Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

730 résultats 

imprégnation argentique de Grocott l.f.

Grocott-Gömöri’s methenamine silver method

Application à la détection des champignons de la méthode de Gömöri à l'argent méthénamine.
Cette méthode repose sur la réduction du nitrate d'argent par les groupements aldéhydes provenant de la paroi des champignons après oxydation avec de l'acide chromique.

G. Gömöri, histologiste américain d’origine hongroise (1946) ; R. G. Grocott, histologiste américain (1955)

Étym. lat. impraegnare : rendre enceinte

Syn. méthode de Gömöri-Grocott

maximum intensity projection (MIP)  l.angl.

Méthode de visualisation permettant, à partir d'une série de coupes, de projeter les voxels du volume exploré sur un plan en ne retenant que ceux dont la densité est la plus forte.
Cette méthode est employée notamment en angioIRM, mais aussi en angioscanner.
Edit. 2018

images MIP

[B2,B3]

mésothérapie n.f.

mesotherapy

Méthode thérapeutique consistant à injecter de faibles quantités de médicaments actifs directement dans le derme et l'hypoderme grâce à un appareil muni de multiples aiguilles fines et courtes.
Cette méthode est préconisée par certains dans le traitement local de la cellulite, des affections vasculaires, des manifestations douloureuses, des rhumatismes chroniques, des maladies allergiques, ou encore des alopécies. Des abcès à Mycobacterium chelonae ou fortuitum ont été décrits après certaines injections, notamment dans les zones adipeuses.

Étym. gr. mesos : milieu ; thérapéia : traitement

mesure effractive de la pression artérielle l.f.

invasive measure of the blood pressure

Méthode de mesure de la pression artérielle, par cathétérisme artériel, utilisée en anesthésiologie, en particulier à l’occasion d’une intervention de chirurgie cardiaque, et en réanimation.
Beaucoup plus précise que la méthode clinique, elle apporte par son enregistrement des informations supplémentaires.

pression artérielle

méthode actuarielle l.f.

actuarial method

Méthode de mesure d’une variable censurée ou tronquée.
P. par exemple mesure d’une survie qui requière la survenue de « l’événement décès ». Par extension, cette notion de « décès » peut s’appliquer à tout événement non récurrent qui survient dans le temps, par exemple l’apparition d’une récidive ou de la métastase d’un cancer.
Les mesures reposent sur le principe des probabilités conditionnelles. Dans la méthode actuarielle, les chutes des taux de survie sont évaluées à intervalles réguliers.

Étym. gr. methodos : poursuite, recherche (de méta- et hodos : route) ; lat. actuarius : comptable, qui concerne les actes (actus : acte)

variable censurée, variable tronquée, probabilités conditionnelles

[E1]

Édit. 2020

méthode par projection-reconstruction l.f.

projection-reconstruction technique

En IRM, méthode proposée pour reconstruire un plan préalablement sélectionné par un gradient de sélection Gs, consistant à utiliser un gradient de lecture Gl dont la direction, dans le plan de coupe, tourne d'un petit angle à chaque séquence.
A la fin des N séquences, l'ensemble des signaux du plan examiné aura été "projeté" sur 180° ou 360° et l'intensité du signal en chaque point pourra être calculée. La rotation du gradient Gl dans le plan de lecture est effectuée en combinant deux gradients perpendiculaires. Ainsi, si l'on fait des coupes axiales, le gradient Gs est dirigé selon l'axe z'z ; pour faire tourner le gradient Gl on combinera deux gradients GY et GX dirigés suivant y'y et x'x : en contrôlant leur intensité respective, on "balaie" l'ensemble des directions du plan. Cette méthode a l'avantage d'être simple, mais elle est très sensible aux artéfacts de mouvement et aux inhomogénéités du champ magnétique : on lui préfère la technique par double transformation de Fourier (technique 2DFT).

