absorption intestinale des graisses (anomalie de l') l.f.
lipid transport defect of intestine
→ Anderson (maladie d'), abêtalipoprotéinémie
[C2,L1]
Édit. 2016
absorption intestinale (étude de l') l.f.
study of intestinal absorption
Techniques visant à démontrer une malabsorption par dysfonctionnement de l'intestin grêle.
L’intestin grêle est le site principal de l’absorption des nutriments, à laquelle participe à un moindre degré le colon.
L’étude de l’absorption intestinale fait appel à de multiples techniques. Le choix des examens s’appuie sur les données cliniques et les orientations diagnostiques.
- Le dosage des constituants plasmatiques ( hémoglobine, calcium, fer, folates, vitamine B12, carotène, pré-albumine, albumine, magnésium, cholestérol, taux de prothrombine etc…) permet d’apprécier le retentissement sanguin de la malabsorption. La citrullinémie est un marqueur de la fonctionnalité intestinale. L'alpha1 antitrypsine témoin d'inflammation.
- Les examens endoscopiques du tube digestif haut permettent de réaliser des biopsies en particulier de l’intestin grêle proximal.
- Un fécalogramme complet, le dosage de l’élastase fécale, la clairance de l’alpha1 antitrypsine sont utiles au diagnostic.
- Le breath test ou test respiratoire à l’hydrogène,non invasif, permet de diagnostiquer une colonisation bactérienne chronique de l’intestin grêle ; des tests respiratoires spécifiques de la malabsorption des glucides, telle que l’intolérance au lactose, au fructose ou au sorbitol peuvent être prescrits.
- Des tests dynamiques précisent l'importance de la malabsorption et orientent le diagnostic étiologique :
test au D-xylose qui explore l'absorption au niveau du jéjunum proximal (Il est peu utilisé et remplacé par des biopsies du grêle proximal);
test de Schilling qui mesure la capacité d'absorption de la vitamine B12 par l'iléon terminal (mais il n’est plus disponible actuellement);
test de déconjugaison des sels biliaires qui explore l'absorption iléale des sels biliaires, mais également l'existence d'une pullulation
microbienne intestinale.
test au lactulose/mannitol utilisé pour mettre en évidence une augmentation de la perméabilité intestinale (atrophie villositaire, maladie inflammatoire).
-
Étym. lat. absorbere : absorber
→ D-xylose, Schilling (test de), élastase fécale, clairance de l'alpha1 antitrypsine, test respiratoire à l'hydrogène
[L1]
Édit. 2020
bilharziose intestinale l.f.
intestinal schistosomiasis
Bilharziose provoquée par Schistosoma mansoni, existant au Proche-Orient, dans la plupart des pays africains, sur la côte est de Madagascar, ainsi qu’en Amérique du Sud (Brésil particulièrement) et dans certaines îles des Antilles.
Le parasite responsable se développe chez certains mammifères et en particulier chez des rongeurs qui jouent le rôle de réservoir de germes. L’infestation est produite par la pénétration transcutanée de larves infestantes (furcocercaires) qui se sont développées chez un hôte intermédiaire, un mollusque d’eau douce particulier (planorbe). Les vers adultes vivent dans les veines mésentériques. L’affection est caractérisée par des troubles digestifs variés et par une splénomégalie, sa gravité résultant surtout des complications hépatospléniques (cirrhose bilharzienne, syndrome d’hypertension portale).
Schistosoma intercalatum a une symptomatologie surtout rectale et sa zone d’endémie est l’Afrique centrale.
Syn. schistosomose
→ bilharziose,schistosome, Schistosome mansoni
Édit. 2017
candidose œsogastro-intestinale l.f.
digestive candidiasis
Candidose caractérisée par la présence sur différents segments du tube digestif (œsophage, estomac, intestin) de pseudomembranes blanches, adhérentes à une muqueuse inflammatoire et parfois ulcérée.
L’atteinte œsophagienne est en général associée à un déficit immunitaire majeur (sida). Elle entraine fréquemment des douleurs à type de brulures avec une dysphagie parfois intense, empêchant le malade de s’alimenter et contribuant à la cachexie des phases terminales du sida.
Étym. lat. candica : blanc
[D1,L1]
capillariose intestinale l.f.
intestinal capillariasis
Parasitose due au Nématode Calodium philippinensis (autrefois dénommé Capillaria philippinensis).
