Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

144 résultats 

rupture traumatique de l'œsophage l.f.

traumatic œsophageal rupture

Solution de continuité de la paroi œsophagienne, soit secondaire à un traumatisme appuyé, soit due à un barotraumatisme par effet de souffle lors d'une explosion.
Au 1/3 inférieur de l'œsophage, la rupture est longitudinale comprenant musculeuse et muqueuse. Si la plèvre est déchirée, s'installe progressivement un pneumothorax très vite surinfecté. Si la plèvre n'est pas déchirée, apparaît un pneumomédiastin puis progressivement une médiastinite suppurée se perforant plus ou moins vite dans la plèvre. Au niveau de la moitié supérieure de l'œsophage thoracique, la lésion œsophagienne s'associe fréquemment à une rupture de la membraneuse trachéale.
Évoqueront la lésion, les douleurs à la déglutition, un emphysème cervical ou sus-claviculaire isolé, la découverte d'un pneumomédiastin. La tomodensitométrie est essentielle. Le diagnostic repose sur le transit aux hydrosolubles, à compléter avec précaution avec un peu de baryte si le diagnostic est très douteux. L'endoscopie œsophagienne est d'intérêt modeste. C'est un diagnostic difficile souvent tardif au stade de pyopneumothorax, nécessitant alors une exclusion œsophagienne.

rupture traumatique de l'urèthre l.f.

traumatic rupture of the urethra

Rupture complète ou incomplète, fermée, des parois du conduit uréthral, survenant au niveau de l'urèthre antérieur par choc direct périnéal, au niveau de l'urèthre postérieur lors des fractures de l'arc antérieur du bassin.
C'est une complication grave qui nécessite une réparation souvent chirurgicale en urgence différée. Le risque de rétrécissement uréthral post-traumatique est important. Les ruptures de l'urèthre postérieur menacent également la continence et la fonction érectile.

rupture traumatique des corps caverneux l.f.

traumatic rupture of corpora cavernosa

Rupture de l'albuginée des corps caverneux due à un traumatisme direct sur une verge en érection.
C'est habituellement un "accident du coït". Elle se traduit par un hématome extensif, est parfois associée à une rupture uréthrale, et requiert une réparation chirurgicale d'urgence.

sténose trachéobronchique post-traumatique l.f.

post-traumatic tracheobronchial stenosis

Réduction du calibre de la trachée ou des grosses bronches par un granulome ou par un effondrement localisé de la paroi en regard, soit d'un orifice de trachéotomie, soit d'un ballonnet de sonde trachéobronchique ou parfois d'une fracture trachéobronchique méconnue.
Elle se manifeste au niveau de la trachée par un tirage inspiratoire avec sifflements allant progressivement en s'aggravant. Si on méconnaît la sténose, elle est temporairement améliorée par les corticoïdes. La trachéobronchoscopie est l'examen de base pour faire le diagnostic et préciser le siège : laryngotrachéal, trachéal, carénaire, bronchique. La longueur de la sténose est appréciée par des tomographies frontales de Frain ou une tomodensitométrie spiralée avec reconstruction.
Seules les sténoses purement granulo-inflammatoires peuvent être traitées par le laser YAG. Dans les autres formes, la désobstruction laser libère les voies aériennes et permet, dans les jours suivants et à moindre risque, une intervention sous anesthésie générale.
Une rupture d'une bronche principale ou lobaire isolée méconnue peut se révéler au stade de sténose, soit par une atélectasie si elle est totale, soit par une suppuration pulmonaire récidivante si elle est partielle. Si la suppuration a détruit le territoire pulmonaire sousjacent, le traitement ne peut être que l'exérèse de celui-ci.

