déficits immunitaires combinés sévères liés à l'X (syndrome de) l.m.
X-linked severe combined immunodeficiencies
La forme la plus courante de ces déficits qui représentent 50 à 60% des DICS correspond à des mutations du gène codant la chaîne commune gc (CD132) des récepteurs d’IL-2, IL-4, IL-7, IL-9 et IL-15.
Ces malades ont une absence de lymphocytes T et NK matures et une lymphocytose B. Le déficit T est en grande partie consécutif à l’absence de récepteurs fonctionnels de l’IL-7, tandis que le déficit en cellules NK est dû à l’absence de signal induit par l’IL-15. Différents variants phénotypiques de ce syndrome ont été décrits : absence de cellules B, déficit partiel avec présence de lymphocytes T oligoclonaux, ou mutations de gc exprimées sur les cellules B mais non sur les cellules T.
Le déficit en Janus kinases (Jak-3) est un DICS transmis sur le mode autosomique récessif, induisant un phénotype très proche du déficit en chaines gc puisque cette chaine transmet un signal cellulaire en activant Jak-3.
déficit multiple tardif en carboxylase l.f.
multiple carboxylase deficiency late onset
Maladie pédiatrique à manifestations neurocutanées avec ataxie, convulsions, hypotonie, atrichie, surdité neurosensorielle et atrophie optique.
Carence ou anomalie héréditaire du métabolisme intracellulaire de la biotine avec déficit multiple en carboxylase. Débute en général après le 3ème mois et peut comporter un coma avec acidose lactique et cétose, ou une encéphalopathie variable. On peut ajouter aux signes principaux, dermatite faciale (périoculaire), urticaire, rashs, érythèmes, cheveux rares, hypotrichie, atrichie. On trouve également une hyperamoniémie et un retard mental. Le diagnostic en prénatal est possible. Au niveau des yeux, il peut exister, en plus de l'atrophie optique, une kératoconjonctivite, une blépharite, des ulcères de cornée; et une myopie avec altération progressive de l'épithélium pigmenté rétinien (Taitz L.S. et coll 1983)). Autre affection très proche, également autosomique récessive, le déficit multiple en carboxylases où on trouve dès la naissance coma, hypotonie, convulsions et syndrome de Leigh ainsi que les éruptions cutanées vésiculobulleuses et périorificielles et la kératoconjonctivite (MIM 253270). Le diagnostic, pour la forme tardive, est fait par dosage du déficit en biotinidase sérique. Le traitement à vie par la biotine est efficace. L’affection est autosomique récessive (MIM 253260).
B. Wolf, pédiatre et généticien américain (1983) ; L. S. Taitz, pédiatre britannique (1983)
Syn. déficit en biotinidase
défilé costoscalénique (syndrome du) l.m.
scalenus syndrome
Effets rares et discutés d'un étirement ou d'une compression du plexus brachial dans le défilé formé par l'insertion des muscles scalènes sur la première côte, et emprunté par l'artère, la veine sous-clavière et les nerfs du plexus brachial.
La structure de ce défilé peut être modifiée surtout par une côte cervicale surnuméraire, une apophysomégalie transverse de C7, des tractus fibreux joignant l'apophyse transverse de C7 à la première côte, ou une insertion anormale du scalène antérieur.
Les troubles neurologiques observés sont variables : paresthésies douloureuses du bord cubital de l'avant-bras et de la main, cédant lors de l'élévation du bras ; hypoesthésie dans le territoire de DI et parfois sur l'annulaire ; déficit moteur et amyotrophie pouvant atteindre aussi bien les éminences thénar (médian) qu'hypothénar (cubital) ; douleur provoquée à la pression de la loge latérocervicale.
Les signes vasculaires sont plus fréquents : fourmillements, sudation, pâleur et refroidissement de la main ; syndrome de Raynaud ; diminution du pouls radial.
