Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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pemphigus auto-immun l.m.

auto-immune pemphigus

Ensemble de dermatoses bulleuses acquises graves dont le mécanisme commun est une acantholyse ou perte de cohésion cellulaire intra-épidermique secondaire à la production et au dépôt dans la peau d'auto-anticorps dirigés contre des antigènes, constituants normaux des kératinocytes.
La présence de ces autoanticorps (E.H. Beutner et R.E. Jordon, 1964-65) a permis de distinguer ces pemphigus autoimmuns d'autres dermatoses bulleuses acantholytiques sans autoanticrps telles que le pemphigus bénin familial de Hailey-Hailey, la maladie de Darier et la dermatose acantholytique transitoire de Grover.
En fonction de l'antigène kératinocytaire reconnu, on distingue deux grands groupes de pemphigus auto-immuns : le groupe des pemphigus vulgaires (avec une variante clinique le pemphigus végétant), qui reconnaissent la desmogléine III, et le groupe des pemphigus superficiels (comprenant le pemphigus érythémateux, le pemphigus séborrhéique, le pemphigus foliacé et le pemphigus foliacé brésilien), qui reconnaissent la desmogléine I. Il existe d'autres formes de pemphigus auto-immuns qui n'entrent pas dans ces 2 groupes : le pemphigus herpétiforme et le pemphigus paranéoplasique. Enfin, certains pemphigus auto-immuns sont déclenchés par des facteurs externes ou iatrogènes et sont définis comme des pemphigus induits. Leur évolution et leur pronostic sont variables selon la forme, et leur traitement repose habituellement sur la corticothérapie générale et les immunosuppresseurs.

pemphigus

plasmide auto-amplifiable l.m.

runaway plasmid

Plasmide dont la perturbation de son mécanisme de contrôle de la réplication aboutit à la production de milliers de copies par bactérie.
Chez certains plasmides, ce contrôle est thermosensible.

plasmide, plasmide amplifiable

[D1,Q1]

Édit. 2018 

plasmide auto-transférable l.m.

self-transmissible plasmid

plasmide, plasmide conjugatif

[D1,Q1]

Édit. 2018 

plasmide auto-transmissible l.m.

self-transmissible plasmid

plasmide, plasmide conjugatif

[D1,Q1]

Édit. 2018 

polyendocrinopathie auto-immune l.f.

autoimmune polyendocrinopathy

Association de plusieurs affections auto-immunes liée à une altération de la fonction du thymus devenu incapable, par altération génique, d’éliminer les cellules T activées contre les protéines auto-immunes et permettant la diffusion dans l’organisme de lymphocytes T auto-réactifs.
Le type 1, juvénile, syndrome de Whitaker, rare, associe au moins deux affections de la triade : candidose, hypoparathyroïdie et insuffisance surrénale à d’autres atteintes endocriniennes.
Le type 2, le plus fréquent, survient chez l’adulte jeune (75% sexe féminin) et associe une insuffisance surrénale type Addison, une affection thyroïdienne (type Hashimoto ou Basedow) à d’autres affections : ovarienne, antéhypophysaire, diabète insulino-résistant, troubles cutanés et des phanères (vitiligo, pelade), réalisant de nombreuses variantes.
Le type 3 de l’adulte (Neufeld), sans insuffisance surrénalienne est caractérisé par une thyroïdite auto-immune. Trois variantes en ont été décrites selon les associations :  3a avec un diabète, une sarcoïdose, une maladie cœliaque ; 3b associé à une maladie de Biermer ; 3c avec des troubles des phanères.
Le type 4 comprendrait des associations inclassées.
Actuellement les types 3 et 4 sont regroupés dans le type 2 (Kahaly).

Joanne Whitaker, pédiatre et Virginia M. Esselborn, biologiste américaines (1956), M. Neufeld, pédiatre et N. K. Maclaren, pédiatre et anatomopathologiste américains  (1980), G. J. Kahaly, endocrinologue allemand (2009)

Whitaker (syndrome de)

réticulohistiocytose auto-involutive de Hashimoto-Pritzker l.f.

