Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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CD 36 sigle angl. pour Cluster of Differentiation

Récepteur membranaire, connu également sous le nom de «  fatty acid transferase » (FAT) et de glycoprotein IV ou IIIb (gpIV et gpIIIb), exprimé par un grand nombre de cellules et possédant un site de fixation pour de nombreux ligands dont les acides gras à longue chaîne et les LDL (« low density lipoprotein »), la thrombospondine et les hématies parasitées par Plasmodium falciparum.
Le gène de CD36 est situé sur le chromosome 7. La protéine faite de 472 acides aminés est fortement glycosylée. Plusieurs polymorphismes génétiques du CD 36 ont été décrits dont un favorisant l’attraction pour les acides gras et l’obésité et un doué d’un effet protecteur vis-à-vis d’accès palustres sévères.

→ Plasmodium falciparum, lipoprotéine de basse densité, thrombospondine

CD 45 sigle pour Cluster of Differentiation

Antigène commun des leucocytes présents sur l’ensemble des cellules lymphoïdes et myéloïdes.
La région cytoplasmique de cette molécule possède une activité tyrosine phosphatase. Les régions extracellulaires existent sous de multiples isoformes obtenues par épissage différentiel des ARNm. La forme CD45RA qui possède le produit de l’exon A est exprimée par les lymphocytes T naïfs, tandis que la forme CD45RO qui ne possède aucun des exons A, B et C, est exprimée par les lymphocytes T préactivés ou lymphocytes T à mémoire.

[C3,F3]

CD 71 sigle pour Cluster of Differentiation

Protéine transmembranaire homodimérique (90-95 kDa) exprimée sur les cellules souches hématopoïétiques, les lymphocytes T, B et NK et les monocytes.

[C3,F3]

CD 79 B sigle pour Cluster of Differentiation

Molécule transmembranaire hétérodimérique de la superfamille des immunoglobulines exprimée par les cellules pré-B et B matures.
Ces molécules sont associées aux immunoglobulines membranaires des lymphocytes B. Elles possèdent dans leurs régions cytoplasmiques des motifs ITAM et assurent la transduction du signal consécutif à la liaison du BCR avec l’antigène. Ce sont les homologues de la molécule CD3 au niveau des lymphocytes B.

[C3,F3]

CDC sigle angl. pour Cell Division Cycle

Ensemble des gènes et les protéines qu'ils codent impliquées dans le cycle mitotique.
Chacun de ces gènes porte un numéro spécifique : p. ex. le gène CDC25 de la levure induit la synthèse d'une protéine CDC25 qui stimule l'échange GDP/GTP sur les protéines ras. Le gène CDC2 de nombreuses cellules induit la synthèse d'une protéine p34cdc2 qui associée à une cycline B forme un complexe phosphorylable et déphosphorylable responsable de la transition métaphase-anaphase.

[C3]

cellule à bâtonnet l.f.

rod cell

Neurone situé dans le feuillet interne de la rétine dont l'extrémité photoréceptrice est en forme de bâtonnet, et qui constitue un des deux grands types de cellules photoréceptrices de la rétine.
Le terme elliptique de bâtonnet est le plus souvent utilisé pour désigner cette cellule. Les bâtonnets, qui font partie avec les cônes des éléments récepteurs de la rétine, ne permettent pas la réception colorée. On en dénombre 100 millions par œil chez l'homme. Ils sont répartis sur l'ensemble de la rétine sauf dans la fovéa et forment un anneau de densité maximale d'un diamètre d'environ 20° centré sur la fovéa. Les bâtonnets convergent en grand nombre sur la même cellule ganglionnaire, ce qui contribue à leur faible résolution spatiale (acuité). En revanche leur extrême sensibilité (de l'ordre de 1 photon) et leur convergence assure une vision sous de très faibles éclairements, de l'ordre de 10-6 à 10-2 cd.m2 (vision photoscopique), correspondant à une nuit étoilée sans lune. Sous des illuminations supérieures à 100 cd.m2 (vision photopique), les bâtonnets sont saturés et ne contribuent plus à la vision.

cellule à gastrine l.f.

gastrin cell

L'une des cellules endocrines du système endocrinien diffus du tube digestif, triangulaire et possédant des microvillosités qui se projettent dans la lumière des glandes, responsable de la sécrétion de gastrine.
Ses granules sont très caractéristiques en microscopie électronique : ils mesurent environ 250 nm. La matrice est granuleuse ou filamenteuse de densité irrégulière d'un grain à l'autre. Elle est séparée de la membrane par un halo clair et étroit. Elle sécrète la gastrine et est localisée dans l'antre et un peu dans le duodénum.

[A2,L1,O4]

cellule à épines l.f.

squamous cell

Cellule de la couche moyenne de l’épiderme (stratum spinosum ou corps de Malpighi), caractérisée par sa grande taille, sa forme polyédrique, et par les nombreuses épines cytoplasmiques, ou ponts d’union intercellulaire, répondant aux desmosomes qui la relient aux cellules voisines en traversant les espaces intercellulaires.

