Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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crise en psychiatrie l.f.

crisis in psychiatry

Réponse à une demande excessive imposée par le milieu, et qui dépasse les mécanismes habituels d'adaptation de l'individu.
Les évènements éprouvants susceptibles de précipiter une crise en fonction de la personnalité du sujet et de son "seuil de résistance psychologique" (H.H. Garner), sont très nombreux : depuis les traumatismes psychiques de guerre jusqu'aux effets de la maladie et du travail de deuil. S'en rapprochent à un moindre degré les constantes rééquilibrations exigées par la vie. La relation étiologique est davantage circulaire que linéaire.
Si la crise représente un danger, elle est également considérée comme une occasion positive possible pour l'individu, avec l'aide de sa prise en soins. Dans la meilleure hypothèse, sont confortés son aptitude générale à résoudre ses problèmes, ainsi que son équilibre adaptatif.

H. H. Gartner, psychiatre américain (1945)

[H3]

crise occipitale l.f.

occipital fit, occipital seizure

Crise épileptique partielle, issue du cortex visuel primaire sous forme de symptôme visuel élémentaire, ou du cortex visuel associatif temporo-pariéto-occipital, se manifestant alors par des illusions ou des hallucinations visuelles souvent très élaborées, sous forme de figures ou de scènes, et/ou par des crises versives.
Ces crises sont observées dans des syndromes épileptiques divers : épilepsie bénigne de l'enfant avec pointes-ondes occipitales, syndrome épilepsie-calcifications occipitales bilatérales, syndrome de Sturge-Weber-Krabbe, infarctus de l'artère cérébrale postérieure, encéphalopathies mitochondriales, maladie de Lafora.

G. Lafora, neuropathologiste espagnol (1911) ; W. A. Sturge, médecin britannique (1879), F. P. Weber, médecin britannique (1922), K. Krabbe, neurologue danois (1932-34)

→ Lafora (maladie de), Sturge Weber Krabbe (maladie de)

critère de jugement l.m.

judgment criteria

Critère d’appréciation qui peut concerner le résultat d’un examen, d’un traitement, d’un pronostic ou la survenue d’une maladie.
La précision de la description reflète la qualité d’une évaluation.

[E1]

Édit. 2020

cruralgie n.f.

cruralgia

Douleur par souffrance radiculaire ou tronculaire du nerf crural.
La douleur est souvent intense, localisée à la face antérieure de la cuisse, et peut être accompagnée de dysesthésies dans le même territoire. En cas d’atteinte de la racine L4, la douleur se prolonge le long de la crête tibiale. Elle peut être due à une anomalie rachidienne (mécanique ou inflammatoire), extra-rachidienne (hématome du psoas, anévrisme de l’aorte abdominale), ou à une maladie générale (diabète).

[H1]

cryoglobuline n.f.

cryoglobulin

Protéine plasmatique de la classe des immunoglobulines (p. ex. IgG ou IgM), qui précipite ou se gélifie spontanément à 4°C et se redissout à 37°C.
On classe les protéines en trois groupes.
Type 1 : l'immunoglobuline cryoprécipitante est monoclonale, le plus souvent à type de macroglobuline (maladie de Waldenström).
Type 2 : l'immunoglobuline cryoprécipitante monoclonale exprime une activité rhumatoïde (anticorps anti-immunoglobuline) : il en résulte la formation de complexes immuns. L'hépatite C en est une cause fréquente.
Type 3 : les cryoglobulines sont polyclonales et ont une activité rhumatoïde, avec formations de complexes immuns. Elles sont observées au cours des maladies systémiques auto-immunes ou inflammatoires, des maladies virales, bactériennes ou parasitaires.

J. Waldenström, médecin interniste suédois, membre de l'Académie de médecine (1906-1996) ; J-C. Brouet, immunologiste français (1974)

→ manifestations rénales des cryoglobulinémies, neuropathies cryoglobulinémiques

[F1,F3]

cryoprécipité n.m.

cryoprecipitate

Produit obtenu par cryoprécipitation du plasma, qui a été utilisé en transfusion car il est enrichi en facteur VIII, facteur Willebrand et fibrinogène.
Il est maintenant remplacé par du concentré viro-inactivé de facteur VIII pour le traitement substitutif des patients atteints d'hémophilie A ou de maladie de Willebrand.

