Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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insuffisance surrénale aigüe l.f. 

acute adrenocortical insufficiency

Syndrome provoqué soit par la décompensation d’une maladie d’Addison, soit par majoration d’un déficit en A.C.T.H.
Il est favorisé par un stress relevant d’une infection, d’un traumatisme ou d’une intervention chirurgicale, ou par un arrêt du traitement. En l’absence d’un traitement d’urgence, il est rapidement mortel. Les arguments diagnostiques sont un effondrement de l’état général, une déshydratation, une asthénie extrême, des troubles psychiques, digestifs, le tout pouvant aboutir au coma. Les signes biologiques sont une cortisolémie basse, une hémoconcentration, une hyponatrémie avec natriurèse élevée, une hyperkaliémie, une hypoglycémie. Le traitement associe la reconstitution du capital volémique et une compensation hormonale et électrolytique.

insuffisance surrénale

insuffisance surrénale et troubles psychiques l.

adrenal insufficiency and psychical disorders

1) Dans les formes lentes (maladie d'Addison), manifestations psychiques fréquentes, principalement dépressives, avec apathie, lenteur apparente de l'idéation, initiatives réduites, et aussi anxiété, irritabilité, insomnies éventuelles.
Les phases de niveau psychotique sont rares.
Souvent fluctuants et variables, ces troubles répondent au traitement corticoïde substitutif. Une personnalité prédisposante a été discutée.
2) Dans les insuffisances surrénales aigües et les poussées addisoniennes évolutives, possibilité d'aggravation de l'asthénie habituelle avec prostration, voire torpeur, fréquemment dans un vécu confuso-onirique qui peut être émaillé d'épisodes d'agitation intense.
Le pronostic est réservé, surtout sans traitement substitutif. Un délire aigu parfois convulsif peut être observé.
Des "formes mentales pures" (M. Laignel-Lavastine), ou plutôt à type d'encéphalopathie addisonienne, sont relevées.

T. Addison, médecin britannique (1855) ; M. Laignel-Lavastine, neuropsychiatre français, membre de l’Académie de médecine (1908)

insuffisance surrénale

insuffisance tricuspide l.f.

tricuspid incompetency

Syn. insuffisance tricuspidienne

insuffisance tricuspidienne

insuffisance tricuspidienne l.f.

valvular tricuspid regurgitation

Cardiopathie caractérisée par l'existence, pendant la systole ventriculaire, d'un reflux de sang du ventricule droit vers l'oreillette droite en raison de l’incontinence de la valve tricuspide.
L'insuffisance tricuspidienne est le plus souvent fonctionnelle résultant de la dilatation de l'anneau tricuspidien, secondaire à une dilatation ventriculaire droite, conséquence elle-même d'une hypertension artérielle pulmonaire quelle qu'en soit l'origine.
Elle peut être causée par une lésion de la valve tricuspide congénitale (p. ex. la maladie d’Ebstein) ou acquise (lésion rhumatismale ou greffe septique qui peut réaliser des destructions tricuspidiennes étendues chez des toxicomanes). Plus rarement elle fait suite à un rhumatisme articulaire aigu, à une endocardite bactérienne.
L'insuffisance tricuspidienne entraîne un souffle systolique doux et modéré. Son augmentation d'intensité, voire son apparition en cours d'inspiration profonde (signe de Rivero-Carvalho), constitue l'un des signes les plus évocateurs avec le pouls veineux systolique (qui consiste en des ondes systoliques propagées de bas en haut vers les veines jugulaires) et l'expansion systolique du foie.
La symptomatologie fonctionnelle comporte une dyspnée d'effort, des hépatalgies et, dans certains cas sévères, des signes de décompensation cardiaque droite. L'échocardiogramme (y compris les examens après injections de contraste et par effet Doppler) fournit les informations les plus précieuses.
Toutes les insuffisances tricuspidiennes organiques, sauf lorsqu'elles sont minimes, méritent d'être corrigées. L'insuffisance tricuspidienne fonctionnelle ne justifie une correction que si elle reste sévère après traitement médical.

