Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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intrasinusal adj.

intrasinusal

Situé dans le sinus du rein.
La situation parfois intrasinusale du bassinet en complique la chirurgie et exige une voie d'abord particulière.

intrasinusal (abord) l.m.

renal sinus dissection

Dissection chirurgicale du sinus du rein exposant bassinet et tiges calicielles loin dans la médullaire, permettant l'abord de l'ensemble des cavités excrétrices intrarénales.

→ pyélonéphrolithotomie

intrinsèque-moins (déformation) l.f.

intrinsic-minus deformity

Attitude que prennent la main et les doigts en cas de parésie ou de paralysie des muscles intrinsèques de la main, avec extension des articulations métacarpophalangiennes et flexion des interphalangiennes.

inuline n.f.

inulin

Polyoside constitué de molécules de fructose unies par des liaisons osidiques bêta 2-1.
L’inuline qui est la substance de réserve glucidique des Asteraceae, ex-Composées, (Artichaut Topinambour, Chicorée, Dahlia), constitue la référence de l’appréciation du débit de filtration glomérulaire rénale car elle est filtrée par les glomérules sans être ni sécrétée, ni réabsorbée par les tubules.
L’inuline est aussi une fibre courte utilisée comme complément alimentaire. Après fermentation par le microbiote intestinal, elle se décompose en acides gras à chaîne courte (acétate, butyrate, propionate). Sa consommation réduirait le poids et préviendrait l’inflammation intestinale.

→ clairance, fructose, filtration glomérulaire

[ M1, R2]

Édit. 2019

iodurie n.f.

iodinuria

Présence ou teneur de l'iode dans l'urine.
L'iode urinaire est presque exclusivement à l’état d'iodure. L'élimination quotidienne varie largement entre 20 et 500 µg par jour selon les apports alimentaires.

Isaacs (granule de) l.m.

Isaacs’ granule

Granule de 0,5 µm de diamètre, en général unique, situé à la périphérie des réticulocytes, visible à l'état frais.

R. Isaacs, hématologue américain (1925)

Isambert (granulie de) l.f.

Isambert’s disease

Ces granulations gris clair sur une muqueuse laryngée infiltrée sont en rapport avec une tuberculose.

E. Isambert, otorhinolaryngologiste français (1827-1876)

ischémie n.f.

Diminution ou arrêt de la circulation et donc de l’apport sanguin dans un territoire tissulaire ou un organe

L’ischémie entraîne une hypoxie locale et, si elle se prolonge, une nécrose tissulaire se traduisant par un œdème et une extravasation de sang dans les tissus avoisinants, d’où le terme d’infarctus.

Ischemia (USA), ischaemia (angl.)

Étym. gr. ischanein : arrêter, retenir ; haima : sang

isosthénurie n.f.

isosthenuria

→ paridensité urinaire

Itô (cellule de) l.f.

fat-storing cell, Ito’s cell

Cellule constituant, avec la cellule endothéliale et la cellule de Kupffer, la paroi du capillaire sinusoïde hépatique.
Elle est généralement située sous la couche des cellules endothéliales, entre celle-ci et les hépatocytes. Elle contient de nombreuses vacuoles lipidiques. Impliquée dans la biosynthèse du collagène de l'espace de Disse et le stockage de la vitamine A, elle jouerait aussi un rôle dans l'histogénèse de la cirrhose hépatique.

T. Itô, anatomopathologiste japonais (1951) ; K. von Kupffer, (1829-1902) et J. Disse (1852-1912) anatomistes allemands

Syn. cellule à vacuoles lipidiques, cellule périsinusoïdale

Ixodes ricinus

Ixodes ricinus

Tique de la famille des Ixodidae répandue dans toute l'Europe.
Le cycle d'Ixodes ricinus est un cycle triphasique (trois hôtes différents) : les larves se nourrissent sur petits mammifères (rongeurs, insectivores), les nymphes sur mammifères ou sur oiseaux, les adultes femelles sur grands mammifères (Cervidés) ; les mâles adultes ne prennent pas de repas sanguin. L'Homme est un hôte accidentel, piqué le plus souvent par des nymphes.
I. ricinus est une espèce fréquente en milieu forestier (arbres à feuilles caduques) ; elle est sensible à la dessiccation et présente une diapause hivernale et deux pics d'activité au printemps et en automne.
Cette tique est notamment vectrice des virus d'encéphalite à tiques, des Borrelia de la maladie de Lyme et de Babesia.  