Ch. Frain, médecin électroradiologiste français (1957)

Étym. gr. : stenos : étroit

stress post-traumatique (état de) l.m.

posttraumatic stress disorder

Dans les classifications actuelles (DSM-IV, CIM-10), séquelles d'un traumatisme psychique, dont la fréquence chez les vétérans du Viêtnam a suscité une réactualisation du syndrome de répétition de la névrose traumatique.
Cet état répond à un événement traumatique « hors du commun » (CIM-10), impliquant que le sujet « est ou a été menacé de mort ou de blessure grave, ou d'une atteinte à l'intégrité physique pour lui-même ou pour les autres »  (DSM-IV). L'événement est constamment revécu dans des souvenirs envahissants, des rêves répétitifs ou lors de « flashbacks », qui sont des retours brutaux avec intense charge émotionnelle. S'y ajoutent un évitement des stimulus associés au traumatisme, un émoussement de la réactivité générale et des symptômes de vigilance accrue.
Une telle description a eu le mérite de relancer l'intérêt sur ce type de manifestations. Toutefois, sa référence au concept de stress semble réductrice dans la mesure où traumatisme psychique et stress ne sont pas de même nature. Le terme de « troubles » ou « désordres psychotraumatiques » serait plus adéquat.

triade traumatique du genou l.f.

Lésion traumatique du genou associant la rupture d'un ligament collatéral, d'un ligament croisé, du ligament oblique postérieur et du ménisque correspondant au côté du ligament collatéral lésé.
La combinaison de ces lésions permet d'en décrire 4 types:
1° deux triades antéromédiale et antérolatérale intéressant le ligament croisé antérieur et le ligament collatéral médial ou latéral.
2° deux triades postéromédiale et latérale intéressant le ligament croisé postérieur et le ligament collatéral médial ou latéral.

Don H. O'Donnoghue, chirurgien orthopédiste américain, sous le nom de "triade malheureuse" (1964)

trouble de stress post traumatique (TSPT) l.m.

 posttraumatic stress disorder (PTSD) 

Réaction psychologique survenant  de quelques jours à quelques mois après une agression physique ou psychologique très violente (guerre, attentat, catastrophe naturelle).
La réaction immédiate est une peur intense, un sentiment d'impuissance, d'horreur. Le TSPT retardé se traduit par des réminiscences, souvent sous forme de cauchemars, des conduites d'évitement, une hyperstimulation. Ces symptômes durent au moins un  mois, et provoquent un handicap social, occupationnel,  relationnel.
Le traitement est psychologique et / ou médicamenteux.

urticaire plantaire traumatique l.f.

Syn. hidradénite palmoplantaire idiopathique récidivante

hidradénite palmoplantaire idiopathique récidivante

[P2]

pemphigus héréditaire traumatique l.m. (obsolète)

Syn. Koebner (épidermolyse bulleuse simple de)

Koebner (épidermolyse bulleuse simple de)

[J1,O1, Q2]

Édit. 2020

aortopulmonaire (fistule) l.f.

aortopulmonary fistula

fistule aortopulmonaire

fistule n.f.

fistula

Orifice ou conduit pathologique, acquis ou d'origine congénitale.
La fistule met en communication deux organes (par ex. fistule colovésicale) ou deux vaisseaux (par ex. fistule artérioveineuse) ou fait aboucher un viscère à l'extérieur. Par la fistule, peut s'évacuer du pus (abcès fistulisé), des produits de sécrétion et des matières organiques.

Étym. lat. fistula : canal

[A3]

Édit. 2018

fistule aérodigestive l.f.

tracheoesophageal fistula

Fistule mettant en communication les voies respiratoires, trachée ou bronche, avec le tube digestif, le plus souvent l'œsophage.

Étym. lat. fistula : canal

[L1,K1]

Édit. 2018

fistule anale l.f.

anal fistula

Fistule située au niveau de l'orifice anal consistant en un trajet irrégulier allant de la muqueuse rectale vers la marge de l'anus et faisant communiquer l'une de ces surfaces, ou toutes les deux avec la cavité d'un abcès périanal.
Elle peut être borgne et ne comporter qu'un orifice externe cutané (fistule anale borgne externe), ou un orifice interne muqueux (fistule anale borgne interne), ou complète avec deux orifices, ou encore complexe avec plusieurs orifices (fistule anale à trajets multiples dite “en terrier de lapin”).
Selon sa topographie, le siège peut être en dedans du sphincter (fistule intrasphinctérienne) ou en dehors (fistule extrasphinctérienne).

