, radiothérapeute français (1965)
teinture capillaire l.f.
hair dye, cosmetic hair colouring
1. Technique de coloration artificielle de la chevelure destinée à l'embellir.
2. Produit utilisé dans ce but.
À part le henné, d'origine végétale, les colorants employés sont synthétiques. Selon le degré de persistance de la coloration, une teinture est soit "temporaire", obtenue par un simple rinçage mais vite enlevée par les shampoings, soit "semipermanente", résistant alors mieux aux shampoings et durant environ huit semaines, soit encore "permanente", réalisée par des produits oxydants et résistant plusieurs mois aux shampoings. Les teintures permanentes étaient très allergisantes quand elles étaient à base de paraphénylènediamine. Plus une teinture est permanente, plus elle risque d'être agressive pour le cheveu.
télécæsiothérapie n.f.
telecesiotherapy
Technique ancienne d'irradiation utilisant le cæsium radioactif.
Devenue obsolète, elle a été remplacée par la télécobalt-thérapie, puis par les accélérateurs linéaires.
télédermatologie n.f.
dermatose, permettant ainsi des téléconsultations, des télédiagnostics et des
téléconférences.
Cette technique a été officialisée (2010), son application devenant possible dans
le respect de la loi.
téléradiographie n.f.
teleradiography
Radiographie pratiquée avec une source de rayons X à grande distance du sujet, au moins 4 mètres, pour rendre négligeables l'agrandissement et la déformation de l'image.
Utilisée surtout pour le crâne, elle permet une mesure directe des différents éléments anatomiques en vraie grandeur sur le cliché. Cette technique est également employée, mais à une moindre distance, pour le thorax, la colonne vertébrale, les membres inférieurs, etc.
→ full-spine, gonométrie, télécrâne, téléthorax
temps de repos (Tr) l.m.
rest time ; dead time
En IRM, temps qui s'écoule entre l'apparition du dernier signal d'une séquence et l'impulsion qui marque le début de la séquence suivante (désigné par Tr, à ne pas confondre avec TR, temps de répétition).
Par exemple, dans une séquence d'écho de spin, le temps de repos est le temps qui sépare le signal du dernier écho d'une séquence, de l'impulsion de π/2 de la séquence suivante. Ce temps est égal au temps de cycle ou temps de répétition TR, diminué du "temps utile" : Tu (Tr = TR - Tu).
Il varie en fonction du TE (temps d’écho), du TR et du nombre d'échos. Si par exemple on fait une séquence pondérée en T1 avec un TE de 30 ms et un TR de 300 ms, le "temps utile" est égal à TE (un seul écho) et le temps de repos sera : TR - TE = 270 ms.
Si on fait une séquence pondérée en T2 avec un TE de 60 ms, 3 échos et un TR de 2 s, le "temps utile" est TE x 3 = 180 ms et le temps de repos sera 2000 - 180 = 1820 ms.
Le temps de repos est un temps mort pendant lequel l'aimantation longitudinale "repousse". Dans la technique multicoupes, ce temps mort est mis à profit pour exciter d'autres coupes.
→ technique multicoupes, temps de répétition, temps utile
[B2,B3]
Édit. 2018
terminateur de chaîne l.m.
chain terminator
1) Synonyme de codon de terminaison.
Un, deux ou trois codons successifs permettent la terminaison d'une chaîne polypeptidique.
2) Dans la technique de séquençage de Sanger, analogue d'un désoxyribonucléoside-triphosphate pour ajouter ou interrompre aléatoirement au niveau de la base concernée la synthèse d'un brin complémentaire du brin matrice.
test n.m.
test
Épreuve faite avec une technique précise pour déterminer la qualité d'un objet ou d'une personne dans un domaine donné.
Il faut distinguer le test qui définit la mise en œuvre de l'épreuve, du résultat de l'épreuve. Le test peut être, soit uniquement qualitatif ou coté, soit exprimé sous forme d'un indice. Ex. en allergologie le test pour déterminer la substance responsable ou celle risquant de provoquer un accident allergique consiste en une série de scarifications, sur chacune d'entre elles on dépose un allergène choisi dans une liste type. Ensuite vient la lecture du test, son expression peut être donnée selon la forme d'une liste de valeurs mesurées ou de réponses qualitative (réponse + ou -), ou encore d'un graphique. Le résultat peut être condensé sous forme d'un score global.
Étym. vieux fr. test (lat. testum), pot de terre employé par les alchimistes pour faire l'essai de l'or, d'où procédure d'essai ; le sens moderne vient de l'anglais.
→ score
test de lavage rénal l.m.
wash out test
Au décours d'une urographie intraveineuse, épreuve consistant à étudier la dilution de l'image pyéloca
Normalement on doit obtenir une disparition rapide et symétrique du produit de contraste; la persistance de l'image d'un côté est en faveur d'une sténose de l'artère rénale, parfois responsable d'une hypertension artérielle.
