Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

135 résultats 

lupus érythémateux systémique (troubles psychiques du) l.m.p.

systemic lupus erythematosus and psychical disorders

Affection au cours de laquelle les manifestations psychiatriques sont les plus fréquentes (10 à plus de 50 % des cas) parmi les connectivites dont fait partie le LED.
Il s'agit surtout d'états psychotiques, principalement confusionnels, voire "schizophréniformes", et aussi dépressifs et anxieux, les uns et les autres le plus souvent précoces, correspondant à une poussée somatique, polymorphes et de bon pronostic en soi.
La part respective d'une prédisposition psychique foncière, des agressions somatiques et de leurs divers retentissements chez ces jeunes femmes, celle des traitements corticoïdes (surtout au cas d'excitation) mais aussi des antipaludiques de synthèse, sera envisagée dans chaque cas, non sans difficultés ni interrogations.
Diverses questions se posent à partir de l'observation déjà ancienne d'une "positivité associée" de la réaction de Bordet-Wasserman dans le LED et la syphilis, impliquant, constituant essentiel de cette réaction. Des voies de recherche et de discussion s’étaient ouvertes.
Dans l'état actuel le traitement de choix des complications psychiques du LED semble rester la corticothérapie, au besoin complétée par des neuroleptiques.

psycho-neuro-immunologie

myasthénie (troubles digestifs de la) l.m.p.

digestive disorder of  the myasthenia

Dysphagie ou troubles de la déglutition individualisés par le contexte des troubles de la motricité et essentiellement par la manométrie œsophagienne : troubles du péristaltisme, atteinte du muscle strié avec diminution des contractions pharyngées et de la pression de repos du sphincter supérieur de l’œsophage.

myopathies (troubles digestifs des) l.m.p.

Ensemble de manifestations de souffrances digestives survenant au cours de myopathies.
En dehors des troubles digestifs de toute myopathie (atteignant surtout le domaine œsophagien) le syndrome digestif le mieux individualisé est celui de la pseudo-obstruction intestinale chronique (POIC).
Cliniquement le tableau évoque l’obstruction mécanique de l’intestin, mais aucune lésion macroscopique obstructive n’est retrouvée. Il peut s’agir :
- soit d’une atteinte du tissu musculaire lisse intestinal, réalisant une véritable myopathie viscérale. C’est ici le cadre des troubles digestifs de la sclérodermie, de l’hypothyroïdie et de l’hypoparathyroïdie, de l’amylose, du déficit en vitamine E (brown bowel syndrome), des troubles digestifs des dystrophies de Steinert ;
- soit d’une atteinte du système nerveux central ou du système nerveux extrinsèque (maladie de Parkinson, diabète, dysautonomie primitive, POIC postvirale).

Étym. gr. mus : souris, muscle ;  pathos : maladie 

névrotiques (troubles) de l'enfant l.m.

neurotic disorders in childhood

Ils posent des problèmes différents de ceux concernant l'adulte, la souffrance intrapsychique faisant partie du développement normal de l'enfant.
Il convient de différencier :
- la névrose infantile : organisation habituelle du fonctionnement psychique, nécessaire au développement de l'enfant, variable chez chacun. Telles sont les manifestations phobiques, obsessionnelles, corporelles, "hystéroïdes", qui sont transitoires et disparaissent lorsque l'enfant a dépassé la situation conflictuelle dans laquelle il se trouvait ;
- la névrose de l'enfant : pathologie avérée, non transitoire, qui n'apparait pas avant l'âge de trois à quatre ans et découle de la non-résolution des conflits dus au développement de l'enfant. Tels sont les troubles névrotiques à dominante anxieuse, phobique, obsessionnelle ou avec prépondérance des inhibitions ;
- la dépression névrotique ;
- les pathologies névrotiques de la personnalité ;
- les troubles névrotiques avec perturbations prédominantes des fonctions instrumentales.
L'évolution des troubles névrotiques de l'enfant est très variable et dépend pour une grande part des réactions parentales.