Étym. lat. fistula : canal

[A3]

Édit. 2018

fistule anopérinéale l.f.

anoperineal fistula

Trajet fistuleux reliant le canal anal aux téguments du périnée.

Étym. lat. fistula : canal

[A3]

Édit. 2018

fistule anovaginale l.f.

anovaginal fistula

Fistula faisant communiquer la région anale avec le vagin.

Étym. lat. fistula : canal

[A3]

Édit. 2018

fistule aortocardiaque l.f.

aortocardiac fistula

Communication anormale de la racine de l’aorte avec une des cavités cardiaques.
Les plus fréquentes sont constituées par la rupture dans les cavités droites d’un anévrisme d’un sinus de Valsalva. Mais il existe également des communications directes entre aorte et cœur droit. Une variété exceptionnelle est le tunnel aortoventriculaire gauche. Toutes ces malformations doivent être opérées lorsqu’elles entraînent un shunt intracardiaque important.

Étym. lat. fistula : canal

[A3]

Édit. 2018

fistule aortopulmonaire l.f.

aortopulmonary fistula

Malformation congénitale rare réalisant une communication directe entre l’aorte ascendante et le tronc de l’artère pulmonaire, parfois associée à d’autres malformations.
Elle entraîne un shunt gauche-droit de grand débit comportant le risque évolutif du développement d’une hypertension artérielle pulmonaire et d’une élévation de la résistance artérielle pulmonaire. Cette évolution grave peut être prévenue par la fermeture chirurgicale de la fistule.

Étym. lat. fistula : canal

[A3,K2,K4]

Édit. 2018

fistule artérioveineuse l.f.

arteriovenous fistula

Communication anormale, congénitale ou acquise, entre une artère et une veine, court-circuitant le réseau capillaire normal.
Elle peut être traumatique ou infectieuse ou encore créée chirurgicalement en vue d’une hémodialyse.
Elle tire sa gravité, si elle est volumineuse, de ses conséquences hémodynamiques possibles, et du risque de greffe septique. Une fistule artérioveineuse unique peut être traitée soit par intervention chirurgicale, soit par obturation à l’aide d’une technique de cardiologie interventionnelle. Les fistules artérioveineuses multiples appartiennent avec les anévrismes cirsoïdes, certains angiomes, la maladie polyanévrismale, à un groupe nosologique de frontières incertaines.

Étym. lat. fistula : canal

fistule artérioveineuse pour hémodialyse

[A3,M1]

Édit. 2018

fistule artérioveineuse céphalique l.f.

cephalic arteriovenous fistula

Fistule entre une artère et une veine de la région céphalique.
Elle peut notamment être à l’origine d’acouphènes.

acouphène

[A3,P1]

Édit. 2018

fistule artérioveineuse cérébrale l.f.

cerebral arteriovenous fistula

Malformation artérioveineuse à circulation rapide, située en général sur la surface cérébrale, caractérisée par un shunt direct entre une ou plusieurs artères et une ou plusieurs veines sans réseau capillaire intermédiaire.
Le risque majeur est la rupture. Il existe cependant plusieurs types de malformations dont les risques sont variables. L'attitude thérapeutique est directement liée à l'évaluation de ces risques.
Parmi les traitements proposés, l'approche endovasculaire semble la technique de choix, car la chirurgie est souvent difficile et la radiothérapie peu efficace sur les shunts à haut débit.