Même aidé par des investigations complémentaires (vitesse de conduction nerveuse, potentiels évoqués somesthésiques, angiographie dynamique), le diagnostic peut rester difficile. Il permet de poser les indications d'une éventuelle intervention correctrice des anomalies de structure en cause
H. C. Naffziger, neurochirurgien américain (1938)
Syn. syndrome de H. Naffziger, de la côte cervicale, du défilé costoclaviculaire, du défilé des scalènes, du scalène antérieur, de la traversée thoracobrachiale
dégénérescence cérébelleuse avec mouvements oculaires lents l.f.
cerebellar degeneration with slow eye movements
Syndrome associant des mouvements anormaux des yeux avec saccades et poursuite anormale et une dégénérescence spinocérébelleuse.
Affection décrite dans 12 familles originaires de l'Inde. Parfois associée à une arriération mentale. Les mouvements oculaires seraient dus à une lésion de la formation réticulée paramédiane protubérantielle. L'affection est évolutive et fatale après une évolution d'une dizaine d'années. L’affection est autosomique dominante (MIM 117350).
N. H. Wadia et R. K. Swami, neurologues indiens (1971)
Étym. lat. degenerare : dégénérer
Syn. Wadia-Swami (syndrome de)
dégénérescence cérébelleuse paranéoplasique (DCP) l.f.
paraneoplastic cerebellar degeneration
Manifestations habituellement subaigües, voire aigües, généralement sévères, qui précèdent la découverte d'un cancer dans plus de la moitié des cas.
Des troubles à la fois statiques et cinétiques s'associent à une importante dysarthrie et à un nystagmus. L'atrophie cérébelleuse est inconstante et tardive à l'imagerie. Le LCR est en règle anormal. La survie peut durer plusieurs années.
Les formes avec anticorps anti-Yo fixés sur les cellules de Purkinje sont féminines, liées en majorité à un cancer gynécologique ou du sein. Plus fréquentes chez les hommes, les formes sans anticorps anti-Yo peuvent aussi concerner d'autres affections malignes (cancer bronchopulmonaire, maladie de Hodgkin, etc.)
Une DCP peut n'être qu'un élément d'une encéphalomyélonévrite paranéoplasique, parfois dominée cliniquement par un autre signe que cérébelleux et comportant en tout cas des anticorps anti-Hu (lors d'un cancer du poumon à petites cellules le plus souvent). Un syndrome myasthéniforme de Lambert-Eaton associé est également possible.
T. Hodgkin, anatomopathologiste britannique (1832) ; E. Lambert, physiologiste L. M. Eaton, neurologue américains (1956) ; Étym.lat. degenerare : dégénérer
dégénérescence nodulaire de Salzmann l.f.
Lésions cornéennes ayant, à l’examen bio-microscopique, l’aspect d’élévations nodulaires blanches ou bleuâtres, de situation annulaire en moyenne périphérie, uniques ou multiples, uni ou bilatérales
Affection rare, d’évolution très lente, survenant plus fréquemment chez la femme d'âge moyen, elle est souvent idiopathique mais peut être associée à une atteinte chronique de la surface oculaire volontiers inflammatoire : blépharite, méibomite, syndrome sec, kératoconjonctivite vernale, trachome, port prolongé de lentilles de contact.
Les lésions sont constituées de plaques collagènes denses avec hyalinisation, apparaissent localisées entre l’épithélium et la membrane de Bowman. Fréquemment, la membrane de Bowman est érodée sous la lésion et l'épithélium sus-jacent peut-être aussi atrophique ou absent.
La dégénérescence nodulaire de Salzmann est en général asymptomatique. Toutefois, des érosions cornéennes récidivantes peuvent survenir au niveau de la lésion, entraînant larmoiement photophobie et irritation. Une baisse de vision peut se produire, soit par un astigmatisme irrégulier soit par une opacification dans l'axe visuel.
Les patients ayant une gêne modérée seront initialement traités par les larmes artificielles. La ciclosporine peut être utilisée dans les formes plus sévères. En cas d'aggravation des symptômes, les lésions nodulaires peuvent être traitées par kératectomie superficielle chirurgicale ou par laser excimer. Très exceptionnellement, une kératoplastie peut-être nécessaire, le plus souvent lamellaire. Des récidives ont été rapportées après greffe.
M. Salzmann, ophtalmologiste autrichien (1925)
Dehaene (classification de) l.f.
Dehaene’s classification
Classification des manifestations du syndrome d'alcoolisme fœtal.