Parkinson (maladie de) et troubles mentaux l.f.

Parkinson disease and mental disorders

Manifestations fréquentes caractérisées par la prévalence importante des troubles de l’humeur (3 à 8% de syndromes dépressifs survenant dans 15 à 25% des cas avant les troubles moteurs) et du risque suicidaire qui doit être prévenu mais aussi de syndromes anxieux en particulier dans les formes précoces et plus rarement de manifestations psychotiques de type confuso-délirantes ou oniro-hallucinatoires en particulier lors des adaptations thérapeutiques, d’un épisode infectieux fébrile intercurrent ou d’une intervention chirurgicale.
Les modifications neurochimiques spécifiques de la maladie sont à l’origine des troubles cognitifs spécifiques mais aussi d’un ralentissement psychomoteur qui doit faire rechercher un syndrome dépressif infraclinique et plus rarement une évolution démentielle.
Les antidépresseurs corrigent les manifestations thymiques grâce à leurs effets sérotoninergiques et noradrénergiques mais aussi partiellement les manifestations motrices grâce à leurs effets dopaminergiques. Les électro-convulsivothérapies peuvent, dans les cas sévères, avoir des effets thérapeutiques remarquables à la fois sur la dimension thymique et sur le syndrome extra pyramidal.

J. Parkinson, médecin britannique (1817)

Syn. Parkinson (maladie de) et troubles psychiques

Parkinson (maladie de) et troubles psychiques l.f.

J. Parkinson, médecin britannique (1817)

Syn. Parkinson (maladie de) et troubles mentaux

personnalité (épidémiologie des troubles de la) l.f.

Études difficiles à effectuer en population générale, même par une équipe expérimentée, et en fait peu nombreuses.
Avec l'aide de nouveaux instruments d'évaluation standardisés, la prévalence de l'ensemble de ces troubles pour la vie entière est située entre 5,09 et 11,01 p.100. Elle est estimée respectivement à 45 et 67 p.100 dans un service psychiatrique d'hôpital général et dans un établissement psychiatrique.
Sont rencontrées surtout : les personnalités schizotypiques, "bordelines", histrioniques, dépendantes et obsessionnelles-compulsives. Des associations sont fréquentes chez un même patient (2,8 à 4,6 p.100 en moyenne). La comorbidité est élevée avec, notamment, une appétence pour des substances (toxiques, drogues, médicaments, etc.) un état anxieux, une dépression. Une forte fréquence des difficultés conjugales, du chômage, de problèmes relationnels, de conduites suicidaires, est observée par beaucoup d'auteurs.

personnalité (troubles de la) l.m.p.

personality disorders

Perturbations sévères d'ordre caractérologique et comportemental concernant habituellement plusieurs secteurs de la personnalité et accompagnées en général de difficultés personnelles et sociales considérables.
Elles apparaissent le plus souvent dans l'enfance ou l'adolescence et persistent à l'âge adulte (d'après la CIM-10, 1992).
Ces troubles profondément enracinés peuvent comporter notamment : une déviation quantitative pas toujours évidente par rapport à la personnalité dite normale, associée à des traits de "personnalité pathologique" ; un manque de souplesse et une dysharmonie dans les processus d'adaptation devant les situations rencontrées, avec tendance répétitive aux mêmes attitudes et aux mêmes conflits ; une souffrance, exprimée ou non, pour l'individu et/ou pour la société; des échecs relationnels et socioprofessionnels, ainsi qu'une vulnérabilité aux épreuves vécues. Des chevauchements sont possibles.
Certaines de ces organisations prédisposent à une affection évolutive, névrotique ou psychotique. Il peut en être ainsi de : personnalité obsessionnelle-compulsive et névrose obsessionnelle ; personnalité schizoïde ou schizotypique et schizophrénie ; personnalité limite et état dépressif majeur ; personnalité paranoïaque ou sensitive et délire paranoïaque ou délire de relation des sensitifs. Parfois inconstants dans les cas cités, ces liens peuvent être encore plus imprécis, par exemple entre personnalité évitante et phobie sociale.