Étym. lat. projectio : action de jeter en avant (pro et jacere : jeter), 

calcul matriciel

méthode par rétroprojection filtrée l.f.

filtered back projection technique

En scanographie, méthode employée pour reconstruire l'image à partir des données brutes.
Ces données, résultats de multiples projections effectuées par l'appareil, sont les sommes des densités de chacune des rangées, colonnes et diagonales de la coupe examinée. A partir d'elles, l'ordinateur va, par "rétroprojection" de ces données sur la matrice, recalculer voxel par voxel les valeurs numériques des densités, utilisant pour ses calculs la méthode de convolution et des filtres électroniques.

filtre de reconstruction, filtre de traitement d'image

méthode séquentielle l.f.

sequential contraception

Méthode de contraception orale dans laquelle un produit œstrogène exerce l'effet inhibiteur sur l'ovulation.
L'œstrogène (éthinylœstradiol) est administré seul pendant 7 à 18 jours ; le progestagène est ensuite donné dans le but d'obtenir une desquamation valable de l'endomètre. Cette méthode est abandonnée car elle favoriserait les cancers de l’endomètre.

Étym. lat. sequentia, de sequi : suivre

méthode par projection-reconstruction en IRM l.f.

projection-reconstruction technique

En IRM, méthode proposée pour reconstruire un plan préalablement sélectionné par un gradient de sélection Gs, consistant à utiliser un gradient de lecture Gl dont la direction, dans le plan de coupe, tourne d'un petit angle à chaque séquence.
A la fin des n séquences, l'ensemble des signaux du plan examiné aura été "projeté" sur 180° ou 360° et l'intensité du signal en chaque point pourra être calculée. La rotation du gradient Gl dans le plan de lecture est effectuée en combinant deux gradients perpendiculaires. Ainsi, si l'on fait des coupes axiales, le gradient Gs est dirigé selon l'axe z'z ; pour faire tourner le gradient Gl on combine deux gradients GY et GX dirigés suivant y'y et x'x. En contrôlant leur intensité respective, on "balaie" l'ensemble des directions du plan.
Cette méthode, qui a l'avantage d'être simple, est très sensible aux artéfacts de mouvement et aux inhomogénéités du champ magnétique. On lui préfère actuellement la technique par double transformation de Fourier (technique 2DFT).

Étym. lat. projectio : action de jeter en avant (pro et jacere : jeter), 

calcul matriciel, technique 2DFT

[B2,B3]

Édit. 2018

méthode par rétroprojection filtrée en TDM l.f.

filtered back projection technique

En scanographie, méthode employée pour reconstruire l'image à partir des données brutes.
Ces données, résultat de multiples projections effectuées par l'appareil, sont les sommes des densités de chacune des rangées, colonnes et diagonales de la coupe examinée. A partir d'elles, l'ordinateur va, par "rétroprojection" de ces données sur la matrice, recalculer voxel par voxel les valeurs numériques des densités, utilisant pour ses calculs la méthode de convolution et des filtres électroniques.

filtre de reconstruction, filtre de traitement d'image

[B2,B3]

Édit. 2018

microbiote intestinal l.m.