On distingue :
- type 0 : hypotrophie fœtale sans dysmorphie,
- type I : forme d'atteinte légère comprenant un ou deux éléments dysmorphiques sans malformation majeure,
- type II : forme moyenne avec dysmorphie complète associée à une ou deux malformations,
- type III : forme sévère comprenant une dysmorphie importante avec nanisme et une ou plusieurs malformations,
Ph. Dehaene, pédiatre français (1995)
déitérospinal (syndrome) l.m.
deiterospinal syndrome
Syndrome imputé par Barré à une atteinte du noyau vestibulaire de Deiters, caractérisé par l'association de vertiges, de déséquilibre avec latéropulsion, de chutes brusques et de marche à petits pas.
Son autonomie est d'autant plus discutée qu'il n'y avait pas de contrôle anatomique.
J. A. Barré, neurologue français, membre de l'Académie de médecine (1925)
Déjean (syndrome de) l.m.
Déjean’s syndrome
Ce syndrome associe névralgie sous-orbitaire, anesthésie dans le territoire de la branche terminale du nerf trijumeau et exophtalmie.
Il est révélateur d’une néoplasie du sinus maxillaire.
C. Déjean, ophtalmologiste français (1935)
Syn. Syndrome du plancher de l’orbite
de la Chapelle (syndrome) l.m.
de la Chapelle’s syndrome
1) Syndrome rare d’hypogonadisme masculin lié à un caryotype féminin 46XX.
L’atrophie testiculaire contraste avec un aspect normal de la verge, une gynécomastie existe dans la moitié des cas ; il n’y a pas de retard scolaire. Le phénotype masculin est expliqué par la présence du gène SRY (testicule determining factor) sur l’un des X.
2) Type 2 de l’atélostéogénèse.
A. de la Chapelle, médecin généticien filandais (1964)
de Lange (syndrome de) l.m.
de Lange’s syndrome, Cornelia de Lange’s syndrome, typus amstelodamensis
Malformations congénitales multiples comportant : nanisme, anomalies de la face, lésions osseuses portant surtout sur les membres supérieurs, anomalies viscérales cardiovasculaires et urogénitales, retard mental et arrêt de développement du corps strié.
Le nez est petit, sa racine aplatie, les narines sont antéversées. Le philtrum est proéminent, les coins de la bouche sont infléchis vers le bas. Les sourcils sont en synophris, la microphtalmie est associée à une ectopie pupillaire (corectopie), à une myopie et à des anomalies de la papille. La langue épaisse et la division palatine gênent l’alimentation. Les défauts des membres sont de type hypoplasique : micromélie, agénésie du rayon radial, hypoplasie de la tête radiale, des métacarpiens, des phalanges et dystrophie de la phalange distale du pouce (type Kirner). Les cheveux ont une implantation basse avec une hypertricose du tronc. L’affection est le plus souvent létale mais il existe des formes modérées ou incomplètes.
Elle est le plus souvent sporadique. Elle peut être de transmission autosomique dominante secondaire, dans la moitié des cas, à une mutation du gène NIPBL en 5q13, codant pour la delangine une des protéines régulatrices de la différenciation cellulaire (voie Notch). La duplication 3q2 entraîne un syndrome malformatif voisin. Le diagnostic prénatal est possible.
Cornelia de Lange, pédiatre hollandaise (1933) ; W. Brachmann, médecin allemand (1916) ; J. Kirner, médecin radiologiste allemand (1927)
Syn. syndrome de Cornelia de Lange, syndrome de Brachmann-de Lange, typus amstelodamensis
delangine n.f.
delangine
Une des protéines régulatrices de la différenciation cellulaire.
Cette protéine est un régulateur majeur de la voie Notch qui intervient dans l’évolution cellulaire pour la différenciation, l’organisation et la prolifération des cellules. Elle est codée par le gène NIPBL (lipped-B like) sur le chromosome 5 (en 5q13). Une mutation de ce gène est responsable de la moitié des cas du syndrome de de Lange.
→ de Lange, (syndrome de), Notch (voie)
délire aigu puerpéral l.m.
acute puerperal delirium
Manifestation psychotique des suites de couches, sous forme d'un syndrome confusionnel, associé à des phénomènes oniriques, hallucinatoires et délirants apparaissant quelques jours après l'accouchement ou sous forme d'un état mélancolique avec épisode dépressif plus tardif.
