pathologie psychique carcérale l.f.
prison mental pathology
Affections liées au séjour en prison, tous les auteurs ne s'accordant pas pour leur accorder une spécificité réelle, d'autant que les conditions mêmes de l'enfermement peuvent avoir un rôle dominant (prisonnier de droit commun, politique, otage, etc.).
Leurs manifestations sont à la fois somatiques et mentales. Sur le plan psychique, la classique psychose carcérale (bouffées délirantes ou poussées confusionnelles pouvant se présenter avec le tableau d'un syndrome de Ganser), réactionnelle à l'incarcération reste rare et controversée. Plus fréquentes sont les décompensations dépressives dès l'admission, avant le procès ou peu avant la sortie (avec un risque suicidaire important).
Très fréquents sont les troubles du sommeil, en raison du rythme de vie particulier, et les manifestations psychosomatiques (impossibilité d'exprimer son désarroi par d'autres voies). La consommation accrue de toxiques constitue un problème majeur.
S. J. M. Ganser, psychiatre allemand (1898)
→ service médico-psychologique régional (SMPR), syndrome de Ganser
[H4, H3]
Édit. 2019
trauma psychique en psychanalyse l.m.
trauma and psychoanalysis
Concept fondamental qui désigne la marque, l'empreinte laissée dans le psychisme d'un sujet par un évènement particulièrement significatif pour lui.
Présent dès les premiers écrits de S. Freud, le trauma jalonne sa réflexion pour aboutir à une conception structurale du sujet. Dans les premières théorisations, le trauma (une scène de séduction exercée par un adulte) a été oublié sous l'effet du refoulement et son sens ne se révèle, à l'occasion d'un deuxième évènement en apparence bénin, que par effet d'après-coup. L'échec des cures fondées sur la remémoration du traumatisme a entrainé l'abandon par Freud de l'idée d'une causalité directe. Au traumatisme, il substitue le fantasme. Celui-ci limite et régule une énergie sexuelle que l'effraction traumatique va libérer : c'est cette énergie déliée qui va s'imposer au sujet (1905). En 1918, le refoulement originaire est rattaché à l'expérience originelle du trauma, le fantasme étant ce qui voile ce vide central. En 1920, Freud montre, avec l'introduction de la pulsion de mort et du "pare-excitations", que le moi doit se défendre non seulement de traumatismes externes, mais aussi des motions pulsionnelles internes. "Inhibition, symptômes et angoisse" (1926) est l'occasion pour Freud de réviser la conception de l'angoisse et du trauma. Ce dernier est rattaché à la séparation de l'objet primordial (la mère), qui détermine l'angoisse la plus ordinaire, elle-même cause du premier refoulement. Le fantasme est ce qui, à la fois, tente de recréer le lien imaginaire à l'objet perdu, recouvre le réel pulsionnel interne et protège des dangers extérieurs. Le trauma est cette part de réel inscrite au cœur de l'inconscient, constitutive du sujet et recouverte par le fantasme. C'est cette conception freudienne que J. Lacan reprendra dans une perspective structurale.
S. Freund, neurologue autrichien (1856-1937)
Étym. gr. trauma : blessure. Freud a choisi le nominatif d'un mot grec. Trauma n'est utilisé qu'en psychanalyse ; il est ailleurs l'abréviatif familier de traumatisme.
viscosité psychique l.f.
bradypsychia
Forme de bradypsychie qui concerne plus particulièrement le ralentissement du débit idéique, de la fluidité et du rythme des associations, et du temps de réponse à une question, comme englués.
Ce trouble est toujours considéré comme assez caractéristique de la personnalité de certains épileptiques, surtout d'évolution ancienne.
Étym. gr. ixos : glu
Syn. ixothymie
→ bradypsychie, personnalité épileptique
complexe psychique l.m.
psychic complex
Selon la théorie psychanalytique le complexe est un ensemble structuré de représentations et d’affects susceptible de déterminer certains comportements normaux ou pathologiques.
La théorie freudienne mentionne :
- le complexe d’Œdipe : amour incestueux du garçon pour sa mère ou de la fille pour son père (on parle alors d’Œdipe féminin ou de complexe d’Electre) ;
- le complexe de castration : fantasme infantile suscité par la découverte de la différence des sexes qui pourrait nourrir des symptômes d’angoisse.
Considéré physiologique le complexe doit être métabolisé pour ne pas susciter de symptômes par son anachronisme à l’âge adulte tels que dépendance ou insécurité émotionnelle. Ceci serait le cas de pathologies telles que l’hystérie, les phobies.
Le passage du mot complexe dans le langage commun (« avoir des complexes »)est devenu synonyme de difficultés psychologiques.
S.Freud, psychiatre et psychanaliste autrichien (1856-1939 ), C.G. Jung, psychologue et psychiatre suisse (1875-1961 )
[H3]
Édit. 2019
Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales l.m.
- directement imputables à une activité de prévention, de diagnostic ou de soins, réalisée en application de mesures prises en cas de menace sanitaire grave et urgente, notamment en cas de menace d’épidémie,
- résultant de l’intervention, en cas de circonstances exceptionnelles, d’un professionnel d’un établissement, service ou organisme en dehors du champ de son activité de prévention, de diagnostic ou de soins.
L’office a été créé par application de l’article 98 de la loi du 4 mars 2002 modifiée par la loi du 30 décembre 2002 sur la responsabilité civile médicale.
Il est administré par un conseil d’administration qui comprend, outre son président, onze représentants de l’Etat, neuf membres désignés par arrêté du ministre de la Santé et deux représentants du personnel de l’office élus par ce personnel.
Sigle : ONIAM
→ Commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, Commission nationale d'accidents médicaux
Édit. 2017