K. Schneider, psychiatre allemand (1923)

caractère (névrose de)

plongée profonde (troubles psychiques en) l.f.

deep diving (psychic disorders during)

Altérations psychiques liées à la neurotoxicité des gaz des appareils de plongée, par élévation de leur pression partielle lors de l'augmentation de la pression barométrique.
Manifestation de la narcose à l'azote apparaissant au-dessous de 30 mètres avec de l'air comprimé, l'ivresse des profondeurs comporte une tendance euphorique avec sensation de déséquilibre et détachement, suivie de troubles du comportement avec baisse de l'attention, de la mémoire immédiate et de la coordination, viscosité mentale et modifications thymiques. Une poursuite de la plongée s'aggrave d'agitation, d'éléments hallucinatoires ou catatoniques, si bien que la réversibilité par diminution de la pression ne peut être provoquée par le sujet.

puerpéralité (troubles psychiques de la) l.

mental disorders during puerperium

Manifestations psychiatriques ou parapsychiatriques rencontrées dans la période qui s'étend de l'accouchement au retour des règles.

Étym. lat. puer : enfant, et parere : accoucher

post-partum

retraite (troubles psychiques et) l.

retirement (mental disorders and)

L'appréciation d'un lien de causalité entre d'une part la fin des activités professionnelles, et d'autre part l'apparition d'un trouble mental, doit faire envisager conjointement la personnalité et les divers facteurs susceptibles d'intervenir à cette période de la vie.
La notion de troubles dépressifs pouvant atteindre la mélancolie, ou somatiques, a été rapportée en particulier au sentiment "d'être vieux", aux changements radicaux de rôle, à la blessure narcissique, notamment au deuil du pouvoir, à la solitude plus ou moins accentuée, à la régression matérielle, surtout pécuniaire. Chez les femmes, peuvent aussi entrer en jeu la dévalorisation esthétique et l'éloignement des enfants. Par contre, les aspects positifs possibles sont bien connus.
On a décrit, p. ex., un déclenchement des troubles psychiques lié à une anticipation fantasmatique à l'approche de la retraite, lesquels s'amélioreront après son franchissement.
Certains éléments plus particuliers à la crise de la soixantaine peuvent s'associer à cette situation de retrait professionnel, tels que la libido qui s'estompe, le besoin d'un ferment de tendresse et l'inconnu du temps qui reste à vivre.

sclérose en plaques et troubles psychiques l.f.

multiple sclerosis and mental disorders

Troubles constamment présents dès le début de cette affection et pouvant même précéder les signes neurologiques.
Sont observées principalement :
- des manifestations aigües et bruyantes, à forme surtout confusionnelle ou délirante, pouvant évoluer vers la chronicité ;
- des atteintes thymiques à type dépressif, s'étendant d'un désarroi réactionnel (menace permanente d'une poussée, échéance d'un handicap sévère, etc.) à une mélancolie, voire à une pathologie bipolaire ;
- des atteintes plus fines, liées aux réaménagements de l'image du corps ;
- l'habituelle et classique "euphoria sclerotica", sans signes avérés d'une franche déconnexion interhémisphérique, bien qu'elle puisse rappeler l'alexithymie qui peut être liée à une telle déconnexion ;
- une sémiologie neuropsychologique avec affaiblissement des fonctions supérieures, pouvant aboutir à une démence voisine du type sous-cortical mais ne lésant pas les noyaux gris centraux comme le fait la paralysie supranucléaire progressive ou la chorée de Huntington.
Ce concept de "démence de la substance blanche" ni réellement sous-corticale, ni liée à une localisation lésionnelle particulière, met en cause un dysfonctionnement des voies d'association inter- et intrahémisphériques. Il est vrai qu'une telle interprétation se heurte à l'inconstance des corrélations entre les données de l'imagerie et la sémiologie. Les plaques décelables ne seraient-elles pas le témoignage d'un dysfonctionnement des voies d'association myélinisées bien plus étendu que ne le montre l'imagerie ?
En dehors de la réhabilitation fonctionnelle, qui gagne en efficacité, l'interféron bêta paraît actif sur le volume total des plaques de démyélinisation, dont l'interdépendance avec le degré du déclin cognitif est désormais admise.

