Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

82 résultats 

pseudopeladique (état) l.m.

pseudopelade

Syndrome caractérisé par le développement progressif d'une alopécie cicatricielle, donc définitive, en petites plaques habituellement multiples et lentement confluantes.
Les états pseudopeladiques évoluent sans folliculite inflammatoire cliniquement décelable. Le cuir chevelu est lisse, rosé, discrètement atrophique avec disparition totale des orifices des follicules pileux. Les étiologies sont multiples : lupus érythémateux chronique, lichen plan, sclérodermie, sarcoïdose, etc. La pseudopelade idiopathique, ou pseudopelade de Brocq, peut, pour certains, se rapprocher du lichen plan à un stade tardif de son évolution.

rêve (état de) l.m.

dreamy state

État particulier à certaines crises temporales, qui se situe parmi les crises épileptiques partielles simples sans altérations de la conscience, avec troubles psychiques, et dans le cadre de leurs formes de type cognitif et idéatoire.
"Le sujet a l'impression de vivre un rêve, soit qu'il s'agisse simplement d'une mauvaise appréhension du monde environnant, donnant lieu à des illusions épileptiques d'incohérence et d'irréalité, soit qu'il s'agisse d'hallucinations épileptiques véritables, visuelles le plus souvent." (H. Gastaut).
Caractérisant les épilepsies par atteinte des régions temporales mésiales et latérales, ces états de rêve comportent des sensations d'étrangeté, d'irréalité, de familiarité, de fréquente reviviscence du passé avec ecmnésies à type de sentiments de "déjà vu - déjà vécu".
Envahissant le patient, intensément éprouvés, ils peuvent s'accompagner de troubles émotionnels intenses avec anxiété paroxystique, état de panique et/ou crises agressives, plus rarement de sensations de bien-être, voire d'euphorie. Les phénomènes de pensée forcée sont rapportés plutôt à des décharges frontales. Les crises de rire (crises épileptiques gélastiques) ou de pleurs (crises dacrystiques) sont d'origine hypothalamique.
En fait, dans leur ensemble, les crises partielles simples avec symptômes psychiques sont très proches de crises partielles complexes.

J. H. Jackson, neurologue britannique (1880)

dacrystique (crise), épilepsie, ecmnésie, crise épileptique gélastique

sexe d'état civil l.m.

legal sex

Sexe officiel sous lequel l'enfant a été déclaré lors de sa naissance au service chargé des actes de l'état civil dans une commune.
Cette déclaration définit l'ensemble des qualités et des droits civils d'une personne. Le sexe de la personne peut être modifié par décision de justice si l'évolution de l'enfant prouve qu'une erreur a été commise lors de la déclaration de naissance.

Syn. sexe légal

stress post-traumatique (état de) l.m.

posttraumatic stress disorder

Dans les classifications actuelles (DSM-IV, CIM-10), séquelles d'un traumatisme psychique, dont la fréquence chez les vétérans du Viêtnam a suscité une réactualisation du syndrome de répétition de la névrose traumatique.
Cet état répond à un événement traumatique « hors du commun » (CIM-10), impliquant que le sujet « est ou a été menacé de mort ou de blessure grave, ou d'une atteinte à l'intégrité physique pour lui-même ou pour les autres »  (DSM-IV). L'événement est constamment revécu dans des souvenirs envahissants, des rêves répétitifs ou lors de « flashbacks », qui sont des retours brutaux avec intense charge émotionnelle. S'y ajoutent un évitement des stimulus associés au traumatisme, un émoussement de la réactivité générale et des symptômes de vigilance accrue.
Une telle description a eu le mérite de relancer l'intérêt sur ce type de manifestations. Toutefois, sa référence au concept de stress semble réductrice dans la mesure où traumatisme psychique et stress ne sont pas de même nature. Le terme de « troubles » ou « désordres psychotraumatiques » serait plus adéquat.

transe (état de) l.m.

