Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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bichorial adj.

bichorial

Dans les grossesses gémellaires, définit le type de placenta ou de grossesse par la présence de deux placentas et de deux poches amniotiques.
Les jumeaux dizygotes ou faux jumeaux ont toujours des placentas bichoriaux, parfois fusionnés, alors que les jumeaux monozygotes ont des placentas bichoriaux dans seulement 30% des cas.
Le diagnostic peut être fait en début de grossesse, entre 8 et 15 semaines d'aménorrhée, par échographie : il repose sur l'identification de deux poches, l'aspect de la cloison interovulaire, la reconnaissance des sites d'insertion placentaire, le signe du lambda, aspect en patte d'oie de la cloison interovulaire au niveau de son raccordement pariétal, la détermination des sexes fœtaux. Le diagnostic de certitude est obtenu lors de l'accouchement par l'examen du placenta et de la membrane interamniotique. Les principaux risques des grossesses bichoriales sont la prématurité, les lésions vasculaires maternelles, la toxémie gravidique et l'hypotrophie fœtale.

Syn. dichorial

Édit. 2017

biopsie placentaire l.f.

placental biopsy

Prélèvement transabdominal de placenta, pouvant être réalisé en début de grossesse à partir de 15 semaines d'aménorrhée jusqu'aux alentours de 34 semaines d'aménorrhée.
Ce prélèvement est toujours pratiqué sous contrôle échographique, à l'aide d'une aiguille. Il est indiqué lors de la découverte échographique d'une anomalie morphologique faisant suspecter une anomalie chromosomique (omphalocèle, atrésie duodénale, certaines cardiopathies ou uropathies, retard de croissance inexpliqué, etc.), plus rarement, au-delà du terme de 20 semaines d'aménorrhée, pour étude du caryotype en raison de l’âge maternel, d’une anomalie chromosomique équilibrée chez l'un des parents, ou d’une anomalie chromosomique chez l'un des enfants du couple.
La plupart des auteurs lui préfèrent soit l'amniocentèse dans les situations ne nécessitant pas la réalisation d'un caryotype rapide, soit le prélèvement de sang fœtal qui peut être pratiqué à partir de 20 semaines d'aménorrhée jusqu'au terme de la grossesse et qui permet l'obtention du caryotype.

Étym. gr. bios : vie ; opsis : vue

biopsie

Édit. 2017

Bonnaire (signe de) l.m.

Bonnaire's sign

Signe permettant le diagnostic de la grossesse au cours du premier trimestre chez la femme obèse : le doigt, placé sous le col, imprime des mouvements verticaux à l'utérus : en cas de grossesse, il entraîne son soulèvement en masse, alors qu'un utérus non gravide paraît léger au doigt.

E. Bonnaire, gynécologue français (1858-1918)

Édit. 2017

bouchon muqueux cervical l.m.

mucous cervical plug

Au cours de la grossesse, bouchon formé par les sécrétions endocervicales, de consistance gélatineuse, protégeant la cavité utérine contre les germes exogènes.
Ce rôle de protection résulte à la fois d'un effet mécanique, la trame solide du mucus cervical constitue un obstacle au passage des bactéries de grande taille, et du pouvoir antibactérien de la lactoferrine qui inhibe la croissance bactérienne, du lysosyme qui favorise la phagocytose, et des immunoglobulines A qui activent le complément et entraînent une bactériolyse. Sa perte, au terme de la grossesse, annonce l'existence de modifications cervicales et la proximité de l'accouchement.

Édit. 2017

Brouha-Hinglais-Simonnet (réaction de) l.f.

Brouha-Hinglais-Simonnet test

Méthode autrefois utilisée pour le diagnostic biologique de la grossesse : onze jours après l'injection d'urines de femme enceinte au souriceau mâle, apparaît chez lui une hypertrophie des vésicules séminales et de la prostate.
Le diagnostic biologique de la grossesse est maintenant effectué par le dosage de l'hormone chorionique gonadotrophique (HCG) par des techniques immunologiques.

