Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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diagnostic pré-implantatoire l.m.

pre-implantation diagnosis

Examen génétique pratiqué sur les cellules d’un embryon obtenu par fécondation in vitro, au 2e ou 3e jour de vie.
L’analyse consiste, par hybridation in situ de fluorescence avec des sondes chromosomiques spécifiques, à tenter de reconnaître des trisomies 21, 18 ou 13, et surtout à identifier le chromosome sexuel X ou Y dans les maladies génétiques liées au sexe dont les gènes ne sont pas encore clonés, comme le syndrome de Lesch-Nyhan. Pour la recherche de maladie par déficit monogénique dont le gène est localisé, comme la mucoviscidose ou la myopathie de Duchenne, la séquence du chromosome qui contient le gène est amplifiée par biologie moléculaire puis reconnue comme normale ou non. Seuls les embryons sains sont transférés dans l’utérus de la mère. Plusieurs centaines d’enfants sont nés ainsi sans aucune malformation particulière recensée à ce jour.

M. Lesch, médecin cardiologue et W. L. Nyhan, pédiatre américains (1964)

diagnostic prénatal l.m.

prenatal diagnosis

Ensemble des procédés permettant, au début d'une grossesse, d'apprécier le développement du fœtus, sa morphologie par l’échographie, ses constantes biologiques, etc.
1) Ce diagnostic utilise l'amniocentèse, le prélèvement du sang fœtal, le prélèvement de villosités choriales, etc. pour étude directe, microscopique ou immunologique.
2) Il permet p. ex. le dépistage de maladies génétiques (chromosomiques, métaboliques ou autres), et peut faire prendre éventuellement une décision d'interruption thérapeutique de la grossesse. Plus d'une centaine de maladies familiales sont accessibles à différents moyens de diagnostic anténatal.
3) Le dépistage anténatal des anomalies chromosomiques est proposé systématiquement en France aux femmes enceintes âgées de 38 ans ou plus, aux femmes ayant donné naissance à un enfant anormal, lors des grossesses où un signe d'appel échographique est détecté, aux femmes d'un couple ou d'une famille où une maladie génétique est connue, etc.

diète n.f.

diet

Régime alimentaire fixé par ordonnance médicale, imposant des restrictions sur certains aliments ou nutriments, en fonction de la maladie traitée.
Les aliments déconseillés ont un rapport direct avec la physiopathologie de l’affection. La diète absolue, c’est-à-dire l’absence d’aliments, n’a pratiquement plus d’indications.

dilatation aigüe de l'estomac l.f.

acute gastric dilatation

Distension considérable et brutale de l’estomac, à la fois aérique et liquidienne par hypersécrétion gastrique.
C’est un syndrome rare dont la reconnaissance doit être rapide. Il se manifeste souvent de façon soudaine par des vomissements fréquents et abondants, des douleurs épigastriques, un arrêt des gaz, un météorisme monstrueux, d'abord épigastrique, très souvent asymétrique. Il y a des signes de déshydratation extracellulaire et de choc hypovolémique
La radiographie sans préparation de l’abdomen confirme le diagnostic : large niveau liquide horizontal barrant transversalement l’abdomen et surmonté d’une énorme poche à air gastrique refoulant la coupole diaphragmatique.
S’agit-il d’un opéré récent, c’est essentiellement dans les suites d’une vagotomie tronculaire pour ulcère qu’elle peut survenir, en dépit du geste de dérivation gastro-intestinale associé. Elle était devenue exceptionnelle avec les techniques de vagotomie hypersélective. Elle peut survenir après toute intervention de chirurgie abdominale particulièrement gastrique, biliaire, voire gynécologique ou même thoracique (pneumonectomie) ou neurochirurgicale. La pratique de l’anesthésie avec intubation endotrachéale l’a fait disparaître de cette discipline, à l’exception d’un risque persistant d’insufflation d’air dans l’estomac lors d’une réanimation d’urgence. Dans tous ces cas la pose systématique ou secondaire d’une sonde d’aspiration nasogastrique jointe aux gestes de réanimation en sont la meilleure prévention ou le meilleur traitement.
La dilatation aigüe gastrique d’origine médicale peut être plus complexe dans son diagnostic (tableau clinique incomplet et progressif – 24 à 48 heures) et dans son traitement. Les circonstances favorisantes sont la dénutrition, le diabète, les maladies infectieuses, les affections nerveuses centrales, médullaires ou périphériques ou les affections psychiatriques. Il est difficile dans ce cas de faire la part de ce qui revient à la maladie elle-même ou aux médicaments administrés au malade (anxiolytiques, neuroleptiques, antidépresseurs). C’est dans ce type de dilatation aigüe gastrique qu’il importe de mettre en œuvre sans retard un traitement médical basé sur l’évacuation gastrique (sonde nasogastrique, voire tube de Faucher) et une réanimation hydro-électrolytique adaptée. Méconnue ou négligée la dilatation aigüe gastrique qui peut survenir après un simple repas trop copieux avec ingestion immodérée de boissons gazeuses peut entraîner la mort par choc hypovolémique ou même, en raison de la distension de l’organe, par nécrose ou perforation diastatique de la paroi de l’estomac.

