Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

2924 résultats 

GIP sigle angl. m. pour Gastric Inhibitory Peptide

Peptide inhibiteur de la sécrétion gastrique.
Synthétisé par certaines cellules intestinales, ce polypeptide comporte 14 acides aminés, ayant des analogies de structure avec le VIP et avec la sécrétine.

Syn. entérogastrone

glande n.f.

gland

Ensemble de cellules épithéliales spécialisées, généralement groupées en un organe, à la fois exo- et endocrines, dont la fonction est de produire une sécrétion qui est soit excrétée (glande exocrine ou glande à sécrétion externe) soit déversée dans le sang circulant (glande endocrine  ou glande à sécrétion interne), certaines pouvant avoir une double fonction car étant à la fois exo- et endocrines. 

Étym. lat. glans, glandula : glande

glande apocrine l.f.

Glande exocrine dont le produit de sécrétion, accumulé sous forme de gouttelettes dans la portion apicale des corps cellulaires, est excrété brutalement par boursouflement et décapitation de la portion apicale des cellules et expulsion d’un certain nombre de noyaux.
Ce produit d’excrétion est intermédiaire entre celui des glandes mérocrines et celui des glandes holocrines. La glande mammaire est une glande apocrine.

glande conjonctivale l.f.

cunjunctival gland

Formation glandulaire annexée à la conjonctive et jouant un rôle dans sa lubrification.
Il en existe plusieurs types : les cellules conjonctivales à mucus, les glandes de Henle et les glandes de Krause qui sont des glandes lacrymales accessoires.

glande holocrine l.f.

Glande exocrine dont les cellules, remplies de leurs sécrétions propres, se détachent tout entières et meurent.
La sécrétion se fait par fonte cellulaire (ex. les glandes sébacées). Ce type d’excrétion s’oppose à celui des glandes mérocrines et apocrines.

glande mérocrine l.f.

Glande dont le produit de sécrétion est excrété au-dehors sans entrainer la mort des cellules.

→ glande sudoripare

glande thyroïde l.f.

glandula thyroidea (TA)

thyroid gland

Glande endocrine, impaire et médiane, située à la partie antérieure et inférieure du cou, en avant des premiers anneaux de la trachée et des parties latérales du larynx.
Elle est constituée de deux parties latérales volumineuses, les lobes, réunis sur la ligne médiane par une lame aplatie de tissu thyroïdien, l’isthme, dont le bord supérieur envoie à gauche de la ligne médiane un prolongement ascendant, le lobe pyramidal.
La glande thyroïde se développe aux dépends d’une invagination épithéliale entodermique du plancher du pharynx située entre la pars copularis de la langue et le tuberculum impar. Cette ébauche thyroïdienne reste longtemps unie au pharynx par le tractus thyréo-glosse fixé chez l’adulte au sommet du V lingual. Cette ébauche médiane principale entre en rapport avec le corps ultimo-branchial, ébauche latérale du corps thyroïde qui, s’il n’entre pas dans la constitution de la glande, semble activer la croissance de l’ébauche médiane.
La glande thyroïde normale est formée de vésicules bordées d’une unique rangée de cellules cubiques qui limite la lumière vésiculaire contenant une substance anhiste, la colloïde. Certaines vésicules sont gorgées de colloïde, d’autres ont une lumière quasi virtuelle et peuvent même former des îlots cellulaires pleins. Entre les vésicules existe un tissu conjonctif de soutien.
Par l’hormone qu’elle sécrète, la glande thyroïde exerce une action activatrice sur la croissance et sur le métabolisme et, par voie de conséquence, sur l’équilibre thermique, sur les téguments et les phanères, et sur le système nerveux.

Étym. gr. thyroeides : en forme de porte (cette orthographe est due à une faute de copiste dans Oribase, à la place de thyreoeides : en forme de bouclier, étym. retenue par Galien. Littré a vainement essayé de rectifier le mot français en thyréoïd

Syn. anc. corps thyroïde.

glandes duodénales l.f.

glandulae duodenales (TA)

duodenal glands

Glandes tubulo-alvéolaires ramifiées situées dans la muqueuse et la sous-muqueuse du duodénum.
Très nombreuses au voisinage du pylore, elles diminuent de taille et se raréfient vers la partie terminale du duodénum. On en distingue : le groupe externe, formée de glandes volumineuses, qui occupe la sous-muqueæuse et le groupe interne, constitué par de petites glandes, qui siègent dans l’épaisseur de la muqueuse. Leurs canaux excréteurs, en général tortueux, s’ouvrent à la base d’une villosité ou dans une glande de Liberkhün. Les cellules de ces glandes sont de types muqueux.