intestinal microbiota

Ensemble des populations microbiennes qui, dès la naissance, colonisent le tractus intestinal et jouent un rôle physiologique majeur et de sorte que le microbiote intestinal peut être considéré comme un organe à part entière qu’il est essentiel de préserver.
L’intestin héberge dix fois plus de microbes que le corps humain ne compte de cellules somatiques ou germinales. Il représente une diversité génique (microbiome) 100 à 150 fois plus élevée que celle du génome humain. La masse de ces bactéries est d’environ 1 kg. La flore intestinale s’enrichit de l’estomac qui contient 102 à 103 bactéries/g, du duodénum (104 à 105 bactéries /g), de l’intestin grêle (105 à 108 bactéries/g) jusqu’au colon (1010 à 1011 bactéries/g).
Le microbiote intestinal assure des fonctions bénéfiques :
- fonction trophique sur la muqueuse intestinale avec développement du système immunitaire (en son absence le système immunitaire ne mature pas normalement),
- fonctions métaboliques, telles la fermentation des résidus alimentaires, la synthèse d’acides gras, d’acides aminés indispensables, de vitamines,
- fonction de barrière contre les bactéries pathogènes.
Le déséquilibre de la flore intestinale, appelé dysbiose, est associé à des conséquences néfastes pour l’hôte. Les principales causes de dysbiose sont une infection virale, bactérienne ou parasitaire, un changement d’environnement ou d’alimentation, un déficit immunitaire, une prise médicamenteuse en particulier d'antibiotique.
La dysbiose est impliquée dans le déterminisme de nombreux états pathologiques. Des maladies aussi diverses que l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires, la colite à Clostridium difficile, des maladies intestinales chroniques, l’hépatite pseudo-alcoolique ou NASH, certains cancers, la polyarthrite rhumatoïde, l’asthme, l’eczéma, des maladies neurologiques,… ont été associées à des perturbations quantitatives et qualitatives du microbiote intestinal.
Le microbiote des obèses, moins diversifié que celui des sujets qui ne le sont pas, compte moins de Bacteroïdes et plus de Firmicutes. Surtout, la flore des patients obèses se répartit selon une courbe bimodale, permettant de différentier des individus avec un faible compte de gènes et ceux avec un fort portage. Ceux avec un faible compte de gènes ont un microbiote caractérisé par une prévalence élevée en bactéries pro-inflammatoires et cette moindre diversité génique est associée à une insulinorésistance, un diabète, une dyslipidémie…. Le microbiote de l’autre groupe est caractérisé par un pourcentage important de bactéries anti-inflammatoires parmi lesquelles Faecalibacterium prausnitzii. Les études expérimentales ont apporté de forts arguments en faveur du caractère transmissible de l’obésité. Les masses grasses totales et périgonadiques (tissu étudié pour son activité métabolique et sa sensibilité à l’insuline) de souris conventionnelles, hébergeant un microbiote non sélectionné, sont supérieures à celles de souris axéniques (élevées en dehors de tout contact microbien et dépourvues de tout germe) de même âge et de même souche. La colonisation de ces souris sans germes avec le microbiote intestinal de souris conventionnelles aboutit à une augmentation de leur masse grasse en dépit d’une réduction des apports alimentaires. En transférant en parallèle le microbiote de souris minces et de souris transgéniques déficientes pour le gène de la leptine (souris ob/ob hyperphages et obèses) à des souris axéniques, il a été constaté une augmentation significativement plus importante de la masse grasse chez les souris colonisées par le microbiote de souris obèses. Le microbiote module aussi l’extraction énergétique des aliments. Ainsi, l’étude calorimétrique montre moins d’énergie résiduelle dans les selles des souris obèses que dans celles des souris minces.
La colite à Clostridium difficile, souvent déclenchée par un traitement antibiotique à l’origine d’une perturbation de la flore intestinale, est une pathologie fréquente, pouvant être grave et à risque de récidive. La transplantation fécale de microbiote de sujets sains a démontré son efficacité et peut être proposée, en cas d’échec de traitement conventionnel et en l’absence d’alternative thérapeutique, selon un protocole rigoureux et standardisé des donneurs afin de prévenir la transmission d’agents pathogènes infectieux.
Le microbiote des personnes atteintes d'une maladie chronique inflammatoire des intestins (maladie de Crohn et rectocolite ulcéro-hémorragique) est globalement déséquilibré avec augmentation de certaines familles comme les Entérobactéries, les Fusobactéries et les Pasteurella, avec réduction des Firmicutes, en particulier Clostridium et F. prausnitzii. Etablir une relation causale entre la modification du microbiote et certaines maladies est parfois difficile, en particulier pour les maladies chroniques inflammatoires des intestins. Il est difficile de prouver que le changement du microbiote précède l’apparition de la maladie. Cependant, même si la dysbiose n’est pas à l’origine de la maladie, elle peut être un facteur pour la perpétuer.
Le microbiote intestinal pourrait être impliqué dans la progression de la stéatose non alcoolique (NAFLD : non alcoholic fatty liver disease) vers l’hépatite pseudo-alcoolique (NASH : non alcoholic steatosis hepatitis) et le carcinome hépatocellulaire.
A côté des nombreuses maladies suscitées au cours desquelles la dysbiose du microbiote intestinal pourrait jouer un rôle, il faut insister sur l’implication directe des micro-organismes lors des 1 000 premiers jours de vie (pour 270 jours de grossesse et 2 x 365 premiers jours de vie), qui se sont révélés être une période cruciale potentiellement propice au développement de maladies chroniques. Le fœtus humain vit dans un milieu stérile, ; la primo-colonisation de son tube digestif dépend de la voie d’accouchement : par voie basse, l’enfant est colonisé par des bactéries qui reflètent la flore vaginale, par césarienne la flore cutanée ; or l’accouchement par césarienne est caractérisé par une dysbiose et un microbiote moins important que par voie vaginale. Après la naissance, le microbiote se met en place sous l’influence de nombreux facteurs environnementaux déterminés par l’alimentation, le mode de vie et les traitements. Il existe un lien entre une prise précoce d’antibiotiques et le développement ultérieur de maladies dans l’enfance, asthme, développement d’une obésité, maladie de Crohn, diabète de type 1, allergie.
L’exploration des fonctions du microbiote intestinal comportant les réponses immunitaires de l’hôte a été développée suivant une approche moléculaire globale : la métagénomique. Une méthode de criblage fonctionnel à haut débit a été établie utilisant la stratégie des gènes rapporteurs afin d’étudier les interactions microbiote-hôte impliquant la régulation du facteur de transcription NF-κB, un élément clef de la réponse immunitaire et inflammatoire. Cette méthode repose sur l’utilisation de cellules épithéliales coliques humaines exprimant un système rapporteur de l’activation de NF-κB. . Après avoir été caractérisées, ces cellules ont été utilisées pour des criblages de banques métagénomiques du microbiote intestinal humain et de collections de souches commensales humaines cultivables afin d’identifier des capacités modulatrices de NF-κB. Sur 2640 clones métagénomiques testés, 171 clones modulateurs de l’activité NF-κB ont été identifiés.
Compte tenu du volume du champ de recherche, l’étude du microbiote intestinal n’aurait pu se faire sans l’apport des sciences omiques.