L. Brouha, physiologiste endocrinologue belge, H. Hinglais, physiologiste français, H. Simonnet, biologiste français, membre de l'Académie de médecine (1930)

diagnostic biologique de la grossesse, HCG

[O3, O4]

Édit. 2020

cancer du vagin l.m.

cancer of the vagina

Il s’agit chez la femme âgée  de cancers épidermoïdes, chez la femme jeune de sarcomes ou adénocarcinomes, à cellules claires, chez l’enfant de rhabdomyosarcomes embryonnaire (sarcome botryoïde).
Il peut parfois s’agir de mélanome du vagin.
Le cancer du vagin représente environ 2% des cancers gynécologiques, il s’agit plutôt d’un cancer de la femme âgée de plus de 90 ans. Chez les jeunes, le très rare carcinome à cellules claires est un adénocarcinome qui touche le plus souvent des femmes dont la mère a pris un oestrogène synthétique  diéthylstilbestrol  au cours des 16 premières semaines de grossesse, produit prescrit entre 1940 et 1971, pour faciliter la grossesse en prévenant en particulier  les fausses couches .
Le traitement est essentiellement chirurgical généralement complété par une radiothérapie, curiethérapie et/ou téléradiothérapie. chez l’enfant le rhabdomyosarcome embryonnaire est très sensible à la chimiothérapie

Syn. carcinome du vagin

diéthylstilboestrol, rhabdomyosarcome embryonnaire.

[F2, O3]

Édit. 2020

contraction utérine l.f.

uterine contraction

Raccourcissement plus ou moins synchrone des fibres musculaires entourant la cavité utérine.
Les contractions entraînent une élévation de la pression intra-utérine, l’intensité, pouvant atteindre physiologiquement 80 kilospascals, avec une durée voisine d'une minute et une fréquence très variable. Les contractions peuvent être relativement anarchiques, de faible intensité, non perçues objectivement, séparées par des intervalles longs, inégaux et variables : elles sont caractéristiques d'une fin de grossesse normale, dites de Braxton-Hicks. Lorsqu'elles sont régulières en durée, en intensité et en intervalles, elles peuvent accompagner la dilatation du col dans le vrai travail d'accouchement ou le laisser non modifié dans le faux travail. Le « train » de contractions qui accompagne le travail d'accouchement est caractérisé par leur augmentation progressive en durée, en intensité et surtout en fréquence. Elles se poursuivent après l'expulsion fœtale jusqu'à l'expulsion placentaire. En dehors de la grossesse, les contractions utérines douloureuses caractérisent la dysménorrhée.

J. Braxton Hicks, gynécologue britannique (1872)

[O3]

corne utérine rudimentaire l.f.

rudimentary uterine horn

Cavité borgne de petit volume, prolongée par une trompe, résultant de l'agénésie partielle d'un canal de Müller.
Adjacente à l'hémi-cavité utérine normale, sans communication avec le vagin, elle peut être le siège d'une grossesse qui évoluera comme une grossesse ectopique.

[Q2,O3]

corps utérin l.m.

uterine body

Partie supérieure de l'utérus qui se prolonge vers le bas par le col utérin.
A sa face externe, de manière symétrique, convergent les ligaments ronds, les ligaments utéro-ovariens et le conduit tubaire qui traverse l'organe pour s'ouvrir dans sa cavité. Le corps utérin est recouvert de péritoine adhérent. Il comporte trois couches musculaires donnant la forme de ce muscle creux. La face interne est tapissée par l'endomètre à muqueuse cylindrique. Avant la première grossesse, l'utérus, muscle creux, a une capacité de 2 à 3 ml. Pendant la grossesse, le corps utérin correspond à la chambre d'incubation ovulaire : sa contenance évolue, proche de 5 l au voisinage du terme, avec une épaisseur qui atteint environ 2 cm. Après la naissance et la délivrance, l'utérus commence son involution pour retrouver, six semaines après environ, ses caractéristiques anatomiques antérieures.

[A1]

Édit. 2015

dégénérescence graisseuse aigüe du foie gravidique l.f.

acute fatty liver of pregnancy

Ictère maternel grave caractérisé par une infiltration graisseuse centrolobulaire des hépatocytes.
Elle survient au troisième trimestre de la grossesse. D'évolution rapide, elle associe un ictère, une insuffisance hépatique majeure avec hypoglycémie, une coagulation intravasculaire disséminée, une insuffisance rénale et une encéphalopathie. L'échographie montre une hépatomégalie avec des opacités en « carte de géographie ». En l'absence d'une interruption rapide de la grossesse, elle s'accompagne d'une mortalité maternelle et fœtale élevée.

