Schilling (test de) l.m.
Schilling’s test
Test d'absorption digestive de la vitamine B12 radioactive.
Le test de Schilling est utilisé dans le diagnostic des malabsorptions de la cyanocobalamine (vitamine B12) pour différencier une cause gastrique (secondaire à une absence de facteur intrinsèque : maladie de Biermer, gastrite atrophique, gastrectomie totale ou partielle) d'une origine iléale (maladie de Crohn, parasitose à bothriocéphale, résection iléale, diarrhées au long cours).
On administre simultanément au patient une gélule contenant de la vitamine B12 libre et une gélule contenant de la vitamine B12 liée au facteur intrinsèque. Le cobalt ordinaire (59Co) contenu dans la vitamine B12 est remplacé par un radio isotope du cobalt, différent pour la vitamine B12 liée, de celui de la vitamine B12 libre; on utilise 57Co et 58Co, émetteurs de photons d'énergies différentes. En cas de malabsorption iléale, aucune des deux formes de vitamine B12 ne sera correctement absorbée ; en revanche, si l'origine du trouble est gastrique, seule la gélule dont la vitamine B12 est liée au facteur intrinsèque sera correctement absorbée.
Le comptage des deux radioisotopes éliminés dans les urines des 24 heures suivant l'administration des gélules permet de faire le diagnostic d'origine de la malabsorption et d'en chiffrer l'importance.
Étym. Le test est nommé en l’honneur de R. F. Schilling (1919-2014) chercheur américiain connu pour ses travaux sur la vitamine B12.
Schober ( test de) l;m.
Schober’s test
Test permettant d’apprécier la capacité de flexion de la colonne lombaire vertébrale.
Pour cela, on pratique deux marques, respectivement à 5 et 10 cm au dessus de l’articulation lombo-sacrée chez un patient vu de dos en station debout et on lui demande de se pencher en avant autant que cela lui est possible ; on mesure alors la distance qui sépare les marques pratiquées, un écart de moins de quatre centimètres entre les deux mensurations est considéré alors comme pathologique témoignant d’un enraidissement rachidien.
Ce test est important dans la surveillance de la spondylo-arthropathie.
P. Schobert, médecin rhumatologue allemand (1937)
scotch test l.(angl.) m.
scotch test, Graham’s test
1) En parasitologie, test diagnostique utilisé pour rechercher les œufs d’oxyures (Enterobius vermicularis) sur les plis radiés de la marge de l’anus, lieu de ponte de ces nématodes.
Il consiste en l’application, sur la région anale, avant la toilette, d’un fragment de cellophane adhésive transparente qui retient les éventuels œufs d’oxyure. Appliqué sur une lame porte-objet, ce fragment de cellophane peut être directement observé au microscope pour la recherche des œufs d’Enterobius vermicularis. Ce test peut être éventuellement renouvelé plusieurs jours consécutifs, tant chez le sujet suspect d’oxyurose (prurit anal) que dans l’entourage familial.
2) En dermatologie, technique consistant à mettre en évidence au microscope l’agent causal du pityriasis versicolor (Malassezia furfur) sur un ruban adhésif appliqué sur la zone atteinte.
C. F. Graham, anatomopathologiste américain (1941)
Syn. test de Graham, test à la cellophane adhésive
sérologie rhumatoïde l.f.
Étude du sérum d’un sujet en vue d’y démontrer la présence de facteurs rhumatoïdes et d’auto-anticorps anti-protéines citrullinées.
Les facteurs rhumatoïdes étant des autoanticorps anti-IgG, ses réactions de détection utilisent toutes comme réactifs des IgG, qu’il s’agisse d’IgG de lapin comme dans la réaction de Waaler-Rose et ses dérivés, ou d’IgG humaines comme dans le test au latex et ses dérivés. La signification clinique des deux types de réaction est très voisine : dans l’ensemble, on considère que les réactions type Waaler-Rose sont moins sensibles mais plus spécifiques que les tests au latex. Parfois, le test au latex est positif mais la réaction de Waaler-Rose négative : on parle alors de sérologie rhumatoïde dissociée.
A ces tests classiques s’ajoutent la recherche d’auto-anticorps dirigés contre des protéines citrullinées produits au sein de la synoviale rhumatoïde.
→ polyarthrite rhumatoïde, Waaler-Rose (réaction de), latex (test d'agglutination au), auto-anticorps anti-protéines citrullinées
[I1,C1]
Édit. 2017
séropositif adj.
antibody seropositive
1) En microbiologie, qualificatif de l’état d’un sujet dont le sérum possède des anticorps spécifiques d’un antigène d’une espèce de micro-organisme.