Étym. gr. micros : petit ; bios : vie 

Syn. anc. flore intestinale

flore intestinale, leptine, dysbiose, microbiome intestinal, métagénomique, métagénome, microbiote, NF-κB (facteur de transcription), omiques (sciences)

[C3,D1,L1,Q1,Q3]

pénalisation alternante l.f.

alternating penalization

Méthode dans laquelle le sujet porte deux paires de lunettes avec une surcorrection de 3 dioptries sur un des deux yeux dans chaque paire et change de lunettes tous les jours.
Méthode utilisée en attendant l'opération pour maintenir l'alternance après rééducation de l'amblyopie.

phlébographie supra-rénale l.f.

suprarenal phlebography, suprarenal venography

Examen radiographique des veines supra-rénales (surrénales) après opacification par un produit de contraste iodé hydrosoluble.
Autrefois considérée comme une méthode précise de diagnostic des lésions de faible volume de la glande supra-rénale, la phlébographie était réalisée le plus souvent par cathétérisme sélectif successif des deux veines supra-rénales selon la méthode de Seldinger. Le cathétérisme pouvait être suivi d'un prélèvement de sang destiné à des dosages hormonaux.
Cette technique n'est plus utilisée.

photothérapie dynamique topique à l'acide delta aminolevulinique (ALA) l.f.