La présence des parasites dans la muqueuse intestinale provoque des ulcérations et des granulomes inflammatoires abcédés. La capillariose intestinale est une parasitose grave, souvent mortelle. La clinique associe des douleurs abdominales, des diarrhées, un syndrome de malabsorption, une cachexie, des signes de cardiopathie. On observe aussi une hypoprotidémie, une élévation des IgE. La gravité de certaines infections résulte de l'existence du cycle endogène du parasite (cycle d'auto-infestation). Le diagnostic est apporté par la découverte d'œufs dans les selles. Le traitement par le mébendazole est efficace s'il est entrepris précocement. Cette parasitose a été observée aux Philippines, en Thaïlande, au Japon et en Iran.
[D1,L1]
choristia intestinale l.f.
peri-umbilical choristia
Lésion péri-ombilicale formée de plaques érythémato-croûteuses provoquée par la présence d’îlots intra-épidermiques de cellules de la muqueuse intestinale.
Étym. gr. : khôristos : séparé
[J1]
détubulation intestinale l.f.
intestinal graft detubulation
Procédé de plastie chirurgicale supprimant la configuration tubulaire d'un greffon intestinal destiné à une entérocystoplastie, afin de créer un néoréservoir vésical plus conforme à sa fonction.
Le caractère tubulaire du greffon crée des pics de pression en réplétion, générateurs de pollakiurie, de fuites urinaires et de menace pour le haut appareil. La détubulation reconstitue un réservoir "à basse pression" plus fonctionnel et plus sûr. Les variétés techniques en sont très nombreuses.
→ entérocystoplastie, entéroplastie urinaire
dialyse intestinale l.f.
intestinal dialysis
Méthode d'épuration extrarénale qui utilise la muqueuse intestinale comme membrane de dialyse.
Elle repose sur l'irrigation continue de l'intestin par un liquide introduit grâce à une sonde jéjunale et évacué par une sonde rectale. Cette technique utilisée dans le traitement de l'insuffisance rénale aigüe a été abandonnée au profit de l'hémodialyse et de la dialyse péritonéale.
Étym. gr. dia : à travers ; luô : je délie, je laisse passer
distomatose intestinale l.f.
Maladie parasitaire intestinale provoquée par des douves, (trématodes) appartenant à différentes espèces : Fasciola buski, Heterophyes heterophyes, ou, plus rarement, Gastrodiscoides hominis, Watsonius watsoni, Metagonimus yokogawai (en Asie
La contamination est toujours digestive, par ingestion d’aliments contenant les formes infestantes du parasite et qui sont variables, en fonction de l’espèce parasitaire en cause (châtaignes d’eau pour Fasciola buski, poissons pour Heterophyes heterophyes, etc.). Cliniquement, la distomatose intestinale provoque essentiellement des diarrhées douloureuses chroniques qui peuvent s’accompagner d’une altération de l’état général, d’une atteinte neurologique et myocardique. Le diagnostic repose sur l’hémogramme montrant une hyperéosinophilie modérée et sur l’examen parasitologique des selles mettant facilement en évidence des œufs du parasite.
Étym. gr. distoma : deux bouches (confondues avec les deux ventouses de la douve)
→ douve, distomatose
dysbiose intestinale l.f.
Déséquilibre de la flore intestinale ssocié à des conséquences néfastes pour l’hôte.
Les principales causes de dysbiose sont une infection virale, bactériologique ou parasitaire, un changement d’environnement ou d’alimentation, un déficit immunitaire, une prise médicamenteuse en particulier antibiotique.
La dysbiose est impliquée dans le déterminisme de nombreux états pathologiques (1).Des maladies aussi diverses que l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires, la colite à clostridium difficile, des maladies intestinales chroniques, l’hépatite pseudo-alcoolique ou NASH, certains cancers, la polyarthrite rhumatoïde, l’asthme, l’eczéma, des maladies neurologiques …ont été associées à des perturbations quantitatives et qualitatives du microbiote intestinal.
1Patrice DEBRE, Jean-Yves LE GALL. Le microbiote intestinal. Information, Académie nationale de médecine, (09/12/2014)
Ant. eubiose : équilibre de la flore
→ microbiote intestinal, dysbiose, eubiote
dystrophie musculaire oculo-gastro-intestinale l.f.
oculogastrointestinal muscular dystrophy recessive
Myopathie associant ptosis, ophtalmoplégie, pseudo-occlusion intestinale progressive, conduisant progressivement à la dénutrition et à la mort avant 30 ans.
Les patients présentent une maigreur, une atonie gastrique, des diverticules de l'intestin, et une diarrhée chronique. Il existe une amyotrophie et une agénésie des muscles lisses du tube digestif. Les muscles striés sont également altérés et il est noté l’existence d’une démyélinisation axonale des nerfs périphériques et du système nerveux central. L’affection est autosomique récessive (MIM 277320).
