Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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acidophilie n.f.

acidophilia

Propriété de certaines cellules ou de certains constituants cellulaires de se colorer par les colorants acides, l’éosine par exemple.

Syn. éosinophilie

[A2,A3,C1]

Édit. 2017

acrospirome eccrine l.m.

eccrine acrospiroma

1) Pour certains, synonyme de l'hidradénome à cellules claires.
2) Pour d'autres, hidradénome nodulaire dont le nodule intradermique vient en contact avec l'épiderme ou même la surface cutanée.
3) Pour d'autres encore, vocable regroupant trois formations tumorales dérivées de l’épithélium du canal sudoripare eccrine et qui peuvent être selon le siège sur le canal intra-dermique (hidracanthome simplex), juxta-dermique (procrome eccrine) ou intra-dermique (tumeur du canal dermique « dermal duct tumor »).

Étym. gr. akros : extrémité ; speira : spirale ; ôma : tumeur ; ec : hors de ; krinein : sécréter

→ hidradénome à cellules claires, hidradénome nodulaire,  hidroacanthome, porome eccrine de Pinkus, tumeur du canal dermique

[F5,J1]

Édit. 2017

activité jonctionnelle l.f.

junction activity, junctional activity

Phénomène consistant en la présence dans les couches inférieures de l'épiderme et au niveau de la jonction dermo-épidermique de thèques formées de petits amas de cellules næviques contenant une quantité variable de mélanine et faisant saillie dans le derme papillaire.
En cas d'hésitation entre une lésion bénigne (nævus) et maligne (mélanome), une intense activité jonctionnelle peut être un argument en faveur de la malignité.

Étym. lat. activitas : activité (déverbal d'ago : pousser devant soi, agir)

[J1]

Édit. 2017

adamantin adj.

adamantin

1) Relatif à l’émail, qualifie une tumeur qui provient des cellules formatrices de l’émail dentaire ou qui s’en rapprochent.
Ex. épithélioma adamantin ;
2) Qualifie une substance ou une lésion qui a l’aspect ou la dureté du diamant ou de l’émail.

Étym. gr. adamantinos, de adaman, adamantos : diamant

[F2, P3]

Édit. 2020

adéno-acanthome du col utérin l.m.

adeno-acanthoma of the uterine cervix

Adénocarcinome du col utérin contenant des plages de métaplasie malpighienne.
Il faut le différencier du carcinome adéno-squameux où les deux contingents glandulaire et fibreux sont malins, y compris donc les cellules malpighiennes. Le pronostic est analogue à celui des cancers épidermoïdes du col utérin.

Étym. gr. adên : glande ; akantha : épine ; oma : tumeur

[A3,F2,O3]

Édit. 2017

adénocarcinome à cellules claires de l'endomètre l.m.

clear-cell adenocarcinoma of the endometrium

Variété d'adénocarcinome de l'endomètre à cellules claires évoquant un hypernéphrome d'origine mullérienne.
Le pronostic est péjoratif comme celui des adénocarcinomes indifférenciés.

Étym. gr. adên : glande ; karkinos : crabe

[A3,F2,O3]

Édit. 2017

adénocarcinome à cellules claires de l'ovaire l.m.

clear-cell adenocarcinoma of the ovary

Variété d'adénocarcinome de l'ovaire à cellules claires emplie de glycogène d'origine mullérienne.
Il est souvent associé à une tumeur endométriale ou à une endométriose.

Étym. gr. adên : glande ; karkinos : crabe

[A3,F2,O3]

Édit. 2017

adénocarcinome à cellules claires du col utérin l.m.

clear-cell adenocarcinoma of the uterine cervix

Variété d'adénocarcinome du col utérin dont les cellules claires évoquent un hypernéphrome d'origine mullérienne.
Il peut être la conséquence d’une exposition in utero au diéthylstilbœstrol (DES). Il faut le distinguer de l'extension au col d'une tumeur mésonéphroïde de l’endomètre.

Étym. gr. adên : glande ; karkinos : crabe

Syn. adénocarcinome mésonéphroïde du col utérin

[A3,F2,O3]

Édit. 2017

adénocarcinome colloïde l.m.

colloid adenocarcinoa

Variété de cancer qui contient une importante proportion de cellules mucineuses hyperactives et de larges plages de mucus extracellulaire.
Il peut atteindre tous les organes du tube digestif, surtout l'appendice et le côlon.