Étym. lat. degenerare : dégénérer

Syn. stéatose hépatique aigüe gravidique, maladie de Sheehan de la grossesse

dermatite auto-immune à la progestérone l.f.

autoimmune progesterone dermatitis

Éruption érythématovésiculeuse et urticarienne, très prurigineuse, diffuse, atteignant le tronc et les membres qui, en dehors de la grossesse, évolue de façon cyclique par poussées prémenstruelles récidivantes, tandis que, chez la femme enceinte, elle est papulofolliculaire puis pustuleuse, s’accompagne d’arthrite transitoire avec hyperéosinophilie et peut provoquer des fausses couches à répétition.
En dehors de la grossesse, les symptômes sont reproduits par l’administration d’un progestatif et disparaissent lors de la prise d’oestrogènes. Cette dermatose rare est identifiée par une réaction très positive à une injection intradermique de progestérone et se traite par des œstrogènes.

W. B. Shelley dermatologue américain (1964), S. M. Bierman, dermatologiste américain (1973)

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

dermatose à IgM linéaire de la grossesse l.f.

linear IgM dermatosis of pregnancy

Rare dermatose érythématopapuleuse de la grossesse se différenciant des autres éruptions polymorphes de la grossesse par des dépôts linéaires d'IgM sur la jonction dermo-épidermique, mais dont la spécificité n'a pas été confirmée.

diabète gestationnel l. m.

gestational diabetes

« Trouble de la tolérance glucidique de gravité variable survenant ou diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse quels que soient le traitement nécessaire et son évolution post partum » (OMS).
La prévalence est très variable (8 à 23 %). Le risque de voir survenir ultérieurement un diabète de type 2 est multiplié par 7.
Cliniquement, ce diabète peut rester asymptomatique ou se manifester par une macrosomie fœtale, un hydramnios, une mort fœtale in utero et se compliquer d'une pré-éclampsie ou d'infections urinaires à répétition.
Découvert, le plus souvent après la 24ème semaine, grâce à la surveillance systématique de la glycémie, il est confirmé, selon l'International association of diabetes in pregnancy study groups, et la Société francophone du diabète, par une épreuve d’hyperglycémie provoquée (75 g de glucose absorbé par voie orale) si, une valeur sur trois est égale ou supérieure à l'un de ces seuils : 92 mg/dL (5,1 mmol/L) à jeun ; 180 mg/dL(10 mmol/L) une heure après ; 153 mg/dL (8.5 mmol/L) deux heures après. Ce test a remplacé celui d'O'Sullivan.
Ce diabète doit être distingué de la glycosurie physiologique de la grossesse. Il ne justifie une insulinothérapie que si le régime s’avère insuffisant pour normaliser la glycémie. Il implique une surveillance fœtale stricte.

J. P. Hoet, médecin interniste belge (1954) ; A. Abaza, médecin français (1953)
Hoet-Abaza (syndrome de)

Étym. gr. diabêtês : qui traverse

hyperglycémie provoquée (test d')

diagnostic prénatal l.m.

prenatal diagnosis

Ensemble des procédés permettant, au début d'une grossesse, d'apprécier le développement du fœtus, sa morphologie par l’échographie, ses constantes biologiques, etc.
1) Ce diagnostic utilise l'amniocentèse, le prélèvement du sang fœtal, le prélèvement de villosités choriales, etc. pour étude directe, microscopique ou immunologique.
2) Il permet p. ex. le dépistage de maladies génétiques (chromosomiques, métaboliques ou autres), et peut faire prendre éventuellement une décision d'interruption thérapeutique de la grossesse. Plus d'une centaine de maladies familiales sont accessibles à différents moyens de diagnostic anténatal.
3) Le dépistage anténatal des anomalies chromosomiques est proposé systématiquement en France aux femmes enceintes âgées de 38 ans ou plus, aux femmes ayant donné naissance à un enfant anormal, lors des grossesses où un signe d'appel échographique est détecté, aux femmes d'un couple ou d'une famille où une maladie génétique est connue, etc.

