Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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cryoconservation n.f.

cryopreservation

Technique de conservation à très basse température de cellules, tissus, organes ou virus.
Elle utilise habituellement l'azote liquide (- 196°C) et permet une conservation à long terme des ressources génétiques.

[B3]

crypte amygdalienne l.f.

cryptae tonsillares, tonsillar crypts

Diverticule creusé dans l’amygdale, dont le grand nombre donne l’aspect irrégulier de la surface des amygdales palatines.
Leur inflammation fréquente est favorisée par l’accumulation de caséum (amas de lymphocytes, de cellules épithéliales desquamées, de détritus et de micro-organismes).

[P1]

cryptidine n.f.

cryptidine

Peptide antiviral sécrété par les cellules épithéliales des cryptes intestinales.
Ce polypeptide cationique, formé de 70 acides aminés, inhibe la translocation des bactéries et module la synthèse d’hormones intestinales

[C1,C3]

cryptochrome n.m.

cryptochrome

Pigment découvert dans la rétine, mais présent aussi dans la peau, dont la structure comporte une protéine liée à une riboflavine.
Sensible à la lumière bleue, il transmet un signal par le nerf optique à des cellules d’un noyau supra-chiasmatique où il joue un rôle dans le contrôle de l’horloge interne du rythme circadien en réduisant la production de la protéine « période », codée par le gène Per.

Abrév. CRY1 (chez l’homme) et CRY2 (chez la souris).

[P2]

cryptococcose n.f.

cryptococcosis

Mycose cosmopolite due à un champignon levuriforme opportuniste, Cryptococcus neoformans, et survenant souvent chez les sujets immunodéprimés ou présentant une hémopathie sévère.
La cryptococcose est une infection opportuniste. Le champignon a été isolé à partir de l'appareil respiratoire de sujets sains et comme agent transitoire chez des bronchopathes. La maladie se développe avant tout chez des patients présentant un déficit de la fonction immune médiée par les cellules T : patients sous corticothérapie générale, ou atteints de sida, de sarcoïdose ou de lymphome malin. En recrudescence avec l’extension du sida, la cryptococcose provoque diverses manifestations cliniques, notamment pulmonaires (parfois pseudo-tuberculeuses ou pseudo-néoplasiques), cutanées ou cutanéomuqueuses (papules, ulcérations), ou osseuses (abcès ossifluents, froids, pseudo-tuberculeux). La forme la plus habituelle et la plus grave est méningo-encéphalique (cryptococcose neuroméningée), avec un syndrome méningé incomplet (la fièvre et la raideur de la nuque sont inconstantes), ou des atteintes cérébrales. À la ponction lombaire, on recueille un liquide clair, avec 10 à 100 éléments/mL, une protéinorachie élevée, une glycorachie inconstante et, surtout, des levures encapsulées.
Chez les sidéens, la cryptococcose prend souvent la forme d'une septicémie avec hémocultures positives. Le diagnostic fait appel, en urgence, à la mise en évidence des levures encapsulées et de l'antigène capsulaire polysaccharidique dans les liquides. Les médicaments efficaces sont l'amphotéricine B I.V., associée ou non à la flucytosine, le fluconazole, voire l'itraconazole ; le kétoconazole est actif dans les formes cutanées pures.
Première observation par O. Busse, anatomopathologiste allemand (1894) et A. Buschke, dermatologue allemand (1895), confondant Cryptococcus neoformans, avec Blastomyces et ar F. Sanfelice, bactériologiste italien qui l’isola sous son nom (1894) ; J-P. Vuillemin, botaniste français, introduisit cette levure encapsulée dans le genre Cryptococcus. (1901),

Syn. torulose (impropre), maladie de Busse-Buschke, blastomycose européenne (obs.)

→ Cryptococcus neoformans

[D1]

culdocentèse n.f.

culdocentesis

Ponction transvaginale du cul-de-sac de Douglas, utilisée pour diagnostiquer un hémopéritoine, recueillir des cellules péritonéales ou de l'ascite afin d'identifier un cancer de l'ovaire.

J. Douglas, anatomiste britannique (1675-1742)

[O3,B4]

cultiver v.tr

culture (to)

En biologie, favoriser la croissance d'un type particulier de cellules ou de microorganismes dans des conditions déterminées, habituellement en inoculant un milieu de culture approprié.
Ce verbe est couramment employé d'une manière intransitive.

[C1]

cuticule n.f.