trance state

Altération transitoire de la conscience de soi, avec baisse de la sensibilité aux stimulus, voire transport du sujet en dehors de lui-même et du monde réel, comportements automatiques et exaltation fréquente.
Il arrive que le sujet se comporte comme s'il était habité par une autre personnalité un esprit, une divinité, ou une "force".
Ces états se rencontrent surtout dans un contexte religieux ou culturel particulier, souvent collectif (vaudou, exorcisme, etc.), sous hypnose, après prise d'alcool ou de certaines substances et lors d'une pratique poussée du yoga et du zen.
En dehors de ces circonstances (ou dans leur cadre), l'état de transe est décrit parmi les troubles dissociatifs (de conversion) dans les classifications actuelles (CIM, DSM).

état crépusculaire, exaltation, extase

état anxieux aigu l.m.

acute anxious state

anxiété aigüe

[H3]

Édit. 2018  

état crépusculaire l.m.

twilight state

Altération transitoire de la vigilance, avec sentiment de déréalisation et irruption de l'imaginaire mais maintien relatif des repères temporospatiaux, voire d'une activité relativement coordonnée, bien que souvent automatique.
Des actes médicolégaux, en particulier hétéroagressifs, sont possibles. Une amnésie lacunaire est de règle.
Cet état a été considéré comme un des cinq "types de syndromes exogènes aigus", épiphénomènes non spécifiques d'entraves organiques du cerveau, que relie surtout l'obscurcissement de la conscience(1).
Ce terme recouvre en fait des aspects cliniques disparates : états crépusculaires critiques et postcritiques récidivants de l'épilepsie, mais aussi diverses formes, notamment subconfusionnelles, oniriques ou oniroïdes, d'autres origines (postémotionnelles, p. ex.), délires de rêve hystériques.
(1)

K. Bonhoeffer,  neuropsychiatre allemand (1910) (1)

[H1,H3]

Édit. 2018  

état d'agitation

agitation, agitation postopératoire

[H3]

Édit. 2018  

état dangereux l.m.

dangereux (état - en criminologie), dangerosité en psychiatrie

[H3]

Édit. 2018  

état de choc l.m.

state of shock

1) En médecine, syndrome consécutif à une désadaptation du contenant circulatoire et du contenu sanguin entraînant des troubles graves pouvant évoluer vers la mort.
2) En psychologie, on utilise abusivement la locution d'état de choc pour une personne ayant été témoin d'accident ou ayant eu une grande peur. Cette apathie ou stupeur n'a pas de commune mesure avec les chocs respiratoires.

choc, classification des états de choc

[G1,N1,H4]

Édit. 2018  

état de compétence l.m.

competence

État naturel ou obtenu artificiellement au laboratoire qui permet l’entrée d’ADN étranger dans une bactérie au cours de la transformation.

[Q1,C3]

Édit. 2018  

état de mal l.m.

state of the evil

Suite de paroxysmes pathologiques entre lesquels le malade ne revient pas à un état normal.
angine de poitrine, asthme aigu grave, épilepsie

[N1]

Édit. 2018  

état de mal angineux l.m.

intactable angina, impending myocardial infarction

État pathologique caractérisé par la prolongation anormale ou le renouvellement rapide d’une douleur d’angine de poitrine, qui reflète une souffrance ischémique aigüe du myocarde et constitue une urgence thérapeutique.
infarctus du myocarde

Étym. anginaango : étrangler)

Syn. angor

[K2]

Édit. 2018  

état de mal asthmatique l.m.

asthme aigu grave

[K1]

Édit. 2018  

état de mal éclamptique l.m.

repeated eclamptic fits

Succession de crises d'éclampsie sans résolution complète entre les crises.
Etymeclampsis : subit
éclampsie

[O3]

Édit. 2018  

état de mal épileptique l.m.

