ehrlichiose équine monocytique l.f.
Potomac horse fever
Maladie infectieuse aiguë du Cheval due à Neorickettsia risticii, répandue aux Etats-Unis, au Canada et en Europe.
La bactérie envahit les monocytes, les macrophages ainsi que les cellules épithéliales intestinales. Il en résulte un syndrome d'entérocolite aiguë avec fièvre, diarrhée. Chez les juments gestantes, l'avortement est habituel. Le diagnostic est établi par détection par Polymerase Chain Reaction de N. risticii dans les selles et dans le sang. L'antibiothérapie par les cyclines est rapidement efficace. Un vaccin est disponible. La contamination pourrait intervenir à la suite de l'ingestion accidentelle d'insectes aquatiques parasités par des métacercaires de Trématodes eux-mêmes infectés par N. risticii.
→ Neorickettsia risticii, néorickettsiose, cyclines
[D1, D2, D5]
Édit. 2019
encéphalite européenne à tiques l.f.
ticks european encephalitis
Encéphalite aigüe provoquée par un Flavivirus et transmise par les tiques.
En Europe Centrale, elle se manifeste, chez l’Homme, par un état fébrile associé à des manifestations neurologiques (convulsions, paralysies, méningo-encéphalite) avec un taux de létalité de 2 à 3 %. Cette maladie sévit en Alsace et en Lorraine, après piqûre de tiques, au cours d’activités en forêt. Un vaccin préventif inactivé est disponible en France.
Étym. gr. enkephalitis (en : dans, kephalê : tête)
→ vaccin contre l'encéphalite à tiques d'Europe Centrale
[H1, D1, D4]
Édit. 2019
Hendra (virus)
Hendra (virus)
Virus à ARN du genre Henipavirus (famille des Paramyxoviridae, sous-famille des Paramyxovirinae), responsable, chez l'Homme et le Cheval, de pneumonies aigües zoonotiques.
Le virus Hendra est connu depuis 1994. Les infections humaines et équines peuvent se traduire par des syndromes respiratoires bénins (fièvre, céphalées, myalgies, toux) ou une pneumonie sévère menant à une détresse respiratoire, parfois par une atteinte neurologique (méningite, encéphalite). Survenant par cas sporadiques relativement peu fréquents, les pneumonies à virus Hendra sont, chez l'Homme comme chez le Cheval, des affections graves, fréquemment mortelles (létalité : 50 % chez l'Homme, 75 % chez le Cheval). A la faveur d'un contact assez étroit, le virus peut se transmettre directement du Cheval à l'Homme; il demeure toutefois peu contagieux.
Répandu sur la côte Est de l'Australie, ce virus admet probablement pour réservoir des chauves-souris frugivores du genre Pteropus qui éliminent le virus dans leur salive ou leur urine. La prévention consiste surtout à se protéger des contacts avec les chevaux infectés avant de les abattre. Un vaccin est à l'étude.
Etym.: Hendra, faubourg de Brisbane, en Australie
Sigle HeV
[D1]
hépatite C l.f.
hepatitis C
Atteinte inflammatoire du parenchyme hépatique liée à l'infection par le virus de l'hépatite C (VHC) à l'origine d'hépatites asymptomatiques, aigües et chroniques.
La transmission du VHC est principalement parentérale et sporadique, à un moindre degré sexuelle et materno-fœtale. Le risque principal est la chronicité dont la fréquence est élevée (50 à 80%) tandis que le risque d'hépatite fulminante est très faible, voire nul.
L'hépatite C aigüe, rare, associe une hypertransaminasémie, la présence dans le sérum d’anticorps anti- VHC (parfois retardée d'une dizaine de semaines) et celle de l'ARN viral. La persistance de ces signes trois mois après le contage traduit habituellement l'infection chronique qui peut évoluer dans 20% des cas vers la cirrhose avec son propre risque de carcinome hépatocellulaire. Mais, l’hépatite aigue C n’est ictérique que dans une minorité de cas (20 %) et sans symptômes dans la plupart des cas (80 %). Ainsi, le diagnostic de l’hépatite aigue C est rarement fait. La guérison spontanée de l’hépatite C aigüe qui s’observe dans environ 30 % des cas est caractérisée par la positivité des anticorps anti-VHC et la négativité de la charge virale C.