J. Brunner, anatomiste suisse (1687) ; J. Wepfer, médecin suisse (1620-1695)

Syn. glandes de Brunner

→ glandes de Liberkhün

glandes pyloriques l.f.p.

glandulae pyloricae (PNA)
Glandes tubuleuses ramifiées situées dans la muqueuse de la région pylorique.
A tubes sécréteurs larges et à segment sécréteur court formé de cellules prismatiques larges et implantées sur une mince vitrée, elles sécrètent de la pepsine et du mucus.

glycoprotéine associée à la myéline l. f.

myelin-associated glycoprotein

Glycoprotéine transmembranaire exprimée par les cellules de Schwann péri-axonales et dans les gaines de myéline des axones.
La glycoprotéine associée à la myéline joue un rôle important dans la formation et la différenciation des axones.

Abrév. MAG

→ MAG, Schwann (cellule de), axone, myéline

[C1,C3,H1]

Édit. 2018

gliomatose leptoméningée l.f.

leptomeningeal gliomatosis

Maladie exceptionnelle, qui se traduit par une infiltration tumorale diffuse primitive de nature gliale au sein de l'espace sous-arachnoïdien.
En dehors de tout foyer intraparenchymateux sous-jacent, l'examen du LCR peut montrer des cellules tumorales de nature gliale. Visualisées par l'imagerie, les lésions sont confirmées par l'examen anatomopathologique, qui peut mettre en évidence de petits foyers tumoraux dans le cerveau sous-jacent. La survie est de quelques mois.

gliome n.m.

glioma, neuroglial tumor

Tumeur du cerveau ou de la moelle épinière dérivée des cellules gliales neuro-ectodermiques reproduisant la structure de la névroglie.
Cette dénomination, que certains tendent à restreindre aux tumeurs malignes, correspond notamment aux astrocytomes, glioblastomes polymorphes, oligodendrogliomes. Un gliome peut également se développer aux dépens du nerf optique.

Étym. lat. glia : glu

→ gliome périphérique

gliome du nerf optique l.m.

optic glioma

Tumeur bénigne (hamartome) qui survient chez l'enfant avant l'âge de dix ans, avec prépondérance féminine, développée aux dépens des cellules de soutien du nerf optique, réalisant un astrocytome ou un spongioblastome.
Le diagnostic se fait sur des signes d'appel : strabisme, exophtalmie, cécité et sur les données de l'imagerie. L'extension est fréquente au chiasma, au IIIe ventricule, à l'hypothalamus. On note souvent l'association à la maladie de von Recklinghausen  de type I (27% des cas). Affection autosomique dominante, à pénétrance incomplète, d’expressivité variable, le gène est localisé sur le bras long du chromosome 17q-11-2. Dans 30 à 40% des cas il s’agit d’une affection sporadique.
Le traitement est conservateur, la résection du nerf optique n’est faite qu’en cas de complications cornéennes, conséquence d'une exophtalmie importante entraînant une lagophtalmie ; la radiothérapie n'est plus pratiquée en raison du risque d'encéphalopathie radique.

W. H. Craig, neurochirurgien américain (1955)

→ gliome des voies optiques, gliome malin du nerf optique et du chiasma

gliomes multifocaux l.m.p.

multifocal gliomas

Tumeurs composées de cellules dérivées des précurseurs gliaux, parmi lesquelles on peut distinguer des formes bien différenciées (astrocytomes) et des formes indifférenciées (glioblastomes), dont la particularité est de développer plusieurs foyers dans le système nerveux, simultanément ou en plusieurs temps.
Schématiquement, on définit la multifocalité ou multiplicité comme une donnée iconographique qui est l'expression de la dissémination d'un foyer initial ou de sa croissance le long de voies établies. La multicentricité caractérise anatomiquement des foyers tumoraux indépendants et sa reconnaissance ne peut être que neuropathologique. Leur fréquence est diversement appréciée (3 à 10%) et a sans doute été sous-estimée avant l'imagerie, l'éventualité d'une métastase étant alors envisagée.
Le diagnostic est porté par l'étude de la biopsie d'un des foyers, prélevé en règle par méthode stéréotaxique, plus rarement par celle d'une pièce opératoire ou par un examen post-mortem. Les résultats histologiques sont les mêmes que dans les tumeurs gliales, mais les glioblastomes semblent plus fréquents ; ils en partagent également traitement et pronostic.
Aucun facteur de risque spécifique n'a été retenu, bien que soit évoqué actuellement un risque génétique. Toutefois, ces tumeurs apparaissent en nette augmentation. 

