grossesse et épilepsie l.f.
pregnancy and epilepsy
Période qui peut être marquée par une augmentation de la fréquence des crises épileptiques et par le risque de malformations fœtales.
Une grossesse n'est pas incompatible avec une épilepsie puisque dans 90% des cas, son déroulement est normal pour la mère et l'enfant.
La fréquence des crises peut s'accroître en début et en fin de gestation. Outre les risques maternels, les crises généralisées tonicocloniques peuvent induire une anoxie transitoire chez le fœtus.
L'incidence des malformations congénitales est triple de celle de la population générale : facteurs génétiques, carence en folates, rôle tératogène des antiépileptiques en sont les causes. Ce risque existe dans les deux premiers mois. Tous les antiépileptiques peuvent entraîner des malformations : spina bifida (avec valproate et carbamazépine), dysmorphies diverses, malformations viscérales. L'acide folique est indispensable en complément vitaminique deux mois avant la conception. La vitamine K1 sera prescrite à la fin de la grossesse en cas de traitement par un inducteur enzymatique (phénobarbital, carbamazépine, phénytoïne).
grossesse et migraine l.f.
pregnancy and migraine
Période marquée par une interaction entre grossesse et migraine, avec amélioration significative de celle-ci dans 70% des cas, en particulier lors des deux derniers trimestres.
Une aggravation de la migraine est plus rare, évaluée à 5% des cas. Son apparition est également rare.
Les traitements antimigraineux peuvent avoir un effet tératogène : la prudence est recommandée dans leur utilisation en début de grossesse.
grossesse et psychotropes l.
pregnancy and chemotherapies
Liaison problématique et discutée, car souffrant de la rareté des travaux, concernant d'une part divers effets tératogènes organiques, et peut-être aussi une "tératogénèse comportementale" chez l'enfant.
Compte tenu de la tératogenèse, surtout au premier trimestre, et d'un risque de prématurité, dans un état maniaque des neuroleptiques phénothiaziniques sédatifs, aux risques moindres doivent être substitués au lithium. Dans les schizophrénies et les autres psychoses délirantes on utilisera surtout l'halopéridol, considéré comme porteur de peu de risques, avec, si possible, son arrêt en fin de grossesse, afin d'éviter les syndromes extrapyramidaux du nouveau-né.
Dans les états dépressifs les tricycliques sont le plus souvent préférés, sous réserve d'une surveillance de leurs effets anticholinergiques et hypotenseurs et, pour eux aussi, d'une diminution voire d'un interruption en fin de grossesse, afin de prévenir certains phénomènes toxiques chez le nouveau-né. La prophylaxie d'une psychose maniacodépressive peut faire appel principalement à des tricycliques à petites doses progressivement diminuées, ou à l'utilisation prudente d'anticonvulsivants comme la carbamazépine, dont la sécurité génétique n'a été établie qu'en épileptologie. Il faut si possible éviter le lithium (M. Schou) ; sinon, il doit être arrêté au début du travail ou, progressivement, le mois précédant les couches. Sous réserve de précautions, la sismothérapie reste indiquée dans les dépressions sévères, résistantes ou engageant le pronostic vital et dans certains états psychotiques du premier trimestre.
Hospitalisée ou non, la patiente doit bénéficier d'une relation psychothérapique et psychosociale particulière.
grossesse extramembraneuse l.f.
extramembranous pregnancy
Grossesse qui se développe après la rupture des deux membranes, amnios et chorion, ce qui entraîne le plus souvent un avortement.
Si la grossesse se poursuit dans la cavité utérine, il s'y associe oligo-amnios et malformation fœtale.
grossesse gémellaire l.f.
twin pregnancy
Développement simultané de deux fœtus dans la cavité utérine.
C'est une grossesse à risque élevé qui survient avec une fréquence est de 1,2%. Elle peut être monozygote par division d'un œuf unique ou, le plus souvent, dizygote après fécondation de deux ovules par deux spermatozoïdes différents. Le début de la grossesse peut être marqué par la lyse d'un des œufs avec métrorragies ; plus tard elle peut se compliquer d'hydramnios aigu, de pré-éclampsie, de mort intra-utérine, d'accouchement prématuré ou d'hypotrophie fœtale.
grossesse gémellaire hétérotopique l.f.
heterotopic twin pregnancy
Grossesse extra-utérine associée à une grossesse intra-utérine.
grossesse prolongée l.f.
post-term pregnancy
Grossesse qui se prolonge au-delà de 42 semaines d’aménorrhée, soit 294 jours.