1) En dermatologie :

- couche externe du poil ou du cheveu mesurant de 2 à 3 µm d'épaisseur, faite de 6 à 10 assises de cellules cuticulaires anucléées en forme d'écailles qui sont imbriquées les unes dans les autres à la façon des tuiles d'un toit, leur bord libre regardant vers l'extrémité distale du poil.
La cuticule protège le cheveu et le poil des agressions physiques et chimiques extérieures ;
- zone cornée adhérente à la tablette unguéale et protégeant de façon hermétique la région matricielle.
2) En entomologie : désigne l’exosquelette des insectes et des arachnides.

[J1,D2]

cycle cellulaire l.m.

cell cycle

Ensemble des modifications survenant dans une cellule entre sa naissance et sa division en deux nouvelles cellules filles.
On décrit ainsi les étapes qui précèdent et celles qui constituent une mitose : phase de repos ou interphase, phase G1 de biosynthèse de protéines, phase S de biosynthèse d'ADN par réplication, phase G2 ou préprophase prémitotique, phase M de mitose avec métaphase, anaphase et télophase.
Certains médicaments immunosuppresseurs ou anticancéreux n’agissent que pendant les phases S et G2 du cycle cellulaire.

[A2,C3]

cycle de division cellulaire l.m.

cell division cycle

Succession des étapes par lesquelles passe une cellule à partir du déclenchement d'une division jusqu'à la séparation des deux cellules filles.

Abrév. cdc

[A2,C3]

cyclo-affaiblissement l.m.

cyclodestruction

Diminution de la production d’humeur aqueuse par le corps ciliaire, par destruction des cellules épithéliales ciliaires pour traiter des glaucomes réfractaires à tout autre traitement médical ou chirurgical.
Cet affaiblissement du corps ciliaire peut être obtenu au moyen de photocoagulations laser, de cryothérapie, de coagulations diathermiques ou par des ultrasons.

[P2]

cyclo-oxygénase n.f.

cyclooxygenase

Enzyme impliqué dans la biosynthèse des prostaglandines, catalysant l'oxydation par un anion superoxyde de l'acide arachidonique avec formation d'un radical peroxyde sur le carbone 11, suivie d'une cyclisation entre les C8 et 12, et obtention d'un endoperoxyde entre les C9 et 11.
L'oxydation est achevée par une peroxydation du C15, aboutissant à une prostaglandine PGG2,, hydroperoxyde cyclique instable, rapidement transformé en PGH2,. On connaît deux cyclooxygénases, l'une, dite constitutive (COX-1), est impliquée plus spécialement dans la synthèse des prostacyclines ; l'autre (COX-2), est induite par les stimulus inflammatoires.
Une cyclo-oxygénase est présente dans les membranes plasmiques de toutes les cellules des eucaryotes. Son site catalytique comporte un atome de fer ferreux. Elle est inhibée de façon plus ou moins importante par la plupart des anti-inflammatoires non stéroïdiens tels que l'aspirine.

[C1,C2]

CYFRA21-1 acr. angl. m. pour CYtokeratin FRAgment

Marqueur tumoral utilisant une méthode immunoradiométrique de mesure biologique d'un fragment de la cytokératine 19.
Le terme CYFRA21-1 est la contraction de l'anglicisme CYtokeratin FRAgment BM-19-21 et KS19-1. La cytokératine 19 est une protéine distribuée essentiellement dans les cellules épithéliales. Elle est reconnue spécifiquement par deux anticorps monoclonaux BM19-21 et KS19-1. Sa présence sérique est relativement spécifique du diagnostic de carcinome bronchique primitif, surtout de type épidermoïde.

[C1,F2,K1]

CYLD gene sigle angl. pour CYLD lysine 63 deubiquitinase

Gène situé sur le locus chromosomique 16q12.1, codant pour une protéine régulatrice du facteur nucléaire kappa-B. Celui-ci protège les cellules vis-à-vis d’une autodestruction en réponse à certains signaux ; il joue un rôle de suppresseur de tumeur.
Des mutations de ce gène entraînent le syndrome de Brooke-Spiegler, la cylindromatose,
le trichoépithéliome familial multiple.

Syn. BRSS, CDMT, CYLD1, CYLD_HUMAN, CYLDI, cylindromatosis (turban tumor syndrome), EAC, HSPC057, KIAA0849, MFT, MFT1, SBS, TEM, USPL2

→ cylindromatose, Brooke-Spiegler (syndrome de), trichoépithéliomatose familiale multiple

Cyr61 acr. pour Cystéine-Rich 61

Cyr-61 (ou CCN1) est une protéine de la famille CCN qui stimule les migrations cellulaires, favorise la survie des cellules et promeut l’angiogenèse.
Exprimée au cours de l’embryogenèse normale elle a aussi été impliquée dans le développement de certains cancers.

