Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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transfert génétique l.m.

genetic transfer

Passage de matériel génétique d'une cellule à une autre directement ou par l'intermédiaire d'un vecteur.
Chez les Bactéries, on distingue plusieurs modes de transfert : la transformation génétique, la conjugaison, la transduction, etc.

transfert nucléaire l.m.

nuclear transfer

Transplantation d’un noyau de cellule somatique en particulier dans un ovocyte énucléé, produisant un ovasome.

Syn. transfert du noyau cellulaire

ovasome

[Q1]

Édit. 2019

transformable (cellule) l.f.

transformable cell

Cellule capable de subir une transformation génétique par des molécules d'ADN.

compétence génétique, transformation bactérienne,  transformation génétique

transformée (cellule) l.f.

transformant cell, transformant

Cellule issue d'une transformation génétique exprimant par son nouveau phénotype la présence de l'ADN introduit.

recombinant, transformant

transgenèse n.f.

transgenesis

Ensemble des opérations permettant de transférer des ADN et par conséquent des gènes d'un organisme étranger dans une cellule ou un être vivant, produisant un être transgénique, susceptible de transmettre ce gène à sa descendance.

transgenose

transgénique adj.

transgenic

Se dit d'un organisme dont le génome a été modifié par introduction d'un gène étranger (introduction d'ADN dans un œuf, infection d'un embryon ou d'une cellule indifférenciée par un rétrovirus) et qui manifeste donc un caractère nouveau pour l'individu ou l'espèce.
Ex. animal transgénique.

transgénose, animal transgénique

translocation n.l.

translocation

1° Déplacement d'une substance d'un site à un autre.
Des translocations de molécules peuvent se faire dans une cellule, généralement par passage à travers une membrane.
En biologie moléculaire, on appelle translocation le déplacement simultané d'un peptidyl-ARNt de la loge A à la loge P du ribosome et de l'ARN messager qui lui est associé d'une longueur de 3 bases, au cours de la biosynthèse d'une protéine.
On parle aussi de translocation lorsqu'un segment d'ADN se détache pour s'insérer en un autre site du même ADN ou d'une autre molécule d'ADN.
2° En cytogénétique cassure d’un segment de chromosome et transfert vers un chromosome non homologue.
La translocation peut être équilibrée quand il n’y a pas de perte de matériel génétique, réciproque quand elle constitue un échange de segments entre l’extrémité de deux chromosomes, centromérique ou robertsonienne quand les centrosomes de deux chromosomes fusionnent pour former un chromosome unique.
Une translocation peut transférer un fragment de chromosome dans un autre site du même chromosome ou d'un autre chromosome ; dans ce cas il peut se produire un échange de segments.

translocation réciproque

transport aqueux transmembranaire l.m.

transport of hydrophilic molecules through the cellular membrane

La couche lipidique des membranes cellulaires ne permet pas le passage de l'eau et des molécules hydrophiles dissoutes, ce passage se fait à travers des pores protéiniques qui traversent la membrane et ont accès aux milieux aqueux de chaque côté.
Capables de reconnaitre une molécule et de la transporter grâce à un site de reconnaissance semblable à ceux des enzymes ou à celui de liaison des récepteurs, ces protéines jouent un rôle essentiel dans les échanges de substance, l'eau et les ions surtout, entre les deux milieux que sépare la membrane. Ces échanges règlent notamment le volume de la cellule.
Lorsque la molécule ou l'ion transporté va du milieu où il est le plus concentré vers celui où il l'est moins on parle de diffusion facilitée. Celle-ci peut se faire à travers un canal ionique, pore à travers la membrane ou grâce à un transporteur mobile dans lequel la molécule transportée est fixée sur son site spécifique (cas du glucose) : c'est la diffusion facilitée.

membrane cellulaire, œdème, œdème cérébral

[Mais un transport actif en sens inverse est possible : en fournissant de l'énergie par une molécule d'ATP,le passage d'un milieu moins concentré vers celui plus concentré peut se faire. Ce transport actif est réalisé grâce à un couplage entre l'hydrolyse]

transporteur n.m.