W. Ebstein, médecin interniste allemand (1880-1881) ; J. M. Rivero Carvalho, médecin cardiologue mexicain (1946)

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

Sigle : IT

hypertension artérielle pulmonaire, Ebstein (maladie d'), rhumatisme articulaire aigu endocardite infectieuse Rivero-Carvalho (signe de),

insuffisance tubulaire rénale l.f.

renal tubular defect

Anomalie d'une ou de plusieurs fonctions tubulaires rénales proximales ou distales entraînant p. ex. une glycosurie orthoglycémique, une aminoacidurie, une polyurie vasopressino résistante, etc.
L'association de plusieurs anomalies tubulaires est fréquente. La fonction rénale globale est généralement conservée. L'origine des troubles est soit congénitale, souvent héréditaire, soit acquise le plus souvent de cause toxique ou médicamenteuse.

G. Fanconi, pédiatre suisse, membre de l'Académie de médecine (1931)

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

néphropathie tubulaire chronique, Fanconi (syndrome de)

insuffisance valvulaire l.f.

valvular insufficiency

Perte de la continence normale d’une ou plusieurs valvules situées en un ou plusieurs points du système circulatoire.
L’insuffisance valvulaire des veines périphériques prédispose à la stase veineuse et au développement des varices. L’insuffisance des valvules cardiaques crée des maladies graves.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

insuffisance aortique, mitrale, pulmonaire, tricuspide

insuffisance valvulaire pulmonaire l.f.

pulmonary valvular insufficiency

Défaut d'étanchéité de l'appareil valvulaire pulmonaire dans le ventricule droit.
Ce défaut d'étanchéité est généralement dû à une dilatation de l'anneau valvulaire consécutive à une hypertension artérielle pulmonaire (= IP "fonctionnelles"). Une anomalie des valvules elles-mêmes est beaucoup plus rarement en cause (malformations congénitales (syndrome de), Marfan, endocardite infectieuse, syndrome carcinoïde, traumatisme). L'insuffisance peut être la conséquence d’un acte chirurgical pour élargir la voie pulmonaire.
Un remplacement valvulaire est envisagé devant le retentissement sur le ventricule droit. L'implantation de la valve de la veine jugulaire interne du Bœuf sur l'artère pulmonaire humaine a été réalisée par voie percutanée avec succès. L'étiologie rhumatismale est exceptionnelle et même discutée. Le signe clinique principal est le souffle diastolique (dit "de Graham Steell") mais le diagnostic n'est affirmé que par l'échodoppler, l'angiographie et le phonocardiogramme endocavitaire. Une insuffisance pulmonaire peut être longtemps bien tolérée mais, en pratique, le pronostic et le traitement sont ceux de l'affection causale ; un remplacement valvulaire ne peut être envisagé que si l'insuffisance cardiaque droite est directement dépendante de la dysfonction valvulaire et si elle est réfractaire au traitement médical.

G. Steell, médecin cardiologue britannique (1888) ; A. B. Marfan, pédiatre français, membre de l’Académie de médecine (1896)

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

hypertension artérielle pulmonaire, Marfan (maladie de), rhumatisme articulaire aigu, cardiopathie carcinoïde

insuffisance veineuse des membres inférieurs l.f.

venous insufficiency of lower extremities

Incapacité des veines superficielles et profondes du membre inférieur à lutter contre les effets de la pesanteur sur la colonne sanguine qui les remplit.
Elle est liée à une détérioration des valvules veineuses ou à une inefficacité de ces valvules par distension variqueuse. Elle entraîne d’abord des troubles fonctionnels rendant plus ou moins pénible la station debout, puis à un stade plus avancé, peut se compliquer de troubles trophiques (ulcère variqueux).