→ protéines CCN

[C1]

cystadénome mucineux du pancréas l.m.

mucinous cystadenoma of pancreas

Le cystadénome mucineux du pancréas peut être de découverte fortuite ou être révélé par des douleurs abdominales, la palpation d’une masse abdominale ou une compression de la voie biliaire principale ou du canal pancréatique.
Dans sa forme typique, il s’observe chez la femme de 40-50 ans dans plus de 90 % des cas (la prédominance féminine est encore plus marquée que dans le cas du cystadénome séreux). Il siège préférentiellement dans la partie corporéo-caudale du pancréas. Il est macrokystique dans 80 % des cas, ne communique pas avec le canal pancréatique. A l’imagerie, la paroi se rehausse après injection de produit de contraste. La paroi plus ou moins épaisse peut être le siège de nodules ou de végétations. Le diagnostic de certitude doit être obtenu si besoin par l’écho-endoscopie complétée par une ponction avec dosage des enzymes pancréatiques et des marqueurs tumoraux. L’étude cytologique montre la présence de cellules muco-sécrétantes et un stroma de type ovarien très évocatrice du diagnostic et permettant d’éliminer une TIPMP (tumeur intracanalaire papillaire mucineuse du pancréas).
Contrairement au cystadénome séreux, le cystadénome mucineux est une tumeur potentiellement maligne, susceptible de dégénérer en cystadénocarcinome mucineux. Il doit donc être opéré et réséqué.

→ cystadénome séreux du pancréas, tumeur intracanalaire papillaire mucineuse du pancréas

[F5,F2,L1]

cystatine C n.f.

cystatin C

Protéine basique non glycosylée de masse moléculaire 13 kDa produite par toutes les cellules.
La cystatine C est totalement ultrafiltrée au niveau des glomérules rénaux et est ensuite entièrement réabsorbée au niveau des tubules proximaux.
Sa concentration sérique parait refléter directement le débit de filtration glomérulaire (DFG) et n’est influencée ni par l’âge (chez l’enfant de plus de 1 an), ni par la masse musculaire, ni par des pathologies extra-rénales. Son dosage, par techniques immuno-néphélémétriques, a donc été proposé en remplacement de celui de la créatininémie pour la détection précoce de l’insuffisance rénale chronique et le calcul du DFG.

→ débit de filtration glomérulaire, créatininémie

[C1]

cytochrome b n.m.

cytochrome b

Cytochrome faisant partie d'une classe de cytochromes rencontrés dans les complexes II, qui contient un cytochrome bK, et III, qui contient un cytochrome bT, de la chaine respiratoire mitochondriale et dans les photosystèmes des chloroplastes.
Leur potentiel normal d’oxydoréduction est en général voisin de 0 V.
Un cytochrome de type b entre dans la composition du complexe enzymatique de la NADPH oxydase des cellules phagocytaires.
Il est constitué de deux chaines polypeptidiques, l'une de 91 kDa et l'autre de 22 kDa. L'absence ou le dysfonctionnement de l'une ou l'autre des deux chaines conduit à une maladie héréditaire : la granulomatose septique chronique.

Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur

→ cytochrome b5, cytochrome b5-reductase, cytochrome b5 réductase (déficit en) ,granulomatose septique chronique

[C1]

cytochrome b5-réductase n.f.

cytochrome b5-reductase

Enzyme flavinique, à FAD, catalysant la réduction du cytochrome b5 en oxydant le NADH.
Cet enzyme est surtout présent dans la plupart des cellules au niveau du réticulum endoplasmique, où il fait partie du système de la NADH-diaphorase et de la 9-désaturase des acides gras, mais il est aussi impliqué dans le système enzymatique soluble des globules rouges, capable de réduire la méthémoglobine.

Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur

→ cytochrome b

[C1]

cytochrome P450 (CYP) n.m.

cytochrome P450

Famille d’enzymes d’une grande importance en pharmacologie, chromoprotéines, localisées à la face interne du réticulum cytoplasmique, contenant une protéine spécifique et un noyau hème, avec une bande d'absorption préférentielle au voisinage de 450 nm, d’où leur nom.
Les cytochromes P450 font partie de mono-oxygénases ou hydoxylases, qui utilisent le dioxygène moléculaire pour fixer un atome d'oxygène sur le substrat en oxydant le cytochrome ferreux en cytochrome ferrique, ce dernier étant ensuite réduit par une chaine de transport d'électrons comportant à partir de NADPH une flavoprotéine à FAD et une protéine à fer non héminique. Les cytochromes P450 sont surtout présents dans les cellules hépatiques ou glandulaires.
Il existe plusieurs centaines de cytochromes P450 (CYP) différents, répartis dans trois familles (CYP1, CYP2 et CYP3) et des sous-familles (CYP1A, CYP2D...) regroupant des iso-enzymes distincts (CYP3A4, CYP2D6,...). Les différents cytochromes P450 ont des fonctions multiples. Ces hémoprotéines sont très impliquées dans la dégradation des molécules exogènes (xénobiotiques), en particulier de médicaments. Plus les cytochromes P450 sont actifs, plus les médicaments sont rapidement métabolisés. Cela supprime l'activité de médicaments directement actifs, mais peut aussi accroître leur transformation en métabolites actifs.
Le CYP1A2 préside au métabolisme de la caféine et de la théophylline, de l'imipramine et du paracétamol.
Le CYP2C9 intervient dans le métabolisme de la plupart des anti-inflammatoires non stéroïdien, des antidiabétiques oraux, des anticoagulants oraux (acénocoumarol, warfarine), de la phénytoïne et d'antihypertenseurs (losartan).
Le CYP2C19 est un enzyme majeur dans la stéroïdogenése.
Le CYP2D6 intervient dans le métabolisme de certains anti-arythmiques et antidépresseurs, des bêta-bloquants et de plusieurs neuroleptiques, transformant la codéine en morphine par déméthylation.
Sous l’influence du CYP3A4, la codéine est inactivée et transformée en norcodéine laquelle est métabolisée en morphine par le CYP2D6.
Le CYP11A1 préside à l’hydrolyse du cholestérol en prégnénolone – d’où la dénomination de CYP scc (side-chain cleavage et de cholesterol side-chain cleavage enzyme). Il exerce en outre ses effets sur le métabolisme du diazépam, de l'imipramine, du propranolol ou de l'oméprazole.
Le CYP17A1 assure l’hydroxylation de la prégnénolone en 17-hydroxyprégnénolone et de la progestérone en 17-hydroxyprogestérone, réduisant la corticostérone en cortisol.

Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur

[C1,C3,G3]

cytodiérèse n.f.

cytokinesis, cytodieresis

Lors de la division cellulaire, répartition des éléments constitutifs du cytoplasme dans les deux cellules filles.

Syn. cytocinèse

→ caryodiérèse

[A2]

cytodystrophie rénale

familial renal cytodystrophy

Néphropathie familiale très rare, se manifestant entre 20 et 30 ans par une protéinurie et des hématuries microscopiques.
Elle évolue lentement vers l’insuffisance rénale. Les cellules épithéliales des capillaires glomérulaires et celles de nombreux tubes contournées contiennent des vacuoles claires remplies d’inclusions lipidiques très denses et lamellaires.

J. Hamburger, néphrologue français, membre de l’Académie de médecine (1964)

[M1]

cyto-endoscopie n.f.

cyto-endoscopy

Examen cellulaire intra-oculaire sous endoscopie permettant soit le prélèvement cellulaire, soit l'examen direct tissulaire in situ, en peropératoire par contact direct (histo-endoscopie de contact).
L'intérêt de cet examen porte sur l'étude des cellules intraoculaires, comme p. ex. celles de l'équateur cristallin (germinatives), ou de la couronne ciliaire sécrétante, ou encore en oncologie intraoculaire.

Syn. histo-endoscopie, endoscopie de contact

[P2,A3]

cytohormonal adj.

cytohormonal

Qualifie l'étude des cellules d'un revêtement muqueux épithélial pour en déterminer l'imprégnation hormonale.
Le prélèvement est le plus souvent réalisé au niveau du vagin, mais il peut l'être au niveau de l'urèthre, ou de la bouche.

[A2]

cytologie abrasive l.f.

balloon cytology

Méthode de diagnostic du cancer et des lésions précancéreuses du tube digestif basée sur la recherche de cellules anormales recueillies par raclage d'une lésion.
Technique employée, principalement en Asie, pour des campagnes de dépistage de masse des cancers de l'œsophage et de l'estomac. L'abrasion est réalisée par un ballon entouré de mailles abrasives, ou plus récemment par une éponge auto-expansive.

[A2,F2]

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