status epilepticus

Activité épileptique continue ou par crises subintrantes.
Cet état peut revêtir autant d'aspects qu'il existe de variétés de crises épileptiques (notamment état de mal convulsif moteur partiel, myoclonique ou non convulsif). Il peut survenir chez un épileptique connu ou être la première manifestation d'une atteinte cérébrale dont il importe de préciser la nature.
L'état de mal convulsif généralisé doit être distingué de la crise tonique postérieure, signe d'une hypertension de la fosse postérieure de mauvais pronostic. De toute façon une prise en charge urgente s'impose.
épilepsie

[H1]

Édit. 2018  

état lacunaire l.m.

démence vasculaire, lacunaires (syndromes neurologiques)

[H1]

Édit. 2018  

état limite l.m.

borderline personality disorder

Concept toujours discuté, depuis A. Stern surtout (1938), selon que ces états se trouvent situés au carrefour des névroses et des psychoses, dans l'un des deux groupes ou indépendamment d'eux.
Troubles d'abord considérés comme des formes larvées de schizophrénie : latente (E. Bleuler), pseudonévrotique (P. Höch et P. Polatin, 1949), etc. Il est de fait que l'apparition, en cours de cure psychanalytique, de signes et de défenses psychotiques (clivage, déni, notamment) après une présentation névrotique initiale, a beaucoup contribué à leur reconnaissance.
Par contre, O.F. Kernberg les place plutôt parmi les personnalités névrotiques, selon un continuum avec les hypomaniaques, puis les cyclothymiques. S'il admet la possibilité d'épisodes psychotiques transitoires, c'est sur un fond de personnalité constant.
À côté du "type impulsif", la CIM 10 fait du "type borderline" un sous-groupe de la "personnalité émotionnellement labile", comportant : perturbations de l'image de soi, des objectifs et des préférences personnelles ; sentiments de vide ; intensité et instabilité des relations, source de crises émotionnelles, avec efforts démesurés pour éviter les abandons, voire menaces répétées ou gestes auto-agressifs (possibles également sans facteurs déclenchants manifestes). Il est de fait que les effondrements dépressifs sont fréquents. L'état limite représente la personnalité de base d'une partie des alcooliques et des toxicomanes
Les critères de cette entité, présentée comme autonome par le DSM IV, rejoignent assez bien ceux de la CIM.
La prise en soins est difficile et aléatoire.
personnalité "as if", personnalité émotionnellement labile

A. Stern, psychiatre et psychanalyste américain (1938) ; E. Bleuler, psychiatre suisse (1911) O. F. Kernberg, psychiatre américain (1979)

[H3]

Édit. 2018  

état limite de l'enfant et de l'adolescent l.m.

child and adolescent borderline personality disorder

Cadre hétérogène de troubles se démarquant de la névrose autant que de la psychose, volontiers retenu dans ces tranches d'âge pour souligner les potentialités évolutives plus diversifiées des troubles de l'enfance et de la crise maturative de l'adolescence, ainsi que leur pronostic moins défavorable si l'on intervient en temps opportun et avec des moyens adaptés.
Cet arrêt du développement comporte notamment l'impossibilité d'assumer le second processus de séparation-individuation(1). Une telle incapacité est liée surtout au refus maternel de participer à la première phase de ce processus. Des facteurs précipitants éventuels l'accentuent (séparation objective, perte, etc.). En résulteraient une angoisse et une réaction dépressive, elles-mêmes à la base de mécanismes de défense primitifs (clivage, déni, en particulier).

J. F. Masterson (1), psychiatre américain (1971)

[H3,O1]

Édit. 2018  

état métastable l.m.

metastable (state)

Etat caractérisant un composant capable de se transformer spontanément en un autre mais de manière infiniment lente, si bien que la vitesse de transformation n’est pas mesurable.
L’état métastable peut être rompu par addition d’un catalyseur. C’est le cas des enzymes en biologie, dont le rôle est d’accélérer des réactions chimiques qui sont spontanément trop lentes pour être détectables.
Syn métastabilité

[C1]

Édit. 2018  

état oniroïde l.m.