soins intensifs (troubles psychiques et) l.m.p.

mental disorders and intensive care

Troubles psychiques apparus pendant et après une hospitalisation en réanimation.
Pendant l’hospitalisation les patients sont généralement calmés mais, si la sédation est insuffisante, peuvent apparaître : une agitation liée à l’angoisse ou à l’anxiété, un manque de sommeil, des hallucinations, des cauchemars, un état dépressif allant jusqu’au « syndrome de glissement », c'est-à-dire au laisser aller, à l’absence d’envie de lutter et de vivre.
Après l’hospitalisation peuvent exister encore pendant des mois, voire des années, un syndrome dépressif, des manifestations d’angoisse, des attaques de panique, des cauchemars, des flashbacks, l’ensemble constituant le syndrome de détresse post-traumatique (post traumatic distress syndrome ou PTDS) comme on peut en observer après les grandes catastrophes.

syndrome de détresse post-traumatique

sommeil de l'enfant d'âge scolaire (troubles du) l.m.p.

sleep disorders among school age children

À cette période, les troubles du sommeil sont riches et variés. On peut distinguer :
- les troubles des conduites liés à l'endormissement : opposition au coucher, rituels du coucher consistant en manifestations obsessionnelles discrètes, phobie du coucher, insomnie vraie, phénomènes hypnagogiques ;
- les conduites pathologiques au cours du sommeil, qui comportent : d'une part, des angoisses se traduisant par des terreurs nocturnes, des rêves d'angoisse et des réveils anxieux et, d'autre part, des automatismes moteurs, avec des rythmies du sommeil ou tics de Salaam, qui consistent en des roulements de la tête de droite à gauche, des balancements d'un jambe et d'un genou plié et de grandes oscillations antéropostérieures en position génupectorale ;
- l'hypersomnie, qui est rare chez l'enfant ; néanmoins, l'étude rétrospective des antécédents d'adultes atteints de la maladie de Gélineau montre que les premiers signes apparaissent parfois dès l'âge de 10 ans.

J-B Gélineau, neurologue français (1880)

Gélineau (maladie de), tics de sala(a)m

sommeil du petit enfant (troubles du) l.m.p.

sleep disorders in infancy

Troubles relevant de causes multiples, le plus souvent bénins, plus fréquents au cours du premier semestre et de la deuxième année, mais dont le nombre croissant est lié pour une part aux nouveaux modes de vie et d'éducation.
Au premier semestre, alors que les besoins en sommeil sont les plus considérables bien que variables, il s'agit d'insomnies, dont une étiologie organique doit être éliminée. De loin les plus fréquentes, les insomnies fonctionnelles communes perturbent parfois la vie familiale. Interviennent le plus souvent des conditions éducatives maladroites : excès de stimulations, horaires alimentaires défectueux, voire distorsion des relations mère-enfant. L'insomnie calme du bébé qui reste la nuit entière les yeux ouverts, sans bruit, peut être un signe précoce de troubles graves de la personnalité.
Pendant la seconde année, ces manifestations résultent de l'intrication de facteurs psychologiques ou de conflits affectifs et des aléas de la croissance motrice et du développement du langage. À cet égard, on retiendra les troubles suivants : hyperactivité motrice, comportement d'un enfant "opposant", anxiété de séparation et excitation psychique.

balancement

statique pelvienne féminine (troubles de la) l.m.p.