K. Hashimoto et M. S. Pritzker, dermatopathologistes américains (1973)

histiocytose auto-involutive de Hashimoto-Pritzker

surdité auto-immune l.f.

autoimmune deafness

Terme regroupant d’une part les surdités apparaissant dans le cadre d’une maladie auto-immune générale et, d’autre part, les surdités de perception isolées, asymétriques, progressives, rapidement évolutives, survenant chez le sujet jeune et dont l’origine auto-immune est confirmée par les tests de laboratoire, malgré leur manque de spécificité.
 Étym.lat. surditats : surdité

syndrome lymphoprolifératif auto-immun l.m.

Syndrome caractérisé par une apoptose lymphocytaire, une lymphoprolifération et une autoimmunité.
Une lymphadénopathie sévère accompagnée d'une splénomégalie sont généralement observées. Les anticorps le plus souvent sont dirigés contre les hématies, les neutrophiles et les plaquettes. Une anémie hémolytique, une neutropénie auto-immune et un purpura thrombopénique auto-immun sont fréquemment retrouvés. Les patients ont de plus une lymphocytose avec une prolifération importante des lymphocytes T qui expriment le récepteur alpha/beta mais pas les marqueurs de surfaces des CD4 ou des CD8 (cellules de type : TCR alpha/beta+ ; CD4-; CD8-). La lymphoprolifération est habituellement bénigne mais elle entraîne un risque accru de développer des lymphomes de type hodgkinien et non-hodgkinien. Actuellement, plus de 100 cas ont été décrits dans la littérature.
Ce syndrome est de transmission autosomique dominante avec une pénétrance variable avec l’implication de deux gènes : FAS (locus en 10q23.31) et NRAS (1p13.2).
Réf . Orphanet, Françoise Le Deist , immunologiste française (2005)

Françoise Le Deist, immunologiste française ( 2005)

Syn. Déficit en FAS, SLAI, Syndrome de Canale-Smith

Sigle ALPS

lymphome malin, FAS gene, NRAS gene

uvéite auto-immune l.f.

autoimmune uveitis

Uvéite due à une sensibilisation autologue, c'est-à-dire à un état d'immunisation de l'œil vis-à-vis de l'un de ses propres antigènes, avant tout antigènes cristalliniens, antigènes rétiniens.
Ces antigènes sont habituellement tolérés par le système immunitaire de l'organisme. Cette tolérance à faible dose peut être rompue soit par une altération du système immunitaire de l'organisme, soit par une stimulation immunogénique importante liée à la libération exagérée de l'antigène.

uvéite

ant-, anti- préf.

Préfixe correspondant soit à une idée d’opposition, soit à un concept de lutte ou de protection.

anti-androgène n.m.

anti-androgen

Substance inhibant l'action des androgènes.
Selon leur formule chimique on distingue les anti-androgènes stéroïdiens et les anti-androgènes non stéroïdiens, dont les effets secondaires sont différents
Médicament progestatif de synthèse antagoniste de l'action des androgènes par inhibition compétitrice des récepteurs cytosoliques, par ex. l’acétate de cyprotérone utilisé pour traiter l’hirsutisme chez la femme
Les médicaments anti-androgènes sont, en urologie, utilisés principalement dans le traitement du cancer de la prostate.

cancer de la prostate, hirsutisme 

anti-androgène topique l.m.

topical antiandrogen

Produit dont l'application locale a pour but de freiner la sécrétion sébacée qui est androgénodépendante.
Ces produits agiraient en inhibant dans la cellule sébacée la 5-alpha réductase, enzyme de conversion de la testostérone en dihydrotestostérone, et sont ainsi parfois prescrits dans l'acné et l'alopécie androgénogénétique. On utilise des produits synthétiques qui sont des hormones comme la progestérone ou des dérivés œstrogéniques. Toutefois, leur efficacité n'est pas formellement démontrée.

5-alpha réductase, testostérone, progestérone, acné, alopécie androgénogénétique

anti-angineux (médicament) l.m.

anti-anginal drug

Médicament administré par différentes voies : per os, percutané, intraveineuse ou intracoronaire dans le but de calmer instantanément une crise d’angine de poitrine (traitement curatif) ou d’empêcher sa survenue (traitement préventif).
Le but est d’améliorer l’apport d'O2 au myocarde afin d’équilibrer l’offre et la demande. Le mécanisme mis en jeu pour améliorer la fourniture d'O2 varie selon l’action recherchée : vasodilatation coronaire et diminution de la pré-charge (dérivés nitrés), diminution des besoins du myocarde en O2 par inhibition des récepteurs -adrénergiques et ralentissement de la fréquence cardiaque (bêta-bloquants), diminution de la post-charge et effet relaxant sur la fibre myocardique (inhibiteurs calciques), effet spasmolytique, vasodilatation veineuse avec baisse de la pré-charge, vasodilatation des artères coronaires (activateurs des canaux potassiques)..