C'est une grossesse à haut risque de mortalité périnatale.
herpes gestationis l.m.
herpes gestationis, pemphigoid gestationis
Dermatose bulleuse auto-immune de la femme enceinte qui survient, parfois dès la première, mais plus souvent à la 2ème ou à la 3 ème grossesse, durant le 2 èmetrimestre de la gestation et dont la lésion élémentaire est une papule ou plaque urticarienne, extrêmement prurigineuse, sur laquelle apparaissent de façon plus ou moins retardée des lésions bulleuses à disposition volontiers annulaire.
L'éruption prédomine sur l'abdomen, en particulier dans la région péri-ombilicale, mais pouvant s'étendre aux membres, au tronc, aux paumes et aux plantes, alors que les muqueuses sont généralement épargnées.
Au stade bulleux, le décollement, sous-épidermique, est situé dans la lamina lucida. L'immunofluorescence montre dans la peau malade à la jonction dermo-épidermique un dépôt linéaire de complément (C3) et plus rarement d'auto-anticorps de type IgG. Dans le sérum, on retrouve un "herpes gestationis factor". L'évolution à court terme se fait vers une aggravation du prurit et des lésions jusqu'à l'accouchement. Après celui-ci, le plus souvent la dermatose régresse. A long terme, elle peut récidiver au moment des règles ou lors de la prise d'œstroprogestatifs. En cas de nouvelle grossesse, elle réapparait presque toujours, survenant de plus en plus précocement. Le pronostic fœtal est globalement bon, avec cependant un risque d'accouchement prématuré et d'hypotrophie. Le traitement repose sur la corticothérapie générale.
J. L. Milton, dermatologiste britannique (1872) ; L. Brocq, dermatologiste français, membre de l’Académie de médecine (1856-1928)
Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper
Syn. dermite polymorphe récidivante de la grossesse de Brocq (1891) (obs.), pemphigoïde gravidique
→ herpès, lamina lucida, herpes gestationis factor
[D3, J1, O3]
Édit. 2018
hyperemesis gravidarum l.f.
pernicious vomiting of pregnancy
Intolérance totale aux aliments solides ou liquides en période de grossesse, pouvant entraîner deshydratation, altération de l'état général voire dénutrition.
Elle était traditionnellement considérée comme un refus de l'état de grossesse. Elle coïncide souvent avec l’hyperthyroïdie gravidique, particulièrement fréquente et marquée au cours des grossesses gémellaires.
→ vomissements incoercibles de la grossesse
[O3]
hyperhormonal, adj.
hyperhormonal
Qui se rapporte à un excès d'hormones dans l'organisme.
P.ex. une grossesse hyperhormonale se caractérise par des taux élevés de hCG (hormone chorionique gonadotrope) pouvant correspondre à une grossesse gémellaire.
[O4]
ictère grave de la grossesse l.m.
acute fatty liver of pregnancy
Stéatose aigüe hépatique survenant au cours de la grossesse.
Elle se traduit par un ictère grave, une hypertension artérielle avec protéinurie dans la moitié des cas, des signes biologiques de cytolyse hépatique et des troubles de l’hémostase traduisant une insuffisance hépatique aigüe. L’échographie du foie montre un aspect hétérogène et la biopsie hépatique transjugulaire une dégénérescence graisseuse du foie. L’arrêt de la grossesse est
impératif, quel que soit le terme, pour obtenir la guérison.
H. L. Sheehan, pathologiste britannique, membre de l’Académie de médecine (1937)
Étym. gr. iktêr, ikteros : jaunisse
Syn. stéatose aigüe gravidique, Sheehan (maladie de)
incarcération utérine partielle l.f.
partial uterine incarceration
Complication exceptionnelle de la grossesse sur utérus rétroversé.
La réduction incomplète de la rétroversion, survenant habituellement au troisième mois de la grossesse, maintient une partie de l’utérus en situation pelvienne. Son développement se fait aux dépens de sa face antérieure.
Syn. sacculation postérieure de l’utérus gravide
jumeau homozygote l.m.
monozygotic twin
L’un de deux enfants nés d'un même accouchement et issus d'un œuf unique.
