Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

89 résultats 

atelier thérapeutique l.m.

Atelier qui offre un entraînement au travail des patients qui présentent une affection psychiatrique, après traitement en établissement ou après examen en centre de soins.
Durant leur séjour en atelier, ces patients restent sous surveillance médicale.

avortement pour motif thérapeutique et psychisme l.m.

medically induced termination of pregnancy, and psychism

grossesse chez une patiente psychiatrique chronique, grossesse et complications psychiatriques

avortement provoqué thérapeutique l.m.

induced therapeutic abortion

Interruption avant 22 semaines d'aménorrhée d'une grossesse dont la poursuite menacerait gravement la santé, voire la vie, de la mère atteinte par ex. de cardiopathie sévère, d'hypertension maligne ou d'une maladie psychiatrique.

avortement thérapeutique l.m.

therapeutic abortion

Interruption médicale d’une grossesse dont la poursuite comporterait un risque vital pour la mère.
Par ex. en cas d’hypertension maligne ou de cardiopathie majeure.

avortement thérapeutique et psychisme l.m.

medically induced interruption of pregnancy and psychism

Réactions de la mère après l'intervention légalement définie comme pouvant être pratiquée à tout moment en milieu hospitalier "si deux médecins attestent, après examen et discussion, que la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la femme ou qu'il existe une forte probabilité que l'enfant à naître soit atteint d'une affection d'une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic..." (code de la santé publique, art. 162-12 et 162-13).
Cette décision difficile, très souvent vécue comme inhumaine, engage profondément le couple et l'équipe soignante au plan éthique, religieux et émotionnel. Un accompagnement pluridisciplinaire cohérent est indispensable.
Aux facteurs classiques de risque peuvent s'ajouter ici : l'appartenance à un groupe social et - ou religieux (principalement catholique) opposé à l'avortement ; des indications somatiques plutôt que psychiatriques (anomalies génétiques ou complications médicales majeures) ; la non-adhésion de la femme à une telle décision.

centre d'accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP) l.m.

part time therapeutic reception centre

Structure légère intermédiaire entre l''hôpital de jour et le centre médicopsychologique, qui fonctionne de façon diversifiée pour assurer, par une approche multidisciplinaire, l'accueil et la prévention, les soins psychiatriques et psychothérapiques, les activités favorisant la réadaptation et la réinsertion des patients stabilisés.
Définie par l'arrêté du 14 mars 1986, la mission du CATTP vise "à maintenir ou à favoriser une existence autonome par des actions de soutien et de thérapeutique de groupe".

[E]

chimie thérapeutique l.f.

Discipline d’étude et de recherche qui se consacre dans un but thérapeutique à la reproduction ou à la modification de substances naturelles, ainsi qu’à la conception et à la création de substances de synthèse.
Cette discipline est liée à la pharmacologie et à la toxicologie pour l’identification des molécules obtenues et leur éventuelle toxicité ; la création de molécules actives est aidée par la théorie et l’expérimentation qui lient les actions pharmacologiques aux structures spatiales des molécules.

[G5,G4 ]

classe thérapeutique l.f.

classification des médicaments

[G3]

clonage à fin thérapeutique l.m.

therapeutic cloning

Clonage effectué en vue de créer une réserve de cellules souches.
L’expression clonage thérapeutique est déconseillée.

clonage, cellules souches, cellules souches pluripotentes induites, transfert de noyaux de cellules somatiques

[C3, Q1]

Édit. 2019

communauté thérapeutique l.f.

therapeutic community

"Thérapie par le milieu" introduite par M. Jones en Grande-Bretagne à la fin des années 40, dont la pratique fait de la communauté de vie un agent essentiel du traitement.
Elle repose sur l'hypothèse selon laquelle l'environnement affecte le comportement et peut entraîner des modifications dans la manière de penser et de ressentir.
Ses principes majeurs sont les suivants : changer la structure sociale totale de l'unité de soins afin que chacun, soignant et soigné, puisse contribuer au traitement ; développer ce projet thérapeutique "vingt-quatre heures sur vingt-quatre" ; supprimer les cloisons hiérarchiques pour permettre une plus libre communication ; favoriser les prises de décision en commun, notamment lors de réunions très ouvertes.
Cette utilisation de tous les aspects de la communauté de vie dans la prise en soins est considérée par beaucoup comme suscitant de véritables transformations dans les groupes et chez les patients.
Ce mouvement est souvent critiqué pour son esprit totalitaire, ses références éclectiques, surtout psychosociales et comportementalistes, qui nuiraient à sa cohérence. Malgré bien des similitudes, il diffère quelque peu du concept de psychothérapie institutionnelle qui, notamment, paraît davantage évolutif, composite, mais plus fidèle à des références psychanalytiques.