Par usage elliptique le terme a longtemps désigné la séropositivité à la syphilis. Actuellement et par analogie tout aussi simplificatrice et erronée il tend, dans l’esprit du grand public, à s’appliquer à la seule séropositivité au virus de l’immunodéficience humaine acquise (VIH).
2) En rhumatologie, qualificatif de l’état d’un sujet dont les réactions de détection des facteurs rhumatoïdes sont positives.
Généralement, test au latex et réaction de Waaler-Rose sont positifs simultanément ; parfois, le test au latex est positif mais la réaction de Waaler-Rose négative : on parle alors de sérologie rhumatoïde dissociée.
[C1,D1,L1]
Édit. 2017
temps de Quick l.m.
prothrombin time
Test de coagulation plasmatique aussi couramment appelé : taux de prothrombine.
Il consiste à mesurer le temps de coagulation, à 37°C, d'un plasma anticoagulé par recueil sur citrate de sodium (0,113 M) après que l'on ait activé la voie du facteur tissulaire de la coagulation par du facteur tissulaire en même temps que l'on rétablit la concentration physiologique en calcium ionisé. Le résultat peut être rendu en secondes, en comparaison du temps du même test pratiqué sur un plasma contrôle témoin normal. Le temps de Quick peut aussi être exprimé par rapport à une droite étalon de dilution d'un pool de plasma contrôle normal. Le résultat est alors rendu par le taux de dilution donnant le même temps que le plasma à tester et exprimé abusivement en taux de prothrombine.
Le temps de Quick est sensible à tous les facteurs intervenant dans la voie du facteur tissulaire.
Du fait de la sensibilité aux facteurs vitamine K dépendants il est très utilisé surtout dans son expression INR pour suivre les traitements anticoagulants oraux par antivitamines K.
A. J. Quick, physiologiste américain, membre de l'Académie de médecine (1935)
Syn. taux de prothrombine, temps de prothrombine
→ INR, ISI, temps de thrombine, antivitamines K.
[F4]
Édit. 2019
temps de thrombine l.m.
thrombin time
Mesure du temps de coagulation du plasma isolé après que l'on ait ajouté de la thrombine en même temps que l'on rétablit la concentration physiologique en calcium ionisé.
La thrombine utilisée est soit humaine soit plus souvent d'origine animale. La thrombine à forte concentration n'est pas très sensible aux antithrombines. Ce test étudie plus spécialement la coagulabilité du fibrinogène. C'est un test de dépistage des dysfibrinogénémies.
test à l'eau glacée l.m.
ice water test
Test clinique de recherche de l'hyperréflectivité vésicale, utilisé dans les vessies neurologiques.
L'injection rapide de 60 à 90 mL de sérum glacé dans la vessie provoque en cas d'hyperréflectivité l'expulsion dans la minute qui suit du sérum ou du cathéter. Ce test est négatif chez le sujet normal et positif dans les lésions du neurone moteur central, car le réflexe mictionnel peut être déclenché par une stimulation extéroceptive.
test à l'urécholine l.m.
urecholine bladder test
Test diagnostique destiné à prouver l'existence d'une dénervation vésicale.
Il est fondé sur le phénomène d'hypersensibilité des organes dénervés à leurs propres neurotransmetteurs. Une cystomanométrie est réalisée avant et après l'injection sous-cutanée de 2,5 mg d’Urécholine. On considère que le test est positif (c'est-à-dire significatif d'une dénervation parasympathique complète) lorsque la pression vésicale mesurée à 100 ml de remplissage, augmente de plus de 20 cm d'eau. Il est négatif au-dessous de 15 cm d'eau et douteux entre 15 et 20 cm d'eau. L'intensité de la réponse est proportionnelle à l'intensité de la dénervation autonome.
A.C. Diokno et J. Lapides, chirurgiens urologues américains (1972)
Syn. test de Lapides
→ dénervation vésicale, cystomanométrie
test au carmin l.m.
Test de réalisation aisée qui permet d’apprécier le temps de transit intestinal.
Une dose de 1 gramme de rouge carmin est absorbée avec le petit déjeuner. Le patient note la date d’apparition de la première selle rouge. Ce test est d’autant moins efficace pour juger le temps de transit que le transit est prolongé.
test de Cochran l.m.
Cochran’s Q test.
Test statistique pour estimer les liens entre des variables qualitatives sur plus de deux échantillons appariés
W. G. Cochran, statisticien américain (1950)
[E1]
test de Cochran-Mantel-Haenszel l.m.
Cochran’s Q test.
Test statistique utilisé pour comparer deux pourcentages et permettant de contrôler des facteurs de stratification.