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

insuffisance vélaire l.f.

velum insufficiency

Défaut d’accolement du voile du palais à la paroi postérieure du pharynx.
Elle est liée à une brièveté anormale du voile du palais, entraînant une rhinolalie ouverte.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

rhinolalie

insuffisance vélopalatine l.f.

ventilatory failure, ventilatory insufficiency

insuffisance vélaire

insuffisance ventilatoire l.f.

ventilatory insufficiency

Anomalie de la ventilation pulmonaire par modification des volumes pulmonaires ou des débits, sans préjuger de son origine.
L'insuffisance ventilatoire peut être restrictive par diminution des volumes pulmonaires ou obstructive par altération des débits.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

insuffisance respiratoire chronique

insuffisance ventriculaire l.f.

ventricular insufficiency

Défaillance subite ou progressive de la capacité de contraction systolique d’un ventricule du cœur entraînant une baisse de son débit et une stase circulatoire.
L’insuffisance ventriculaire peut intéresser un seul ventricule (insuffisance ventriculaire droite, insuffisance ventriculaire gauche), ou les deux ventricules (insuffisance biventriculaire). L’insuffisance ventriculaire est un des aspects de la défaillance cardiaque.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

insuffisance vertébrobasilaire l.m.

vertebro-basilar artery insufficiency syndrome

Sigle  IVB

vertébrobasilaire (syndrome d'insuffisance)

moyennes molécules et insuffisance rénale l.f.   

middle molecules and renal insufficiency

Molécules dont la masse est comprise entre 300 et 2000 daltons. Leur concentration plasmatique s'élève au cours de l'insuffisance rénale chronique.
Leur rôle dans la génèse de diverses manifestations pathologiques, dont de la polynévrite de l’insuffisant rénal chronique soumis à l’hémodialyse, a été invoqué mais n'a jamais été formellement établi.

rétention azotée, insuffisance rénale chronique

radiothérapie (et insuffisance rénale) l.f.

néphropathie postradiothérapique

syndrome d'insuffisance vertébrobasilaire l.m.

vertebro-basilar artery insufficiency syndrome

Sigle IVB

vertébrobasilaire (syndrome d'insuffisance)

syndrome d'insuffisance vertébro-basilaire l.m.

vertebro-basilar artery insufficiency syndrome

Syndrome de déficit de la circulation cérébrale postérieure dû à des lésions obstructives d’une artère vertébrale, du tronc basilaire, ou d’une des branches de l’hexagone de Willis, déficit qui est à l’origine d’une ischémie fonctionnelle ou lésionnelle dans le territoire vertébrobasilaire.
L’insuffisance vertébrobasilaire est responsable d’accidents neurologiques intermittents ou d’un déficit permanent.
La symptomatologie rapportée à l'’insuffisance vertébrobasilaire est très protéiforme : céphalées, anomalies vestibulaires parfois posturales, voire cochléaires, troubles visuels et oculomoteurs, signes cérébelleux, manifestations sensitives et motrices souvent paroxystiques. Des troubles de la vigilance et du sommeil sont aussi décrits.
Le diagnostic clinique est difficile devant des symptômes aussi variés dans leur aspect et leur intensité. Il doit être affirmé sur des arguments paracliniques : examen vélocimétrique Doppler recherchant notamment les vols sous-claviers, angiographie par imagerie en résonance magnétique, voire, si nécessaire et si un acte chirurgical vasculaire ou de radiologie interventionnelle est envisagé, une artériographie vertébrobasilaire.

Sigle IVB

sousclavière voleuse, tronc vertébrobasilaire

[H1]

Édit. 2019

insuffisance ventriculaire gauche (IVG) l.f.

Incapacité du ventricule gauche à assurer un débit adapté aux besoins métaboliques de l'organisme dans toutes les circonstances de la vie courante.
Affection dont la fréquence augmente avec l’âge qui atteint 1 % de la population générale est avec une mortalité de l'ordre de 50 % à 5 ans.
Elle est la conséquence d’une élévation permanente ou paroxystique des pressions de remplissage ventriculaire entraînant des phénomènes congestifs d'amont et une réduction du volume d'éjection systolique responsable d'une chute du débit cardiaque.
Le symptôme essentiel est la dyspnée : dyspnée d’effort (à graduer selon la classification de la New York Heart Association ; dyspnée de
décubitus ; dyspnée paroxystique : accès dyspnéique aigu nocturne, oedème pulmonaire aigu, pseudo asthme cardiaque).