[F4,G5]

cryptococcose n.f.

cryptococcosis

Mycose cosmopolite due à un champignon levuriforme opportuniste, Cryptococcus neoformans, et survenant souvent chez les sujets immunodéprimés ou présentant une hémopathie sévère.
La cryptococcose est une infection opportuniste. Le champignon a été isolé à partir de l'appareil respiratoire de sujets sains et comme agent transitoire chez des bronchopathes. La maladie se développe avant tout chez des patients présentant un déficit de la fonction immune médiée par les cellules T : patients sous corticothérapie générale, ou atteints de sida, de sarcoïdose ou de lymphome malin. En recrudescence avec l’extension du sida, la cryptococcose provoque diverses manifestations cliniques, notamment pulmonaires (parfois pseudo-tuberculeuses ou pseudo-néoplasiques), cutanées ou cutanéomuqueuses (papules, ulcérations), ou osseuses (abcès ossifluents, froids, pseudo-tuberculeux). La forme la plus habituelle et la plus grave est méningo-encéphalique (cryptococcose neuroméningée), avec un syndrome méningé incomplet (la fièvre et la raideur de la nuque sont inconstantes), ou des atteintes cérébrales. À la ponction lombaire, on recueille un liquide clair, avec 10 à 100 éléments/mL, une protéinorachie élevée, une glycorachie inconstante et, surtout, des levures encapsulées.
Chez les sidéens, la cryptococcose prend souvent la forme d'une septicémie avec hémocultures positives. Le diagnostic fait appel, en urgence, à la mise en évidence des levures encapsulées et de l'antigène capsulaire polysaccharidique dans les liquides. Les médicaments efficaces sont l'amphotéricine B I.V., associée ou non à la flucytosine, le fluconazole, voire l'itraconazole ; le kétoconazole est actif dans les formes cutanées pures.
Première observation par O. Busse, anatomopathologiste allemand (1894) et A. Buschke, dermatologue allemand (1895), confondant Cryptococcus neoformans, avec Blastomyces et ar F. Sanfelice, bactériologiste italien qui l’isola sous son nom (1894) ; J-P. Vuillemin, botaniste français, introduisit cette levure encapsulée dans le genre Cryptococcus. (1901),

Syn. torulose (impropre), maladie de Busse-Buschke, blastomycose européenne (obs.)

→ Cryptococcus neoformans

[D1]

cryptosporidiose n.f

cryptosporidiasis

Zoonose cosmopolite et maladie émergente en pathologie humaine, provoquée par des protozoaires intracellulaires du genre Cryptosporidium, en particulier par Cryptosporidium parvum.
La contamination est essentiellement hydrique. L’affection est habituellement bénigne chez le sujet immunocompétent avec quelques troubles digestifs (diarrhées liquides, parfois nausées et vomissements) et une fièvre inconstante. La régression est habituelle sans traitement après 8 ou 10 jours. En revanche, chez l’immunodéprimé (sida surtout) avec moins de 150 lymphocytes TCD4+/µL, les parasites se multiplient intensément et provoquent une diarrhée très abondante, volontiers cholériforme, avec un important retentissement nutritionnel et hydro-électrolytique. Il existe un risque de dissémination biliaire et respiratoire et la résistance habituelle aux traitements antiinfectieux rend le pronostic d’autant plus sombre.

→ Cryptosporidium, Tænia solium, cysticercose cutanée

[D1]

Cryptosporidium

Cryptosporidium
Nom générique d'un protozoaire de la classe des Sporozoaires, situé dans la bordure en brosse des entérocytes, et dont la totalité du cycle s'effectue à la surface de l'épithélium digestif et dont les oocystes mesurent de 3 à 4 µm.
Comme les autres Sporozoaires (Plasmodium, Toxoplasma gondii, notamment), les Cryptosporidium se multiplient par des mécanismes de reproduction sexuée et asexuée. Ceci conditionne la durée d’évolution de la cryptosporidiose et explique le caractère opportuniste de cette maladie, surtout sévère chez les immunodéprimés. On connaît actuellement 13 espèces de Cryptosporidium : Cryptosporidium muris, C. andersoni, C. parvum, C. hominis, C. wrairi, C. felis et C. canis, parasites des mammifères ; C. baileyi, C. meleagridis et C. galli chez les oiseaux. La plupart de ces espèces interviennent ou peuvent intervenir en pathologie humaine — en particulier chez des sidéens — comme agents d'anthropo-zoonoses. Cryptosporidium hominis, récemment identifié, est la seule espèce spécifiquement parasite de l'Homme.