L’hépatite C chronique beaucoup plus fréquente que l’hépatite C aigue (0,84 % de la population française) se traduit par une élévation modérée et fluctuante des transaminases et la présence d’anticorps dirigés contre le VHC. La quantification de la charge virale et la détermination du génotype sont nécessaires avant la prise en charge thérapeutique.
Des atteintes extra-hépatiques sont observées au cours de l'hépatite C : dysthyroïdie, cryoglobulinémie mixte, glomérulonéphrite membranoproliférative, etc.
Il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C.
Jusqu’en 2014, les traitements antiviraux comportaient l’association d’Interféron Pégylé et de Ribavirine. Depuis 2014, de nombreux antiviraux à action directe, dont certains ont une activité pangénotypique et qui sont très bien tolérés ont obtenu l’AMM. Ces antiviraux, dont la durée du traitement est de courte durée de l’ordre de 12 semaines, permettent l’éradication définitive du VHC.
H. J. Alter, virologiste américain (1989), H. Houghton, virologiste britannique (1989), C. M. Rice, virologiste américain (1989) : tous trois prix Nobel de médecine en 2020
→ virus des hépatites, hépatocarcinome, virus de l'hépatite C, Hepacivirus
[L1,D3]
Édit. 2020
hépatite E l.f.
hepatitis E
Atteinte inflammatoire du parenchyme hépatique liée à l'infection par le virus de l'hépatite E (VHE).
Sa transmission a lieu par voie féco-orale (eau et aliments souillés) ; il est responsable d’hépatites aigües sans évolution vers la chronicité en l’absence de déficit immunitaire. Des formes asymptomatiques semblent fréquentes chez l’enfant. Cette hépatite est particulièrement sévère chez la femme enceinte ou en cas d’association avec une hépatite A.
L'endémie virale E concerne principalement les pays d'Asie et d'Afrique du Nord expliquant que les cas européens soient principalement observés chez des voyageurs de retour de zone d'endémie. Des cas autochtones ont cependant été décrits dans les pays industrialisés chez des patients n’ayant jamais voyagé en zone d’endémie.
Le diagnostic repose sur l'exposition géographique, l'hypertransaminasémie associée à la présence d'anticorps anti-VHE de l'immunité acquise contre le virus.
Le VHE expose à des risques d'hépatite fulminante, principalement chez les femmes enceintes au 3ème trimestre de la grossesse, chez lesquelles un voyage en zone d'endémie sera déconseillé en l'absence de prophylaxie passive ou active.
La surinfection par le VHE en cas de cirrhose (ou fibrose évoluée) est un facteur aggravant de la décompensation hépatique. Une évolution vers la chronicité est possible lorsque l’hépatite E survient sur un terrain immunodéprimé (transplanté d’organe, maladies hématologiques, SIDA).
Il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite E.
→ hépatite fulminante, virus des hépatites, virus de l'hépatite E
[L1,D3]
Édit. 2015
immunisation n.f.
immunization
Processus par lequel un sujet acquiert une immunité spécifique à l’égard d’un antigène.