Étym. gr. adên : glande ; karkinos : crabe

[A3,F2,L1 ]

Édit. 2017

adénocarcinome indifférencié l.m.

undifferentiated adenocarcinoma

Tumeur formée de cellules ayant perdu leurs capacités sécrétoires et leur structure glanduliforme.

Étym. gr. adên : glande ; karkinos : crabe

[A3,F2]

Édit. 2017

adénocarcinome œsophagien l.m.

adenocarcinoma of the oesophagus

Cancer qui résulte en général (peut-être toujours) de la transformation maligne d'une métaplasie intestinale de l'œsophage ayant constitué un endobrachyœsophage ou d'une plage limitée de muqueuse de Barrett.
L'adénocarcinomel est actuellement plus fréquent que le cancer épidermoïde dont l’incidence diminue. La symptomatologie est marquée par une dysphagie, une altération de l’état général, un hoquet, une dysphonie suggérant une atteinte récurrentielle, une adénopathie sus-claviculaire ou cervicale. Le cancer épidermoïde siège au niveau des tiers supérieur et moyen de l’œsophage, alors que l’adénocarcinome intéresse le tiers inférieur ou la jonction œsogastrique. Il est lié au reflux gastro-œsophagien et est fréquent  chez les patients obèses ou en surpoids. La surveillance de l’endobrachyœsophage est recommandée tous les 2 à 5 ans selon sa hauteur, avec des biopsies étagées. Le type histologique est déterminé selon l'architecture (tubuleux, à prédominance papillaire, mucineux ou à cellules dissociées). Le grade tient compte du degré de différenciation : bien, moyennement ou peu différenciés.

Étym. gr. adên : glande ; karkinos : crabe

→ endobrachyoesophage, métaplasie ,  Barrett (œsophage de)

[A3, F2, L1]

Édit. 2020

adénocarcinome pancréatique l.m.

pancreatic adenocarcinoma

Cancer développé à partir des petits canaux de la glande, beaucoup plus fréquent que les cancers ayant pour origine d'une part les acinus exocrines, d'autre part les cellules des ilots de Langerhans.

Étym. gr. adên : glande ; karkinos : crabe

[A3,F2,L1,L2]

Édit. 2017

adénolymphome l.m.

adenolymphoma, cystadenolymphoma, Warthin’s tumor

Tumeur bénigne des glandes salivaires habituellement développée dans la parotide, parfois multiple ou bilatérale.
Cette lésion d’évolution lente est faite d’une double prolifération épithéliale et lymphocytaire. L’épithélium est souvent agencé en deux couches de cellules cylindriques d’aspect volontiers oxyphile. Il repose sur un tissu lymphoïde ordonné en follicules lymphoïdes.

A. Warthin, anatomopathologiste américain (1929)

Étym. gr. aden : glande ; lymphè : eau ; ome : tumeur

→ Warthin (tumeur de)

[A3,F5,P3]

Édit. 2017

adénome papillaire du rein l.m.

renal adenoma

Tumeur épithéliale bénigne du parenchyme rénal, qui se développe souvent dans le cadre de lésions de pyélonéphrite chronique ou de néphro-angiosclérose.
Son cadre nosologique est mal défini. Les critères de bénignité retenus ont été longtemps la petite taille et l'absence (apparente) d'évolutivité. L'aspect chromosomique des cellules évoque parfois une transition vers la malignité.

Étym. gr. adên : glande ; ome : tumeur

[F5, M2]

Édit. 2020

adénome pléomorphe  l.f.

pleomorphic adenoma

Variété la plus fréquente des tumeurs bénignes des glandes salivaires surtout développée dans la glande parotide.
Elle tire son nom de la coexistence au sein des plages tumorales de structures épithéliales massives ou à différenciations canalaire, associées à une composante à cellules fusiformes et à des plages de différenciations chondroïde, voire cartilagineuse. D’autres différenciations peuvent être présentes malpighiennes, adipocytaires, sébacées, osseuses. Ces tumeurs sont plus ou moins bien limitées. Leur évolution est très lente et elles ont tendance à récidiver localement en cas d'exérèse insuffisante. Des foyers carcinomateux peuvent se développer en leur sein.