angine de poitrine, dérivés nitrés, bêta-bloquant, inhibiteur calcique

anti-angiogénique adj.

antiangiogenic

Qui s'oppose à l'angiogenèse.

anti-angoreux n.m.

antianginal drug

Médicament utilisé pour traiter l'insuffisance coronarienne responsable de l'angor.
Ils sont représentés par la trinitrine et ses dérivés, les bêta bloquants et les inhibiteurs calciques.

anti-angineux (médicament)

anti-aromatases l.f.p.

aromatase inhibitors

Les anti-aromatases sont des produits entrant en compétition avec l'aromatase, enzyme qui permet à l'organisme de continuer à produire des œstrogènes par transformation des androgènes chez la femme ménopausée.
Leur action anti-œstrogène est utilisée dans le traitement des cancers du sein hormonosensibles c'est-à-dire porteurs à la surface des cellules cancéreuses, de récepteurs hormonaux. Les anti-aromatases sont utilisées uniquement chez les femmes ménopausées. Ils peuvent être administrés pendant plusieurs années en traitement adjuvant du cancer du sein non métastatique soit seuls soit suivis d’un traitement par tamoxifène. Dans les formes métastatiques elles sont utilisées soit de première intention soit après échec d’autres hormonothérapies.
La plus ancienne anti-aromatase est l’aminoglutéthimide nécessitant la prise d’un traitement substitutif corticoïde, abandonnée, au profit des nouvelles anti-aromatases ne nécessitant pas une corticothérapie. Deux catégories de ces dernières sont actuellement utilisés dans la traitement des cancers du sein les inhibiteurs stéroïdiens irréversibles, tels que l'exémestane ou le formestane qui forment un lien désactivant permanent avec l'aromatase ; les inhibiteurs non-stéroïdiens, tels que l'anastrozole, le létrozole, qui inhibent la Synthèse d'œstrogènes via une compétition réversible avec les autres substrats qu'utilise l'aromatase pour produire les œstrogènes.
Une résistance à l’une des familles de produits (stéroïdiens ou non stéroïdiens) n’implique pas une résistance à l’autre.
Ces médicaments ne sont pas dépourvus d’effets secondaires, en particulier bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, douleurs articulaires et une diminution de la densité minérale osseuse, facteur de risque d'une ostéoporose. Chez les femmes atteintes ou à risque d'ostéoporose avant le début du traitement, une ostéodensitométrie osseuse est effectuée et réalisée à intervalles réguliers dans tous les cas si le traitement est prolongé.

Syn. inhibiteurs de l’aromatase

aromatase, cancer du sein, hormonothérapie, hormonothérapie du cancer du sein, récepteur hormonal

[F2, G5, O5]

Édit. 2018

anti-arythmiques (médicaments) l.m.

anti-arrhythmic drugs

Médicaments administrés per os ou intraveineux dans le but de supprimer ou de prévenir un trouble du rythme cardiaque.
On distingue plusieurs classes d’anti-arythmiques selon leur mécanisme d’action.
La classification de Vaughan-Williams, la plus souvent utilisée, distingue 4 groupes :
I) médicaments agissant par effet stabilisateur de membrane, ce groupe est subdivisé en trois sous-groupes, Ia (par ex. quinidine), Ib (par ex. lidocaïne), Ic (p.ex. flécaïne) ;
II) médicaments s’opposant à la stimulation sympathique, groupe des bêta-bloquants ;
III) médicaments allongeant la durée du potentiel d’action et de la période réfractaire, groupe de l’amiodarone et d’un bêta-bloquant aux effets voisins (sotalol) ;
IV) antagonistes calciques qui limitent le courant calcique lent responsable du plateau du potentiel d’action.
Certains anti-arythmiques agissent à l’étage supraventriculaire, d’autres à l’étage ventriculaire. D’autres enfin agissent simultanément aux deux niveaux.

anti-cétogène adj.