L'immunisation est dite active quand elle résulte de l’action sur le système immunitaire d’un sujet receveur d’un antigène (vaccin, antigène provenant d’un agent infectieux, antigène inerte) introduit dans l’organisme ou produit par lui. Elle est dite passive quand elle résulte de l’administration au sujet receveur d’immunsérum, d’anticorps purifiés ou encore de lymphocytes sensibilisés spécifiques les uns et les autres pour un antigène donné. En cas d’immunisation active, l’antigène peut être introduit dans l’organisme ou y pénétrer par voie cutanée ou muqueuse (orale, nasale, oculaire, digestive). Il peut aussi être introduit par voie parentérale (injection sous-cutanée, intramusculaire ou intravasculaire). Une immunisation peut aussi être réalisée en utilisant des acides nucléiques contenant des séquences codantes pour l’antigène d’intérêt. L’immunisation peut concerner un hétéroantigène (c’est-à-dire un antigène provenant d’une autre espèce animale, végétale ou microbienne), un isoantigène (antigène provenant d’un sujet de même espèce mais génétiquement différent), un antigène provenant du sujet lui-même (autoantigène) ou d’un sujet génétiquement identique (individu dit syngénique ou encore isogénique).
Étym. lat. immunis : exempt de
→ antigène, immunisation active, vaccination, immunisation passive, immunsérum, anticorps
immunisation active l.f.
active immunization
Stimulation par un organisme de sa propre réponse immunitaire sous l'influence d'un vaccin ou à la suite d'une infection.
Elle est assez lente à s'établir mais durable.
Étym. lat. immunis : exempt de
Influenzavirus
Influenzavirus
Genre de virus à ARN, appartenant à la famille des Orthomyxoviridae et responsables de la grippe.
Ils sont classés en trois types A, B, C totalement distincts, avec divers sous-types. Les réservoirs de virus sont humain pour le type B, humain et animal pour les types A et C. La transmission interhumaine s’effectue par voie respiratoire directe (sécrétions rhinopharyngées), en fin de période d’incubation et au tout début des manifestations cliniques. La grippe est cosmopolite. Le virus grippal A est à l’origine des grandes pandémies et épidémies. La dénomination de chaque souche est définie par plusieurs caractères : souche (A ou B ou C), origine géographique, numéro de la souche, année d’isolement et pour les souches A, nature de l’hémagglutinine H et de la neuraminidase N. Les virus grippaux ont une grande labilité génétique, les gènes codant pour les protéines de surface se modifiant en permanence ; cette variabilité impose la préparation adaptée des souches vaccinales pour chaque campagne de vaccination annuelle. Il existe, en effet, un vaccin préventif composé d’une suspension virale inactivée de souches A et B choisies, chaque année, en fonction des données épidémiologiques et virologiques recueillies à travers le monde. L’identification des virus grippaux repose sur l’isolement du virus en culture cellulaire, sur les résultats des réactions d’immunofluorescence indirecte ou immuno-enzymatiques à partir des sécrétions nasales prélevées durant les trois premiers jours de la grippe et sur la situation sérologique : fixation du complément, inhibition de l’hémagglutination séroneutralisation.
inoculer v.tr.
inoculate (to)
1) Introduire en conditions aseptiques une petite fraction d'une culture microbienne dans un milieu de culture, un organisme vivant.
2) Administrer un vaccin.
Étym. lat. inoculatio : greffe en écusson en insérant un bourgeon ou œil, d’oculus : œil
Syn. ensemencer
Leptospira interrogans
Leptospira interrogans
Espèce de bactéries à Gram négatif, de forme hélicoïdale, appartenant à la famille des Leptospiraceae et dont on distingue 25 sérogroupes dont certains sont responsables de leptospiroses.