carrier

Substance capable de prendre en charge une molécule et de la transporter d'un lieu à un autre dans l'organisme, ou d'un compartiment à un autre dans une cellule.
P. ex. l'hémoglobine assure le transport des molécules d'oxygène dans le sang.
Des protéines plasmatiques jouent des rôles de transporteurs spécifiques de molécules peu solubles dans l'eau, telles que les hormones stéroïdes ; la CETP, protéine transférant les esters de cholestérol d'une lipoprotéine à une autre est un exemple de transporteur permettant un échange de molécules. Des protéines appelées transporteurs sont aussi nécessaires au transport de molécules à travers les membranes. La translocation qui permet de faire passer une molécule d'ATP en échange d'un ADP à travers la membrane mitochondriale est catalysée par un transporteur appelé translocateur. D'autres protéines effectuent le transport de ligands dans le cytoplasme cellulaire, comme p. ex. les protéines transporteurs de cholestérol (sterol carrier proteins). La biosynthèse d'un acide gras utilise une protéine transporteur d'acyle (acyl carrier protein) pour transporter la molécule d'un site enzymatique au suivant. Un autre type de transporteurs est représenté par les transporteurs d'hydrogène ou d'électrons de la chaine respiratoire, qui, par des réactions d'oxydoréduction, transmet hydrogène ou électron d'un donneur à un accepteur, jusqu'à la molécule de dioxygène qui sert d'accepteur final.

Trichomonas elongata

Trichomonas elongata
Protozoaire flagellé, parasite de la cavité buccale, en particulier des espaces interdentaires, sans rôle pathogène connu.
Le trophozoïte est piriforme, de 15 à 18 µm de long, pourvu d’une membrane ondulante allant jusqu’aux 2/3 de la cellule, de quatre flagelles antérieurs et d’un flagelle récurrent.

Étym. gr. thrix, trichos : cheveu, cil ; monas : monade (unité)

Syn. Tetrachimononas buccalis ou Trichomonas buccalis

trinitrine n.f.

Vasodilatateur agissant sur la cellule musculaire lisse par stimulation de la guanylate cyclase.
Réduisant les besoins en oxygène du myocarde grâce à une meilleure perfusion des zones ischémiques sous-endocardiques secondaire à une diminution de la précharge, il est prescrit par voie perlinguale ou percutanée pour réduire la douleur de l’angine de poitrine.

angine de poitrine, guanilate cyclase

triploïdie n.f.

triploidy

Présence dans le noyau des cellules de l'embryon de trois lots identiques de chromosomes (3n) aboutissant à une formule à 69 chromosomes.
La conséquence habituelle est un avortement précoce. Sur le plan génétique, il s'agirait soit d'un accident de la méiose, soit de la fécondation d'une même cellule par deux spermatozoïdes.

tumeur germinale maligne du médiastin l.f.

primary mediastinal germ cell tumor, germinal cell neoplasm

Tumeurs développées à partir de la cellule germinale primitive.
Selon le type histologique, on distingue les séminomes et les tumeurs germinales malignes non séminomateuses.
Ces tumeurs se développent chez l'homme jeune. Elles peuvent être asymptomatiques ou, le plus souvent, se manifester par des signes cliniques tels qu'un syndrome cave, une toux, une dyspnée. La radiographie standard et la tomodensitométrie thoracique mettent en évidence une volumineuse tumeur envahissante du médiastin supérieur et antérieur.

Étym. lat. tumor : gonflement

séminome du médiastin, tumeurs germinales malignes non séminomateuses

Tzanck (cellule de) l.f.

Tzanck's cell

Cellule épidermique, ou kératinocyte, dystrophique, à cytoplasme basophile et à noyau monstrueux, dont la présence, en association avec une acantholyse intraépidermique, constitue un signe histocytologique fondamental des pemphigus auto-immuns.
Elle s'observe sur les frottis obtenus par raclage au vaccinostyle du plancher des bulles de pemphigus après coloration de May-Grünwald-Giemsa. Cette technique, appelée cytodiagnostic de Tzanck, permet un diagnostic rapide de pemphigus en montrant des plages de kératinocytes monstrueux et dissociés.

A. Tzanck, dermatologiste français (1947)

uropode n.m.

uropod

Portion cytoplasmique d’une cellule mobile contenant appareil de Golgi et centriole d’où partent de nombreux et fins filaments d’attachement à d’autres cellules ou au support.