Méthode basée sur le principe de la photosensibilisation, c'est-à-dire sur l’activation d’un chromophore par la lumière, utilisée pour le traitement des cancers et précancers cutanés non mélaniques.
Le photosensibilisant est un chromophore endogène, la protoporphyrine IX  synthétisée dans toutes les cellules, dont les kératinocytes, à partir de l’ALA.
L’application d’ALA sur la peau entraîne, par excès de substrat, l’accumulation de protoporphyrine IX dans les cellules. L’absorption de l’ALA  se fait électivement par les cellules à renouvellement rapide et par les cellules cancéreuses, induisant ainsi une accumulation élective de protoporphyrine IX dans ces cellules et, en conséquence,  une certaines électivité de l’action thérapeutique. L’absorption est facilitée par la méthylation de l’ALA. L’activation par une lumière visible (rouge ou bleue) de la protoporphyrine IX ainsi accumulée dans la cellule déclenche une réaction photodynamique avec production d’une grande quantité d’oxygène singulet, aboutissant à la mort cellulaire.
En pratique, une crème à base d’ALA ou d’un de ses dérivés méthylés (Metvix®  ou Metvixia®) est appliquée sous pansement occlusif pendant trois heures sur la zone cutanée à traiter, puis cette zone est illumintée par une source lumineuse, le plus communément une diode électro-luminescente.
Les indications actuellement retenues par l’AMM pour cette méthode thérapeutique sont les kératoses actiniques fines non kératosiques et non pigmentées du visage et du cuir chevelu, le carcinome basocellulaire superficiel et non récidivant du cou et des membres, mais aussi la maladie de Bowen non pigmentée chez les sujets immunocompétents lorsque le traitement chirurgical est impossible.

posturographie n.f.

posturography

Étude, le plus souvent en position debout, des appuis sur le sol des pieds d'un sujet, par des enregistrements électriques des différents points de la plante, au repos, dans l'instant ou dans la durée.
C’est une méthode d'exploration de la voie vestibulospinale fondée sur l'étude au sol du centre  de gravité du sujet. Elle réalise un enregistrement graphique de l’équilibre postural d’un sujet debout placé sur une plateforme reposant sur 4 jauges de contrainte. Elle permet la mesure de la vitesse de déplacement du centre de gravité, de la surface de sa course, de son trajet. Il s'agit d'une véritable évaluation des paramètres mis en jeu lors de l'épreuve de Romberg.
On utilise la posturographie simple et la posturographie dynamique (lors des mouvements inopinés donnés à la plateforme). Une étude électromyographique peut y être associée
Une autre méthode étudie, en règle en position debout, les points d’appui sur le sol des pieds du sujet par des enregistrements électriques des différents points de la plante, au repos, dans l’instant ou dans la durée. La posturographie rend alors compte des anomalies de la configuration de la plante et des variations de la sensibilité proprioceptive assurant l’équilibre du corps.

équitest, statokinésimétrie, stabilométrie

pression artérielle l.f.