V. Ionasescu, pédiatre américain (1983)
Étym. gr. dus : difficulté : trophein : nourrir
Syn. myopathie viscérale familiale avec ophtalmoplégie externe, pseudo-occlusion intestinale avec ophtalmoplégie externe
face intestinale de l'utérus l.f.
facies intestinalis uteri, facies posterior uteri (TA)
intestinal surface of uterus, posterior surface of uterus
Face postéro-supérieure de l’utérus entièrement recouverte par le péritoine.
Elle répond aux anses intestinales et au côlon pelvien qui reposent sur elle.
[A1]
Édit. 2017
fistule bilio-intestinale l.f.
bilio-intestinal fistula
Fistule résultant de la perforation de la vésicule ou des voies biliaires dans l'intestin.
Elle peut se présenter sous deux formes : fistule cholécystoduodénale, ou fistule cholécystocolique rare, accompagnée d'une colite avec diarrhée, due au passage de la bile dans le gros intestin.
Étym. lat. fistula : canal
[A3,L1]
Édit. 2018
fistule intestinale l.f.
fistula of the bowel
Ouverture anormale de l'intestin grêle avec écoulement du liquide intestinal (chyme) soit à l'extérieur, soit dans un autre viscère (fistule interne : vessie, côlon, vagin…).
On parle de fistule quand une partie du liquide intestinal s'échappe par un orifice anormal de l’intestin grêle ou quand la totalité du liquide s'écoule à l'extérieur (par ex. anus artificiel). La gravité de la situation dépend des dimensions des orifices, de leur nombre, de l'abondance de l'écoulement et surtout du niveau de la fistule : plus elle est haute (jéjunale), plus elle retentit gravement sur l'état général.
Les causes sont variées : fistules postopératoires (les plus fréquentes) spontanées ou provoquées (iléostomie), post-traumatiques ou morbides spontanées (par ex. tuberculose de l’intestin grêle ou iléite).
L'examen clinique permet d'apprécier le siège de l'orifice, son caractère, la teneur du liquide, son débit, l'état des téguments, l'existence d'un plastron et le retentissement sur l'état général. L'étude radiologique du trajet permet surtout d'apprécier la perméabilité de l'anse efférente.
Le traitement associe des gestes chirurgicaux directs ou indirects et la rééquilibration hydro-électrolytique et nutritionnelle, en utilisant souvent un appareillage (aspiration du liquide intestinal, irrigation éventuelle par l'acide lactique en fonction du pH).
Étym. lat. fistula : canal
[A3,L1]
Édit. 2018
fistule vésico-intestinale l.f.
vesico-intestinal fistula
Communication anormale entre la vessie et un segment intestinal, grêle ou côlon, liée habituellement à l'évolution d'une affection digestive primitive : diverticulose colique, maladie de Crohn, cancer du côlon.
Elle se traduit par pneumaturie, fécalurie, infection vésicale, écoulement urinaire par le rectum. Les modalités de son traitement, chirurgical, varient avec la maladie causale.
B. B. Crohn, gastroentérologue américain (1932)
Étym. lat. fistula : canal
[L1,M2]
Édit. 2018
flore intestinale l.f.
gut flora
Ensemble des populations microbiennes qui, dès la naissance, colonisent le tractus intestinal et se maintiennent en équilibre grâce aux interactions entre les différents composants biotiques et abiotiques du milieu.
Le tractus intestinal des mammifères est normalement stérile à la naissance ; les premières bactéries qui s'y multiplient sont des entérobactéries, des streptocoques, des lactobacilles puis des Bifidobacterium ; chez l'adulte, on trouve de nombreuses bactéries anaérobies strictes ainsi que diverses levures, des protozoaires et des virus. La flore dépend de l'espèce hôte; elle est influencée par l'alimentation, une antibiothérapie. Elle est responsable de modifications du bol alimentaire, de modifications anatomiques du tube digestif, de stimulation du système immunitaire de l'hôte et elle protège le tube digestif contre des agressions dues à des bactéries potentiellement pathogènes.
Syn. microbiome intestinal, microbiote intestinal
→ effet de barrière, microbiote, microbiome intestinal, microbiote intestinal, microbiome, flore bactérienne
[D1,L1]
Édit. 2018
invagination intestinale l.f.
intestinal invagination
Intussusception de l'intestin sur lui-même, entraînant un syndrome occlusif.
Affection fréquente chez l'enfant au niveau de l'iléon, l'invagination pouvant être iléo-iléale ou iléocaecale - dans ce dernier cas l'iléon venant s'invaginer dans le cæcum au travers de la valvule de Bauhin. Chez l'adulte, les invaginations intestinales s'observent essentiellement au côlon, venant volontiers révéler une atteinte organique, en particulier une tumeur
G. Bauhin, anatomiste et botaniste suisse (1560-1624)
mort intestinale l.f.
intestinal death
Mort d'un animal causée par l'irradiation quasi-complète du jéjunum.