Golgi (appareil de), centriole

vecteur à sélection positive l.m.

positive selection vector

Vecteur de clonage ne pouvant s'exprimer dans une cellule-hôte que s'il est recombiné.
P. ex., un vecteur de létalité ne survit que si de l'ADN étranger s'est inséré dans le gène létal et inactive celui-ci.

clonage

vecteur de clonage l.m.

vector, cloning vector, cloning vehicule

Vecteur construit in vivo ou in vitro pour réaliser le clonage moléculaire des gènes dans une cellule-hôte où il est capable de se multiplier.
Il peut être construit à partir d'un plasmide, (c'est un vecteur plasmidique ou plasmide-vecteur), à partir d'un phage, (c'est un vecteur phagique) et à partir d'un virus.

clonage, plasmide, bactériophage

vecteur de létalité l.m.

suicide vector

Vecteur de clonage porteur d'un gène dont l'expression peut être létale.
En entraînant la mort de la cellule-hôte, il empêche la propagation dans l'environnement naturel des gènes recombinés sur ce vecteur, quand cesse la pression de sélection artificielle.

clonage

vecteur d'excrétion l.m.

excretion vector

Vecteur de clonage portant, près d'un site de restriction, une séquence-signal.
Quand un gène est greffé sur cette séquence, lors de son expression, le peptide-signal est fusionné avec la protéine du gène cloné qui peut alors être excrétée hors de la cellule-hôte. Ce vecteur permet ainsi de recueillir plus efficacement la protéine produite.

clonage, site de restriction, séquence-signal, gène d'expression

vecteur-suicide n.m.

suicide vector

1) Vecteur-navette dont l'une des origines de réplication a été éliminée ; introduit dans l'hôte correspondant, il apporte l'ADN cloné mais disparaît au cours des générations.
La sélection d'un tel vecteur recombiné favorise l'intégration de l'ADN cloné dans un autre réplicon de la cellule-hôte généralement dans le chromosome.
2) Synonyme erroné de vecteur de létalité.

vecteur de clonage

vésicule sécrétoire l.f.

secretory vesicle

Type de vésicule intracytoplasmique faisant suite à la vésicule de transition puis à la maturation de celle-ci.
Après bourgeonnement à la surface du réticulum endoplasmique (vésicule de transition), puis accolement à la face convexe de l'appareil de Golgi, le transfert du produit éléboré à la face concave de celui-ci donne naissance à une nouvelle vésicule ou vésicule sécrétoire, dont la maturation fournira le grain de sécrétion destiné à être libéré à la surface de la cellule par exocytose.

Étym. lat. vesicula, diminutif de vesica : vessie

réticulum endoplasmique, Golgi (appareil de), exocytose

[A2]

Édit. 2019

violences conjugales l.f.p.

conjugal violences

Dans leur forme la plus fréquente, coups et blessures infligés à sa compagne par un homme réputé violent et alcoolique, pourtant régulièrement repentant.
En effet, ce type de personnalité sélectionne ses victimes au plus près. En général, après s'être réfugiée au commissariat et après son passage aux urgences médicojudiciaires, la femme rejoint son tourmenteur.
Plus ou moins bruyante, parfois dramatique, cette conjugopathie peut aussi être occultée, n'apparaissant  qu'après enquête ou expertise médicolégale. Toute la cellule familiale est concernée, nécessitant si possible une approche multidisciplinaire de sa dynamique et principalement de ces personnes vulnérables sur le plan à la fois psychique et juridique que sont les enfants.
Après une séparation, la lutte peut se poursuivre dans le couple par des affrontements légaux souvent intenses concernant les enfants, notamment au sujet des droits de garde, de visite et d'hébergement.
Sont souvent retenus chez l'agresseur : des sévices dans l'enfance, des éléments abandonniques liés aux séparations mère-enfant, un état limite. Par la thérapie, des compromis, voire des sortes de contrats sont réalisables.

viroïde n.m.

viroid

Molécule d'ARN simple brin circulaire ne codant pour aucune protéine.
Les viroïdes sont responsables de certaines maladies des végétaux. Leur réplication dépend entièrement de la cellule-hôte.

Étym. lat. virus : poison ; gr. eidos : aspect

virus, virus satellite

virophage n.m.

virophage

Les virophages constituent un groupe particulier de virus incapables d'infecter une cellule et dont la réplication ne peut avoir lieu que dans un virus assistant, en l'occurrence un virus géant (de la famille des Megaviridae), qui lui-même infecte une amibe du genre Acanthamoeba.
Le type en est le virophage Spoutnik qui infecte un Mamavirus.

Megaviridae, Mamavirus, virus assistant

[D1]

Édit. 2017

virulence n.f.

virulence

1) Aptitude d'un micro-organisme à produire des phénomènes pathologiques chez un organisme-hôte.
2) Appliquée à un phage, incapacité à réaliser la lysogénisation d'une cellule bactérienne.

avirulence, phage tempéré, phage virulent, lysogénisation

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