Le réservoir naturel de ces zoonoses est constitué d’animaux sauvages et domestiques tels que le rat et d’autres rongeurs sauvages du bétail pour Leptospira pomona. Ces bactéries, éliminées dans le milieu extérieur par l’urine de ces animaux, survivent pendant plusieurs mois dans l’eau douce et le sol. La contamination humaine s’effectue par contact avec des animaux, par morsure de rat ou plus souvent par l’intermédiaire de milieux hydriques (baignade en eau douce) ; les leptospires pénètrent dans l’organisme par la peau (plaies ou érosions), la conjonctive, l’inhalation ou l’ingestion de liquides contaminés. Pour certains métiers (égoutiers, employés à l’entretien de cours d’eau, travailleurs de rizières, vétérinaires, éleveurs, personnel des abattoirs, etc.), les leptospiroses sont des maladies professionnelles. Le diagnostic biologique repose sur la mise en évidence du leptospire (examen direct, culture) à partir du sang ou des urines du malade et sur la sérologie (réactions de dépistage rapide, réaction d’agglutination de Martin et Petit) ; de nouvelles techniques de biologie moléculaire sont à l’étude. Les leptospires sont sensibles aux pénicillines et aux tétracylines. Une vaccination (vaccin tué) permet de prévenir la leptospirose ictéro-hémorragique chez les personnes exerçant une profession exposée.
leptospirose n.f.
leptospirosis
Zoonose due à un spirochète du genre Leptospira.
Les leptospiroses humaines sont causées par le "complexe L. interrogans" qui regroupe au moins sept espèces pathogènes. Les leptospiroses s'observent dans le monde entier mais sont plus fréquentes dans les pays tropicaux. En France, elles surviennent surtout en été et au début de l'automne. Les germes sont hébergés par de nombreuses espèces animales sauvages et domestiques (rongeurs surtout, mais aussi Chien, Porc, bovins,...) chez lesquelles l'infection est asymptomatique et qui éliminent les leptospires par leurs urines, souillant ainsi l'environnement: sol, eaux, etc. L'Homme est un hôte accidentel; la transmission a lieu le plus souvent indirectement par l'intermédiaire de milieux hydriques (rivières, étangs) contaminés par l'urine des rongeurs, plus rarement par contact direct avec un animal infecté (urine de rongeur, morsure...). La porte d'entrée est généralement cutanée (plaies ou excoriations, même minimes) ou muqueuse (conjonctive notamment, même intacte).
L’expression clinique est polymorphe, traduisant une bactériémie avec diffusion de l’infection à de nombreux organes, en particulier les méninges ; en l’absence de traitement antibiotique, une rechute fébrile, de cause vraisemblablement immunologique, survient au 15e jour de la maladie. L'incubation varie de 2 à 21 jours. Après un début brutal, elle se traduit par un état fébrile avec des frissons, des douleurs musculaires et articulaires et parfois un syndrome méningé ; à partir du 3e–5e jour, apparaissent des atteintes viscérales telles qu’un ictère, une insuffisance rénale aigüe, des hémorragies superficielles ou viscérales, une méningite à liquide clair, plus rarement une encéphalite, une myocardite ou des manifestations pulmonaires. Le pronostic est presque toujours favorable sous antibiotiques. La sévérité de la maladie varie suivant le sérogroupe en cause: les formes les plus graves sont les leptospiroses à Icterohaemorrhagiae, mais aussi à Australis, Canicola ou Pyrogenes, alors que Sejroe, Grippotyphosa, Ballum et Pomona (cette dernière appelée autrefois "maladie des jeunes porchers") provoquent des infections subaigües, plus bénignes (formes purement fébriles ou méningées). Le diagnostic biologique de la leptospirose associe la mise en évidence du leptospire (sang, liquide céphalorachidien) par culture ou amplification génique (PCR) et, à partir du 10e jour, par sérologie. Le traitement des leptospiroses est antibiotique par pénicilline G ou aminopénicilline ou tétracycline pendant au moins 10 jours. Les leptospiroses sont reconnues comme des maladies professionnelles dans certaines circonstances. Un vaccin préventif, bien toléré et efficace, vis-à-vis de L. icterohaemorragiae, est disponible pour les professions exposées (égoutiers, éleveurs, vétérinaires).
Étym. gr. leptê: grêle ; speira : spirale
Syn. maladie de Weil
maladie de la forêt de Kyasanur l.f.
Kyasanur Forest disease, monkey fever
Maladie arbovirale sévère due à un virus du genre Flavivirus (KFDV, famille des Flaviviridae) sévissant en Inde.