antiketogenic

Susceptible de s'opposer à la formation des corps cétoniques chez le diabétique.
Les acides aminés, dont le métabolisme est glucoformateur, sont anti-cétogènes dans la mesure où l'acide pyruvique, l'acide oxaloacétique ou l'acide glutamique permettent de dégrader l'acide acétylacétique par le cycle tricarboxylique.

anti-G (pantalon) l.m.

anti-G pants

pantalon anti-G

anti-H + l.m.

anti-H+

antiacide gastrique (médicament)

anti-HA n.m.

anti-hepatitis A virus antibody

Anticorps dirigé contre la capside du virus de l'hépatite A (VHA).
Sa détection dans le sérum signe une rencontre antérieure avec le VHA : de type IgM, il affirme le caractère récent de l'infection ; de type IgG, il en affirme le caractère ancien et l'immunité durable (anticorps neutralisant).
Sa purification à partir du sérum de sujets immunisés a permis la préparation d'immunoglobulines spécifiques, base de l'immunoprophylaxie passive antérieurement proposée aux sujets non immuns, exposés au VHA.
La diminution de sa prévalence dans les sociétés industrialisées explique la plus grande fréquence des hépatites cryptosymptomatiques (chez l'adulte) et le développement récent de vaccins efficaces contre le VHA.

hépatite A

anti-HBs n.m.

anti-HBs antibody

Anticorps dirigé contre un antigène de surface (ou enveloppe) du virus de l'hépatite B (VHB).
Leur apparition, dans les deux à six mois suivant une infection par le VHB, signe la guérison de l'infection (anticorps neutralisants).
Leur purification à partir du sérum de sujets immunisés par immunoglobulines spécifiques anti-HBs est la base de l'immunoprophylaxie passive proposée aux sujets non immuns exposés au VHB (couplée à la vaccination) et aux transplantés hépatiques pour infections virales B ou delta.
La vaccination, utilisant l'AgHBs plasmatique ou recombinant, induit l'apparition des anti-HBs, témoin d'une immunité efficace lorsque leur titre sérique est > 10 mU/mL.
La détection des seuls anti-HBs reflète une protection active par vaccination ou passive par immunoprophylaxie ; associés aux anticorps anti-HBc dirigés contre la capside virale, ils reflètent une immunité secondaire à une infection virale B, le plus souvent asymptomatique.

hépatite B

antihistaminiques anti-H1 l.m.p.

anti-H1 antihistamines

Antagonistes spécifiques des récepteurs de type H1 de l'histamine, dont la stimulation entraîne la contraction des fibres musculaires lisses.
Comme l'histamine augmente aussi la perméabilité capillaire et intervient dans les phénomènes inflammatoires et allergiques, en dermatologie les anti-H1 sont essentiellement indiqués dans le traitement de l'urticaire et de l'angio-œdème ; il y a peu de raisons de penser qu'ils puissent être utiles dans la prise en charge de dermatoses inflammatoires au cours desquelles l'histamine n'intervient pas. Les antihistaminiques sont bien absorbés par la muqueuse digestive ; les effets secondaires sont variables d'un individu à l'autre : sensation vertigineuse potentialisée par l'alcool, somnolence ou effets anticholinergiques : (bouche sèche, rétention d'urine). Des épisodes convulsifs peuvent être la conséquence de surdosage. Il existe plusieurs groupes d'antihistaminiques anti-H1 : dérivés d'action rapide, parfois sédatifs ; dérivés d’action longue et possédant plus d’effets sédatifs. Plus récemment, des dérivés dépourvus d'action sédative ont été commercialisés. Les anti-H1 peuvent entraîner des réactions allergiques paradoxales après application locale de crème, pommade ou lotion les contenant. Leur prise orale peut augmenter les risques de ces effets secondaires indésirables.

antihistaminiques anti-H2 l.m.p.

anti-H2 antihistamines

Antagonistes spécifiques des récepteurs de type H2 de l'histamine, dont la stimulation entraîne accélération cardiaque et hypersécrétion gastrique.
Leur utilisation en dermatologie est restreinte : ils peuvent avoir un certain intérêt, parfois en association avec les anti-H1, dans les dermatoses à médiation histaminique qui ne répondent pas aux anti-H1 seuls. Le dermographisme et certains cas d'urticaire peuvent en être des indications. Les dérivés les plus utilisés sont la cimétidine et la ranitidine.

anti-inducteur n.m.

antiinducer

Molécule antagoniste de l'action d'un inducteur.

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