Elle survient 3 à 6 j. après une dose de l'ordre de 10 Gy.
occlusion intestinale l.f.
bowel obstruction
Arrêt du cours des matières et des gaz contenus dans l'intestin, dû à l'obstruction totale ou partielle de la lumière du tube par un processus extrinsèque (bride, torsion, adhérences) ou intrinsèque (tumeur, corps étrangers).
Étym. lat. occludere : fermer
Syn. ileus
Édit. 2017
occlusion intestinale aigüe l.f.
intestinal obstruction
Arrêt brusque du transit intestinal.
L'occlusion aigüe constitue une urgence chirurgicale dont le début peut être insidieux, précédé de poussées de subocclusion (volvulus du côlon iléopelvien à météorisme asymétrique).
Elle est provoquée par :
- l'arrêt dans l'intestin d'un corps étranger, (calcul issu des voies biliaires, agglomérat de noyaux par ex. de cerises, méconium chez le nouveau-né, etc.) ;
- une action mécanique de compression ou de rétrécissement de la lumière de l'intestin par une tumeur, une striction (brides, hernie étranglée) ou par plicature (invagination, volvulus du grêle ou du cæcum, diverticule de Meckel) ;
- un spasme ou une paralysie secondaire à un autre syndrome abdominal aigu ou à une intervention chirurgicale.
Le diagnostic est basé sur l'arrêt des matières et des gaz (seul signe existant dans les premières heures d'une obstruction paralytique), une douleur intestinale violente d'abord localisée, des vomissements d'autant plus précoces que l'obstacle est plus haut situé. Certaines causes sont évidentes (hernie étranglée). La perception de l'anse intestinale dilatée en amont de l'obstacle est inconstante et le ballonnement abdominal tardif.
La radiographie abdominale sans préparation en position debout montre la présence de niveaux liquides multiples en cas d'occlusion du grêle ou une aérocolie en cas d'obstacle bas situé.
L'intervention chirurgicale d'urgence s'impose, mais une préparation est nécessaire et il faut poursuivre la réanimation pendant et après l'intervention. Avant d'avoir reçu les résultats des examens de laboratoire, on doit mettre en œuvre immédiatement :
- un tubage duodénal préopératoire avec aspiration continue,
- une rééquilibration hydro-électrolytique et de la volémie pour compenser les pertes de liquides dues aux vomissements et à la constitution d'un «troisième secteur» dans l'intestin au-dessus de l'occlusion. Les vomissements entraînent une perte de liquide, d'électrolytes et d'acide et l'exsudation dans l'intestin de liquide (riche en albumine si le troisième secteur s'installe rapidement, pauvre en protéines s'il se constitue lentement) provoque une hémoconcentration et une hypovolémie.
L'instabilité cardiovasculaire qui en résulte nécessite une surveillance très attentive pendant l'opération pour pallier un collapsus. L'intubation et la ventilation assistée ou contrôlée s'imposent pendant l'intervention.
L'anesthésie générale (pour les occlusions basses, l'anesthésie péridurale est parfois utilisable) doit éviter l'oxyde nitreux qui risque de diffuser dans les anses dilatées, aggravant ainsi la distension intestinale.
La surveillance postopératoire vise à maintenir l'équilibre humoral, à assurer une bonne diurèse et à prévenir la survenue d'un syndrome de Mendelson.
C. L. Mendelson, obstétricien et cardiologue américain (1946)
Étym. lat. occlusio : action de boucher (ob : devant ; claudo : fermer)
Syn. iléus
→ iléus méconial du nouveau-né, Mendelson (syndrome de)
Édit. 2017
oculo-gastro-intestinale (dystrophie musculaire) l.f.
oculogastrointestinal muscular dystrophy
→ dystrophie musculaire oculo-gastro-intestinale
Édit. 2017
ostéomatose-polypose intestinale l.f.
intestinal osteomatosis-polyposis
E. J. Gardner, médecin généticien américain (1950)
Édit. 2017
polyneuropathie, ophtalmoplégie, leucoencéphalopathie et pseudo-obstruction intestinale l.f.
polyneuropathy, ophthalmoplegia, leukoencephalopathy and intestinal pseudoobstruction
→ encéphalopathie myoneurogastro-intestinale (syndrome de l')
polypose intestinale l.f.
intestinal polyposis
Présence de polypes, de nombre et de volume variés, pédiculés ou sessiles implantés sur la muqueuse intestinale.
De siège intestinal ou rectocolique, elle peut être congénitale ou acquise et fait le lit du cancer par dégénérescence de ces polypes.
polypose intestinale héréditaire l.f.
hereditary intestinal polyposis