Cette technique, peu fiable, est actuellement abandonnée au profit de l'angiographie numérisée qui visualise directement la sténose.
Syn. test de rinçage rénal
test de lyse l.m.
dye-test
Test qui a longtemps constitué la méthode de référence pour le sérodiagnostic de la toxoplasmose.
Dans la technique originale, l’action des anticorps spécifiques sur des toxoplasmes vivants était appréciée par la perte d’affinité tinctoriale pour le bleu de méthylène (d’où le nom de dye test ou test de coloration). Par la suite, ce test a été simplifié par l’examen en microscopie à contraste de phase, montrant, en cas de réaction positive, des toxoplasmes lysés (d’ou le nom actuel de test de lyse).
A. B. Sabin, virologiste américain et H. A. Feldman, microbiologiste américain (1948)
Syn. dye test, test de Sabin et Feldman
testostérone n.f.
testosterone
17-Hydroxy-3-oxoandrostène-4.
Hormone mâle sécrétée par les cellules interstitielles des testicules chez l'homme, biosynthétisée à partir du cholestérol (10 mg par jour après la puberté, teneur plus faible après la quarantaine) et obtenue également par synthèse.
Le foie est aussi capable de transformer en testostérone de faibles quantités d'androgènes mineurs d'origine surrénalienne (déhydroépiandrostérone et androstènedione). 95% de la testostérone est sécrétée par les testicules ; 5% proviennent de la conversion périphérique de l'androstènedione. La testostérone stimule le développement des organes sexuels mâles et est responsable de l'apparition des caractères sexuels mâles secondaires. Ses dérivés actifs sur les récepteurs des organes cibles sont la dihydro-4,5 testostérone (5α androstanolone) et les 3alpha- et 3bêta-androstènediols. La testostérone exerce, en outre, un effet anabolisant sur le métabolisme des protéines. Administrée à hautes doses en thérapeutique (en particulier dans certains cancers), elle inhibe la spermatogénèse chez l'homme et provoque une virilisation chez la femme (inhibition ovarienne par inhibition des gonadostimulines). La production de la testostérone dans l'organisme est stimulée par les gonadotropines A et B. Elle est métabolisée dans le foie, ses principaux métabolites étant l'androstérone et l'étiocholanolone. Son élimination par les urines se fait sous forme de 17-cétostéroïdes.
La testostérone plasmatique est dosée chez l’homme par électro-chimioluminescence et chez la femme et l’enfant par technique radio-immunologique, plus sensible. Ce dosage est utilisé essentiellement dans l’exploration des infertilités, des hirsutismes et des troubles pubertaires.
tests projectifs de la personnalité l.m.p.
projective tests of personality
Groupe de tests qui s'est développé à partir de 1939 (Frank) dans une perspective psychologique originale : celle d'une conception syncrétique de la personnalité.
Celle-ci est un tout irréductible, unique, que l'on peut comprendre mais non quantifier. Le résultat apparait donc sous la forme d'un portrait descriptif et qualitatif de la personnalité. Du fait même de la conception qui les sous-tend, la validité de ces épreuves soulève de nombreuses difficultés méthodologiques.
Leurs mécanismes dépassent le cadre de la projection telle que l'a définie S. Freud en tant que mécanisme de défense, qui consiste à rejeter sur un objet ou une situation des sentiments pénibles ou vécus comme interdits. Selon Frank, le caractère essentiel de la technique projective est qu'elle évoque au sujet "ce qui est l'expression de son monde personnel et des processus de sa personnalité". Les plus connus et les plus utilisés sont le test de Rorschach et le TAT ("thematic apperception test"), le CAT ("childrens' apperception test"), le test de Patte noire ou le test du village chez l'enfant.
Bien que très diverses, ces épreuves ont en commun : leur but, à savoir une appréciation de la personnalité totale ou de certaines de ses facettes, replacées dans un contexte holistique ; le stimulus, qui doit pouvoir donner lieu à une variété aussi grande que possible de réponses ; l'interprétation des résultats, qui utilise dans une très large mesure des concepts analytiques.
Malgré l'existence de nombreux problèmes métrologiques de fidélité et de validité, ces techniques ont fait la preuve de leur utilité en clinique psychiatrique et dans le domaine de la recherche.
L. K. Frank, sociologue américain (1939), S. Freud neurologue autrichien (1858-1939), H. Rorschach, psychiatre suisse (1921)
thalamolaminotomie n.f.
thalamolaminotomy
Destruction stéréotaxique bilatérale, en deux temps, de la partie postérieure des noyaux intralaminaires du thalamus, qui sont les zones de projection des voies nociceptives extra-lemniscales.
Les effets anti-algiques de cette technique sont discutés, de même que ceux de la pulvinarotomie. Un monitorage par microélectrodes des noyaux de projection des afférences nociceptives au niveau des noyaux a revalorisé ces cibles.
K. Sano, neurochirurgien japonais (1965) ; D. Jeanmonod neurochirurgien suisse (1994).