dilatation artérielle transluminale l.f.

transluminal arterial dilatation

Technique de cardiologie interventionnelle destinée au traitement des sténoses artérielles congénitales ou acquises (le plus souvent athéroscléreuses).
Elle consiste à introduire par ponction artérielle transcutanée un cathéter muni d’un ballonnet gonflable qui est poussé jusqu’à la zone rétrécie. Le gonflement sous forte pression de ce ballonnet supprime le rétrécissement, soit par la déchirure d’une sténose congénitale, soit par l’écrasement et le refoulement d’une obstruction athéromateuse.
Ce procédé peut être utilisé dans toutes les artères mais il est surtout appliqué aux sténoses coronaires, il a pris une place considérable dans le traitement de la maladie coronaire athéroscléreuse.

→ angioplastie transluminale

DILS (Syndrome) l.m. sigle angl. pour Diffuse Infiltrative Lymphocytic

Maladie systémique, secondaire à une prolifération oligoclonale des lymphocytes T CD8 en réponse à certains antigènes du VIH, caractérisée dans tous les cas par une infiltration lymphocytaire massive des glandes parotidiennes.
Les poumons, les muscles, le foie, les nerfs et le rein présentant les antigènes du VIH peuvent être affectés. L’atteinte rénale est rare. Elle se manifeste par une acidose tubulaire de type IV et/ou une néphrite interstitielle aiguë avec infiltration lymphocytaire sur la biopsie rénale. Le traitement repose sur une corticothérapie et la trithérapie antirétrovirale laquelle a fortement diminué la prévalence de cette affection.

Syn. lymphocytose infiltrative diffuse, Sjögren-like syndrome.

dilution pigmentaire l.f.

loss of pigment

Diminution ou perte de la pigmentation normale de la peau, parfois très discrète, décrite au cours d'affections métaboliques où elle s'associe à d'autres manifestations cliniques plus sévères comme dans la maladie de Menkes, la phénylcétonurie, l'homocystinurie, etc.

J. H. Menkes, neuropédiatre américain (1962)

Syn. leucodermie, achromie, dépigmentation

diméthylsulfoxyde n.m.

dimethylsulphoxide

Solvant polaire facilitant la mise en solution dans l'eau de substances normalement insolubles ou peu solubles.
Promoteur d'absorption, p. ex. de médicaments topiques, il agit par altération du stratum corneum dont il augmenterait l'effet réservoir grâce à son pouvoir liposolvant. Son utilisation est limitée par les irritations cutanées et les réactions allergiques qu'il provoque.
Utilisé comme dégraissant industriel dans l’industrie chimique et pharmaceutique, en médecine humaine ou vétérinaire pour congeler des cellules ou comme liniment d’entorses des animaux, pourrait être responsable en cas d’exposition massive ou répétée, d’encéphalopathies chroniques avec altération des fonctions cognitives, ralentissement psychomoteur, troubles de la dextérité, de la mémoire, de l’attention, et des fonctions exécutives.
Cette intoxication est prise en charge comme maladie professionnelle (tableau 84 du RG et 48 du RA) avec un délai de un an entre la fin de l’exposition et la première constatation des symptômes, sous réserve d’une durée d’exposition d’au moins 10 ans et de tests psychométriques confirmés par leur répétition six mois plus tard après au moins six mois sans exposition.
Pour les manifestations aiguës à type de syndrome ébrieux ou narcotique pouvant aller jusqu’au coma le délai de prise en charge est de 7 jours seulement.