→ Ixodidae, Lyme (maladie de), encéphalite européenne à tiques, Babesia divergens, anaplasmose granulocytaire humaine,arbovirose, Rickettsia helvetica, Anaplasma phagocytophilum, Ixodes ricinus, babésiose

[D1, D4]

Édit. 2019

jéjunum n.m.

jejunum (TA)

jejunum

Segment de l’intestin grêle qui fait suite au duodénum au niveau de la courbure duodéno-jéjunale.
Il se continue sans limite nette avec l’iléon. Il est constitué d’anses intestinales disposées horizontalement sous le mésocôlon transverse, dans la moitié gauche de l’abdomen. Ces anses jéjunales sont reliées à la paroi abdominale postérieure par la partie supérieure du mésentère. Les artères du jéjunum, branches de l’artère mésentérique supérieure, cheminent dans le mésentère ainsi que les veines qui se jettent dans la veine mésentérique supérieure. La lymphe de la paroi intestinale gagne des nœuds lymphatiques juxta-intestinaux, intermédiaires puis centraux drainés par le conduit lymphatique lombaire gauche et par les conduits lymphatiques intestinaux vers la citerne du chyle, ou vers les nœuds lymphatiques pré-aortiques et latéraux aortiques gauches. L’innervation du jéjunum est assurée par le plexus solaire via les ganglions mésentériques supérieurs.
La paroi du jéjunum est faite de quatre tuniques : la séreuse péritonéale ; la tunique musculaire constituée d’une couche de fibres superficielles longitudinales et d’une couche profonde circulaire ; la couche sous-muqueuse mince, assez résistante pour supporter une suture ; la tunique muqueuse caractérisée par la présence des villosités et des valvules conniventes qui en augmentent considérablement la surface et qui sont particulièrement développées sur ce segment de l’intestin grêle. 

Étym. lat. jejunum : jeûne

joinase n.f.

joinase

Enzyme catalysant la liaison de l'extrémité 5'-phosphate d'une chaine d'ADN avec la fonction hydroxyle en 3' d'une autre chaîne, ou de la même chaîne en cas de cyclisation.
Ce système enzymatique utilise une molécule d'ATP ou de NAD qui fournit un radical AMP fixé transitoirement sur le 5'-phosphate par une liaison anhydride. La réaction exige que les deux extrémités des molécules d'ADN soient maintenues en bonne position par un ADN complémentaire. Cette réaction participe à la biosynthèse des ADN au cours de la duplication.

Syn. polynucléotide-ligase

jugum sphenoidale l.m.

jugum sphenoidale (TA)

jugum sphenoidale ; sphenoidal yoke

Surface quadrilatère lisse occupant la partie antérieure de la face supérieure du corps du sphénoïde.
Elle est déprimée latéralement par la partie postérieure des gouttières olfactives. Elle se prolonge en avant par le processus ethmoïdal du sphénoïde. Elle est limitée en arrière par une crête transversale, le limbe sphénoïdal, qui la sépare du sillon préchiasmatique.

Syn. anc. planum sphenoidale

Karman (canule de) l.f.

Karman's cannula

Canule métallique de 20 cm de long, occluse à son extrémité comportant deux ouvertures opposées et biseautées, permettant grâce à un système aspiratif de pratiquer une biopsie de l'endomètre.
Cette canule sous une forme semirigide en polyéthylène, de 4 à 8 mm de diamètre, a été également utilisée pour pratiquer des interruptions de grossesse, mais l'importance du risque traumatique, de synéchies et hémorragies, l'a fait abandonner.

H. L. Karman, psychologue américain (1924-2008)

Kartagener (syndrome de) l.m.

Kartagener’s syndrome, Kartagener's triad

Affection héréditaire associant une hypoplasie ou une absence des sinus frontaux avec polypose nasale, bronchiectasies et des viscères en situs inversus (cœur à droite).
Cliniquement, c'est un tableau de bronchopneumopathie obstructive, plus ou moins grave de la petite enfance ou même du nourrisson, associé le plus souvent à des manifestations otorhino-sinusiennes (voix nasillarde, parfois anosmie et surdité de transmission). A l’examen ophtalmologique, peuvent s’observer : mélanose conjonctivale, leucome cornéen, myopie, glaucome, tortuosité et malformations vasculaires rétinienne, pseudopapillite, dystrophie de l'épithélium pigmenté rétinien (stries angioïdes) et de façon exceptionnelle dégénérescence tapétorétinienne.
Syndrome autosomique récessif (MIM 244400) dont l’incidence est de 1/20000 naissances, il est lié à une anomalie de fonction du système ciliaire et entre dans le cadre des ciliopathies.
Le syndrome d’Ivemark où hérédoataxie avec polysplénie ou asplénie (MIM 208530) est assez proche. Il associe à l’inversion viscérale une absence de rate et des malformations cardiaques

M. Kartagener, médecin suisse (1936) ; A. K. Zivert (ou Sievert), médecin ukrainien (1904) ; B. I. Ivemark pédiatre suédois (1955)

Syn. dextrocardie, bronchiectasies et sinusite ; cils immobiles (syndrome des), dyskinésie ciliaire primitive, Sievert (syndrome de)

→ Ivemark, syndrome d')

Keith et Flack (nœud de) l.m.