dispositif intra-utérin l.m.

intrauterine contraceptive device

Corps étranger placé dans la cavité utérine dans un but contraceptif.
Il comporte une partie en plastique et une en cuivre dont certaines libèrent également de la progestérone. L'index de Pearl, nombre de grossesse pour 100 femmes/an, est de 1,5 à 3. Les effets secondaires sont une augmentation du risque de salpingite-péritonite, de grossesse extra-utérine, de perforation utérine et de ménorragies. Il est contre-indiqué chez la nullipare et la diabétique. Il doit être changé tous les 3 ans.

Syn. stérilet

contraception

embryofoetopathie à la phénylhydantoïne l.f.

Syndrome dysmorphique du fœtus induit par la prise par la mère de phénylhydantoïne au cours de sa grossesse.
« La diphénylhydantoïne est un antiépileptique commercialisé en France depuis plus de 40 ans. Environ 2% des femmes qui accouchent sont épileptiques et la diphénylhydantoïne est prescrite chez 5 à 10% de ces patientes. La prise du médicament pendant la grossesse est susceptible d'induire chez le nouveau-né un syndrome dysmorphique caractéristique regroupant un ensemble d'anomalies telles qu'une implantation basse des cheveux, un cou court ou palmé, un petit nez, une ensellure nasale, un épicanthus, un hypertélorisme, une grande bouche, des oreilles mal ourlées, une hypoplasie des phalanges distales, un triphalangisme du pouce, le tout associé à un retard de croissance et à des troubles du développement psychomoteur. Le risque d'altération du développement neurologique, estimé entre 1 et 11%, est 2 à 3 fois plus important que dans la population générale. Comme avec les autres anti-épileptiques, le risque de fentes faciales et de cardiopathies est multiplié par 5, sans que la part étiologique de la maladie épileptique de celle du traitement soit clairement établie. Quelques observations suggèrent également une augmentation du risque de survenue de tumeurs bénignes ou malignes, telles que les neuroblastomes ou autres tumeurs néonatales (épendymome, tumeurs ectodermiques, tumeur de Wilms). Le mécanisme d'apparition des anomalies foetales dépendrait du patrimoine génétique de la mère, c'est-à-dire de sa capacité ou non à détoxiquer des métabolites intermédiaires toxiques, issus de la dégradation la diphénylhydantoïne. Il s'agit d'un exemple caractéristique de l'interaction génétique-environnement dans l'étiologie des malformations. »

Elisabeth Robert–Gnansia, médecin généticienne française (2005)

Syn. embryofoetopathie à la diphénylhydantoïne, exposition anténatale à la diphénylhydantoïne

Réf. Orphanet, E. Robert-Gnansia (2005)

[A4, F2, G5, H1, O4, O6, P2]

Édit. 2019

fibre musculaire utérine l.f.

uterine muscular fiber

Fibre musculaire lisse constituée de myofibrilles et dont l’ensemble forme le muscle utérin ou myomètre.
Pendant la grossesse, les gènes des protéines structurelles et contractiles du myomètre, notamment la myoglobine, subissent une activation qui donne à ces protéines une structure spécifique hypertrophiée. L’activité contractile est en partie sous la dépendance de la progestérone qui relâche la fibre myométriale, des prostaglandines qui l’activent. Les alpha-œstrogènes favorisent la contractilité myométriale et ils établissent en fin de grossesse des ponts de jonction entre les myofibrilles, qui permettent la propagation aisée et la synchronisation des potentiels d’action. Les médicaments bêta-mimétiques adrénergiques par l’intermédiaire de l’AMP cyclique, les inhibiteurs des canaux calciques, les inhibiteurs de synthèse des prostaglandines, les antagonistes de l’ocytocine, relâchent la fibre myométriale et sont donc utilisés comme tocolytiques.

[A2,O3]

Édit. 2018

gestationnel adj.

gestational

Qui est en rapport avec la grossesse, p. ex. l'âge gestationnel désigne le terme de la grossesse exprimé en semaines d'aménorrhée.