blood pressure, arterial pressure

Pression résultant de l'équilibre entre le volume sanguin, la pression consécutive à la contraction du ventricule gauche (pression artérielle) et la force vasoconstrictrice des artérioles (tension artérielle).
Comme cette pression varie cycliquement au cours de chaque période cardiaque on distingue la pression maximale, qui correspond à la systole et la pression minimale qui correspond à la diastole ; en outre, pour estimer le débit sanguin délivré par une artère, on utilise la pression moyenne au cours du cycle (voisine de la pression efficace c'est-à-dire de la pression continue qui assurerait un même débit, toutes choses égales par ailleurs).
L'unité internationale de la pression est le Pascal (Pa). Un millimètre de mercure égale 133 Pa. En clinique, la pression artérielle (PA) est exprimée en cm de mercure ou soit en mm de mercure.
En clinique on mesure de façon non-effractive la pression artérielle par la méthode auscultatoire, sauf précision spéciale dans une grande artère, de préférence l'humérale droite chez le sujet assis ou couché (ce qui correspond à peu près à la pression à la sortie du cœur gauche). Mais il ne faut pas perdre de vue que les pressions artérielles locales varient notablement avec la position du sujet et avec les accélérations, au cours des chocs et des vibrations notamment.
La méthode oscillométrique, non effractive elle aussi, est employée pour le monitorage : la pression systolique correspond au début des oscillations, la pression diastolique à leur extinction et la pression moyenne au maximum d'oscillations.
Les valeurs normales chez l'adulte sont : pression systolique < 140 mm de Hg, pression moyenne de l’ordre de 120 mm de Hg, pression diastolique < 90 mm de Hg. Le tableau ci-dessous donne les valeurs normales de la pression artérielle dans différentes artères et celle régnant dans les différentes veines et sa valeur dans les principales veines, dans le champ de pesanteur normal, 1Gz, et sous 5 Gz (cas des polytraumatismes), la pression dans l'oreillette droite servant de référence (sujet debout).
Au niveau des membres inférieurs, les pressions s’élèvent en position debout et s’abaissent en position de Trendelenburg. Les réductions tensionnelles lors du passage du clinostatisme à l’orthostatisme doivent être inférieures à 20mm de Hg.
En anesthésiologie, particulièrement en chirurgie cardiaque, et en réanimation on utilise souvent la mesure directe (effractive) de la pression artérielle par cathétérisme artériel : elle est beaucoup plus précise et son enregistrement apporte des informations supplémentaires. Le calcul de la pression moyenne se fait alors par intégration électronique de la pression instantanée au cours du temps.
En microgravité, la distribution de la masse sanguine entraîne une augmentation de la pression artérielle (et veineuse) au-dessus du cœur et une diminution au-dessous du cœur.

Syn. tension artérielle (impropre)

psychanalyse (historique sommaire de la) l.m.

psychoanalysis (historic summary of)

Historiquement, méthode de traitement des symptômes névrotiques inventée par S. Freud, qu'avaient déçus les résultats obtenus par l'hypnose et la méthode cathartique de J. Breuer.
Elle repose sur la règle de l’association libre, permettant d'amener à la conscience du malade le matériel refoulé, et sur l'établissement d'une relation transférentielle.
À partir de 1902, les disciples de Freud se groupèrent puis se séparèrent, pour des raisons doctrinales, en diverses écoles et sociétés.
Après la deuxième guerre mondiale, le mouvement psychanalytique a connu un destin divers selon les pays. Il disparaît pratiquement en Allemagne et en Europe de l'Est. En Grande-Bretagne, il subit l'influence de S. Ferenczi et de M. Klein. Aux États-Unis, la cure analytique a tendance à devenir une technique d'adaptation parmi d'autres. En France et dans les pays de langue latine, la rupture produite par l’enseignement de J. Lacan a marqué l’histoire et la pratique de la psychanalyse.

S. Freud, neurologue et psychiatre autrichien, pionnier de la psychanalyse, (1856-1939) ; J. Breuer, neurophysiologiste  autrichien, « père » de la psychanalyse (1842-1925) ; S. Ferenczi, psychanalyste hongrois (1873-1933) ; Mélanie Klein, psychanalyste britannique de l'enfant (1882-1960) ; J. Lacan, psychiatre psychanalyste français (1901-1981)

remplacement d'allèle l.m.

allele replacement, allele displacement, allele transplacement, gene replacement, homogenotisation

Méthode consistant à substituer in vivo un allèle à un autre : elle est réalisée par recombinaison homologue réciproque entre les séquences d'un vecteur porteur d'un allèle et du chromosome porteur de l'allèle à remplacer.
On parle alors de transformation intégrative. Cette méthode permet d'introduire un allèle muté (une mutation) chez un organisme difficilement mutable, ou de remplacer un allèle muté par un allèle sauvage.