female pelvic disorders

Perturbation chez la femme de la position respective des organes, muscles et aponévroses du bassin, susceptible de se traduire par l'extériorisation d'un ou plusieurs organes pelviens et de provoquer une incontinence urinaire.
Elle est favorisée par l'hypotonie musculaire et par le relâchement ligamentaire de la grossesse ou de la ménopause.

syphilis (troubles psychiques et) l.f.p.

psychological symptoms of syphilis

Ces manifestations ont très fortement régressé grâce à l'antibiothérapie et aux divers procédés de prévention.
Les réactions psychiques étaient déclenchées par le diagnostic de la maladie, les manifestations primaires ou secondaires, un accident de traitement, etc. Lors de l'invasion étaient décrites de fréquentes réactions dépressives avec risque de suicide ("neurasthénie des syphilitiques", A. Fournier). Des récidives psychiques étaient parfois observées en cas de nouvelle contamination.
Surtout peut-être chez des prédisposés, des états confusionnels ont été observés à la phase de syphilis secondaire, avec des formes cliniques diverses, pouvant atteindre un niveau stuporeux. Des aspects catatoniques l'ont été également.
Durant la phase tertiaire, il était traditionnel de distinguer les paralysies générales, résultant d'une atteinte parenchymateuse, et certaines psychoses évolutives, classiquement liées en majorité à des lésions vasculoméningées, d'apparence déficitaire, comportant des signes neurologiques précis (céphalées, signes oculopupillaires, atteinte de divers nerfs crâniens, etc.) : ces dernières considérées comme davantage accessibles aux traitements alors utilisés.

traumatisé cranioencéphalique (troubles caractériels chez un) l.m.

character disorders after head trauma

Apparition, après le traumatisme et indépendamment de sa gravité, d'une tolérance caractérielle faible face à l'ensemble des stimulus extérieurs, p. ex. aux contacts avec autrui ou au bruit. Le sujet impute souvent au traumatisme sa propre agressivité.
Un cercle vicieux peut s'établir avec un entourage inquiet, volontiers dépassé, déséquilibré, voire hyperprotecteur, assumant mal une victimisation, une apathie ou de soudaines colères.
La fréquence des investigations complémentaires normales et, a contrario, de l'échec des soins, le glissement vers une relation médicolégale souvent conflictuelle, touchant en particulier à l'évaluation de l'état psychique antérieur, peuvent contribuer à induire des réactions paranoïaques, notamment une sinistrose.
Prolongée sur des mois, l'évolution reste assez imprécise.

traumatisé cranioencéphalique (troubles psychiques immédiats chez un) l.m.

head trauma immediate and close psychical troubles

Manifestations développées surtout après perte de conscience et/ou coma par retentissement encéphalique plus ou moins accentué, mais non exclusivement.
Un syndrome confusionnel peut s'installer d'emblée. En période posttraumatique, se rencontrent plutôt des formes aigües, agitées, perturbant une salle. L'éventualité d'un hématome extra ou sous-dural,d'un accident de sevrage alcoolique, ne sera pas négligée.
Quelle que soit sa chronologie de survenue, un syndrome de Korsakoff est possible, avec en particulier confabulation et souvent expansivité thymique. La régression est habituelle en quelques jours sinon quelques semaines, mais des troubles permanents de l'apprentissage peuvent persister.
Plus généralement, le pronostic comportemental et social de ces manifestations serait réservé.
On peut observer également des déficits mnésiques isolés, rétrogrades ou antérogrades (défaut de fixation des évènements courants), des réactions anxieuses et, plus rarement, un état catatonique.