Étym. lat. fistula : canal

[A3]

Édit. 2018

fistule artérioveineuse congénitale l.f.

congenital arteriovenous fistula

anévrisme cirsoïde

[A3,K2]

Édit. 2018

fistule artérioveineuse de la rétine l.f.

retinal arteriovenous fistula

hémangiome racémeux rétinien

[A3,P2]

Édit. 2018

fistule artérioveineuse durale vertébrale l.f.

spinal dural arteriovenous fistula

Cause rare mais curable de myélopathie non compressive, qui touche principalement les hommes à partir de la cinquantaine.
Ces malformations siégeant dans l'épaisseur de la dure-mère de la colonne vertébrale se drainent dans les veines médullaires et y maintiennent une hyperpression. Des radiculalgies bilatérales des membres inférieurs sont les premiers signes. À la phase d'état, la clinique comporte un syndrome du cône terminal ou de la queue de cheval. Pour autant qu'elle montre un hypersignal du cône médullaire sur les séquences pondérées en T2, associé à des dilatations vasculaires intradurales et sans pathologie compressive, l'IRM est très évocatrice. Une angiographie sélective est indiquée.
De la précocité du traitement, qui a pour but d'occlure le début de la veine de drainage afin de déconnecter la fistule des veines spinales, dépend le résultat. Mais celui-ci n'est pratiquement jamais complet.

Étym. lat. fistula : canal

syndrome du cône terminal, queue de cheval (syndrome de la), syndrome du canal lombaire étroit

[A3]

Édit. 2018

fistule artérioveineuse pour hémodialyse l.f.

arterio-venous fistula and hemodialysis

Anastomose artérioveineuse créée chirurgicalement, le plus souvent à l'avant-bras entre l'artère radiale et une veine superficielle, en vue du traitement par hémodialyse périodique.
Cette technique  a remplacé le shunt artério-veineux de Quinton-Scribner. Elle a considérablement amélioré la technique de l'hémodialyse en facilitant la connection entre le dialyseur et le patient grâce à la facilité de la ponction itérative de la veine artériolisée. En cas d'obstruction des vaisseaux de l'avant-bras la fistule peut être réalisée soit au bras soit exceptionnellement au membre inférieur.

M. J. Brescia et J. E. Cimino, néphrologues américains (1966) ; W. E. Quinton, technicien médical et B. H. Scribner, néphrologue américains (1960)

Étym. lat. fistula : canal

hémodialyse périodique, Scribner (shunt de), fistule artérioveineuse

[A3,M1]

Édit. 2018

fistule artérioveineuse pulmonaire l.f.

pulmonary arteriovenous fistula

Communication anormale entre les circulations artérielle et veineuse pulmonaires court-circuitant le sang désoxygéné sans que son oxygénation se soit faite, créant un shunt droit-gauche.
Il existe des observations familiales. Les formes localisées sont les plus fréquentes. Les formes diffuses s'intègrent dans le cadre de la maladie de Rendu-Osler.
Révélée dans la moitié des cas avant l'âge de 15 ans, sa triade est faite de cyanose, polyglobulie, hippocratisme digital. L'hypoxie peut être sévère. Le diagnostic repose sur une opacité dense, homogène, arrondie ou ovoïde souvent dans la moitié inférieure du thorax. La tomodensitométrie avec injection vasculaire permet d'affirmer le diagnostic.
Les complications sont l'hypoxémie chronique, les accidents vasculaires cérébraux, l'abcès du cerveau, mais aussi les hémoptysies, l’hémothorax, l’endocardite.
Le traitement s'impose dans les formes compliquées, dans les formes localisées en cas d'hypoxie sévère, et en cas de lésions sous-pleurales : l'embolisation, l'exérèse chirurgicale ou l'association des deux selon les cas s'en partagent les modalités.
Anc. dénom. angiome pulmonaire, hémangiome caverneux, anévrisme artérioveineux pulmonaire

H. Rendu, médecin interniste français, membre de l’Académie de médecine (1896) ; W. B. Osler, Sir, médecin canadien, membre de l’Académie de médecine (1901)

Étym. lat. fistula : canal

[A3,K1,K2]

Édit. 2018

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