oneiroid state

(1), accompagné d'éléments confusionnels mineurs, sinon inexistants.
Ce syndrome assez complexe se présente surtout sous la forme d'un délire en général subaigu, réversible même s'il peut évoluer sur une longue période (2). Ineffable, mystérieux, pathétique ou fantastique, comportant souvent une exubérance imaginative et un contexte dysthymique, mais sans atteinte profonde de la personnalité ni discordance, il donne une impression de compréhensibilité, de proximité du sens latent.
S. Follin le rapproche des psychoses hystériques et de certaines formes délirantes de la psychose maniacodépressive. Mais il estime que de tels processus altèrent l'organisation de la vie mentale et constituent toujours un moment de discontinuité dans une trajectoire existentielle, qui se trouve ainsi modifiée. Car aucune évolution délirante n'est sans substrat ni incidences.
(1 (2) (2)
bouffée délirante, psychose délirante aigüe ou subaigüe

H. Ey (1955) et J. Rouart(1) psychiatres français (1950) ; W. Mayer-Gross, psychiatre allemand (1889-1961) (2); S. Follin , psychiatre français(1963) (2)

[H3]

Édit. 2018  

état précancéreux l.m.

état prénéoplasique

[F2]

Édit. 2018  

état prénéoplasique l.m.

precancerous condition

Ensemble d'altérations tissulaires qui, en elles-mêmes ne sont pas malignes, mais qui peuvent, dans leur évolution et selon une probabilité variable, être associées à un cancer ou en être le prélude, et constituent donc un facteur de risque plus ou moins déterminant.
Certaines sont des lésions non tumorales, régénératives, hyperplasiques ou dysplasiques, acquises, p. ex. rectocolite hémorragique, hyperplasie endométriale, métaplasie bronchique, leucoplasies buccale, vulvaire, pénienne, kératose solaire cutanée, radiodermite, gastrite chronique, etc. Elles peuvent produire un cancer à leur niveau dans une proportion variable de cas. D'autres sont des tumeurs bénignes dont l'évolution comporte un risque variable de transformation maligne, p. ex. polyadénome et tumeur villeuse du côlon, tumeur séreuse et mucineuse de l'ovaire, adénome pléomorphe des glandes salivaires. D'autres enfin sont des maladies génétiques à expression tumorale, telles la polypose rectocolique familiale, la neurofibromatose de Recklinghausen, dans l'évolution desquelles on voit fréquemment apparaître soit une transformation maligne de la, ou des tumeurs, soit l'émergence de néoformations variées : méningiome, gliome, mélanome, phéochromocytome p. ex. dans le cas de la maladie de Recklinghausen, avec une fréquence pouvant atteindre 100 % des cas.

Syn. état précancéreux

[F2]

Édit. 2018  

état pseudopeladique l.m.

pseudopeladique (état)

[J1]

Édit. 2018  

état second l.m.

Terme français qui, depuis J.M. Charcot notamment, décrit un état pathologique transitoire avec trouble particulier de la conscience, comportant une dissociation entre les activités automatiques, qui restent coordonnées bien que parfois incongrues et bizarres, et la personnalité, à laquelle ces activités restent étrangères, voire contrastent avec l'éducation reçue.
Proche de l'état crépusculaire ou même intriqué, il en différerait, au moins en théorie, par l'absence d'obnubilation confusionnelle globale et la notion d'un "rétrécissement du champ de conscience" (P. Janet), donc d'un trouble névrotique.
L'état second s'observe surtout chez les hystériques et au cours de l'hypnose. Une de ses formes les plus typiques serait le somnambulisme non épileptique. Il est devenu plus rare depuis qu'il suscite moins d'intérêt.

J.M. Charcot, neurologue français, membre de l’Académie de médecine (1825-1893) ; P. Janet, médecin, psychologue et philosophe français (1859-1947)

état crépusculaire, état hypnoïde

[H3]

Édit. 2018  

| page précédente | /4 | page suivante