glioneurome du corps ciliaire l.m.

glioneuroma of the ciliary body

Malformation tumorale embryonnaire du corps ciliaire constituée de tissu cérébral (astrocytes et cellules neuronales avec axones).
Il correspond à un choristome du corps ciliaire et se développe sur le bord d'un colobome du corps ciliaire.

gliose rétinienne massive l.f.

massive gliosis of the retina

Condition rencontrée dans diverses affections (malformation, traumatisme, etc.) faite d'une prolifération gliale peuplée de cellules fusiformes en territoires étendus.

glitazones  n.f.p.

glitazone

Classe d’antidiabétiques insulino-sensibilisants, qui augmentent la sensibilité des tissus périphériques à l’action de l’insuline, surtout par activation des récepteurs intracellulaires activés par les proliférateurs de peroxysomes (PPARgamma).
Ils interviennent particulièrement au niveau des adipocytes, favorisant l’apoptose des gros adipocytes et la prolifération de petits adipocytes, réduisant la libération d’adipo-nectine, de cytokines et d’acides gras libres. Ils agissent aussi au niveau des cellules musculaires et plus accessoirement du foie. Leur effet inhibiteur de la production hépatique du glucose est moins prononcé que celui de la metformine, ce qui explique la potentialisation de l’effet antidiabétique des 2 molécules.
Le pouvoir de réduction du niveau glycémique des glitazones se double d’un risque de prise de poids et de rétention hydrosodée, lié à leur effet insulinosensibilisant. Surtout ont été observés des effets indésirables hépatiques pour la troglitazone, un risque probablement majoré d’infarctus myocardiques avec la rosiglitazone, de tumeurs vésicales avec la pioglitazone, qui ont conduit bien de pays dont la France, à interrompre pour le moment l’utilisation de cette classe thérapeutique innovante.

Syn. thiazolidinedione

→ diabète de type 2, récepteur activé par les proliférateurs de peroxysomes

[R1,G5]

Édit. 2017

globe corné l.m.

horn pearl, squamous pearl

Image de dermatopathologie correspondant à une formation arrondie faite de couches de cellules malpighiennes concentriques s'enroulant autour d'une petite masse de kératine ortho- ou, plus souvent, parakératosique qui représente un foyer de maturation kératinisante plus ou moins poussée.
Les globes cornés se voient dans les carcinomes spinocellulaires bien ou assez bien différenciés, où les kératinocytes tumoraux sont plus ou moins atypiques, mais manquent dans les formes peu et surtout non différenciées ou anaplasiques.

globule polaire l.m.

polar body

Petite cellule, toujours abortive, qui résulte, au cours de la méiose, des deux divisions de maturation très inégales que l’ovocyte de premier ordre accomplit successivement, soit avant soit après sa fécondation mais, de toute façon, avant sa segmentation.
L’ovocyte de premier ordre donne ainsi naissance à 4 cellules filles ayant chacune 22+1 X chromosomes. Une seule d’entre elles devient mature. Les trois autres, qui forment les globules polaires, ne reçoivent que très peu de protoplasme et dégénèrent au cours du développement ultérieur.

glomérule n.m.

glomerulus

En néphrologie, segment initial du néphron qui permet le processus de filtration.
Il est formé d'anses capillaires qui constituent le floculus glomérulaire, de cellules mésangiales qui s'insèrent entre les boucles capillaires et de l'appareil juxtaglomérulaire qui siège au pôle vasculaire. Le glomérule est relié au système vasculaire par les artérioles afférentes et efférentes, il se prolonge par le tube rénal. L'espace situé entre les anses capillaires et la capsule de Bowman qui délimite la périphérie du glomérule constitue la chambre urinaire.

glomérule sudoripare l.m.

sweat gland, secretory portion

Partie sécrétrice profonde de la glande sudorale constituée par un tube à extrémité borgne, plusieurs fois enroulé sur lui-même et fait de deux assises cellulaires : une couche périphérique d'éléments clairs implantés sur une basale épaisse et une couche interne de cellules plus sombres.