Syn. remplacement de gène

allèle, mutagénèse inverse

résistance vasculaire l.f.

vascular resistance

Force qui s’oppose à l’écoulement du flux sanguin dans les vaisseaux, qui est fonction du débit cardiaque ou vasculaire, et de la pression régnant dans le cœur ou le vaisseau considéré : elle s’exprime en unités Wiggers.
On distingue : la résistance vasculaire périphérique (normalement 1000 à 1500 unités Wiggers), et la résistance artérielle pulmonaire (normalement 350 unités Wiggers) dont l’élévation joue un rôle considérable dans le pronostic et les possibilités thérapeutiques de certaines cardiopathies avec hypertension pulmonaire.
On rapporte souvent le débit cardiaque à la surface corporelle : on parle alors d'index cardiaque (exprimé en litres par minute et par mètre carré) : valeur normale  de l'ordre de 3 L/min/m2.
On mesure le débit cardiaque par différentes méthodes .La méthode de référence est basée sur le principe de Fick, mais elle nécessite la pose d'un cathéter au niveau du cœur pour prélever un échantillon de sang veineux mêlé. La technique utilisée en clinique, méthode de Stewart-Hamilton, dérivée de celle de Fick, est fondée sur l'injection intravasculaire d'un bol d'indicateur (colorant, isotope radioactif ou solution froide) ; elle est utilisée avec un cathétérisme cardiaque si l'on veut enregistrer le débit en continu.
Un bas débit se voit au cours de certains chocs hypovolémiques et lors de l'insuffisance cardiaque aigüe ou chronique.
L’unité Wood peut être utilisée pour la mesure de la résistance vasculaire, elle correspond à 80 unités Wiggers. 

C. J. Wiggers, physiologiste américain (1915)

défaillance cardiaque, Fick (principe et équation de), index cardiaque, insuffisance cardiaque, pression, viscosité du sang, Stewart-Hamilton (méthode de), unité Wiggers, unité Wood

Sabin et Feldman (test de) l.m.

Sabin-Feldman’s test, dye-test

Test sérologique d’affinité tinctoriale longtemps considéré comme la méthode de référence pour le sérodiagnostic de la toxoplasmose, consistant à mettre en présence des toxoplasmes vivants, entretenus sur ascite de Souris, du complément et des dilutions du sérum à étudier.
Dans la technique originale, l’action des anticorps spécifiques sur des toxoplasmes vivants était appréciée in vivo par la perte d’affinité tinctoriale pour le bleu de méthylène (d’où le nom de la méthode : dye-test ou test de coloration). Par la suite, ce test a été simplifié par l’examen en microscopie à contraste de phase, montrant, en cas de réaction positive, des toxoplasmes lysés (d’ou le nom actuel de test de lyse).

A. Sabin, microbiologiste américain et H. A. Feldman, épidémiologiste américain (1948)

Syn. dye-test, test de lyse

toxoplasmose

stratification n.f.

stratification

Lorsque dans un essai randomisé, un facteur de pronostic important est prouvé dans la population incluse dans l’étude, méthode consistant au lieu de faire un tirage au sort sur l’ensemble de cette population, à effectuer deux tirages au sort : l’un chez les malades présentant ce facteur pronostique et l’autre chez les patients qui en sont démunis.
Cette méthode a pour objet d’accroître les chances que les deux sous-groupes soient similaires.

[E1]

Édit. 2020

Tanner et Whitehouse (méthode de) l.f.