M. Jones, psychiatre britannique (1956)

psychiatrie de communauté

[E]

compliance thérapeutique l.f.

observance thérapeutique

[G5]

consentement à un essai thérapeutique en psychiatrie l.m.

consent to a therapeutic trial in psychiatry

Depuis la loi du 20 décembre 1988, relative à la protection des personnes qui se prêtent à des recherches biomédicales, et les dispositions ultérieures, un consentement libre, éclairé et exprès doit être fourni par écrit par la personne.
Bien que non citée explicitement, la psychiatrie offre des difficultés particulières concernant p. ex. la représentativité des échantillons, du fait, notamment, de l'exclusion de malades revendicateurs, et des problèmes de capacité des psychotiques, pourtant principaux bénéficiaires de tels essais.
Sur ces points délicats, l'avis du comité consultatif de protection des personnes dans la recherche biomédicale pourrait être demandé. D'autant plus que "...les personnes hospitalisées sans leur consentement... ne peuvent être sollicitées pour se prêter à des recherches biomédicales que s'il en est attendu un bénéfice direct et majeur pour leur santé".
S'agissant en particulier des mineurs et des majeurs incapables juridiques, un tel consentement ressortit aux détenteurs de l'autorité parentale ou aux organismes de tutelle. Cependant le consentement direct de l'intéressé "doit être également recherché lorsqu'il est apte à exprimer sa volonté".
Dans cette situation, le thérapeute, de décideur devient demandeur, ce qui, avec l'ignorance du produit, n'est pas sans influer sur la relation soignant-soigné.

[H3,E3]

dose thérapeutique l.f.

therapeutic dose

Quantité de médicament exprimée en unités de masse ou de volume qu’il convient d’administrer à un malade suivant son âge, son sexe, son état physiologique ou pathologique.
Elle peut être administrée en une seule fois ou de façon fractionnée, voire continue au cours de la journée.

Étym. gr. dosis : action de donner, ce qui est donné (déverbal de didômi : donner)

embolie thérapeutique l.f.

therapeutic embolism

Injection sélective intravasculaire d’un matériel ou d’une substance dans un but curatif.
P. ex. en cas d'angiome, d'anévrisme, d'embolisation préopératoire d'une volumineuse tumeur.

Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe

embolisation

[B5, G5, K4]

Édit. 2019

essai thérapeutique en psychiatrie l.m.

therapeutic trial in psychiatry

Méthode d’évaluation d’une stratégie thérapeutique le plus souvent médicamenteuse.
L’essai thérapeutique doit remplir les conditions de la loi sur la protection des personnes (Directives européennes 2004) et être conduit en accord avec les « bonnes pratiques cliniques ». Le Comité de protection des personnes décide s’il peut concerner des patients hospitalisés sans leur consentement (hospitalisation à la demande d’un tiers, hospitalisation d’office). Les critères d’inclusion peuvent être à la fois qualitatifs (critères permettant de définir l’appartenance à une catégorie diagnostique) ou quantitatifs (intensité des symptômes mesurée à l’aide d’une échelle quantitative).
La mesure du résultat obtenue par la thérapeutique testée sur les symptômes psychiques ou comportementaux se fait à l’aide d’échelles de mesure d’intensité de la symptomatologie cible du traitement à l’étude (hétéro évaluation ou auto-évaluation) ou d’outils supposés apprécier indirectement l’action thérapeutique et ses effets indésirables (adaptation sociale, qualité de vie), dont on mesure l’évolution. S’agissant des médicaments, les études de phase 2 se font versus placebo, les études de phase 3 versus comparateur, le plus souvent en groupes parallèles randomisés en double aveugle.
D’autres critères de jugement que symptomatiques sont volontiers choisis pour les études post AMM ou de phase 4 : qualité de vie, adaptation sociale.
L’évaluation de certaines formes de psychothérapie peut être rendue difficile lorsque le but thérapeutique dépasse l’aspect purement symptomatique du trouble mental.