W. G. Cochran, statisticien américain (1954), N. Mantel et W. Haenszel, biostatisticiens américains (1959)
Syn. test Mantel-Haenszel
[E1]
test de falciformation l.m.
sickle cell test
Test cellulaire de mise en évidence de l'hémoglobine S consistant à désoxygéner des hématies entre lame et lamelle en présence de bisulfite de sodium et à provoquer ainsi leur falciformation.
Ce test, de première intention, permet difficilement de distinguer les formes homozygotes des formes hétérozygotes et tend à être remplacé par des tests quantitatifs de solubilité.
V.E. Emmel, anatomiste américain (1917)
→ falciformation, drépanocytose
test de Haserick l.m.
Haserick’s test
Test permettant de mettre en évidence dans le plasma de sujets atteints de lupus érythémateux disséminé le facteur LE ou facteur d'Haserick.
Ce test qui démontra le mécanisme de formation des cellules LE n'a plus aujourd'hui qu'une valeur historique. Le sérum du malade, en agissant sur les leucocytes humains ou animaux, induit la formation de cellules de Hargraves ou cellules LE (polynucléaires englobant une volumineuse inclusion homogène). Ce facteur est une variété d'autoanticorps antinucléoprotéines contenue dans les gammaglobulines 7 S.
J. Haserick, dermatologiste et D. Bortz, médecin interniste américains (1949) ; M. M. Hargraves, médecin américain (1948)
→ cellule de Hargraves, cellule LE, lupus érythémateux disséminé
[N3]
Édit. 2015
test de 15 hue désaturé l.m.
desatured 15 hue test
Test de vision des couleurs mis au point par Lanthony utilisant le même principe que le test de Farnsworth 15 teintes (hue) mais avec des pions ayant des valeurs désaturées.
D. Farnsworth ophtalmologiste américain (1943 et 1947), P. Lanthony, ophtalmologiste français (1975)
Étym. angl. hue : teinte, nuance chromatique
→ hue
test de la catatoruline l.m.
catatorulin test
Test biologique pour le dosage de la vitamine B1 (thiamine), fondé sur la mesure de la consommation d'oxygène dans des coupes de cerveau de pigeons carencés additionnées de pyruvate.
La carence en vitamine B1 se traduit par une diminution de l'oxydation de l'acide pyruvique dans les coupes et l'addition de cette vitamine rétablit une consommation normale d'oxygène, ce qui permet de déduire la quantité nécessaire pour obtenir cet effet. Ce test est très sensible (de l'ordre de 0,2 µg).
R. A. Peters, Sir, biochimiste britannique (1938)
Étym. La toruline est un ancien nom de la vitamine B1
test de suspension du rachis cervical l.m.
head distraction test
Test au cours duquel, le patient étant assis, l'examinateur tente de lui soulever la tête avec une main sous le menton, l'autre sur la nuque.
Si la cervicalgie est soulagée, le test est en faveur d'une compression des racines nerveuses.
test unilatéral l.m.
unilateral test.
Test utilisé, dans les comparaisons, pour savoir si un élément est supérieur à un autre, c’est-à-dire si l’on peut rejeter l’hypothèse nulle.
thromboélastogramme n.m.
Technique globale d'étude de la coagulation du sang (ou du plasma), de la cohésion et saturation du caillot constitué et de sa dégradabilité, qui consiste à enregistrer le mouvement transmis par le caillot à un capteur au centre d'une cuve où est placé le sang (ou le plasma) pendant la coagulation.
Comme tous les tests très globaux, il est à la fois sensible à des modifications ou des anomalies pour lesquelles il n'existe pas de test spécifique, mais à l'opposé il est influencé par de nombreux facteurs mal contrôlables. Il n'est en pratique utilisable que par les laboratoires qui ont une grande expérience et l'utilisent dans des indications très spécialisées.
Test désuet.
thrombopénie induite par l'héparine dite spontanée (TIH spontanée) l.f. spontaneous heparin-induced thrombocytopenia syndrome
Présence d’une thrombopénie, inexpliquée par ailleurs, associée à des manifestations thrombotiques, sans exposition préalable à l’héparine.
Ce syndrome est biologiquement caractérisé par la présence d’auto-anticorps anti-PF4/héparine de type IgG capables d’entraîner une activation plaquettaire démontrée par la forte positivité du test de release plaquettaire de sérotonine et ce en absence d’adjonction d’héparine. Une des hypothèses sur le mécanisme de survenue de ces TIH dites spontanées fait intervenir le développement d’anticorps présentant une réaction croisée avec le complexe PF4/héparine comme cela peut être envisagé après chirurgie orthopédique où il peut y avoir exposition de glycosaminoglycans endogènes lors de l’acte chirurgical ou comme cela a été décrit après infections bactériennes ; certaines bactéries présentant sur leur membrane des motifs antigéniques rappelant ceux du PF4. Le diagnostic formel est étayé par la présence d’auto-anticorps, de type IgG, dirigés contre le complexe PF4-héparine et par le test d’activation plaquettaire du release de sérotonine.