Les deux individus sont absolument identiques et normaux, ils possèdent le même patrimoine génétique et sont nécessairement du même sexe. La grossesse gémellaire monozygote peut être considérée comme un accident du développement de l'œuf, ce qui explique sa rareté. Une grossesse sur 1 000 est gémellaire monozygote. La division se fait au stade du bouton embryonnaire entre le 2e et le 15e jour après conception. Les jumeaux monozygotes constituent l'outil biologique idéal pour étudier le problème du poids respectif de l'hérédité et du milieu naturel dans l'évolution d'un individu.
Syn. jumeau univitellin, jumeau (vrai)
monitorage électronique fœtal l.m.
fetal heart rate monitoring
Enregistrement du rythme cardiaque fœtal au cours de la grossesse ou de l'accouchement.
Les premiers capteurs de Hammacher consistaient en des microphones placés sur l'abdomen de la mère. Aujourd'hui le signal déclenchant l'horloge est activé par un capteur à ultrasons qui, par effet Doppler, saisit le mouvement des valves cardiaques du fœtus au début de chaque cycle.
Pendant la grossesse l'anomalie recherchée est une perte de la variabilité du rythme cardiaque fœtal de battement à battement ou de cycle à cycle, analysée selon des classifications diverses dont la première fut celle de Hammacher et la plus courante aujourd'hui celle de Claude Sureau.
Pendant le travail la souffrance fœtale aigüe se signale par des ralentissements ou des décélérations du rythme cardiaque fœtal, contemporains ou non des contractions utérines, d'autant plus alarmants qu'ils sont plus profonds, plus durables et plus fréquents.
K. Hammacher, gynécologue obstétricien suisse (1968), C. Sureau, gynécologue obstétricien français, membre de l’Académie de médecine (1971)
→ Hammacher (score cardiotocographique de)
monitorage obstétrical l.m.
obstetrical monitoring
Surveillance du fœtus par enregistrement de son rytme cardiaque (RCF) pendant la grossesse et pendant le travail.
L'analyse porte sur les critères suivants : rythme de base, oscillations, accélérations et décélérations. L'interprétation des données n'a de sens qu'en fonction du contexte clinique fœtal. Pendant la grossesse, on pratique en général des enregistrements de trente minutes sur une patiente en décubitus latéral gauche à partir du 5e mois. Pendant le travail, le monitorage est actuellement considéré comme indispensable pour toutes les femmes. Le rythme cardiaque fœtal reste un élément primordial pour la décision d'extraction en cas de souffrance fœtale.
Étym. angl. monitoring, participe présent du verbe to monitor : contrôler, surveiller (lat. monitor : qui surveille)
mortalité maternelle l.f.
maternal mortality
Selon la définition de l'Organisation mondiale de la santé: « Décès d'une femme survenant au cours de la grossesse ou dans un délai de 42 jours après sa terminaison, quelles qu'en soient la durée ou la localisation, pour une cause quelconque, déterminée ou aggravée par la grossesse ou les soins qu'elle a motivés, mais ni accidentelle ni fortuite. »
Sa fréquence s’exprime sur 100 000 naissances et par an. Elle est voisine de 30 dans les pays industrialisés et peut atteindre 600 dans les pays en développement où les hémorragies représentent la cause principale de décès.
naissance après terme l.f.
Naissance d’un enfant après le terme normal de la grossesse, c’est-à-dire après 280 jours environ.
En fait la plupart des naissances un peu après le terme sont normales. Toutefois, quand la grossesse se prolonge au point de faire courir un risque à la mère et à l’enfant, il est opportun de provoquer l’accouchement.
néphropathie gravidique surajoutée l.f.
superimposed proteinuria of pregnancy
Protéinurie compliquant une grossesse chez une femme atteinte d'hypertension artérielle chronique, s’ajoutant donc pendant la grossesse à la symptomatologie hypertensive préexistante.
→ prééclampsie surajoutée, toxémie gravidique surajoutée
odds ratio anglicisme
En statistique, rapport de probabilité utilisé pour permettre de mesurer le risque qu’un événement, par exemple une maladie, arrivant à un groupe A frappe également un groupe B.
Il concerne, p.ex., d’une part l’existence ou l’absence d’une manifestation pathologique et, d’autre part, l’existence ou l’absence d’un facteur éventuellement causal.
L’odds ratio est fréquemment utilisé en méta-analyse.
Chaque ligne horizontale représente une étude avec son intervalle de confiance à 95 %. Le carré est l’odds ratio dont la surface est proportionnelle au poids de l’étude. Le losange inférieur représente l’odds ratio de l’effet global.