→ cryptosporidiose

[D1]

Cryptosporidium parvum

Cryptosporidium parvum
Coccidie intracellulaire essentiellement localisée au niveau de l’épithélium digestif de différents hôtes vertébrés dont l’homme.
Ce parasite est éliminé dans les selles sous forme d’ookystes sporulés contenant 4 sporozoïtes. Après ingestion ou inhalation, les ookystes libèrent, sous l’action des sels biliaires, les sporozoïtes qui se transforment rapidement en trophozoïtes puis se multiplient par un phénomène asexué ou bien donnent naissance à un cycle de reproduction sexuée d’autoréinfestation. C’est ce dernier cycle qui explique l’intensité de l’infection et la gravité de la maladie chez les sujets immunodéprimés et, en particulier, chez les malades atteints de sida.

→ cryptosporidiose

[D1]

cuprémie n.f.

cupremia

Teneur du cuivre dans le plasma sanguin, normalement voisine de 1 mg/L.
Elle s'élève pendant la grossesse et au cours de certaines anémies, elle diminue dans la maladie de Wilson, avec le défaut de céruléoplasmine.

S. A. Wilson, neurologiste britannique (1912)

[C2,M1,O3,F1]

Cushing (maladie de) l.f.

Cushing’s disease

Hypercorticisme glucocorticostéroïde ACTH-dépendant lié à un adénome corticotrope du lobe antérieur de l’hypophyse.
La maladie atteint le plus souvent la femme jeune (5 femmes pour un homme). Le début est progressif et le tableau clinique se complète en plusieurs années ; il est caractérisé par l’aspect du faciès bouffi avec des télangiectasies et une pilosité excessive (hirsutisme), une obésité de la partie supérieure du corps, des vergetures pourpres de l’abdomen et des cuisses, une insuffisance musculaire avec amyotrophie, une ostéoporose responsable de fractures vertébrales multiples par tassement, de fractures de côtes et de la tête fémorale. Il s’y associe souvent une hypertension artérielle, des troubles de la glycorégulation avec hyperplasie bilatérale des glandes surrénales, des troubles génitaux et psychiques. Les examens biologiques sanguins et urinaires (excès de l’ACTH plasmatique, cortisolémie et cortisolurie excessives) permettent d’affirmer l’hypercorticisme et aussi son origine hypophysaire. L’IRM recherche la tumeur hypophysaire et en apprécie son volume, parfois très petit de moins de 3 mm de diamètre (les micro-adénomes ne sont pas toujours décelables) et son extension locale, ce qui oriente les indications thérapeutiques médicales ou chirurgicales et sa voie d’abord.

H. W. Cushing, neurochirurgien américain, membre de l'Académie de médecine (1932)

→ ACTH, hypercorticisme, adénome hypophysaire

[O4]

Cushing (syndrome de) l.m.

Cushing’s syndrome

Ensemble de manifestations provoquées par un excès d’hormones glucocorticostéroïdes.
Cet hypercorticisme peut être dû à une hyperplasie bilatérale des glandes surrénales ACTH-indépendante ou à des sécrétions de corticostimulines non hypophysaires, entrant dans le cadre d’une affection paranéoplasique au cours d’un cancer hormono-sécrétant bronchique, thyroïdien, pancréatique, thymique, etc. Il se voit aussi au cours d’un traitement prolongé par des corticostéroïdes. Le tableau clinique est comparable à celui de la maladie de Cushing par adénome hypophysaire ; il est souvent incomplet. Les examens biologiques montrent le caractère ACTH dépendant ou non du syndrome et l’IRM l’absence de tumeur hypophysaire.

H. W. Cushing, neurochirurgien américain, membre de l'Académie de médecine (1932)

→ Cushing (maladie de), hypercorticisme, paranéoplasiques (affections musculaires)

[O4]

cushingoïde adj.

cushingoïd

Caractérise un symptôme ou un état qui évoque une maladie ou un syndrome de Cushing : u n facies, une obésité, des vergetures par exemples.