Causes d'IVG:
- surcharges de pression : rétrécissement aortique, hypertension artérielle permanente, ancienne négligée, coarctation aortique ;
- surcharges de volume : insuffisance mitrale chronique ou aiguë, insuffisance aortique chronique ou aiguë, communication interventriculaire, hyper-débit chronique (anémie, hyperthyroïdie, maladie de Paget, fistule artério-veineuse, avitaminose B1) ;
- cardiopathies ischémiques dans toutes ses formes ;
- cardiomyopathies de toutes formes et de toutes origines ;
- fibro-élastoses et fibroses endomyocardiques ;
- myocardites infectieuses, et parasitaires.

[K2]

Édit. 2018

insuffisance ventriculaire droite l.f. (IVD)

Incapacité du ventricule droit à assurer un débit sanguin suffisant.
Elle se manifeste par une hépatalgie d'effort, des oedèmes des membres inférieurs. La dyspnée n’est ressentie que lorsque la cause de l’IVD est une maladie du poumon, ou quand il y a association à une insuffisance ventriculaire gauche.
L'examen clinique permet d’observer un reflux hépato-jugulaire à la pression du foie, une tachycardie permanente, des œdèmes des membres inférieurs.
L'ECG peut montrer des signes d'hypertrophie ventriculaire droite ou simplement un axe droit du QRS.
L’écocardiographie affirme le diagnostic.
L'insuffisance ventriculaire gauche est la cause la plus fréquente d’IVD.
Etiologies pulmonaires : embolie pulmonaire, hypertension artérielle pulmonaire, broncho-pneumopathie chronique obstructive, fibrose pulmonaire idiopathique plus rarement état de mal asthmatique, pneumothorax suffocant, pneumopathie bilatérale aigüe. cardiopathie congénitale (shunt gauche et droit, rétrécissement pulmonaire).
  Etiologies cardiaques : rétrécissement mitral serré, insuffisance mitrale, péricardite constrictive.  

insuffisance ventriculaire gauche, embolie pulmonaire, hypertension artérielle pulmonaire, broncho-pneumopathie chronique obstructive, fibrose pulmonaire, état de mal asthmatique; pneumothorax, rétrécissement mitral, insuffisance mitrale

[K2]

Édit. 2019

haplo-insuffisance
n.f.

haploinsufficiency

Situation dans laquelle un allèle parental est muté ou absent et le produit de l’autre allèle, bien qu’actif, est synthétisé en quantité insuffisante pour permettre un fonctionnement optimal de la cellule.
On peut donner comme exemples d’haplo-insuffisance le syndrome de Greig qui résulte de la perte du facteur de transcription GLI-3 et le syndrome de Williams qui provient d’une délétion du gène codant pour l’élastine.

syndrome de Greig, syndrome de Williams

[Q1]

Édit. 2020

amblyopie fonctionnelle l.f.

functional amblyopia

Diminution unilatérale de l'acuité visuelle sans lésion organique apparente.
Les causes en sont multiples : déprivation, anisométropie, amblyopie strabique, amblyopie iatrogène. L'amblyopie peut être profonde, moyenne, légère. Le traitement en urgence a un résultat en fonction de sa précocité et de la profondeur de l'amblyopie. Dans tous les cas, il convient d'assurer la prophylaxie d'une rechute.

Étym. gr. amblus : affaibli ; ops : œil

[P2]

Édit. 2017

anatomie fonctionnelle l.f.

Branche de l’anatomie qui étudie les relations entre les systèmes ou portions de systèmes voués à une même fonction au sein d’un appareil.
Elle s’applique particulièrement à l’appareil moteur dans une relation entre forme et fonction.

[A1,I3]

Édit. 2017

annotation fonctionnelle du génome l.f.

functional annotation

Opération consistant à assigner des fonctions biologiques aux séquences d’un génome identifiées lors de son annotation structurale.

génomique fonctionnelle, annotation structurale du génome

[Q1]

Édit. 2019

asplénie fonctionnelle l.f.

functional asplenia

Situation où la rate ne peut assurer son rôle dans l'épuration des agents pathogènes circulants et des érythrocytes anormaux.
L'asplénie fonctionnelle se voit après des infarctus spléniques répétés, au cours de la drépanocytose ou après irradiation splénique. Les aspléniques sont particulièrement sensibles à certaines infections.

asymétrie fonctionnelle hémisphérique l.f.

hemispheric functional asymmetry

dominance hémisphérique, prévalence manuelle

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