[G3,E1,H3]

Édit. 2018  

fenêtre thérapeutique l.f.

therapeutic window

Arrêt temporaire d'un traitement, pour essayer de mettre en évidence de nouveaux signes de la maladie ou en raison d'apparition de signes d'intolérance pour juger de leur lien avec le traitement en cours.
L'exemple le plus courant est l'interruption de l'antibiothérapie pour pratiquer une hémoculture ; de même en réanimation l'arrêt transitoire de la sédation permet de pratiquer un examen clinique et réévaluer l'indication de la sédation.
Mais la locution est aussi utilisée en anesthésie pour désigner les limites de concentration plasmatique, «la fourchette», entre lesquelles un agent doit être administré pour obtenir l'effet recherché (par ex. dans le cadre de l'anesthésie intraveineuse à objectif de concentration constante).
Enfin certains auteurs appellent «fenêtre thérapeutique» le temps pendant lequel un traitement peut être entrepris avec des chances de succès optimales.

[G5]

Édit. 2018 

hyperthermie prostatique thérapeutique l.f.

therapeutic prostatic hyperthermy

Traitement par la chaleur de l'hypertrophie bénigne de la prostate sans nécrose tissulaire.
Cette méthode consiste en l'application de micro-ondes sur le tissu prostatique, par voie transuréthrale ou transrectale, en vue d'élever la température du tissu traité entre 41 et 45°. Plusieurs séances sont nécessaires à des intervalles variables selon les appareils utilisés. Les lésions histologiques ainsi provoquées sont transitoires, sans nécrose des tissus. L'évaluation clinique a montré le peu d'efficacité de ce traitement.

hypertrophie bénigne de la prostate, cryothérapie prostatique, thermothérapie prostatique

[M2]

iléus thérapeutique l.m.

therapeutic ileus

Iléus consécutif à l'administration, dans un but thérapeutique, de certaines substances médicamenteuses, mucilages le plus souvent.

Étym. gr. eileos : iléon, partie enroulée de l'intestin (eilein : enrouler)

index thérapeutique l.m.

therapeutic index

Rapport de la dose toxique à la dose efficace pour une indication donnée du principe actif.
Plus ce rapport est grand, plus le médicament est maniable.

injonction thérapeutique l.f.

therapeutic injunction

Une des dispositions relatives à la lutte contre la toxicomanie, incluse dans la loi du 31 décembre 1970.
Lors de la première infraction constatée, le procureur de la République peut enjoindre aux personnes ayant fait un usage illicite de stupéfiants de subir une cure de désintoxication ou de se placer sous surveillance médicale, sans engager de poursuites. Le sujet peut refuser et faire alors l'objet de celles-ci.
Le décret d'application du 19 août 1971 dispose que le médecin traitant doit informer l'autorité sanitaire du début de la cure, de sa durée, de son déroulement et de sa fin.

loi du 31 décembre 1970

isolement thérapeutique l.m.

therapeutic isolation

Mesure thérapeutique visant principalement à écarter les influences négatives de l'environnement sur le sujet et/ou à faciliter la maîtrise par celui-ci de certaines conduites.
Alors qu'avec Ph. Pinel puis J.E. Esquirol, il s'agissait du principal, mais non du seul élément du traitement moral, l'isolement fut considéré pendant la seconde moitié du XIXe siècle comme l'instrument même de la thérapeutique, applicable strictement aux patients dits dangereux.
Actuellement, il peut temporairement figurer dans le traitement de certains patients : agités, anorexiques ou toxicomanes, en particulier.

Ph. Pinel (1801) et J. E. Esquirol, membre de l’Académie de médecine (1832), psychiatres français

obstination thérapeutique l.f.

therapeutics obstinacy

acharnement thérapeutique

Édit. 2017

occlusion ophtalmique thérapeutique l.f.

therapeutic occlusion

Toute modalité de l'occlusion utilisée en général de façon prolongée pour traiter les anomalies sensorielles (amblyopies, mais aussi neutralisation, correspondance anormale) et motrices du strabisme.

Étym. lat. occludere : fermer

Édit. 2017

orientation thérapeutique thermale l.f.

indications thérapeutiques thermales

Édit. 2017

photekéractectomie thérapeutique l.f.

kératectomie photothérapeutique

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