L’odds ratio égal à 1 signifie l’absence d’effet, inférieur à 1 traduit un effet bénéfique et supérieur à 1 caractérise un effet délétère. Plus il est éloigné de 1, plus l’effet est important.
Un odds ratio est supérieur ou égal à zéro : s’il est proche de 1, la maladie est indépendante du groupe ; s’il est supérieur à 1, cela signifie qu’elle est plus fréquente dans le groupe A, et beaucoup plus s’il est très élevé. Ainsi, son chiffre permet de mesurer le degré de dépendance entre des variables aléatoires qualitatives et donc l’effet d’un facteur.
Par exemple : si l’odds ratio de chance de grossesse en cas de transfert de 3 embryons est de 1,32 alors qu’il est de 1 pour le transfert de 2 embryons, cela signifie que la probabilité de grossesse est de 32% de plus lorsqu’on transfère 3 embryons plutôt que 2.
Les chiffres de l’odds ratio ne pouvant toutefois pas être considérés comme tout à fait certains, il existe une marge d’incertitude précisée par l’intervalle de confiance. On utilise souvent le logarithme de l’odds ratio.
Très proche du risque relatif, l’odds ratio est une estimation du risque relatif lorsque la fréquence de l’évènement est faible. Il est parfois considéré comme souvent plus pertinent pour les calculs statistiques, car on peut le calculer aussi bien pour les enquêtes « de cohorte » (où les patients constituent un échantillon représentatif d’une population générale) que dans les enquêtes « cas-témoins » (où le quota des malades est déterminé à l’avance par rapport aux non-malades). L’odds ratio comporterait de meilleures propriétés mathématiques que le risque relatif pour les calculs statistiques. Toutefois, dans les situations les plus courantes où la maladie est rare, les valeurs numériques de l’odds ratio et du risque relatif sont proches.
Étym. odd : pari, enjeu (anglais des champs de courses) ; angl. odds : chances, cote ; lat. ratio : proportion
Syn. rapport des chances, rapport des cotes, risque relatif rapproché
Édit. 2017
œstriol n.m.
Hormone stéroïde dont la formule diffère de celle de l’œstradiol par un hydroxyle supplémentaire porté par le C16 en position alpha, principal œstrogène de la grossesse.
Il est biosynthétisé à partir du sulfate de déshydroépiandrostérone produit par la surrénale du fœtus, métabolisé dans le foie fœtal puis aromatisé dans le placenta. Son action s’exerce sur la croissance du fœtus. L’isomère où l’hydroxyle du C16 est en bêta, appelé épioœstriol, est biosynthétisé en faible quantité chez la femme enceinte. Reflet de la vitalité fœtoplacentaire, l’œstriol peut être dosé dans le sérum et les urines de la mère par techniques fluorimètriques ou radio-immunologiques. Les concentrations d’œstriol plasmatiques et urinaires peuvent varier considérablement d’une grossesse à une autre. Cependant, la chute de plus de 50% de sa concentration plasmatique à 12 heures d’intervalle chez une même patiente ou une excrétion urinaire inférieure à 5 mg/24h peuvent témoigner d’une souffrance fœtale aigüe et faire envisager l’indication d’une extraction fœtale..
Symb. E 3
Édit. 2017
phlébite de la grossesse l.f.
thrombophlebitis of pregnancy
Phlébite survenant pendant la grossesse, le plus souvent au 3e trimestre.
Elle est favorisée par l'hypercoagulabilité et la stase veineuse induites par la grossesse, et par des facteurs individuels : varices, antécédents thrombo-emboliques, alitement prolongé, hémorragies obstétricales, âge supérieur à 35 ans, grande multiparité. La phlébite peut être superficielle, se traduisant par un cordon veineux douloureux et inflammatoire, situé sur le trajet d'une varice superficielle. Sans gravité, elle nécessite alors une contention locale et des anti-inflammatoires. La phlébite peut être surale profonde, se traduisant par de la fièvre, avec accélération du pouls, douleur du mollet, augmentation du diamètre du membre atteint, signe de Homans. Elle se traite par l'héparine. La phlébite iliofémorale est plus rare, elle se distingue par une douleur plus haut située, dans la région rétro-crurale ou inguinale, et par un risque emboligène plus important. En fait, le diagnostic est difficile. Le moindre doute impose aujourd'hui un examen Doppler pour vérifier la perméabilité des troncs veineux. Le meilleur traitement est préventif : contention élastique en cas de varices importantes et traitement anticoagulant préventif chez les patientes à haut risque.
facteur de croissance placentaire (PlGF) l.m.
placental growth factor
Glycoprotéine homodimérique de 32 kDa, facteur de croissance polypeptidique synthétisé principalement par le placenta pendant la grossesse, mais aussi par le cœur, le muscle squelettique, le poumon, le tissu adipeux et les plaquettes.