Étym. lat. delirium : délire
Syn. psychose puerpérale
délire de négation l.m.
delusion of negation, nihilistic delusion, nihilism
Idées délirantes de non-existence s'appliquant le plus souvent à un organe ou à une fonction et qui peuvent aussi concerner le patient lui-même, sa famille, voire l'univers entier ou une partie du monde.
Non spécifiques d'un trouble, elles peuvent se retrouver dans la confusion mentale, les démences, les délires paranoïdes ou paranoïaques. Mais classiquement, elles sont surtout une forme clinique de l'accès mélancolique, le syndrome de Cotard, qui repose sur le trépied sémiologique devenu rare : délire de négation d'organe ou de fonction, idées délirantes de damnation et d'immortalité.
Aujourd'hui, les idées de négation se rencontrent surtout dans les formes délirantes de dépression et les états délirants hypocondriaques, schizophrénies et psychoses paranoïaques en particulier.
D'autres idées de négation sont plus fréquentes, notamment dans les schizophrénies : négation d'identité, d'appartenance familiale.
J. Cotard, neuropsychiatre français (1880)
Étym. lat. delirium
→ schizophrénie, délire chronique, Cotard (syndrome de)
[H3]
Édit. 2018
délire paraphrénique l.m.
paraphrenic delusion
Groupe de délires chroniques rares, intermédiaire entre la "démence précoce" et la paranoïa qui a connu des acceptions diverses.
On observe une forte charge imaginative avec luxuriance des thèmes, féériques, fantastiques, cosmiques, ésotériques, et un langage souvent hermétique, qui peut comporter quelques néologismes sémantiques plus que phonologiques, signe précoce de chronicité. Le patient domine cette expérience et reste assez bien adapté à la réalité par une véritable "bipolarité" ou "diplopie".
Actuellement, en pratique, sont retenues quatre formes : fantastique, expansive (qui se rapprocherait de certaines manies chroniques), confabulante (voisine, avec la paraphrénie fantastique, des délires d'imagination d'E. Dupré) et mélancolique (idées de négation ou syndrome de Cotard).
Survenant après 30-40 ans, les paraphrénies peuvent poser le problème d'affections métapsychotiques ou post-processuelles ("paraphrénisation" de certaines schizophrénies, notamment).
La paraphrénie n'est pas mentionnée dans le DSM-IV, et seulement en tant que paraphrénie tardive dans la CIM 10, parmi les "troubles délirants persistants".
J. Cotard, neurologue français (1880) ; E. Kraepelin, psychiatre allemand (1915)
Étym. lat. delirium : délire
→ délire chronique (notion de structure d'un)
démence alcoolique l.f.
alcoholic dementia
État d'affaiblissement intellectuel global et progressif, irréversible, secondaire à une intoxication alcoolique chronique.
La détérioration mentale alcoolique évolue peu à peu vers la déchéance intellectuelle, la perte du sens moral et la désintégration des conduites sociales.
Les principales formes cliniques sont la pseudoparalysie générale alcoolique, le syndrome de Marchiafava-Bignami et le sclérose laminaire de Morel.
Les lésions anatomiques provoquées par l'éthanol sont semblables à celles de la sénescence. Elles n'en diffèrent qu'au plan évolutif, le processus étant plus précoce et plus rapide.
Étym. arabe al -cohol : liquide distillé
[H1,H3,G3,G4]
démence d'Alzheimer l.f.
Alzheimer's dementia, disease
Affection cérébrale dégénérative qui, dans son acception large, constitue environ les deux tiers des démences du troisième âge et comporte autour de 350000 cas en France.
Sur le plan clinique, un polymorphisme initial avec, principalement, troubles mnésiques, désorientation temporelle, anxiété, manque du mot et altérations de l'écriture, se complétera par une désorientation temporospatiale, un important syndrome aphaso-apraxoagnosique, des éléments psychotiques, une activité brouillonne avec parfois agitation, une conscience au moins relative du pathologique, des signes extrapyramidaux et des crises comitiales. Du vivant du patient, ce ne sera le plus souvent qu'un diagnostic de probabilité, porté par élimination.