Syn. acanthocyte

[A2,J1]

cellule amacrine l.f.

amacrin cell

Cellule rétinienne d’association dont le corps cellulaire est situé au niveau de la couche nucléaire interne de la rétine et dont les prolongements dendritiques pénètrent la couche plexiforme interne où ils forment des synapses avec les cellules bipolaires et ganglionnaires.

[A2,P2]

cellule basale l.f.

basal cell

1) En dermatologie, kératinocyte de forme cubocylindrique qui prend part à la constitution de la couche ou assise basale de l'épiderme.
La partie profonde des cellules basales comporte les hémidesmosomes qui les attachent à la membrane basale.
2) En gynécologie, cellule de la couche la plus profonde de l’épithélium de l’exocol utérin et du vagin, à partir de laquelle se renouvelle le tissu malpighien.

[A2]

cellule claire de Masson l.f.

Masson’s clear cell

Cellule située dans la couche basale de l’épiderme entre les kératinocytes basaux, qui, sur les coupes colorées selon les techniques standard, notamment par l’hématéine-éosine, apparaissent avec un cytoplasme clair et qui font partie du système pigmentaire ou mélanogène dont Masson a établi la nature neuro-ectodermique avec la crête neurale pour origine.
Ces cellules claires sont plus électivement mises en évidence par les imprégnations argentiques, telle la coloration de Masson, ou par la DOPA réaction de Bruno Bloch qui nécessite une technique de fixation particulière.

N. Kulchitsky, biologiste russe (1856-1925) ; P. Masson, anatomopathologiste français, membre de l'Académie de médecine (1880-1959) ; B. Bloch, dermatologiste suisse (1926)

Syn. mélanocyte

[A2,J1]

cellule complexe l.f.

complex cell

Cellule de l'aire V1 et V2 dont le champ récepteur est constitué de zones ON et OFF qui se chevauchent, chacune répondant à toutes les variations de luminance.
Ces cellules ont un champ récepteur orienté.

[A2]

cellule de Hargraves l.f.

LE cell

Granulocyte, qui est le plus souvent un polynucléaire, englobant une grosse inclusion arrondie et homogène d'aspect "fumeux", ne comportant aucune structure chromatinienne et refoulant le noyau en périphérie.
Sa recherche a représenté le premier test biologique diagnostique du lupus érythémateux disséminé qui figurait toujours en 1982 parmi les critères de l'Association des rhumatologues américains. Elle se faisait, soit sur le sang du malade, soit indirectement à partir de son sérum (test de Haserick). En fait, la spécificité des cellules de Hargraves n'est pas aussi nette qu'on le pensait : en effet, cette recherche peut être positive au cours du lupus discoïde, de la sclérodermie systémique, de la polyarthrite rhumatoïde, de l'hépatite chronique. Cette recherche est aujourd'hui obsolète depuis le développement des techniques d'immunofluorescence indirecte.
 

M. M. Hargraves, médecin américain (1948) ; J. R. Haserick, dermatologiste américain (1949)

Syn. cellule LE (cellule du lupus érythémateux)

→ cellule LE, lupus érythémateux disséminé, Haserick(test de), lupus discoïde, polyathrite rhumatoïde, hépatite chronique

[N3]

Édit. 2018

cellule dendritique tueuse l.f.

killer dendritic cell , interferon-producing killer dendritic cell

Variété de cellule dendritique, qui par l’intermédiaire de l’interféron gamma qu’elle produit en présence de cellules cancéreuses, est pourvue d’une activité cytotoxique.
Elle s’attaque aux tumeurs en bloquant leur irrigation sanguine, puis en développant à leur encontre une activité cytotoxique et une activité présentatrice d’antigènes.

Sigle IKDC

→ cellule dendritique, interféron gamma, présentation de l’antigène

[A2, F3]

Édit. 2019

cellule de Renshaw l.f.

Renshaw's cell

Petit interneurone situé dans la corne antérieure de la moelle, excité sur un mode monosynaptique par les collatérales récurrentes des motoneurones de voisinage, le transmetteur chimique étant l'acétylcholine.
Leur action inhibitrice s'exerce sur ces derniers mais aussi sur les neurones inhibiteurs intercalés entre les fibres Ia, originaires du fuseau neuromusculaire, et les motoneurones des fibres antagonistes, permettant le maintien fixe d'une articulation ou la relaxation.
En fait, leur effet inhibiteur n'est pas univoque puisqu'il peut s'exercer à la fois sur les motoneurones et sur leurs interneurones inhibiteurs (inhibition dite réciproque des muscles antagonistes).
Les cellules de Renshaw font l'objet de régulations segmentaires complexes, notamment de la part des fibres afférentes et supraspinales, en particulier cérébelleuses et réticulaires.