Il contribue au développement et au maintien de la vascularisation de nombreux tissus et favorise la migration, la prolifération et la survie cellulaires. Sa concentration plasmatique augmente progressivement jusqu’à la 30ème semaine de grossesse. Une diminution de PlGF est observée au cours du syndrome de pré-éclampsie. La mesure du rapport PlGF/sFlt-1 parait constituer un bon marqueur du risque d’éclampsie.
Étym. lat. placenta : petit gâteau plat, galette (du gr. plakous : plat, en forme de plateau)
Sigle
→ sFlt1, éclampsie, pré-éclampsie
[C1]
Édit. 2018
Potter (syndrome de) l.m.
Potter’s syndrome
Syndrome pédiatrique néonatal rare avec agénésie rénale responsable d’un anamnios ou d’un oligo-amnios et d’un décès en quelques jours du nouveau-né, associé à une dysmorphie faciale, une hypoplasie des poumons, des voies urinaires basses et des organes génitaux.
Le tableau est celui d'une anurie, le rein peut être polykystique et parfois l'enfant est mort-né. Il existe un front large, un hypertélorisme, un épicanthus, un nez plat et élargi, des oreilles d'implantation basse et un menton fuyant. On peut observer une microphtalmie, une cryptophtalmie, une dacryosténose, une dacryocystite. Il s’agit d’un syndrome malformatif congénital qui ne touche en général que les garçons. Il se reconnaît sur l’échographie morphologique fœtale au 2e trimestre de la grossesse. Il est une indication d’une interruption médicale de la grossesse.
Edith L. Potter, pédiatre américaine (1946)
prégnandiol n.m.
pregnanediol
Métabolite hexa-hydrogéné principal de la progestérone (prégnane-5bêta-diol-3alpha, 20alpha).
Il provient à la fois de la progestérone gonadique et de la progestérone d'origine surrénale, d'où l'augmentation possible de sa sécrétion au cours des tumeurs surrénaliennes et ovariennes ou des hyperplasies congénitales. Il est éliminé dans les urines sous forme de glucurono-conjugué. Son excrétion journalière est très faible chez l'homme : de 0,1 à 0,55 mg par 24 heures. Chez la femme, elle dépend de la période du cycle : en phase de prolifération elle est comprise entre 0,3 et 0,85 mg, en phase lutéale, entre 1,1 et 4,8 mg par 24 heures. Au cours de la grossesse, le taux d'excrétion urinaire du prégnandiol double approximativement lorsque le corps jaune devient gestatif, puis il augmente parallèlement à la croissance du placenta quand ce dernier est fonctionnel. Il peut atteindre 30 à 50 mg en fin de grossesse.
Syn. prégnanediol
progestérone n.f.
progesterone
Delta4-Prégnène-3,20-dione, hormone stéroïde sécrétée par le corps jaune fonctionnel pendant la période postovulatoire du cycle, par le corps jaune gravidique jusqu'à la 12ème semaine de grossesse, puis par le placenta jusqu'au lendemain de la délivrance.
C'est aussi un métabolite intermédiaire dans la voie de biosynthèse des autres hormones stéroïdes dans les autres glandes endocrines, corticosurrénales, testicules, ovaires. Ses deux dérivés cataboliques principaux sont le prégnanediol et la prégnanolone, qui sont éliminés dans les urines sous forme glucuroconjuguée. Son action s'exerce sur l'utérus préparé par l'action des œstrogènes : formation de la dentelle utérine, nidation de l'œuf, maintien de la gestation. Elle est administrée, par voie parentérale ou sublinguale, dans divers traitements gynécologiques et pour prévenir l'avortement.
La progestérone est dosée dans le plasma par électro-chimioluminescence ou par technique radio-immunologique. Les concentrations plasmatiques chez la femme non enceinte varient en fonction de la phase du cycle : de 0 ,1 à 0,3 ng/mL en phase folliculaire ; de 1 .2 à 16 ng/mL en phase lutéale. Après la ménopause ou chez l’homme, elle est inférieure à 0,2 ng/mL. Chez la femme enceinte, elle augmente régulièrement au cours de la grossesse.