H. W.Cushing, neurochirurgien américain, membre de l'Académie de médecine (1932)

→ Cushing (maladie de), Cushing (syndrome de), hypercorticisme

[O4]

cutis laxa l.f.

cutis laxa

Maladie du tissu conjonctif, secondaire à des anomalies biochimiques des fibres élastiques, dans laquelle la peau, apparaît flasque (c'est la chalazodermie), avec formation de plis, surtout du visage, réalisant un aspect prématurément vieilli.
On distingue trois groupes de cutis laxa. Le premier groupe correspond à des syndromes héréditaires, à transmission le plus souvent autosomique, dominante ou récessive, les anomalies cutanées étant associées à des anomalies viscérales variées : vasculaires, pulmonaires, urinaires, squelettiques, neurologiques. Le deuxième groupe correspond aux formes secondaires à des éruptions cutanées non spécifiques, à une amylose systémique, ou à des formes idiopathiques. Le troisième groupe s'associe à d'autres maladies du tissu conjonctif : syndrome d'Ehlers-Danlos, pseudoxanthome élastique. Une forme localisée de cutis laxa peut faire partie d'une neurofibromatose de von Recklinghausen.

E. L. Ehlers, dermatologiste danois (1899) ; H. A. Danlos, dermatologiste français (1908)

Syn. dermatolysis (ou dermatolysie), dermatochalasis, chalazodermie, élastolyse primitive, élastohexie généralisée

[J1]

cystinose n.f.

cystinosis

Groupe du métabolisme de la cystine avec dépôts généralisés à l’origine d’une insuffisance tubulaire rénale, et d’un nanisme avec rachitisme rénal vitaminorésistant.
La forme infantile est mortelle sans transplantation (apparaît avant un an et stade terminal de l'insuffisance rénale vers 10 ans après dépôts cornéens, retard de croissance, hypothyroïdie, et diabète insulinodépendant, hépatosplénomégalie, hypertension portale, et atteinte cérébrale), la forme juvénile est grave et ressemble à l'infantile (les dépôts cornéens précédent la découverte de la tubulopathie), la forme de l'adulte est bénigne et ne donne pas de néphropathie, ni de rétinopathie. Les dépôts de cystine sont surtout rénaux et oculaires. Le syndrome de Toni-Debré-Fanconi apparaît au décours de la maladie. Il existe des dépôts cristallins réfringents et dorés conjonctivo-cornéens, une photophobie en rapport avec les dépôts cornéens. On peut également trouver une rétinite pigmentaire avec dépigmentation progressive de l'épithélium pigmentaire rétinien ou une dystrophie maculaire du type de la Stargardt. Locus du gène en 17p. L’affection est autosomique récessive (MIM 219800 infantile, 219900 juvénile, 219750 adulte) ou mitochondriale.

G. de Toni, pédiatre italien (1933) ; R. Debré, pédiatre français, membre de l'Académie de médecine (1934) ; G. Fanconi, pédiatre suisse, membre de l'Académie de médecine (1936) ; G. Lignac, anatomopathologiste néerlandais (1924) ; K. Stargardt, ophtalmologiste allemand (1909)

Syn. cystinéphrose, Lignac-Fanconi (syndrome de), Lignac (syndrome de)

[Q2,R1,O1,M1,I1]

cystite interstitielle l.f.

interstitial cystitis

Maladie probablement auto-immune du collagène, atteignant avant tout la femme d'âge moyen, provoquant la fibrose de la paroi de la vessie avec perte consécutive de la capacité vésicale.
Le symptôme dominant en est la pollakiurie. Il n'y a pas de critères diagnostiques spécifiques, cliniques ou anatomopathologiques (la paroi fibreuse est infiltrée de mastocytes et de lymphocytes). De nombreux traitements sont proposés : distension vésicale hydrostatique, instillation endovésicale de diverses substances, corticothérapie associée aux anticholinergiques, aucun ne donne des résultats satisfaisants, et l'intensité des troubles peut conduire à l'entérocystoplastie de remplacement.

[M3,N3]

cytochrome b n.m.

cytochrome b

Cytochrome faisant partie d'une classe de cytochromes rencontrés dans les complexes II, qui contient un cytochrome bK, et III, qui contient un cytochrome bT, de la chaine respiratoire mitochondriale et dans les photosystèmes des chloroplastes.
Leur potentiel normal d’oxydoréduction est en général voisin de 0 V.
Un cytochrome de type b entre dans la composition du complexe enzymatique de la NADPH oxydase des cellules phagocytaires.
Il est constitué de deux chaines polypeptidiques, l'une de 91 kDa et l'autre de 22 kDa. L'absence ou le dysfonctionnement de l'une ou l'autre des deux chaines conduit à une maladie héréditaire : la granulomatose septique chronique.

Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur

→ cytochrome b5, cytochrome b5-reductase, cytochrome b5 réductase (déficit en) ,granulomatose septique chronique

[C1]

cytochrome b5 réductase (déficit en) l.m.

cytochrome b5-reductase deficiency

Des mutations distinctes sont responsables des diverses formes de déficit (méthémoglobinémie congénitale récessive de type I, II ou III).
Selon la localisation de l'anomalie structurale, la stabilité de l'enzyme et/ou son activité sont plus ou moins diminuées. Dans la forme bénigne (type I), les désordres se limitent aux manifestations érythrocytaires ; cette anomalie est le plus souvent due à un enzyme actif, mais instable dont la concentration diminue rapidement avec l'âge de l'hématie. La forme grave (type II) est due à une abolition de l'activité catalytique qui perturbe également le métabolisme lipidique des tissus et réalise une maladie systémique sévère avec notamment des symptômes neurologiques.
Le diagnostic biologique de méthémoglobinémie congénitale récessive repose sur l'existence d'un spectre de méthémoglobine normale et sur une diminution de l'activité de la cytochrome b5-réductase. Le traitement de la méthémoglobinémie congénitale de type I repose sur des injections de bleu de méthylène en cas de poussée de méthémoglobinémie, d'administration d'acide ascorbique ou de riboflavine par voie orale.

Étym. gr. kutos : cellule ; khrôma : couleur

Syn. méthémoglobinémie congénitale récessive, déficit en méthémoglobine réductase, déficit en NADH-diaphorase

→ cytochrome b

[R1]

dacryoadénite n.f.

dacryoadenitis

Inflammation de la glande lacrymale, aigüe ou chronique, pouvant affecter sa portion orbitaire, palpébrale ou les deux à la fois.
Les dacryoadénites aigües sont des affections peu fréquentes se caractérisant par des douleurs et un œdème orbitopalpébral externe, et sont le plus souvent secondaires à une maladie infectieuse (oreillons, grippe, mononucléose infectieuse).
Les formes aigües primitives sont plus rares et affectent surtout les sujets jeunes après épidémies : sous l'influence d'une antibiothérapie générale (parfois associée à une corticothérapie), elles évoluent rapidement vers la guérison.
Les dacryoadénites chroniques se caractérisent par une tuméfaction orbitopalpébrale externe parfois associée à un ptosis ; leurs étiologies sont multiples et une biopsie de la glande lacrymale est habituellement nécessaire pour établir le diagnostic (sarcoïdose, tuberculose, lèpre, trachome, syphilis, pseudotumeur inflammatoire).

Étym. gr. dakruon : larme, aden : glande

danaporoïde n.m.

danaporoïde

Préparation à base de glycosaminoglycuronannes sulfatés, de faible poids moléculaire, provenant de la muqueuse intestinale du porc, d’activité anti-Xa/anti-IIa, administrée par voie sous-cutanée.
Il est indiqué en présence d’une thrombopénie induite par l’héparine de type II ou d’un antécédent de thrombopénie induite par l’héparine chez un patient nécessitant une prévention ou un traitement de la maladie thromboembolique veineuse, une hémodialyse, une chirurgie cardiovasculaire.

→ anticoagulant (médicament), héparine

dangerosité en psychiatrie l.f.

degree of danger in psychiatry

Dangerosité pour soi-même ou pour autrui justifiant le recours aux mesures de rétention administrative.
Cette notion de dangerosité a toujours été, dans l'opinion publique, liée à la maladie mentale. Elle a conduit à la mise en place d’un dispositif légal prévoyant des mesures de rétention administrative pour les patients réputés dangereux (hospitalisations d'office). En fait, elle reste marginale sur le plan social : 2 p.100 des crimes et délits sont effectués par des malades mentaux. Le taux global de suicide reste relativement faible, après un crime, chez les psychotiques. La justice s'est donc préoccupée à l'excès d'évaluer la dangerosité potentielle des malades mentaux en questionnant les experts. Or l'état dangereux criminologique domine très largement la dangerosité liée à la pathologie et il existe à ce propos une ambigüité constante. Les actes criminels sont souvent plus impressionnants, dans la mesure où ils sont imprévisibles, et leurs récidives s'avèrent plus nombreuses. Aussi, dans ce domaine est-ce « la probabilité de conduites agressives, violentes ou dominatrices faisant courir à autrui un risque d'atteinte physique, psychologique ou matériel" ainsi que le risque de récidive qui seront surtout retenus.