Sigle DMSO

[E2, G4]

Édit. 2018

diplégie n.f.

diplegia

Paralysie bilatérale intéressant soit les deux moitiés du corps: (c'est alors une double hémiplégie), ou un membre des deux côtés du corps: deux membres supérieurs ou un membre supérieur et inférieur, ou les deux membres inférieurs et c'est alors une paraplégie.
La diplégie cérébrale infantile, secondaire à une encéphalopathie infantile est à prédominance sur les deux membres inférieurs (maladie de Little) avec spasticité. Elle peut s’étendre plus ou moins aux membres supérieurs.

W. J. Little, chirurgien britannique (1861)

Étym. gr. di : deux; plêgê : coup

→ Little (maladie de)

diptère (piqûre de) l.m.

dipterous bite

Piqûre d'insecte appartenant à l'ordre des diptères, caractérisés par une seule paire d'ailes (notamment mouches et moustiques qui sont munis de pièces buccales piqueuses ou suceuses).
Leur piqûre est sans gravité par elle-même ; pourtant, surtout dans les pays tropicaux, les diptères sont vecteurs de nombreuses maladies infectieuses ou parasitaires dont certaines peuvent être très graves.
Parmi les maladies transmises par les mouches (phlébotomes, glossines, etc.) et les moustiques (anophèles etc.), citons : dengue, fièvre à papataci, fièvre de la vallée du Rift, fièvre jaune, filarioses, maladie du sommeil, paludisme. Dans les pays tropicaux, la gravité de ces maladies rend indispensable les mesures préventives individuelles (moustiquaires, friction avec des produits répulsifs, etc.) ou collectives.

Étym. gr. dipteron : deux ailes

→ moustiques

Dirofilaria repens

Dirofilaria repens
Filaire souscutanée du Chien, responsable habituelle de la dirofilariose humaine dans l’ancien monde alors que Dirofilaria immitis est l’agent de la maladie dans le nouveau monde.
D’autres espèces de dirofilaires animales sont plus rarement observées chez l’homme  comme D. ursi ou D. tenuis.

discopathie n.f.

discopathy

Affection ou maladie intéressant le disque intervertébral.

Syn. discission

dispositif médical l.m. (DM)

device, handling

Désigne à l’exception des produits d’origine humaine, « tout instrument, appareil, équipement (y compris les accessoires et logiciels intervenant dans leur fonctionnement), matière, ou autre article employé seul ou en association, destiné par le fabricant à être utilisé chez l’Homme à des fins médicales et dont l’action principale recherchée n’est obtenue ni par des moyens pharmacologiques ou immunologiques, ni par métabolisme », mais dont la fonction peut être assistée par de tels moyens.
Les DM qui sont conçus pour être implantés en totalité ou en partie dans le corps humain ou placés dans un orifice naturel, et qui dépendent pour leur bon fonctionnement d’une source d’énergie électrique ou de toute source d’énergie autre que celle générée directement par le corps humain ou la pesanteur, sont dénommés « DM implantables actifs ».
Ces DM sont destinés à être utilisés à des fins :
- de diagnostic, de prévention, de contrôle de traitement ou d’atténuation d’une maladie ;
- de diagnostic, de prévention, de traitement, d’atténuation ou de compensation d’une blessure ou d’un handicap ;
- d’étude, de remplacement ou modification de l’anatomie ou d’un processus physiologique ;
- de maîtrise de la conception.
Pour pouvoir être utilisé dans l’Union européenne, un D.M. doit obtenir une autorisation qui se traduit par l’apposition du  «marquage CE » garantissant le respect des performances et de sécurité demandé par les autorités directives européennes (Article L5211-1 du code de santé publique - Ordonnance n° 2001-198 du 1 mars 2001 art. 1 Journal officiel du 3 mars 2001).
L’éventail des DM, stériles ou non, implantables ou non, est extrêmement étendu. Il s’agit en particulier des matériels dits consommables ou d’usage unique (seringues, préservatifs, dispositifs intra-utérins, de matériels dits d’équipement (lit médical, stérilisateur, scanner…), de prothèses oculaires, mammaires, articulaires.
La différence administrative entre un dispositif médical et un médicament est très faible et parfois subtile : ainsi est un DM une compresse imprégnée d’une substance pharmacologiquement active, une endoprothèse (stent) coronaire également imprégnée, d’un ciment osseux comportant des antibiotiques, une solution pour hémodialyse tandis que sont des médicaments un stylo injecteur d’insuline ou d’héparine, prérempli, ou un dispositif transdermique imprégné…
Certains gaz sont des médicaments (protoxyde d’azote et oxygène) et d’autres sont classés parmi les DM (argon pour laser, hélium pour IRM), tandis que le « vide »est présent au lit de réanimation sans classification…
Les frontières sont également incertaines avec des produits cosmétiques (pour le blanchiment dentaire), les équipements de protection individuelle (masques, gants de laboratoire, doigtiers), les biocides à action désinfectante, et les dispositifs pour diagnostic in vitro (lecteur de glycémie).
Tous ces matériels sont placés sous la responsabilité de la Commission nationale de matériovigilance.
Les récipients collecteurs d’objets piquants (aiguilles) ou tranchants (lames de scalpels) utilisés, donc éventuellement souillés et contaminants ne sont pas considérés comme DM et leur surveillance est assurée par la Direction générale de la santé…