Étym. gr. adên : glande ; ome : tumeur ; pléôn : plus abondant ; morphê : forme

Syn. anc. tumeur mixte, épithélioma à stroma remanié

[A3,F5,P1,P3 ]

Édit. 2017

adénome rénal l.m.

renal adenoma

Tumeur épithéliale bénigne du parenchyme rénal.
Son cadre nosologique est mal défini, l'aspect des cellules ne se différenciant guère de l'adénocarcinome, et les critères de bénignité retenus étant la petite taille et l'absence apparente d'évolutivité.

Étym. gr. adên : glande ; ome : tumeur

[F5,M2]

Édit. 2018

adénome thyroïdien toxique l.m.

toxic adenoma of the thyroid gland, Plummer’s disease

Nodule thyroïdien hyerfonctionnel responsable d’hyperthyroïdie.
Favorisée par la déficience iodée, cette situation résulte le plus souvent de la prolifération monoclonale de cellules affectées par une mutation activatrice du récepteur de la TSH. Le développement lent de la prolifération cellulaire finit par constituer un nodule initialement fonctionnel captant l’iode radioactif, puis progressivement extinctif vis-à-vis de la TSH, enfin hyperfonctionnel ce dont rend compte l’accroissement de la T3 puis de T3 et T4. A ce stade un état thyrotoxique apparaît cliniquement évident, souvent lorsque la taille de l’adénome excède 2 à 3 cm.  
L’affirmation de son caractère autonome est traditionnellement obtenue par la scintigraphie thyroïdienne : le captage de l’iode 123 (ou du technétium)  s’effectue exclusivement au niveau de la formation nodulaire cliniquement perçue (« image du drapeau japonais »). Une alternative diagnostique est  constituée par l’échographie qui fait état d’un nodule typiquement isolé souvent hypoéchogène s’accompagnant d’un accroissement du débit dans l’artère thyroïdienne inférieure et d’une hypotrophie du reste de la thyroïde.
Une telle pathologie qui ne saurait être éradiquée par les thérapeutiques médicales antithyroïdiennes, nécessite le recours au traitement par l’iode rédioactif qui a réduit les indications de la lobectomie. Dans certaines circonstances sont envisageables des traitements locaux (alcoolisation, thermo-ablation, ultrasons…).

Étym. gr. adên : glande ; ome : tumeur

→ exploration fonctionnelle de la thyroïde, nodule toxique, thyréostimuline, hormones thyroïdienne, hyperthyroïdie.

[F5, O4 ]

Édit. 2020

adénome villeux l.m.

villous adenoma, villous papilloma, papillary adenoma

Prolifération faite d'axes conjonctifs fins, digitiformes, tapissés de cellules cylindriques dont le développement se fait vers la lumière.
On considère qu'un adénome est villeux quand il est fait de plus de 75% de structure villeuse.

Étym. gr. adên : glande ; ome : tumeur

Syn. polyadénome villeux, tumeur villeuse

→ tumeur villeuse

[A3,F5]

Édit. 2017

adénose du col utérin et du vagin l.f.

adenosis of the vagina and uterine cervix

Métaplasie glandulaire de l'épithélium de l'exocol utérin et du vagin reproduisant le revêtement de l'endocol.
Elle se traduit par une muqueuse rouge du fond vaginal. Elle expose au risque d'adénocarcinome à cellules claires. Elle est attribuée à l'exposition in utero au diéthylstilbœstrol.

Étym. gr. adên : glande ; ose : affection chronique

[F5,G3,G5,O3]

Édit. 2017

adénosine n.f.

adenosine

Nucléoside constitué de l'adénine, base purique, liée par une liaison N-osidique au bêta-D-ribose.
L'adénosine est un neuromédiateur et une substance physiologiquement active sur certaines cellules comme les plaquettes, elle intervient dans la douleur. Couplée à des protéines G, elle agit sur des récepteurs spécifiques A1 et A2. L'adénosine joue un rôle protecteur contre les périodes brèves d'ischémie myocardique et permet de réduire nettement l'importance d'un infarctus : le blocage des récepteurs A1 supprime l'effet protecteur et, au contraire, une injection intra-coronaire d'adénosine induit le mécanisme de protection. Le récepteur A1 ralentit le cœur et produit un effet vasoconstricteur, le récepteur A2 induit une vasodilatation coronaire et inhibe les neutrophiles.