T.E. Warkentin, biologiste canadien (2008 et 2014)
→ thrombopénie induite par l'héparine
TNO (test) l.m.
TNO test
Test duochrome pour la mesure de l'acuité stéréoscopique de près.
Ce test est fondé sur le principe des anaglyphes. Acuité stéréoscopique mesurée de 450 à 15 secondes d'arc.
tritanopie n.f.
tritanopia
Déficience de la perception du bleu, ou cécité au bleu, les sujets affectés n'ayant plus la vision du bleu et du jaune.
Le jaune correspondant à la bande neutre des tritanopes (entre 568 et 578 millimicrons) n'est pas perçu. Ne pas confondre avec les atrophies optiques juvéniles dominantes qui donnent un déficit jaune-bleu acquis secondaire, l'ERG permettant la distinction. L'anomalie n'est pas dépistée par le test d'Ishihara mais au 100 HUE ou au test Hardy-Rand-Rittler. La fréquence de l'affection est entre 1/13000 et 1/65000 selon W.D. Wright (1952). Le gène du pigment bleu (BCP) a été cloné par J. Nathans et localisé en 7q31.3-32. Trois mutations sur ce gène (BCP) sont actuellement connues et donnent une tritanopie. L'expressivité du gène est variable. La forme anciennement dite liée au sexe est une tritanomalie donc moins sévère voire une tritanomalie partielle. L’affection est autosomique dominante (MIM 190900).
S Ishihara, ophtalmologiste japonais (1917 et 1960) ; W. D. Wright, docteur en sciences britannique (1952) ; J. Nathans, biochimiste américain (1986) ; L. Hardy, ophtalmologiste américain, Gertrude Rand, psychologiste américaine, M. Catherine Rittler, technicienne américaine (1950)
Syn. dyschromatopsie tritan
→ Ishihara (test d'), Hardy-Rand-Rittler (atlas de)
TTL sigle angl. m. pour Lymphoblastic Transformation Test
Test de transformation lymphoblastique des lymphocytes en culture, en présence d'antigène ou de mitogène non spécifique.
En présence d'antigène, ce test est utilisé surtout pour la recherche d'une allergie de type IV. En présence de mitogène non spécifique (phytohémagglutinine, concanavaline A, pockweed), l'absence de réaction indique une anomalie lymphocytaire.
tyrosinase positive (test d'incubation à la tyrosine du bulbe pilaire) l.m.
tyrosinase positive hair bulb tyrosine incubation test
Test utilisé dans le diagnostic de l'albinisme, le test est positif lorsque l'incubation d'un bulbe fraîchement épilé dans une solution riche en tyrosine donne une pigmentation du bulbe pilaire.
Le taux sérique de tyrosinase est normal pour toutes les formes d'albinisme, mais in-vitro l'incubation d'un bulbe pilaire des sujets albinos dans une solution de tyrosine ne provoque aucune pigmentation dans les albinismes oculocutanés "tyrosinase négative", peu de pigmentation ou de façon douteuse dans l'albinisme oculocutané de type mutant jaune, et une pigmentation définitive dans les albinismes "tyrosinase positive", ce qui signifie que dans ces derniers albinismes la tyrosinase est active et reste capable de transformer la tyrosine en mélanine (pigment noir).
Wada (test de) l.m.
Wada test
Test pharmacologique permettant d'apprécier les fonctions langagières et mnésiques d'un patient candidat à une lobectomie ou à une cortectomie temporale.
Il consiste en une injection intracarotidienne d’un anesthésique (en général de l’amobarbital sodique) qui inactive pharmacologiquement les deux tiers antérieurs du cortex ipsilatéral pendant plusieurs minute, pour apprécier le siège d’une fonction donnée. Est observée alors une hémiparésie controlatérale, accompagnée d'une aphasie globale si l'injection a été pratiquée du côté de l'hémisphère dominant. Une injection suprasélective de la carotide interne permet d'explorer les fonctions mnésiques. Ce test tend actuellement à être remplacé par l’imagerie cérébrale fonctionnelle.
J. A. Wada, neurologue canadien (1949)
→ lobectomie, cortectomie, hémiparésie
[H1]
Édit. 2019