Keith-Flack node

Amas de cellules nerveuses situé dans la paroi de l’oreillette droite, près du sinus des veines caves, à proximité de l’orifice de la veine cave supérieure.
Il a la forme d'un croissant à concavité supérieure d'environ 15 à 20 mm x 5 mm. Il est vascularisé soit par un rameau de l'artère coronaire droite (plus de la moitié des cas) soit par un rameau de la coronaire gauche, soit par les 2 artères coronaires (2 à 5% des cas).
Siège du centre de commande de la stimulation électrique du cœur, il est la partie la plus haute des voies intracardiaques de conduction. Il déclenche la contraction cardiaque en conduisant l’influx vers le nœud d’Aschoff-Tawara puis le faisceau de His.

A. Keith, Sir, anatomiste et M. W. Flack, physiologiste britanniques (1906)

Syn. nœud sinusal, ou sino-atrial, ou sino-auriculaire

kératinosome n.m.

keratinosome, membrane coating granule

→ corps d'Odland

kératite phlycténulaire l.f.

phlyctenular keratitis

Apparition de un ou plusieurs nodules grisâtres près du limbe avec photophobie.
Ces nodules peuvent s'ulcérer avec vascularisation superficielle. Contemporaine de la primo-infection, elle traduit un processus allergique vis à vis de la tuberculine.

→ pannus

kératocône n.m.

keratoconus

Déformation conique du centre de la cornée, le plus souvent bilatérale, évolutive, mais très variable dans son évolution.
Les formes frustes avec astigmatisme sont fréquentes. La maladie commence en général dans l'adolescence et se manifeste par un astigmatisme myopique oblique irrégulier qui évolue en général 10 à 20 ans puis se stabilise. Sa fréquence est de 1 à 2 pour 1000 habitants. Longtemps corrigé par des lentilles de contact, l'astigmatisme devient parfois trop important et nécessite l'indication d'une greffe transfixiante de la cornée, au pronostic généralement favorable. À noter, en l'absence de traitement, la possibilité d'une rupture descémétique avec tableau de kératocône aigu.
L'association à un terrain allergique est fréquente mais celle qui le réunit à d'autres affections est probablement le fait du hasard et de la fréquence de l'affection : microcornée, aniridie, syndrome de Rieger, cataracte congénitale, syndrome de Goltz, maladie de Marfan, maladie de Little, rétinite pigmentaire, élastorrhexies, hypothyroïdie, acromégalie, maladie de Crouzon, maladie d'Apert, immunoglobulinie E, trisomie 21. L’affection est autosomique dominante (MIM 148300).

Syn. cornée conique

kératocône et dysplasie congénitale des hanches l.m.

keratoconus and congenital hip dysplasia

Deux sœurs ont été signalées avec l'association dysplasie congénitale de la hanche et kératocône bilatéral (parents consanguins).
L’affection est autosomique récessive (MIM 244510).

P. Nucci et R. Brancato, ophtalmologistes italiens (1991)

kératocône postérieur l.m.

posterior keratoconus

Diminution irrégulière de l'épaisseur du stroma cornéen de la périphérie au centre entraînant une augmentation de la courbure postérieure de la cornée par rapport à sa courbure antérieure.
C'est une affection bilatérale et symétrique, congénitale, presque toujours observée chez des sujets de sexe féminin.

kératocône postérieur circonscrit l.m.

keratoconus posticus circumscriptus

Kératocône de la face postérieure de la cornée et hypertélorisme.
De nombreuses autres anomalies accompagnent ce kératocône dont un retard mental et physique, une petite taille, un petit cou de buffle, des doigts et des membres courts et boudinés. On trouve également un ptérygium coli et un thorax en baril et plus rarement un colobome rétinien, un ptosis, une fente palatine, un nez large, des fistules préauriculaires et une surdité. Le kératocône est du à la courbe postérieure de la cornée. Au niveau oculaire il faudra rechercher un hypertélorisme, des canthus déplacés, une myopie, un astigmatisme, et une cornée d'aspect nébuleux. Le kératocône postérieur familial avec retard mental a été publié à plusieurs reprises. L’affection est autosomique récessive (MIM 244600).

W. P. Haney et H. F. Falls, ophtalmologistes américains (1961)

Syn. kératocône postérieur-fente labiale-petite taille

kératocône postérieur-fente labiale-petite taille l.m.

keratoconus posticus, cleft lip, short stature

→ kératocône postérieur circonscrit

kératocône posticus l.m.

keratoconus posticus

Dépression dans les plans postérieurs de la cornée dans la région centrale et opacité stromale en regard.
Il n'existe pas de synéchie iridocornéenne, l'endothélium et la Descemet sont présents et le stroma cornéen est seul aminci.

T. H. Butler, ophtalmologiste britannique (1930)

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