La maladie sévit en Inde, dans l'état de Karnataka et les régions adjacentes, en milieu forestier. La transmission a surtout lieu en saison sèche (janvier et février). L'incidence est de l'ordre de 400 à 500 cas par an. Chez l'Homme, après une incubation de 3 à 8 jours, la maladie présente un début brutal : fièvre, céphalées, myalgies, photophobie, adénopathies, vomissements, diarrhée. Par la suite, des hémorragies, principalement digestives, sont observées, accompagnées d'hypotension et d'hypoplaquettose et de leucopénie. On a décrit des complications neurologiques (encéphalites bénignes) et respiratoires . La létalité est de l'ordre de 5 à 10 %. Le virus infecte différentes espèces de mammifères, notamment des rongeurs, par l'intermédiaire de tiques du genre Haemaphysalis, en particulier H. spinigera. La contamination peut aussi avoir lieu par contact direct avec un animal infecté ou par ingestion de lait cru de chèvre ou de vache infectée. Plusieurs espèces de mammifères hébergent le virus et certaines espèces de singes (Macaca, Presbytis), sensibles au virus, servent d'amplificateurs. Un vaccin inactivé est disponible localement.
Le virus Alkhurma serait un variant génétique du virus KFD, de même que, peut-être, le virus Nanjianyin isolé en Chine.
monkey pox l. angl.
Maladie endémo-épidémique en Afrique, due à un Orthopoxvirus, dont plusieurs espèces animales constituent le réservoir naturel tant en Afrique (singes, rongeurs sauvages) qu’en Amérique du Nord (chiens de prairie, rongeurs).
Ce virus, découvert en 1959, a provoqué plusieurs épidémies récentes en Afrique (Zaïre, Congo) et aux États-Unis. La maladie se traduit par un tableau qui rappelle la variole avec un pronostic moins grave. Le vaccin variolique en assure la prévention.
Étym. angl. pox, de pocks : pustule, poche ; monkey : singe
Mycobacterium
Mycobacterium
Genre de bactéries de la famille des Mycobacteriaceae
Il s’agit de bacilles droits ou un peu incurvés, immobiles, aérobies, dont la paroi est pouvue de structures lipidiques, conférant une résistance à la décoloration par les acides et les alcools, mise en évidence par la coloration de Ziehl-Neelsen (bacilles acidoalcoolorésistants).
Le genre Mycobacterium comporte de nombreuses espèces, classées en trois groupes :
- les mycobactéries du complexe tuberculeux : Mycobacterium tuberculosis, découvert par Robert Koch en 1882, Mycobacterium bovis et Mycobacterium africanum, agents de la tuberculose et le bacille de Calmette et Guérin (souche de Mycobacterium bovis à virulence atténuée, utilisée comme vaccin antituberculeux : BCG),
- Mycobacterium leprae (bacille de Hansen), agent de la lèpre,
- les mycobactéries « atypiques », elles-mêmes divisées en sous-groupes en fonction de leur vitesse de croissance en culture et de leur pigmentation en présence de lumière (bactéries photochromogènes) ou indépendamment de celle-ci (bactéries scotochromogènes). Les principales espèces sont M. avium, agent de la tuberculose aviaire, M. chelonae, M. fortuitum, M. gordonae, M. kansasii, M. marinum, M. scrofulaceum, M. ulcerans, M. xenopi.
R. Koch, bactériologiste allemand, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1905 (1882); A. Calmette et J. M. Guérin, biologistes français, membres de l'Académie de médecine (1924)
Étym. gr. mukês, mukêtos : champignon ; baktêria : bâton
→ Mycobacteriaceae, coloration de Ziehl-Neelsen, Mycobacterium tuberculosis, Mycobacterium bovisn Mycobacterium africanum, bacille de Calmette et Guérin, Mycobacterium leprae, mycobactéries « atypiques »
[D1]
Édit. 2018
Neisseria meningitidis
Neisseria meningitidis
Espèce de diplocoques à Gram négatif, de la famille des Neisseriaceæ.