GEU sigle f. pour Grossesse Extra Utérine

ectopic pregnancy

Grossesse extra-utérine ou grossesse ectopique.

gingivite gravidique l.f.

gingivitis of pregnancy

Gingivite congestive hyperplasique peu ou pas douloureuse apparaissant plus ou moins tôt pendant la grossesse.
Elle régresse plus ou moins rapidement après l'accouchement et peut récidiver d'une grossesse à l'autre.

épulis gravidique

glomérulopathie extra-membraneuse anténatale par allo-immunisation materno-fœtale l.f.

Glomérulopathie due au passage transplacentaire d’anticorps maternels qui se fixent sur les podocytes des glomérules fœtaux.
Les anticorps pathogènes sont dirigés contre la néprilysine ou endopeptidase neutre (EPN)/CD10. La maladie glomérulaire est caractérisée par un syndrome néphrotique à la naissance, qui évolue rapidement vers l’insuffisance rénale sévère au cours des premières semaines de vie.
Elle est due à une immunisation développée par la mère pendant la grossesse liée au passage transplacentaire des anticorps néphritogènes. Les mères, apparemment bien portantes, sont génétiquement déficientes en EPN et s’immunisent dès la première grossesse contre l’EPN/CD10 présente sur les cellules placentaires.
Cette maladie représente la première cause prouvée de pathologie d’organe induite par allo-immunisation materno-fœtale. Les futures grossesses chez les mères immunisées sont à haut risque pour le fœtus.

P. Ronco, médecin néphrologue français, membre de l’Académie de médecine (2012)

néprilysine

grossesse angulaire l.f.

angular ectopic pregnancy, angular pregnancy

Grossesse développée dans l'angle d'une corne utérine conduisant à une rupture précoce.
La corne gravide fait une saillie latéro-supérieure qui peut parfois passer pour une grossesse interstitielle. Elle évolue soit vers la cavité utérine, et l'utérus s'accommode, soit vers l'avortement avec métrorragies.

grossesse (certificat de) l.m.

Certificat que délivre le médecin à une femme dès qu’il a constaté des signes ou des symptômes de grossesse.
Pour que la femme enceinte puisse prétendre aux allocations liées à son état, le certificat doit avoir été délivré avant la fin du troisième mois de grossesse.

grossesse chez une patiente psychiatrique chronique l.f.

pregnancy in a chronic psychiatric patient

Conséquences de la grossesse sur une affection mentale préexistante.
Ce problème a été encore assez peu abordé.
Au cours des états psychotiques, surtout des troubles de l'humeur, une relative protection est admise mais discutée. L'influence de la gravidité sur l'anxiété et les névroses est variable. Sur leur installation, l'influence de la grossesse semble fréquente. Les rapports avec l'anorexie mentale ne sont pas clairs. La boulimie peut s'améliorer.
Comme ces patientes constituent un groupe à risque de complications obstétricales, une coordination est indispensable entre obstétricien, psychiatre, travailleur social et entourage éventuel, si possible dès la période préconceptuelle. Le risque tératogène du lithium est certain, au maximum pendant le premier trimestre, et il peut être remplacé par des neuroleptiques sédatifs ou par l'utilisation prudente d'anticonvulsivants comme la carbazépine. Plus de 60% des malades chroniques non hospitalisées n'élèvent pas leur enfant.

grossesse et psychotropes

grossesse de l'adolescente l.f.

adolescence pregnancy, teenage pregnancy
Grossesse chez une jeune femme de moins de 18 ans, le plus souvent non mariée.
Elle est marquée par une augmentation du risque de prématurité, de prééclampsie, de retard de croissance du fœtus et de trisomie 21.
Actuellement, il n’y a guère que les adolescentes immatures ou frustes pour négliger la contraception ou qui, ne se sachant pas enceintes, laissent dépasser les délais d’interruption volontaire de grossesse. Comme elles ne sont guère capables d’élever leur enfant, celui-ci, dans certains cas favorables, est confié aux grands-parents. Mais, le plus souvent, se produit un abandon différé et, généralement, l’enfant est placé en nourrice ou va d’établissement en établissement, ce qui risque d’avoir sur lui un retentissement psychologique souvent important.

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