diverticule n.m.

diverticulum

Cavité anatomique en forme de sac de taille variable, communiquant avec un conduit naturel, correspondant le plus souvent à l'évagination d’une muqueuse à travers la tunique musculaire lisse de l’organe intéressé altéré, tel que côlon, rectum, appendice, œsophage, vessie,trompe utérine.
En radiologie, cette cavité réalise une image d’addition sacciforme, bien limitée, sessile ou pédiculée, implantée sur une cavité ou un conduit naturel avec lequel elle communique.
Certains diverticules sont d’origine congénitale, comme le diverticule de Meckel, vestige du canal omphalomésentérique de l’intestin grêle. La plupart d’entre eux sont dits idiopathiques et en particulier, au niveau du cadre colique. Chez des personnes âgées s’observent, de nombreuses hernies sacculaires constituant la maladie diverticulaire ou diverticulose. Les diverticulites, inflammation des diverticules peuvent provoquer des tableaux cliniques plus ou moins aigus.

F. von Zenker, anatomopathologiste allemand (1867) ; J. F. Meckel Jr, anatomiste allemand (1809)

Étym. lat. diverticulum : chemin détourné

→ diverticulose, diverticulite, Zenker (diverticule de), Meckel (diverticule de)

diverticulite du côlon sigmoïde l.f.

diverticulitis of the sigmoidal colon

Complication inflammatoire et infectieuse de la maladie diverticulaire, survenant chez environ 10% des patients présentant une diverticulose du sigmoïde.
Les poussées aigües de sigmoïdite diverticulaire, encore appelée périsigmoïdite ou péridiverticulite, sont en rapport avec une contamination minime. Le diagnostic est clinique et radiologique, en particulier par le scanner qui met en évidence une atteinte de la graisse péricolique. Sous l’influence du traitement médical, la guérison est obtenue dans 75% des cas, avec cependant récidive dans près de la moitié d’entre eux. Les poussées successives a minima aboutissent à une diverticulite chronique.
L'abcès diverticulaire est la conséquence d'une perforation plutôt que de la diffusion d'une affection péridiverticulaire, à un stade plus généralisé de péritonite.
La diverticulite chronique, encore appelée forme pseudotumorale, succède à des poussées de péridiverticulite, aboutissant à l'épaississement de la paroi colique, à une obstruction partielle ou totale. Le traitement est chirurgical.
La diverticulite peut continuer d'évoluer et érodant les viscères adjacents, aboutir à la constitution de fistules diverticulaires faisant communiquer la lumière colique avec celle d'autres organes voisins (vessie, vagin, peau, voire intestin grêle ou utérus).

Étym. lat. diverticulum : chemin détourné

divorce des malades mentaux l.m.

divorce of psychiatric patients

Dissolution légale d'une union impliquant un malade mental par décision de justice, qui peut intervenir notamment pour rupture de la vie commune.
Le demandeur doit alors apporter la preuve d'une séparation de fait depuis six ans, ou d'altérations si graves des facultés mentales du conjoint qu'aucune communauté de vie ne pourra se reconstituer dans l'avenir. Le divorce n'est jamais systématiquement prononcé, en particulier si ses conséquences sont trop lourdes pour la maladie du sujet.