Encore appelé méningocoque, c'est une bactérie pathogène spécifique de l’Homme.
On en connait 13 groupes antigéniques dont les principaux sont A, B, C, Y, W135. Ces bactéries sont responsables de la méningite cérébrospinale et d’infections systémiques dont la forme la plus grave est le purpura fulminans. La transmission interhumaine s’effectue par voie aérienne (salive, expectoration). La méningite est endémoépidémique en Afrique et en Amérique du Sud (groupes A et C) et s’observe, de manière sporadique, dans le reste du monde ; en France, les groupes B et C prédominent. Un vaccin polyosidique préventif vis-à-vis des groupes A, C, Y, W135 est disponible.
Syn. méningocoque
→ méningite cérébrospinale aigûe, méningococcémie
Nipah (virus)
Nipah (virus)
Virus à ARN du genre Henipavirus (famille des Paramyxoviridæ, sous-famille des Paramyxovirinæ), responsable, chez l'Homme, d'encéphalites aiguës zoonotiques.
Le virus Nipah est connu depuis l'émergence d'une épidémie d'encéphalites survenue en Malaisie en 1998, parallèlement à une épizootie de pneumonie porcine.
La durée de l'incubation chez l'Homme varie de 4 à 20 jours. Survenant chez l'Homme par cas sporadiques ou sur un mode épidémique, les encéphalites à virus Nipah sont des affections graves, fréquemment mortelles (létalité supérieure comprise entre 40 et 80 % en l'absence de traitement).
Répandu en Asie tropicale (Malaisie, Bangladesh, Inde, Cambodge, …), ce virus admet pour réservoir des chauves-souris frugivores du genre Pteropus qui éliminent le virus dans leur salive ou leur urine. A la faveur d'un contact assez étroit, le virus peut se transmettre directement du Porc à l'Homme et à différents autres animaux ou encore d'Homme à Homme mais la transmission intervient fréquemment par l'absorption de jus de palmier ou de fruits contaminés par les chauves-souris.
Le diagnostic repose sur l'amplification génique (RT-PCR), l'isolement du virus sur culture cellulaire, la sérologie. Le traitement précoce par la ribavirine permet de réduire fortement la mortalité chez l'Homme. La prévention consiste à éliminer les contacts avec les Porcs infectés, à abattre les animaux infectés, à protéger les récipients de collecte de jus de palmier de tout contact avec les sécrétions des chauves-souris et à éloigner les plantations d'arbres fruitiers des porcheries. Un vaccin est à l'étude.
Sigle : NiV
panencéphalite sclérosante subaigüe de la rougeole (PESS) l.f.
measles subacute sclerosing panencephalitis
Encéphalite à évolution retardée, se manifestant plusieurs années après la rougeole, lentement progressive, généralement mortelle, survenant principalement chez les enfants de sexe masculin âgés de sept à huit ans en moyenne.
Exceptionnelle, son incidence annuelle est d'un cas pour un million d'enfants. Due à la persistance du virus de la rougeole dans le système nerveux central sous une forme incomplète dite défective, elle se manifeste par une détérioration intellectuelle, des altérations du comportement, de fréquents signes ophtalmologiques, puis des troubles moteurs avec en particulier des myoclonies. L'EEG est caractéristique quand il montre des complexes pseudopériodiques de deux ou trois cycles/seconde, survenant toutes les huit secondes. Dans le LCR, il existe une élévation des IgG et le titre des anticorps anti-rougeoleux y est augmenté ainsi que dans le sérum. La mort survient en un à trois ans, mais des formes davantage prolongées sont connues, avec stabilisation, voire amélioration possible.
Les lésions associent démyélinisation et infiltrats inflammatoires, ainsi que des inclusions correspondant à des structures virales.