Syn. peloton sudoral

glomérulonéphrite aigüe l.f.

acute glomerulonephritis

Atteinte rénale glomérulaire aigüe, réversible, habituellement consécutive à une infection rhinopharyngée ou cutanée due à un streptocoque β hémolytique de groupe A essentiellement des groupes 4 ou 12.
D'autres causes infectieuses, virales ou parasitaires sont possibles.
Le tableau clinique associe des signes urinaires (avec oligurie, protéinurie, hématurie micro ou macroscopique, cylindrurie), une rétention sodique entraînant souvent des œdèmes périphériques, une hypertension avec parfois des signes de défaillance cardiaque. Les explorations biologiques montrent souvent une altération fonctionnelle rénale, et un taux sérique de C3 abaissé. L'évolution est habituellement favorable en quelques semaines, voire quelques mois. La guérison sans séquelles est la règle.
Alors que l’atteinte de la  valeur fonctionnelle rénale est habituellement modérée, il existe une forme avec insuffisance rénale aigüe caractérisée par une oligurie, une hypertension artérielle élevée et des œdèmes volumineux. La guérison sans séquelles est la règle.
Les lésions histologiques sont essentiellement glomérulaires marquées par une prolifération cellulaire endocapillaire pure (prolifération mésangiale associée à la présence de cellules inflammatoires dans les capillaires glomérulaires dont des polynucléaires) et par la présence de dépôts extramembraneux à forme conique (humps) fixant de façon prédominante la fraction C3 du complément et de façon moins constante l’immunoglobuline G. Dans des formes sévères des nécroses focales du floculus avec croissants peuvent être observées. La réversibilité des lésions n’est alors pas complète et des cicatrices fibreuses peuvent se développer.

Sigle GNA

→ humps

glomérulopathie extra-membraneuse anténatale par allo-immunisation materno-fœtale l.f.

Glomérulopathie due au passage transplacentaire d’anticorps maternels qui se fixent sur les podocytes des glomérules fœtaux.
Les anticorps pathogènes sont dirigés contre la néprilysine ou endopeptidase neutre (EPN)/CD10. La maladie glomérulaire est caractérisée par un syndrome néphrotique à la naissance, qui évolue rapidement vers l’insuffisance rénale sévère au cours des premières semaines de vie.
Elle est due à une immunisation développée par la mère pendant la grossesse liée au passage transplacentaire des anticorps néphritogènes. Les mères, apparemment bien portantes, sont génétiquement déficientes en EPN et s’immunisent dès la première grossesse contre l’EPN/CD10 présente sur les cellules placentaires.
Cette maladie représente la première cause prouvée de pathologie d’organe induite par allo-immunisation materno-fœtale. Les futures grossesses chez les mères immunisées sont à haut risque pour le fœtus.

P. Ronco, médecin néphrologue français, membre de l’Académie de médecine (2012)

→ néprilysine

glomus jugulaire de Guild l.m.

glomus jugulare (TA)

jugular body, tympanic body

Nappe de cellules paraganglionnaires qui s’interpose entre le bulbe supérieur de la veine jugulaire interne et la paroi osseuse de la fosse jugulaire.
Elle représenterait une disposition aberrante de quelques éléments du ganglion tympanique. Il contient des chimiorécepteurs.

S. R. Guild, otologiste américain (1941)

→ ganglion tympanique

glomus neuro-myo-artériel de Masson l.m.

Masson’s neuromyoarterial glomus

Petit organite neuromusculovasculaire correspondant à un court-circuit artérioveineux faisant communiquer directement une artériole cutanée subterminale et une ou plusieurs veinules, non pas par des capillaires mais par un canal de Sucquet-Hoyer qui est entouré de cellules glomiques contractiles.
Les glomus sont surtout abondants à la pulpe et dans le lit unguéal des doigts et des orteils, mais sont aussi présents aux paumes et aux plantes, aux oreilles et dans la zone médiofaciale. Ils peuvent être à l'origine de processus tumoraux appelés tumeurs glomiques.

P. Masson, anatomopathologiste français, membre de l'Académie de médecine (1924)

Étym. lat. glomus : peloton

→ glomique (tumeur), tumeur glomique cutanée, tumeur artérioveineuse acrale

| page précédente | /117 | page suivante