[C1,C3]

Édit. 2017

adénovirus n.m.

adenovirus

Virus à ADN, de la famille des Adenoviridae et du genre Mastadenovirus, dont on distingue une cinquantaine de sérotypes pathogènes pour l’Homme.
Les adénovirus ont une affinité pour de nombreux tissus et organes et leur pouvoir pathogène est étendu. De nombreuses infections sont asymptomatiques ou bénignes. Le tableau le plus habituel associe une fièvre modérée, une pharyngite avec gêne à la déglutition, une conjonctivite et des adénopathies cervicales (syndrome adénopharyngoconjonctival) ou basses et diarrhées chez l’enfant. Le traitement est alors purement symptomatique : désencombrement par la kinésithérapie chez le nourrisson et l'enfant en bas âge. Les tableaux de bronchiolite avec dyspnée voire insuffisance respiratoire s'observent chez l'enfant entre 1 et 5 ans, ainsi que des syndromes diarrhéiques. Chez le sujet immunodéprimé, les infections à adénovirus sont souvent sévères : méningo-encéphalites, pneumonies, hépatites, cystites hémorragiques, ou encore une maladie disséminée avec atteinte multi-organe très grave. Le diagnostic biologique associe la détection directe d’antigène dans les sécrétions, l’isolement du virus en culture de cellules, la biologie moléculaire, la sérologie. Un nouvel antiviral, le cidofovir, est proposé pour traiter les formes graves d’infections à adénovirus.

→ Adenoviridae, adénovirus (kératite à)

[D1]

Édit. 2020

adénylate-cyclase n.f.

adenylate cyclase

Enzyme catalysant une réaction d'hydrolyse des phosphates b et g de l'ATP, et produisant un AMP dont le phosphate estérifie les deux fonctions alcool des carbones 3' et 5' de l'adénosine (AMP cyclique).
L'adénylate-cyclase participe à la transmission des signaux hormonaux vers l'intérieur des cellules. Les protéines G membranaires, activatrices ou inhibitrices, sont impliquées dans sa régulation.
En pathologie, la diarrhée du choléra est due à l'action de la toxine de Vibrio cholerae qui entraînant une modification de structure de la protéine G, provoque une activation prolongée de l'adénylate-cyclase et déclenche ainsi une ouverture permanente des canaux chlorés situés sur la membrane apicale de l'entérocyte, entraînant une sécrétion excessive d'eau et d'électrolytes dans la lumière digestive.

→ AMP cyclique, protéine G, diarrhée sécrétoire, choléra, Vibrio cholerae

[C1, C3, D1, L1]

Édit. 2020

adénylate-kinase n.f.

adenylate kinase

Enzyme catalysant une réaction de phosphorylation de l'adénosine-monophosphate en adénosine-diphosphate par une molécule d'ATP.
On en trouve plusieurs formes iso-enzymatiques dans les cellules : l'adénylate-kinase I est présente dans le cytoplasme ; l'adénylate-kinase II dans l'espace intermembranaire des mitochondries ; l'adénylate-kinase III dans la matrice mitochondriale. L'iso-enzyme I seul présent dans les érythrocytes normaux peut en être absent congénitalement et entraîner, chez de rares patients, une anémie hémolytique sévère.

Syn. myokinase

[C1,C3,F1]

Édit. 2017

adhérence intercellulaire l.f.

intercellular adhesion

Liaison physique entre les membranes de deux cellules par interaction de molécules adhésives (homophiles ou hétérophiles, homotypiques ou hétérotypiques).
Les principales molécules adhésives sont les intégrines, les sélectines et les molécules de la superfamille des immunoglobulines.

→ CD, conjugué, interhésion

[A2,C3]

Édit. 2017

adhésine n.f.

adhesin

Composant, généralement protéique, de la surface des bactéries permettant leur adhésion à d'autres cellules ou à un substrat inerte.

Étym. lat. adhaerere : être attaché

[D1]

Édit. 2020

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