B. Renshaw, neurophysiologiste britannique (1946)

[A2,H1]

cellule endocrine l.f.

endocrine cell

Cellule généralement épithéliale déversant dans les espaces interstitiels son produit de sécrétion hormonal, lequel atteint à distance, par voie sanguine, des cellules qui possèdent les récepteurs spécifiques du messager chimique.

Étym. gr. endon : en dedans ; krinein : séparer, sécréter

[A2,O4]

cellule en placards l.f.

aggregate cell

Constituant d’un amas de cellules sur les frottis cervicovaginaux réalisés en phase lutéale et pendant la grossesse, qui témoigne d’une imprégnation progestéronique.

[A2,O3]

cellule F l.f.

F cell

Sous-population de globules rouges avec hémoglobine fœtale persistant chez l'adulte.
Dites "cellules F", qui proviendraient d'une érythropoïèse accélérée.

[A2,F1]

cellule fumagoïde l.f.

fumagoid cell

Élément caractéristique produit, in vivo, par Cladosporium carrionii et dont la découverte, à partir de squames ou de croûtes, permet le diagnostic direct de chromomycose.
Ce sont des cellules levuriformes, brunes, de 6 à 12µm de diamètre, cloisonnées selon les trois axes et groupées en amas muriformes. Elles peuvent parfois émettre des filaments septés également pigmentés.

→ chromomycose

[A2,D2]

cellule multipotente l.f.

multipoten cell

Cellule capable de se différencier en cellules constitutives de plusieurs types de tissus.

→ cellules souches

[A2, C3]

Édit. 2019

cellule musculaire lisse vasculaire l.f.

vascular smooth muscle cell

Cellule présente dans les artères et les veines, allongée, fusiforme, de petite taille, à noyau central ovalaire indenté.
Elle se présente sous deux phénotypes, soit contractile, au cytoplasme pauvre en ergatoplasme mais riche en myofilaments ancrés sur la membrane plasmique par de nombreux corps denses, soit sécrétant collagènes, élastine, glycosaminoglycanes, de même aspect cellulaire mais avec peu de myofilaments et un ergastoplasme développé. Ce dernier type peut migrer, se multiplier et acquérir des propriétés de phagie vis à vis des lipoprotéines de faible densité, devenant une cellule spumeuse. La cellule musculaire lisse est entourée d'une membrane basale discontinue. Au cours de la genèse des parois vasculaires, le phénotype, d'abord sécrétant, assure la construction de la média par ses sécrétions, puis devient contractile et assure la contractilité de la paroi ; au cours du vieillissement, la média contient progressivement de plus en plus de cellules musculaires lisses de type sécrétant des collagènes et devient scléreuse.

[A2,K4]

cellule nævique de Unna l.f.

nævus cell

Cellule constitutive des nævus, à caractères peu spécifiques et d'aspect varié : ronde ou ovalaire dans les couches supérieures du derme et dans l'épiderme, elle devient polyédrique ou fusiforme dans le derme profond et dans l'hypoderme, avec un noyau généralement pâle, parfois vésiculeux dont le cytoplasme homogène et dense contient du pigment mélanique en quantité variable.
Elle se reconnaît aisément à sa tendance au groupement « en thèques », qui est toujours net dans la partie superficielle de la tumeur. Unna faisait dériver la cellule nævique des cellules épidermiques et pensait qu'elle s'accumulait dans le derme par un phénomène d'égouttement (Abtropfung); d'après la théorie de Masson, à laquelle la plupart des auteurs se sont ralliés, elle se forme aux dépens d'éléments dérivés de la crête neurale. Elle correspond à la forme tumorale du mélanocyte, élément élaborateur du pigment mélanique : c'est donc à tort que le terme mélanocyte est parfois employé comme synonyme.

P. G. Unna, dermatologiste allemand, membre de l'Académie de médecine (1850-1929)

Syn. nævocyte

[A2,J1]

cellule pluripotente l.f.

pluripotent cell

Cellule capable de se différencier en cellules constitutives de tout type de tissus.

→ cellules souches

[A2, C3]

Édit. 2019

cellules de Claudius l.f.p.

Claudius’ cells

Cellules de soutien de forme cubique présentes dans l’épithélium de la pente latérale de l’organe spiral, à proximité de la lame basilaire.

F. Claudius, anatomiste allemand (1822-1859)

→ organe spiral

[A2]

cellule sébacée l.f.

sebaceous cell

Cellule constitutive de la glande sébacée, répartie en lobules.
Les cellules de l’assise externe, ou périphérique ou génératrice, de chaque lobule sont basophiles, pauvres en lipides ; plus en dedans, elles deviennent de plus en plus claires du fait de l’accumulation progressive de leur contenu en lipides qui augmente au fur et à mesure de leur différenciation, pour aboutir à un élément à cytoplasme apparemment réduit à une fine résille contenant un petit noyau central foncé, le tout réalisant un aspect dit « en grelot ». Le cytoplasme désintégré prend part à la constitution du sébum par un mécanisme de sécrétion holocrine.

Syn. sébocyte

[A2,J1]

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