S. Korsakoff, neuropsychiatre russe (1889)

troubles caractériels chez un traumatisé cranioencéphalique l.m.

character disorders after head trauma

Apparition, après le traumatisme et indépendamment de sa gravité, d'une tolérance caractérielle faible face à l'ensemble des stimulus extérieurs, p. ex. aux contacts avec autrui ou au bruit. Le sujet impute souvent au traumatisme sa propre agressivité.
Un cercle vicieux peut s'établir avec un entourage inquiet, volontiers dépassé, déséquilibré, voire hyperprotecteur, assumant mal une victimisation, une apathie ou de soudaines colères.
La fréquence des investigations complémentaires normales et, a contrario, de l'échec des soins, le glissement vers une relation médicolégale souvent conflictuelle, touchant en particulier à l'évaluation de l'état psychique antérieur, peuvent contribuer à induire des réactions paranoïaques, notamment une sinistrose.
Prolongée sur des mois, l'évolution reste assez imprécise.

troubles cognitifs légers l.m.p.

mild cognitive impairment (MCI)

Le concept de troubles cognitifs léger permet  une meilleure caractérisation de la phase initiale de la Maladie d’Alzheimer en reconnaissant, en l’absence d’altération des activités de la vie quotidienne et de démence, l’existence d’une plainte mnésique corroborée par l’entourage, correspondant à une altération objective de la mémoire, associée à un fonctionnement cognitif global normal.
Ces troubles cognitifs légers se présentent sous deux aspects cliniques :
- une forme mnésique pure avec unique altération de la mémoire,
- une forme comportant au moins deux atteintes cognitives distinctes (mémoire, langage, compréhension ou jugement).
Cet état pré-démentiel est fort instable : le taux de conversion de la phase symptomatique pré-démentielle en maladie d’Alzheimer se situe entre 8 % et 15% par an, mais cet état est aussi à un moindre degré, potentiellement réversible.

A. Alzheimer, neuro-psychiatre allemand (1906)

Alzheimer (maladie de)

[H1]

Édit. 2018

troubles de la coordination l.m.p.

ataxie, coordination

[H1]

troubles de l'orientation l.m.

orientation disorders

Perturbations de la reconnaissance par le sujet des indices qui, dans le monde où il vit, caractérisent l'actualité et correspondent à la désorientation.
La désorientation touche constamment le temps, habituellement l'espace, voire les personnes (fausses reconnaissances possibles), enfin, au niveau le plus profond, la conscience de soi.
Elle est rencontrée classiquement dans la confusion mentale, les états démentiels et les syndromes amnésiques globaux (ictus amnésique, syndrome de Korsakoff). On peut aussi citer le temps disloqué ou figé du schizophrène et les perturbations du temps vécu dans les états thymiques (lent et pesant chez le mélancolique, ample, bondissant et pressé chez le maniaque).
Diverses formes d'agnosie spatiale sont observées en pathologie cérébrale organique.

S.S. Korsakoff, neuropsychiatre russe (1887)

troubles du caractère chez l'adolescent l.m.

adolescent with character disorders

Troubles observés chez les adolescents instables, agressifs, hyperémotifs, anxieux, renfermés ou excités, opposants ou versatiles, coléreux, dont le trait le plus marquant est l’incapacité à se contrôler.
Cette incapacité porte sur: l’acceptation d’une frustration, d’un reproche, d’une simple remarque, ou la prévision des conséquences d’un acte et l’évitement d’un geste impulsif, ou encore la réflexion sur soi. L’adolescent caractériel vit dans le présent et agit dans l’immédiat.

[H4]

troubles du caractère chez l'enfant l.m.

child with character disorders

Ensemble des manifestations pathologiques qui distinguent l’enfant difficile ou inadapté.
Pendant longtemps, la clinique de l’enfant caractériel se fonda sur les thèses constitutionnalistes empruntées aux types classiques de E. Dupré: émotifs, anxieux, paranoïaques, cyclothymiques, etc. Admettre cette terminologie implique un déterminisme rigide qui conduirait de façon linéaire du trouble de l’enfant à celui de l’adulte (cf. le criminel-né de C. Lombroso).
Dans leur grande majorité, les psychiatres d’enfants n’acceptent pas ces théories et accordent aux facteurs affectifs, aux conditions éducatives, une importance au moins égale à celle des facteurs héréditaires.

E. Dupré, psychologue et psychiatre français, membre de l’Académie de médecine (1862-1921)

[H4]

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