Aucun traitement n'est efficace. La prévention par le vaccin anti-rougeoleux chez les enfants a permis une nette réduction de l'incidence de la PESS, avec diminution du risque d'environ 20 fois.
Syn. encéphalite subaigüe à inclusions de Dawson, leucoencéphalite sclérosante subaigüe de van Bogaert
Papillomavirus
Papillomavirus
Genre de virus à ADN bicaténaire de la famille des Papillomaviridae.
Ces petits virus (45 à 55 nm de diamètre) contiennent de l'ADN génomique, bicaténaire circulaire de 8 000 paires de bases environ, protégés par une capside de symétrie icosaédrique.
Les Papillomavirus infectent de nombreuses espèces animales, parmi lesquelles l'homme (Human Papilloma Virus ou HPV) et les bovins (Bovine Papilloma Virus ou BPV). On connait plus de 100 génotypes de Papillomavirus humain ; ils présentent un tropisme épithélial et sont responsables de lésions cutanées et muqueuses.
Il existe 12 génotypes (et un 13ème probable) d’HPV dont le rôle cancérogène est établi.
Les lésions cutanées induites par ces virus comportent principalement les verrues communes et l'épidermodysplasie verruciforme. Parmi les infections muqueuses se trouvent les papillomes et condylomes du col utérin, du vagin, du périnée et de l'anus, s'échelonnant de la dysplasie légère au carcinome in situ puis au cancer invasif, mais également les papillomes bénins de localisation respiratoire, laryngée, nasale, conjonctivale et buccale, peut-être aussi des cancers cutanés ou de l'oropharynx.
Un vaccin est disponible pour protéger les jeunes filles avant leurs premières relations sexuelles contre les types de Papillomavirus les plus fréquemment en cause dans la survenue des cancers du col utérin.
→ verrue, épidermodysplasie verruciforme de Lewandowsky-Lutz, cancer du col utérin, vaccin infections à Papillomavirus, cancer de l’anus
[D2, F2]
Édit. 2020
pneumocoque n.m.
pneumococcus
Diplocoque à Gram positif, aéro-anaérobie, capsulé, appartenant à la famille des Streptococcaceae et présent dans le rhinopharynx d’environ 10% d’adultes et 30% d’enfants sains, particulièrement en saison froide.
On en distingue 84 sérotypes.
Le pneumocoque est responsable d’infections des voies respiratoires (pneumonie franche lobaire aigüe, bronchopneumonie, otites, sinusites, mastoïdites), d’infections neuroméningées (méningites purulentes), de bactériémies (pneumococcémies) et rarement d’autres localisations infectieuses (péritonite, cellulite, endocardite, etc.). Certains terrains les favorisent : âges extrêmes de la vie, insuffisance respiratoire ou cardiaque chronique, diabète, alcoolisme, infection par le VIH, splénectomie, asplénisme, immunodépressions. L’isolement et l’identification du pneumocoque s’obtiennent sur des milieux de culture non sélectifs (gélose au sang) ; la recherche d’antigènes solubles polysaccharidiques peut compléter le diagnostic dans le sang ou le liquide céphalorachidien.
Les pénicillines (amoxicilline), certaines céphalosporines injectables, les macrolides, les synergistines, les glycopeptides, certaines quinolones (lévofloxacine, moxifloxacine), la rifampicine sont les principaux antibiotiques prescrits au cours des infections à pneumocoques. Toutefois le développement de souches résistantes aux pénicillines et aux macrolides est de plus en plus fréquent.
Il existe un vaccin préventif, de type polysaccharidique, recommandé chez les sujets à risques.
Syn. Streptococcus pneumoniae
rage n.f.
rabies
Maladie infectieuse spontanément mortelle, due à un virus à ARN, appartenant au genre Lyssavirus et à la famille des Rhabdoviridae.