Étym. vieux fr. dangier : état de celui qui est à la merci d'un maître (lat. populaire dominiarium : pouvoir de dominer, lat. dominium : droit de propriété)

Darier (maladie de) l.f.

Darier's disease, keratosis follicularis, Darier-White's disease

Génodermatose autosomique dominante apparaissant après l'adolescence, d'évolution chronique presque indéfinie, faite de papules sèches cornées confluant en nappes verruqueuses d'aspect "crasseux" siégeant surtout dans les sillons rétroauriculaires, la gouttière vertébrale et la région présternale et parfois les grands plis où la macération entraine des suintements fétides ; il existe de plus des lésions verruciformes sur le dos des mains et une certaine diminution de la résistance aux infections bactériennes, mycosiques et surtout virales, particulièrement l'herpès, avec risque de pustulose de Kaposi-Juliusberg.
L'aspect histologique, caractéristique, montre des fentes intraépidermiques surtout suprabasales résultant d'une viciation de la maturation des kératinocytes, cette kératinisation anormale, car précoce et individuelle, correspondant à la dyskératose et aboutissant à la formation de "corps ronds" qui se transforment ensuite en "grains cornés". La localisation folliculaire n'est qu'occasionnelle. Une extension des lésions aux muqueuses, notamment buccale, oesophagienne et bronchique, est possible. Les formes bulleuses posent des problèmes de diagnostic et d'interprétation nosologique avec le pemphigus chronique bénin familial de Hailey-Hailey et avec la dermatose acantholytique de Grover.
Le gène de la maladie a été localisé sur le chromosome 12q23-24,1 ; à ce jour 140 mutations sur ce gène ont été identifiées : il s’agit du gène ATP2A2 codant pour la protéine SERCA 2, pompe à calcium ATP-ase dépendante, qui régule les taux intracellulaires aux mécanismes d’adhésion kératinocytaire ; cependant, le mécanisme exact des troubles de l’adhésion et de la différenciation kératinocytaires qu’induit cette mutation reste inconnu.

J. Darier, dermatologiste français, membre de l'Académie de médecine (1889); J. C. White, dermatologue américain (1889, trois mois plus tard)

Syn. psorospermose folliculaire végétante (obs.), dyskératose folliculaire (obs.), keratosis follicularis (obs.)

→ dyskératome verruqueux

Davidenkow (syndrome de) l.m.

Davidenkow's syndrome

Forme scapulopéronière de la maladie de Charcot-Marie-Tooth.

S. N. Davidenkov, neuropathologiste russe (1939)

débilité n.f.

weakness, debility

Etat d’une personne qui manque de force, qui présente une extrême faiblesse, ou qui présente une pauvreté, une faiblesse natives des facultés mentales.
La débilité du corps, la débilité de la vieillesse, la débilité de l’esprit.
Débilité constitutionnelle : faiblesse extrême de certains nouveau-nés, ordinairement prématurés, en raison d’une souffrance fœtale secondaire à une maladie aigüe ou chronique de la mère ; état de déficience chronique de l’organisme remontant à l’enfance.
Débilité intellectuelle : état d’arriération intellectuelle ou mentale de degré moindre que l’idiotie ou l’imbécillité.
Débilité mentale est parfois utilisé pour désigner la débilité intellectuelle ou encore pour qualifier une erreur de jugement quel que soit par ailleurs, le degré des acquisitions intellectuelles. Elle correspond à ce qu’on appelle dans le langage courant, la sottise, terme également employé pour débilité intellectuelle.
Débilité motrice ; ensemble des troubles moteurs comprenant l’exagération des réflexes tendineux, la perturbation de la réflectivité plantaire (signe de Babinski, signe de l’éventail, absence de réflexe), les syncinésies, la paratonie et la maladresse constitutionnelle. On l’observe souvent chez des sujets atteints de débilité intellectuelle, d’imbécillité ou d’idiotie.

Étym. lat. debilitas : faiblesse, infirmité

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