DNCB sigle m. pour DiNnitroChloroBenzène

Allergène très puissant utilisé pour tester la réactivité cellulaire à lymphocyte T (allergie de type IV de la classification de Gell et Coombs) et les moyens de défense de l’organisme, notamment en cas de cancer (mélanome malin en particulier) et en cas de maladie susceptible de donner un déficit immunitaire.
Les tests au DNCB sont souvent utilisés en cancérologie notamment cutanée.

P. Gell et R. Coombs, immunologistes britanniques (1963)

→ dinitrochlorobenzène (test au)

DNR sigle.angl. pour Do Not Resuscitate order

Ordre de ne pas réanimer utilisé par certains médecins pour signaler à leur personnel qu'il doit s'abstenir de toute action ayant pour but de maintenir en vie un patient atteint d'une maladie incurable.
Attitude qui implique l'accord du patient et éventuellement celle de la famille. L'ordre doit être clairement formulé dans le dossier médical. Ce comportement passif est à différencier de l'euthanasie qui comporte une intervention active pour abréger la survie du patient.

→ éthique en réanimation d'enfant, éthique en réanimation d'adulte, euthanasie

don de sang « dirigé » l.m.

donation of "managed" blood

Don de sang auquel consent une personne au profit d’une autre nommément désignée.
Ce type de don contredit l’une des règles fondamentales de la transfusion sanguine en France qui est l’anonymat entre donneur et receveur. Il se justifie dans certains cas de groupe sanguin rare, et n’est licite que dans une transfusion n’exigeant qu’un faible volume de sang. Le risque de transmission d’une maladie infectieuse est toujours possible.

donovanose n.f.

granuloma inguinale, donovanosis

Maladie infectieuse due à Calymmatobacterium granulomatis, bactérie à Gram négatif, de transmission habituellement vénérienne, responsable d'ulcérations génitales surélevées, indolores, et qui existe surtout en Inde et en Afrique du sud.
Cliniquement, il s’agit de granulomes ulcéreux vénériens. Le diagnostic est fait par examen direct des frottis des lésions colorés au Giemsa, montrant les corps arrondis dits de Donovan, à l'intérieur des mononucléaires.
Le traitement repose sur le cotrimoxazole, les cyclines ou les phénicolés.

C. Donovan, médecin irlandais (1905)

Syn. granulome inguinal, granulome vénérien, granulome ulcéreux génital, chancre donovanien

→ chancre donovanien, Calymmatobacterium granulomatis

dopamine n.f.

dopamine

Dihydroxy-phényléthylamine, neuromédiateur biosynthétisé par différentes cellules nerveuses dites dopaminergiques, de la médullosurrénale ou des cellules chromaffines de l'intestin.
Elle est classée parmi les hormones dites catécholamines.
Dans la maladie de Parkinson, son déficit est constant au sein du locus niger et du striatum. Administrée par voie générale, elle ne franchit pas la barrière hémato-méningée. En revanche son précurseur, la L-dihydroxy-phénylalanine (L-dopa) pénètre dans le système nerveux où la dopadécarboxylase la transforme en dopamine. Mais une décarboxylation en dopamine se produit dans la plupart des tissus, si bien que seule, une fraction de la dose ingérée est disponible pour le système nerveux et que des doses élevées de l’ordre de 3 à 4 grammes par jour sont nécessaires. Ces doses ont des effets seconds sur l'ensemble de l'organisme, en raison des productions digestives et cardiovasculaires de dopamine. L'association à la L-dopa d'un inhibiteur de la décarboxylase qui ne peut pas franchir la barrière hémato-méningée, prévient ces effets indésirables et réserve au système nerveux central l'action du médicament.
Son rôle dans la régulation de la LH-RH est discuté. Ses propriétés pharmacologiques en font un médicament adrénergique utilisé dans le choc cardiogénique et les anuries du choc.

A. Carrlsson, neuropharmacologiste suédois, prix Nobel de médecine en 2000 (1957)

[G3]

Édit. 2020

Dorfman-Chanarin (syndrome de) l.m.

Dorfman-Chanarin’s syndrome

Maladie autosomique récessive rare, présente dès la naissance et stable pendant toute la vie, associant dans les formes complètes, une érythrodermie avec ichtyose généralisée atteignant aussi les paumes et les plantes, à une cataracte nucléaire bilatérale, à une faiblesse musculaire et à une hépatomégalie.
Une lésion particulière est représentée par des vacuoles lipidiques retrouvées dans les kératinocytes des couches basale et granuleuse de l’épiderme, de même que dans les polynucléaires éosinophiles circulants et dans les hépatocytes.