Tanner et Whitehouse method , WT method

Procédé d’évaluation de la maturation squelettique et prédiction de la taille à l’âge adulte basée sur l’étude radiographique de la main et du poignet et sur le développement somatique.
Chez les garçons britanniques le pic de croissance pubertaire (PHV pour Peak Heith Vélocity) survient à 14,06 ans ± 0,14 avec une déviation standard de ± 0,92, avec un accroissement de taille de 7 à 11 cm par an. Chez la fille la poussée de croissance pubertaire commence vers 10 ans ; le pic de croissance survient  à 12,14 ans ± 0,14 avec une d.s. de ± 0,88. Les premières règles surviennent antre 11 et 15 ans, en moyenne à 13 ans.
La méthode est basée sur les techniques RUS (Radius, Ulnar and Selected metacarpal and phalanx) et Carpal (radiographies des os du carpe, pisiforme excepté) ; elle a subi des modifications notées WT1, WT2 et WT3 (cette dernière simplifiée) ; elle est plus complexe mais plus précise que celle basée sur l’atlas de Greulich et Pyle établie pour les enfants américains. Les courbes de Sempé et Pedron  inspirées de la méthode WT  et celles de Duval-Beaupère, sont adaptées pour les enfants français.

J.M. Tanner, pédiatre et endocrinologue britannique (1962) ; J.M.Tanner, R.H. Whitehouse et W.A. Marshall, endocrinologues britanniques (1975) – (2ème édition, WT2 en 1983) ; (3ème édition WT3 en 2001) ; G. Duval-Beaupère, pédiatre française (1976) ; M. Sempé et G. Pedron, pédiatres et auxologistes français (1971, révision en 1995)

Syn.  : méthode WT

temps de saignement l.m.

bleeding time, Duke’s test

Mesure de la durée de l’hémorragie par l’incision de la couche superficielle de la peau. Il constitue un test global d’exploration de l’hémostase primaire.
La méthode de Duke au lobe de l’oreille est abandonnée au profit de la méthode d’Ivy. Elle consiste à pratiquer deux incisions à l’avant-bras après avoir placé au bras un sphygmomanomètre qui est gonflé pendant 60 secondes et gardé à 40 mmHg avant de pratiquer les incisions. La normale du temps de saignement est de 2 à 7 minutes chez l’adulte de moins de 50 ans.

thermo-ablation prostatique par aiguilles l.f.

trans-urethral needle ablation of the prostate (TUNA)

Méthode de destruction thermique du tissu prostatique utilisant des ondes de radiofréquence de faible niveau (490 kHz) appliquées par des aiguilles plantées dans les lobes prostatiques par voie transuréthrale sous contrôle optique direct, afin d'obtenir une nécrose de coagulation.
La température obtenue dans le parenchyme prostatique peut atteindre 100° et entraine une nécrose secondaire. Cette méthode a l'avantage de pouvoir être réalisée sous simple anesthésie locale, sans nécessité d'hospitalisation. Elle entraine souvent néanmoins une rétention prolongée. Elle est en cours d'évaluation clinique dans le traitement de l'hypertrophie bénigne de la prostate.

thermothérapie prostatique

thermothérapie prostatique l.f.

trans-urethral microwave thermotherapy of the prostate (TUMT)

Traitement par la chaleur de l'hypertrophie bénigne de la prostate visant à obtenir nécrose et rétraction du tissu prostatique, en vue de supprimer l'obstruction liée au tissu adénomateux.
Une élévation thermique supérieure à 45° (ce qui différencie cette méthode de l'hyperthermie prostatique) est obtenue par l'application trans-uréthrale dirigée de micro-ondes sur le tissu adénomateux, en vue d'obtenir la nécrose secondaire. Un refroidissement concomitant de la muqueuse uréthrale au contact de la sonde thermique est nécessaire. L'involution du tissu prostatique ainsi traité créera en quelques semaines une loge prostatique et lèvera l'obstruction. Le traitement se déroule en une seule séance sous anesthésie locale de l'urèthre. De nombreux types de machines, en évolution technique constante, sont disponibles. L'efficacité réelle de cette méthode est en cours d'évaluation.

Syn. thermothérapie transuréthrale par micro-ondes

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