Sur le plan neuropathologique, une atrophie corticale diffuse est maximale dans les régions du complexe hippocampo-amygdalien, le carrefour temporo-pariéto-occipital et les aires associatives.
Sur le plan histopathologique, l'association d'une dégénérescence neurofibrillaire, de plaques séniles et d'une angiopathie amyloïde est classiquement considérée comme caractéristique.
Cette affection peut débuter dans le presenium (type II) et se caractérise alors par une atteinte précoce et sévère des fonctions corticales supérieures, avec évolution rapide. Elle se déclare plus fréquemment après 65 ans (type I) et sa prévalence augmente avec l'âge (un dixième de la population générale après 80 ans).
Conformément à une hypothèse pathogénique, seuls les inhibiteurs de l'acétylcholinestérase, en particulier la THA, se sont montrés quelque peu efficaces, et seulement sur le plan symptomatique.
A. Alzheimer, neuropsychiatre allemand (1906)
Étym. lat. de : en dehors de ; mens : esprit
→ démence sénile de type Alzheimer
démence héréditaire et infarctus multiples cérébraux l.f.
dementia, hereditary multi-infarct type
Maladie cérébrovasculaire avec accidents cérébraux ischémiques récidivants associés à des troubles neuropsychiques chez de jeunes adultes.
Évolue vers un syndrome démentiel avec au scanner de multiples infarctus de la substance blanche. Migraines ophtalmiques ou parfois migraines hémiplégiques familiales, tétraplégie, paralysies pseudobulbaires. Le diagnostic moléculaire est possible. L’affection est autosomique dominante (MIM 125310). Gène en 19q12.
P. Sourander, neurologue et J. Wålinder, psychiatre suédois (1977)
Étym. lat. de : en dehors de ; mens : esprit
Syn. CADASIL (cerebral autosomal dominant arteriopathy with subcortical infarcts and leukoencephalopathy), CASIL
démence parkinsonienne avec dégénérescence pallidopontonigrée l.f.
parkinsonism-dementia with pallidopontonigral degeneration
Parkinson progressif avec régression psychique, démence, hypertonie, hyperréflexie, mouvements anormaux, incoordination ataxique, troubles de la marche.
Face figée, syndrome frontal, vocalismes persévérants, incontinence urinaire, ophtalmoplégie, et nystagmus. L’affection est autosomique dominante (MIM 168610).
Z. K. Wszolek, neurologue américain (1992)
Étym. lat. de : en dehors de ; mens : esprit
démence pugilistique l.f.
dementia pugilistica
Altérations des fonctions intellectuelles, en particulier des fonctions mnésiques, de la concentration et de la personnalité, consécutives à des traumatismes craniocérébraux répétés.
Associé fréquemment à un syndrome extrapyramidal, une irritabilité et une euphorie, ce tableau initialement décrit chez d'anciens boxeurs peut évoluer vers la démence.
Les principales caractéristiques neuropathologiques sont la présence d'une dégénérescence neurofibrillaire au niveau du cortex et du tronc cérébral, posant la question du rôle des traumatismes répétés dans la genèse de lésions cérébrales dégénératives de type sénile.
Étym. lat. de : en dehors de ; mens : esprit
→ démence traumatique, Parkinson (maladie de)
démence sémantique l.f.
semantic dementia
Syndrome d'atrophie lobaire progressive survenant avant 65 ans et plus fréquent chez l'homme, qui se caractérise par des troubles de la compréhension lexicosémantique entraînant un appauvrissement progressif du vocabulaire sans autre atteinte linguistique.
Distinct de l'aphasie progressive, il se complète par une agnosie et une prosopagnosie asémantiques.
démence (sémiologie) l.f.
dementia (semiology)
Malgré l'hétérogénéité du concept, le diagnostic impose des conditions cliniques minimales.
Les symptômes ne doivent pas survenir dans un contexte d'obscurcissement de la conscience (p. ex. confusion) et doivent être présents depuis au moins six mois.
Des spécificités cliniques peuvent exister en fonction du type étiologique de démence. Des manifestations psychiatriques peuvent y être associées (symptômes dépressifs, délirants, hallucinatoires, confusionnels, etc.).
Devant tout syndrome démentiel, il convient de rechercher une cause curable.