M. Dorfman, dermatologiste israélien (1974), I. Chanarin, biologiste britannique (1975)

→ ichtyose, ichtyose et anomalie lipidique

dossier pharmaceutique l.m.

pharmaceutic brief

Le dossier pharmaceutique, créé par une loi du 30 janvier 2007, sur le modèle du dossier médical personnel qui l’avait précédé, fait l’objet de l’article L 1111-23 au chapitre 1er du livre 1er de la première partie du code de la santé publique : « Afin de favoriser la coordination, la qualité, la continuité des soins et la sécurité de la dispensation des médicaments, produits et objets définis à l’article L 4211-1, il est créé, pour chaque bénéficiaire de l’assurance maladie, avec son consentement, un dossier pharmaceutique.
Sauf opposition du patient quant à l’accès à son dossier pharmaceutique, tout pharmacien d’officine est tenu d’alimenter le dossier pharmaceutique à l’occasion de la dispensation. Dans les mêmes conditions, les pharmaciens exerçant dans une pharmacie à usage intérieur peuvent consulter et alimenter ce dossier. ».
Le dossier pharmaceutique, comme le dossier médical personnel, a été instauré dans l’intérêt des patients et de la santé publique.
Il permet aux pharmaciens :
- d’avoir une vue globale des traitements, remboursés ou non, dispensés pendant les quatre derniers mois, quelle que soit la pharmacie dans laquelle ils ont été délivrés ;
- d’éviter les risques d’interactions médicamenteuses et les redondances de traitements.
Les parents peuvent faire ouvrier des dossiers pharmaceutiques pour leurs enfants mineurs.
Le dossier pharmaceutique est enregistré sous un numéro exclusif. L’article L 1111-8-1 du code de la santé publique précise que le même identifiant de santé sera utilisé pour le dossier médical personnel et le dossier pharmaceutique quand cet identifiant existera.
Le dossier pharmaceutique ne peut être consulté et alimenté qu’avec l’usage simultané de la carte de professionnel de santé du pharmacien et la carte vitale du patient, mais aucune de ses données n’est inscrite sur cette carte ni communiquée au médecin traitant.
Toutes les informations contenues dans ce dossier ou donnant lieu à des échanges sont cryptées. Elles sont stockées chez un « hébergeur de données de santé », qui les conserve pendant trois ans ou les détruit immédiatement lorsqu’un patient décide de clôturer son dossier.
Fonctionnant dans les pharmacies d’officine, l’extension du dossier pharmaceutique aux pharmacies hospitalières (pharmacies à usage intérieur) est en cours d’expérimentation.

d-pénicillamine n.f.

d-penicillamin

Médicament ayant la capacité de capter le cuivre et utilisé dans la maladie de Wilson en raison de cette propriété.

S. Wilson, neurologiste britannique (1912)

→ maladie de Wilson

dracunculose n.f.

dracunculosis

Infestation parasitaire généralement souscutanée, causée par un nématode de grande taille, Dracunculus medinensis, contractée par ingestion d'eau contenant des petits crustacés dulçaquicoles ou Cyclops hébergeant une larve infestante qui, libérée dans l'estomac, poursuit son cycle silencieux de maturation pouvant durer plus d'une année.
La maladie n’est habituellement pas grave en elle-même. Elle peut néanmoins entrainer diverses surinfections et devenir invalidante.
Les vers adultes femelles vivent dans le tissu sous-cutané en se dirigeant vers les parties déclives du corps. Les femelles gravides extériorisent leur extrémité à travers une vésicule dermique pour émettre les embryons au contact de l'eau. L'orifice de sortie est le siège d'une tuméfaction très inflammatoire qui peut s’abcéder. La parasitose, qui peut se compliquer de phénomènes allergiques ou d'arthrites, était répandue dans de nombreux pays africains, au Moyen Orient et en Indes.
Le traitement consiste à extraire le ver qui est très long selon la méthode indigène en l'enroulant lentement sur une allumette.
Son éradication est en cours sous l’action de l’OMS.

Syn. ver de Guinée, filariose de Médine, dragonneau (obs), dracontiase (obs)

→ dracunculus médinensis

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