La rage est une zoonose des vertébrés (rage sauvage des carnivores ou rage sylvatique, rage canine ou rage urbaine, rage des chiroptères), accidentellement transmise à l’homme par la salive d’un animal enragé à l’occasion d’une morsure ou d’une griffade. Après une incubation longue, de 10 jours à plusieurs mois, la maladie se manifeste sous forme d’une méningo-encéphalite diffuse, réalisant soit le tableau de la rage furieuse (excitation psychomotrice, spasme hydrophobique, paralysies cardiorespiratoires), soit celui de la rage paralytique. Des cas ont été décrits de rage contractée à la suite de greffe de cornée. Non traitée, l’évolution est toujours mortelle en quelques jours. Le traitement, après exposition, est réalisé dans un Centre antirabique et repose sur plusieurs injections rapprochées de vaccin, seul ou associé à l’injection d’immunoglobulines spécifiques. Il n'a aucune efficacité si la rage s'est déjà déclarée. Une vaccination préventive est préconisée pour les professions à risque. La rage est maintenant éliminée en France mais la maladie entraîne encore quelque 65.000 cas dans le monde chaque année.
Étym. lat. rabies : rage
→ Negri (corps de), virus rabique, vaccin rage
rappel (injection de) l.m.
booster injection
Injection de vaccin effectuée chez un sujet ayant déjà reçu une ou plusieurs injections vaccinales, afin de renforcer l’immunité acquise.
revaccination n.f.
revaccination
Administration (injection ou prise) d’un même vaccin à un sujet qui a été antérieurement vacciné.
Elle est destinée à renforcer l’immunité spécifique déjà acquise.
Salmonella
Salmonella
Genre de bacilles à Gram négatif de la famille des Enterobacteriaceae, regroupés en une seule espèce, Salmonella enterica, elle-même subdivisée en sérotypes et sérovars, sur la base des constituants antigéniques O, H et Vi.
Les salmonelles colonisent le tube digestif de l’homme et des animaux. La contamination résulte de la consommation de produits d’origine animale : viandes crues, lait ou fromages non pasteurisés, coquillages, préparations à base d’œufs. Ces bactéries peuvent également être retrouvées dans le milieu extérieur, en particulier dans les eaux de surface et les eaux usées. Après avoir été malades, certains sujets restent porteurs sains et vont éliminer des salmonelles dans leurs selles.
Les infections à salmonelles, cosmopolites, sont polymorphes :
- fièvres typhoïde (Salmonella enterica sérotype Typhi) et paratyphoïdes (Salmonella enterica sérotypes Paratyphi A, B, C),
- toxi-infections alimentaires,
- formes extradigestives, rares, (cholécystites, méningites, ostéites, etc.) qui s’observent dans les immunodépressions et au cours des drépanocytoses.
Le diagnostic biologique des salmonelloses repose sur l’identification de la souche à partir d’hémocultures ou de coprocultures, avec détermination des antigènes O, H, et Vi assurant l’identification des principaux sérovars. La sérologie (sérodiagnostic de Widal-Félix) a des indications limitées aux fièvres typhoïde et paratyphoïdes.
La sensibilité des salmonelles aux antibiotiques varie selon les souches. Salmonella typhi et paratyphi sont généralement sensibles aux aminopénicillines, aux céphalosporines de troisième génération, aux fluoroquinolones, au triméthoprime-sulfaméthoxazole. La vaccination préventive (vaccin polyosidique injectable) ne protège que vis-à-vis de la fièvre typhoïde.
→ fièvres typhoïde et paratyphoïdes, vaccin fièvre typhoïde
scarification n.f.
scarification
Incision superficielle de la peau, de petite taille, réalisée à l’aide d’un scarificateur ou d’une lancette, afin d’inoculer un vaccin.
Elle n’est plus utilisée.
sérovaccination n.f.
serovaccination
Traitement associant, après un risque d’exposition à un agent infectieux, l’injection de sérum immun ou d’immunoglobulines spécifiques et celle du vaccin dirigé contre cet agent.
La sérovaccination est surtout utilisée après exposition au risque rabique.