Étym. lat. de : en dehors de ; mens : esprit
→ démence régressive, pseudodémence
[Cette association comprend,débutant habituellement à l'âge adulte ou chez le sujet âgé : 1. Des troubles de la mémoire (portant en particulier sur des faits récents apprentissage et à long terme). 2. L'atteinte d'autres fonctions mentales,qu'il s'agisse]
démence traumatique l.f.
dementia due to head trauma
Démence secondaire à un traumatisme crânien, d'aspect clinique varié, tous les intermédiaires pouvant exister entre vie végétative et détérioration intellectuelle modérée.
La perte de conscience initiale est une constante, l'association à des signes d'atteinte pyramidale fréquente. Les troubles mnésiques (particulièrement le syndrome de Korsakoff) et les signes frontaux le sont également, de même qu'un "aspect caractériel" avec des périodes d'irritabilité et d'impulsivité interrompant l'inertie et l'apathie habituellles.
L'éventualité d'un hématome sous-dural chez le sujet âgé obnubilé et celle d'une hydrocéphalie à pression normale secondaire à une hémorragie méningée traumatique seront notamment éliminées.
Sur le plan neuropathologique, quatre grands mécanismes lésionnels sont incriminés : des lésions directes d'impact et/ou de contrecoup hémorragique (hématomes) ; des lésions encéphaliques diffuses (ischémie, étirement et dégénérescence axonale) ; une hydrocéphalie ; des lésions secondaires (œdème, anoxie, etc.).
S. S. Korsakoff, neuropsychiatre russe (1887)
Étym. lat. de : en dehors de ; mens : esprit
démonopathie n.f.
demonopathy
Terme ancien dérivé de celui de démonomanie (celle-ci décrite par E. Esquirol, 1814, puis M. Macario, 1843, dans le cadre des lypémanies), l'un et l'autre peu utilisés aujourd'hui, et qui désignaient une forme d'aliénation mentale où le patient a la conviction d'être investi, possédé par le démon et ses créatures.
Sur le plan psychiatrique, on ne décrit plus un groupement fondé sur l'ensemble des manifestations pathologiques liées aux puissances infernales, mais deux ordres de troubles :
- l'un associant souvent possession et éléments hystériques, encore fréquent dans beaucoup de mythes et croyances traditionnels et comportant superstitions, envoûtement et sorcellerie, parfois collectifs ;
- l'autre, de registre psychotique, comportant des idées délirantes d'influence centrées sur ces thèmes : soit mélancoliques, avec survenue possible d'un syndrome de Cotard ; soit parmi d'autres éléments d'une organisation délirante chronique, notamment hypocondriaque ; soit dans le cadre d'une psychose délirante aigüe.
L'évolution peut alors être marquée par un passage auto-agressif, parfois destructeur, contre ce corps habité par les forces du mal.
E. Esquirol, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1814) ; M. Macario, médecin français (1843)
Étym. gr. daïmôn : démon ; pathos : souffrance
Denny-Brown (neuropathie de) l.m.
Denny-Brown’s neuropathy, paraneoplastic sensory neuropathy
Ensemble de manifestations cliniques liées à une neuropathie sensitive d’origine paranéoplasique par atteinte du ganglion spinal rachidien postérieur, parfois prolongée par des lésions dégénératives des cordons postérieurs.
Cette atteinte radiculaire et cordonale postérieure se traduit par des paresthésies et par des douleurs fulgurantes asymétriques des quatre membres. Elle s’installe en quelques jours à quelques mois, entraîne une ataxie proprioceptive et aboutit à un tableau pseudo-tabétique. L’évolution se fait vers une atteinte diffuse du névraxe avec troubles respiratoires. Ce syndrome paranéoplasique est presque exclusivement observé dans les carcinomes bronchiques à petites cellules. Il est très souvent révélateur, précédant la découverte du carcinome. Il serait d’origine auto-immune. Il n’est qu’exceptionnellement réversible sous traitement.
D. Denny-Brown, neurologue néo-zélandais (1951) ; R. Wyburn-Mason, médecin britannique (1948)
Syn. neuropathie sensitive subaiguë paranéoplasique
→ neuropathie paranéoplasique, paranéoplasiques (neuropathies périphériques)